DEBAUDRENGHIEN - Huit siècles d'histoire en Hainaut
~ Suivi et mis à jour le 11 mai 2013 ~
Douzième année
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Avant-propos
Ce site est consacré à l'étude patronymique et généalogique des "de" ou "der" Baudrenghien sédentarisés en Cambrésis, en Tournaisis et en Hainaut depuis des temps très anciens. Les intervenants y sont succinctement reconsidérés dans leur contexte historique et sauf indication contraire, dans les limites géographiques de l'actuelle province belge. Outre les habituelles recherches d'archives communales ou paroissiales et autres monographies, elle résulte des mentions manuscrites ou imprimées données par les généalogistes distingués de toutes époques confondues, tels que du Chastel, de Grez, de Lannoy, de Vegiano, Goethals, Herckenrode, Laisné, Le Blond, Saint-Genois, Scohier, etc., et est agrémentée, tant que faire se peut, d'observations de terrain.
Nous vous souhaitons une plaisante lecture.
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Introduction & Remerciements
Durant son camp d'été 1962, une patrouille de scouts tournaisiens surprise par une averse s’abrite dans la petite église de Cour-sur-Heure près de Gozée. Parmi les jeunes se trouve Jean-Pierre Debaudrenghien, qui découvre stupéfait la dalle funéraire d'un Jacques qui porte le même nom que lui, seigneur du lieu, mort trois siècles plus tôt.
De cette trouvaille naît une passion qui le poussera bientôt à entamer de sérieuses recherches généalogiques, que nous poursuivons depuis plusieurs années ensemble, avec un enthousiasme commun.
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Nous tenons à exprimer notre gratitude pour leur aide précieuse, par ordre alphabétique à Monsieur le Doyen Francis Cambier, à Mr. Bernard Demaire (de Orcq), au Docteur Jean-Pierre Derbaudrenghien (de Jamioulx) et à Mr. Pierre Looze (de Gerpinnes).
Nous remercions également pour leur collaboration: les Archives Départementales du Nord [F]; les Archives de l'Etat à Tournai; les Archives Générales du Royaume et la Bibliothèque Royale Albert Ier (Albertine) à Bruxelles ~ Les Bibliothèques des Hautes Ecoles d'Arts Plastiques à Mons et de Louvain en Hainaut à Leuze ~ Les Administrations communales d'Estaimpuis, et plus particulièrement celles de Flobecq, de Silly et de Tournai pour leur courtoisie ~ Le Courrier de l'Escaut ~ Mrs Raphaël Debruyn, Marc Vuidar et toute l'équipe du Musée de l'Hôpital Notre-Dame à la Rose de Lessines ~ l'Ecomusée du Pays des Collines à La Hamaide, son conservateur, Mr André Cotton et son assistante, Mme Odette Triffin, où nous avons toujours, là aussi, reçu un très bon accueil ~ feu Jean-Marie Debo (Wannebecq) ~ Son Excellence Jean-François Delahaut, à l'époque Ministre-Conseiller à l'Ambassade de Belgique au Gd-D. de Luxembourg ~ Madame Anne-Marie Demenil, professeur d'histoire à la retraite ~ André de Meyer, Archiviste du cercle historique local de Overmeere & le Commandant Daniel de Saint-André, Président honoraire du Cercle Généalogique du Ministère de l’Intérieur [Fr], pour leur aide sur les Coudenhove ~ Mlle. Isabelle Deramaix, Archéologue pour la Région Wallonne, chargée des fouilles à ND à la Rose de Lessines ~ Mrs. Damien Desqueper de l'A.G.H.B. à Tournai ~ Adrien Dupont, Archiviste de la ville d'Ath ~ les généalogistes éclairés; Yves Fremat, Jean-Charles de La Hamaide (Paris), Anne Hamaïde (Aix en Provence) et Luc de la Hamette (Gd-D.Lux) ~ Maître Constant Jonniaux, notaire à Ville-Pommeroeul ~ Fraü Marion Kolanoski & Rainer Michaelis, Conservateur du Staatliche Museen zu Berlin, ainsi que J-P Meulemeester, historien de l'Art (Bruxelles) ~ Messieurs Patrick Gillard et Philippe Michiels (Evregnies) ~ Jean-Pierre de Palmas; Daniel JSM Peeters; Patrick Seeuws (Cour-sur-Heure) ~ Mme Sory, propriétaire de la ferme du Temple à Saint-Léger ~ Messieurs Yves de Tarade & Claude d'Ampleman, créateurs du "Grand Armorial" ~ Yves Vandamme (Hérinnes) ~ Mrs Peter Frischkörn et Alain Wÿns pour leurs traductions.
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2. Recherche onomastique & étymologique
L’onomastique est l’étude des noms
propres de personnes (anthroponymie) et
de lieux (toponymie)l'étymologie
est la recherche
de leur origine.
audrenghien, Baudringhien, Boudrenghien, Boudringhien,
Debaudrenghien, Debaudringhien, Derbaudrenghien, Derbaudringhien,...
Au Cinquième siècle, parmi les peuples barbares jaillissants des décombres de l'Empire romain, les Francs Saliens, venus de la région de l'Yssel* sous la conduite de Clodion, s'emparèrent de nos régions.
Au siècle suivant, Mérovée, chef mythique s'il en est, s'établit à Tournai et fonde une dynastie si importante dans l'histoire, qu'une période de quatre siècles porte son nom.
* Ijssel : Rivière des
Pays-Bas alimentée
par le Rhin.
Les Mérovingiens entretinrent une relation d'intérêt récurrente avec les Romains et s'accommodèrent volontiers de leur mode de vie. Ils cohabitèrent en bonne entente et obtinrent même chez nous, le statut d'alliés de l'empire décadent qui, de son côté, avait conservé l'opportunisme de son passé glorieux.
Si les autochtones du nord, moins "romanisés*", s'adaptèrent à la civilisation germanique, on observa une intégration inverse au sud, qui, in fine, permit à Clovis de rapprocher son empire du catholicisme* et insinua avec l'adoption progressive de la langue parlée, la transcription en latin des lois saliques de tradition orale, telles que la mise à l'index des mariages consanguins ou l'écartement des femmes du droit de succession au profit de la primogéniture masculine.
*Le "pays flamand" compte 10 fois moins de villas romaines que la Wallonie où l'on en dénombre environ 400
*Vers 486, Tournai devient un siège épiscopal dépendant de l'archevêché de Reims. Son premier évêque est : Eleuthère. - Après 496, Clovis se fait baptiser à Reims suite à la victoire de Tolbiac
Les fréquentes désinences nominatives gallo-romaines "-iniacum", ("lieu de"), se déclinèrent à partir du VIème s. en "-inga haim" et plus tard, par contraction en " -ghem", " -gem" ou " -gen", déclinaisons purement «thioises» (germaniques), désignant l'«habitation ou le domaine des gens de…» et ce, sur une vaste étendue demeurée partiellement bilingue, s'étendant du Pas-de-Calais à la frontière rhénane.
Au VIIème s., sous la pulsion évangélisatrice des sièges épiscopaux de Tournai et d'Arras, les parlers romans recrûrent, mais ce n'est qu'à partir du XIIème siècle, avec l'ébauche spontanée d'une frontière linguistique, qu'elles apparaîtront systématiquement au sud de celle-ci sous la forme francisée "-ghien", quand les puissants propriétaires terriens que seront devenus les monastères et autres abbayes feront dessoucher les bois de leurs donateurs (sarts, roeulx) et convertiront les terres vagues (trieux) en labours, provoquant la genèse de nouveaux villages cernés de terres rendues cultivables.Nous savons ainsi
que les localités
hainuyères de Leuze,
Chièvre, Lessines et
Anvaing, existaient
déjà à cette époque.Pour complément, lire Maurits GYSSELING:
"La genèse de la frontière linguistique dans le nord de la Gaule".
Il est intéressant, à ce propos, de se pencher sur une zone limitrophe restreinte, au sud de l'axe linguistique "Renaix-Halle" où, sur une vingtaine de kilomètres, l'on retrouve nombre de ces noms en "-ghien" et où fut découverte, aux limites de Meslin-l'Evêque et de Ghislenghien, une villa romaine d'importance estimée au Premier siècle de notre ère.
Ainsi, Edingen (Enghien), habitation des gens de «Edo» ; Oeudeghien, demeure de «Eude» ; Ghislenghien, maison de Ghislain ; «Baldeghem» (Baldwin) «Baudrigen» ou «Boudergem», francisés «Baudrenghien»; domaine de Baudry ou de Baudouin.
Notons que ces prénoms à forte consonance ont en commun la racine «Baud*» qui est la francisation du flamand "Boud", ou de l'allemand "Bald", qui avaient au Moyen Age le sens de "Hardi". C'est pourquoi on peut rencontrer des variantes empreintes de mixités linguistiques telles que «Baudringhem» à Campagne-lès- Wardrecques [France 59] ouBaldwin :
Bald = "audacieux"
Win = "ami"
Baudry, dériv. Baldéric
Bald = Baud = "hardi"
Ric = "puissant et roi".
«Boudenghien» à Flobecq, ce dernier lieu étant avancé par Jules Herbillon et Jean Germain* comme le berceau hainuyer des «Baudrenghien», «Baudranghien», «Baudringhien» «Boudrenghien», «Bouderenghien» (p.131); «Debaudrenghien» (p.209), la préposition "de" marquant l'origine ou la propriété et enfin, «Derbaudrenghien» (p.255), "Der" étant le génitif féminin singulier de l'article néerlandais "de" (p.254).
"Dictionnaire des noms de famille en Belgique romane..."
Ed. Crédit Communal
1996, vol I (A-N)
pp. 105, 131, 209 & 255.
Boudenghien à Flobecq est aujourd'hui un quartier résidentiel prisé pour sa quiétude.
C'est aussi au XIIe siècle qu'entrent en usage les surnoms qui deviendront nos patronymes: on singularise alors les prénoms en y associant soit le prénom du père (Jean Martin); une profession (Jean Cambier, Carpentier, Meunier, etc.); un sobriquet (Jean Le Borgne) ou comme dans notre cas, un lieu de référence. Mais si le hameau de Boudenghien à n'en pas douter fut occupé et rebaptisé par des colons Francs, la population préexistante aura été Romane auparavant et sans doute Gauloise avant elle. Dès lors, sans un test ethnique d' Y-ADN, il nous serait hasardeux de revendiquer l'ascendance masculine d'une de ces communautés.
Certains noms de famille peuvent aussi avoir une connotation dramatique, comme ce nouveau-né abandonné dans un jardin à Orcq (Tournaisis) en 1799 et qui sera inscrit dans le registre communal sous le nom de... Dujardin.
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3. Evolution du patronyme & répartition
*
1842-1846, suppression dans le registre communal d'Evregnies du premier "R" du nom, pour
les descendants de Louis Jh De(r)baudrenghien (ref.5050) époux de Joséphine Pinchemail.
Au 1er janvier 2006, la population belge était évaluée à 10.511.382 individus. Dans les graphies qui nous intéressent, les plus répandues sont "Derbaudrenghien" qui comptaient cette année là 80 porteurs du nom répartis en Flandre et en Wallonie, suivis par une soixantaine de "Boudrenghien" tous établis dans la partie francophone du pays. Sont restés fidèles au Hainaut, une vingtaine de "Debaudrenghien" tous apparentés; une quinzaine de "Baudrenghien" et autant de "Bouderenghien". Nous trouvons également une dizaine de "Baudranghien" dans la région liégeoise. Une quarantaine de "Boudringhien" et une quinzaine de "De Baudringhien" sont concentrés en Flandre Orientale et dans la région d'Anvers, peut-être et avec toutes les réserves d'usage, en rapport avec les "Baudrenghien", dits "de Bouloigne", qui habitèrent cette ville plusieurs années avant de s'expatrier à Amsterdam en 1546 ?. Il subsiste enfin une poignée marginale de "Baudringhien" et "Derbaudringhien" en Tournaisis. Soit un peu moins de 300 porteurs du patronyme et de ses dérivés. La liste des "8772 électeurs de la ville de Tournai en 1914" livrée sur Internet* porte à notre connaissance un Augustin et un Désiré Derbaudrendhien et un Henri homonyme mais orthographié Derbaudrendien, sans "h".
En France; nombres sensiblement identiques de "Baudrenghien" et "Boudrenghien" localisés principalement dans le département du Nord [59], notamment à Lille, Roubaix et Armentières; mais aussi dans la Somme [80]; en Charente-Maritime [17] et dans le Lot et Garonne [47]. Pour les Debaudrenghien, "Généanet" m'a donné fin 2010: 36 personnes dans le Nord-Pas-de-Calais (67,97 %); 16 en Ile-de-France (30,19 %) et 1 en Poitou-Charentes, soit 53 résidents.
Sur un site de socialisation, nous voyons aussi quelques Debaudrenghien (sic) de nationalité espagnole dont il serait extrêmement intéressant de connaître le parcours (voir 1666 ?).Chiffres donnés à titre indicatif, sources Internet non officielles.
*Merci à Mr René JAMMART.
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4. Origines hainuyères*
* Orthographe francisée admise par le dictionnaire Larousse.
"Je ne fçay fi c'eft Famille eft originaire de Hainaut, où d'Artois, bien fcais-je qu'elle fe fit connoiftre en Cambrefis dés l’an 1232". (sic)
Jean LE CARPENTIER : Histoire de Cambray et du Cambrésis (1664) "De l'estat de la Noblesse" III- p.182
"Le plus ancien sceau que nous ayons vu est celui d'un Piérart de Baudrenghien qui portait pour armoiries une croix cantonnée de quatre étoiles. Il vivait en 1370 et avait pour contemporain Ernoul de Baudrenghien qui scellait en 1374 d'un écu portant la Hamaide de trois pièces chargées de besants..." (sic)
Comte du CHASTEL de la HOWARDERIE:
La Noblesse Belge, Annuaire de 1912,
tome I, page 281
Tous les généalogistes qui se sont penchés sur notre patronyme se sont immanquablement posé la question de savoir s'il y avait une ou deux familles homonymes, toutes deux établies dans le nord du Hainaut ?
La solution pour beaucoup était qu'un Baudrenghien portant la croix de gueules cantonnée d'étoiles aurait, après une alliance avec une La Hamaide, repris les armes de cette famille en chargeant les pièces de la Hamaide d'un nombre, d'ailleurs variable de besants. On peut lire cette affirmation dans Herckenrode1 ,Castro y Toledo, Goethals2 etc., qui tous assurent que Jacques de Baudrenghien, mort en 1523, fils d'Arnould et de Flandrine de La Hamaide, aurait repris les armes de sa mère. Mais dans l'ANB de 1912 le comte du Chastel signale qu'il a trouvé dans un acte tournaisien daté de 1413 une Marguerite de La Hamaide citée comme épouse d'un Ernoul de Baudrenghien. Ne serait-il pas le prisonnier de Baesweiler, Arnould van Baddelghem3, faisant déjà usage en 1374 d'une fasce à une hamaide de 3 pièces, respectivement chargées de 3, 2 et 1 besants et dès lors, lui le premier qui aurait adopté les armes de cette famille, celles de sa femme ?Albert de LANNOY
"A propos des Baudrenghien"
Le Parchemin n°183
Mai - juin 1976
pp. 142-143.1 HERCKENRODE
"Nobiliaire des Pays Bas et du Comté de Bourgogne"
Vol.I, page119.2
F. GOETHALS
"Dictionnaire généalogique et héraldique"
T.L., pp. 537-538.3 Alph. VERKOOREN
Inventaire des Chartes et Carulaires de Brabant. 1153-1383, page 482 (Hayez 1913)
Nous verrons plus loin, qu'un autre Baudrenghien renoncera à transmettre son blason et jusqu'à son nom à sa descendance, contraint d'adopter ceux de sa belle-famille quand il épousera en 1579, une demoiselle de Cramet, dame de Loges.
A la fin du XVIIème s, l'officier Héraut roi d'armes, Jean-Baptiste, Antoine de Grez, se distingua de ses prédécesseurs en ébauchant un arbre généalogique représentant les deux blasons côte à côte1. Il cautionne le travail de son contemporain, Jean Le Carpentier, en le débutant par un aïeul commun portant l'écu tournaisien à la croix de gueules et attribue les premières armes aux hamaides brisées de besants à Jacques, fils d'Arnould de Baudrenghien et Flandrine de La Hamaide. Goethals adhèrera plus tard à cette théorie en la retranscrivant sous forme d'un tableau manuscrit, conservé à la Bibliothèque Royale 2.
1 Fonds héraldique du Ministère des Affaires étrangères, sous réf. 3m46.
2 Cabinet des Manuscrits
"Fonds Goethals"
réf. ms G.998 (XIX°s)
A contrario, le comte Paul-Armand du Chastel de la Howarderie (1847-1936) suivi par les généalogistes modernes, refuse cet amalgame et dissocie les familles homonymes de Lessines et de Tournai, dont la proximité ne serait que géographique et purement fortuite.
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4.1. Les (de/der) Baudrenghien portant d'or à la croix de gueules
Armes; origine et signification.
Les premières armoiries apparurent en Europe occidentale entre 1120 et 1150 afin de distinguer les belligérants en armure sur les champs de bataille. En 1188 au départ de la Troisième Croisade, les alliés convinrent de distinguer leurs combattants par la couleur de leur croix et le rouge fut attribuée aux français5.
Un atout généralisera son usage au sein de l'aristocratie avant la fin du même siècle; celui qui deviendra par coutume et intérêt de gracier une vie contre une rançon. Tradition qui ne sera trahie pour la première fois qu'en 1415 par les Anglais à la terrible journée d'Azincourt. Au XIVe siècle, on brode les insignes des familles sur la cotte d'armes portée par-dessus l'armure. Les, les vitraux des églises et de nombreux objets de la vie courante sont ornés de blasons. C'est ce qui donne naissance au terme «armoiries» (armes, armoyer).
À partir du XVIIIe siècle, avec le développement de nouveaux emblèmes (chiffres, devises, monogrammes), cet usage décline..
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Le "touche-à-tout" Pierre Barthélémy Gheusi écrivait en 1932 que "les auteurs qui attribuent aux métaux et couleurs une signification (ex.: gueules=courage et loyauté) ne sont que des charlatans ou des naïfs"1 . A l'exception des armes figuratives ou de celles qui font allusion à un fait historique, les symboles colorés et géométriques qui les composent n'ont souvent aucune signification particulière, l'ensemble n'étant que la marque d'une famille.1
L'Armorial figuré de Tournai et du Tournaisis par le comte du Chastel, planche 9 2a, représente en noir et blanc avec hachures et pointillés pour distinguer métaux et couleurs; un blason de Baudrenghien / d'Er(e)baudrenghien portant d'or à la croix de gueules (rouge) cantonnée de 4 étoiles à 6 rais de sable (noir). D'après le même ouvrage paru dans "la revue Tournaisienne" après 1910 et consultable aux Archives de l'Etat locales, une seule autre famille du Tournaisis portait d'or à la croix de gueules: l'illustre famille de Mortagne, après que Arnould, châtelain de Tournai adopta la croix. Elle aura toutes sortes de brisures, mais demeurera la croix de Mortagne, de gueules sur champ d'or 6, un des deux plus grands noms du Tournaisis et de la Pévèle 2b.
Mais dans un temps où tout satisfaisait au nom de la religion, la croix trouva sa place sur nombre de blasons. Tous les Croisés l'ont portée par-dessus leur cotte de maille, mais devenue tellement usuelle qu'elle en a perdu cette distinction1. Par ailleurs, le symbole de la chrétienté pourrait représenter la garde de l'épée du chevalier 3; un signe de rédemption adopté par les Preux dont la bravoure était exaltée par la dévotion.4
Le professeur Dr. Ottfried Neubecker, héraldiste distingué de nos contemporains, confirme dans "Le grand livre de l'héraldique" que la norme française (toutefois non restrictive) des étoiles héraldiques était de cinq rais et de six en empire germaniques5. Raison possible pour laquelle elles feront l'objet d'une brisure en ce sens pour les Baudrenghien alliés aux du Bus ou ceux de Valenciennes.
1 P.B. GHEUSI
LE BLASON - Théorie nouvelle de l'art héraldique Paris 1933, respectivement p.21 et 772a P.A. du CHASTEL
Armorial figuré de Tournai et du Tournaisis.2b P.A. du CHASTEL
Notices généalogiques tournaisiennes, Tome I, page 5.3 Victor BOUTON Nouveau Traité du Blason, Paris 1863, p.126.
4 Jouffroy d'ESCHAVANNES - Traité de la science du blason (1885) p.71.
5 O. NEUBECKER
"Le grand livre de l'héraldique"
Elsevier 1976 - p.24.6 Mémoires de la Société historique et littéraire de Tournai, tome 24 (1893), page 85.
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Le comte du Chastel considère que les (de/der) Baudrenghien ou d'Erebaudrenghien(sic) de la région de Pottes, Evregnies, Tournai sont issus de la seigneurie d'Erembodeghem, car leur nom s'écrivait dès le XIIème s. d'Ierebaudenghien. Cette seigneurie, devenue vicomté au XVIème s. était géographiquement proche de Pottes, située à l'extrémité Nord-Est du Tournaisis, sur les villages de Moen et Outrijve, actuellement en Flandre Occidentale. Nous savons que cette seigneurie a appartenu au XIVème siècle à la maison de Steenhuis, seigneurs de Zwevegem (Swevenghien). Passa ensuite aux XVème et XVIème siècles à la famille de Gavre, dite d'Escornaix, sgrs de Nokere, Bevere et Herboyghem, avant de passer aux maisons de la Vichte à la fin du XVIème et au XVIIème s., et celle de Croix au siècle suivant.
2 A. de LANNOY
"A propos des Baudrenghien"
Le Parchemin n°183
Mai - juin 1976 - p143.
Evregnies ; Evergnies au XIII°s, tient son nom de la langue teutonique. Le premier radical "ever" est flamand, le second wallon: preuve qu'on a dû dire "Everghem" primitivement. Etymologiquement, il signifie "terre de sangliers"1 . Situé à trois lieues (13 kms) de Tournay à la gauche de la chaussée vers Courtray, le village contient en 1812, deux cent septante et un bonniers, huit cents verges. Il tient du Nord à Dottignies et à Espierres, de l'orient à Saint Léger, du midi à Saint Léger et à Estaimpuis, de l'occident. L'on voit à Evregnies le moulin dit de "Chappelle", les Ursulines de Tournay y possèdent des terres2. Un château fort désigné sous le nom de manoir du Chastel, fut le berceau et donna son nom à l’illustre famille des comtes du Chastel de la Howardrie*. Il sera vendu avec ses dépendances en 1372 à l'abbaye de saint Martin de Tournai3 qui y possédait déjà de très belles fermes. Monsieur l'abbé était le seigneur du village. Saint Martin y était décimateur pour deux tiers, c'est à dire que l'abbaye prélevait cette part sur la dîme (soit 2/3 du dixième des récoltes) et patronnait la cure en vertu de la donation qui lui fut faite en 1092, par Radbold II, évêque de Tournay et confirmée par le Pape Innocent II, en 1131. Le dernier tiers de cet impôt consistant en trois gerbes au cent, et environ 8 bonniers de terre presque attenants revenait précisément à ladite cure. L'église paroissiale y est sous l'invocation de Saint Waast, dont on célèbre la fête au jour de la translation le 15 juillet. L'ancienne Cure, dont les bâtiments existent toujours, est éloignée de 300 pas, c'est une vaste ferme en quadrilatère entourée de larges fossés, millésimée de 1640 sur une poutre en bois. Elle servit de presbytère jusqu'en 1728.
1 A.-G. CHOTIN
"Etudes Etymologiques sur les villes et villages de la Province de Hainaut"
(Casterman 1858).2 M. HOVERLANT
"Essai chronologique pour servir à l'Histoire de Tournay" (1812)
LVII - p.171 (résumé).3 Patrick GILLARD
Des histoires d'Evregnies (1981).* Lieu orthographié Haut- Warderie par Ferraris.
**La ferme de l'Abbaye est aujourd'hui un restaurant.
En 1693 la population, dont notre famille, fut ruinée par la guerre. Le village renaîtra péniblement de ses cendres, et entre 1720 et 1789, sa population doublera passant de 400 à 824 habitants en deux générations. Travailleurs méritants aux métiers saisonniers que seule la kermesse annuelle venait égayer le deuxième dimanche de septembre2. A la fin du XVIII°s, la production de sabots alterne les travaux des champs avant de connaître une expansion et occuper à temps plein jusqu'à 90 personnes du village et de ses alentours, puis de péricliter après la Seconde Guerre mondiale et voir le dernier sabotier s'éteindre en 1963.
Des Derbaudrenghien furent lieutenant à Evregnies; les Dillies, qui nous étaient apparentés, se succédant dans les fonctions cumulées de greffier, de notaire et de bailli. Généraliste du Droit, le notaire de nos campagnes jadis se partageait entre les droits de la famille et les actes immobiliers de toutes natures. Comme aujourd'hui, il avait dans ses attributions la rédaction des contrats de mariages et des testaments ou l'inventorisation des biens après décès, ce qui nécessitait parfois deux visites quand la pose d'un scellé de cire s'imposait sur la porte d'une grange ou d'un grenier afin d'en préserver leur contenu des tentations humaines. Il revenait plus tard accompagné d'un témoin et établissait une "grosse" (ébauche à l'écriture grossière) des "biens et effets" du défunt qui devaient être repris dans la "minute", l'acte officiel rédigé minutieusement d'une écriture fine et sous serment, sur lesquels il était bien évidemment rétribué.Jusqu'en 1816, la £ivre fut utilisée comme mode de paiement, mais il est pratiquement impossible de donner une équivalence à cette très ancienne monnaie déclinée suivant les temps et les lieux; en Livre blanc, Livre parisis, Livre tournois ou Livre de Flandre. Disons qu'au XVIII°s, une livre valait en moyenne 20 sous et que 1 sou (ou sol) valait 12 deniers. Entre 1700 et 1730 un ouvrier non qualifié pouvait gagner 13 à 15 sous par jour, sans être nourri. S'acheter un lit ou une armoire lui coûtait deux à trois mois de salaire.
2 M. HOVERLANT
"Essai chronologique pour servir à l'Histoire de Tournay" (1812)
LVII - p.171 (résumé).
L'article ci-dessous a été amendé en février 2013
La commune de Pottes sur l'Escaut a une origine très lointaine dans le temps. Elle trouve son fondement sur une antique voie romaine joignant Tournai à Audenarde, à cheval sur l'ancien Comté de Hainaut et la Flandre romane. Au Moyen Age, elle était tenue de la Salle de Lille et relevait du souverain de France. Elle avait bailli, lieutenant et un banc de 7 échevins aux droits étendus de haute, moyenne et basse justices. Cette terre de plus de 200 bonniers (333 ha) consistait en un château féodal avec 42 bonniers, un moulin à vent et nombre de rentes seigneuriales, dont les plus importantes était Germignies (ou Guermignies) et Quesnoy. Ces rentes consistaient en 44 razières, 1 hotteau d’avoine, 66 chapons, 2 poules et 104 sols, quatre deniers, monnaie de Flandre. La juridiction était commune et indivise avec la châtellenie de Germignies détenue par les 'de Pottes' depuis le XII°s., jusqu'au mariage de sa dernière héritière; Anne de Pottes, avec Guillaume II de Stavele, la faisant passer au XVème siècle dans le patrimoine de cette maison. Dans la première moitié du siècle suivant, des mariages la concédèrent brièvement aux Croÿ, au Van der Gracht et aux Hornes avant d'être vendue vers 1550 à Jacques de Marnix dont les descendants la conserveront jusqu'en 1680, année où elle fut vendue à Pierre de Croix, mort en 1706 sans postérité de son épouse Bonne-Victoire de Kessel et qui était le petit-fils de Pierre de Croix et d'Anne de Baudrenghien qui suivront, héritiers de Préseau-lez-Valenciennes.
Les derniers seigneurs de Germignies furent les Beauffort qui en héritèrent d'une Beauffremez, elle-même fille d'une de Croix.Ajoutons qu'une autre seigneurie de Pottes dénommée "la Mousserie" fut longtemps une possession de la famille Fourmanoir à laquelle nous fûmes également liés.
Quant au "Quesnoy", qui relevait de la baronnie de Leuze, les d'Aubermont en furent possesseurs du XIVème siècle, jusqu'à la fin du XVIIIème. Vers 1630, Charles d'Aubermont, prévôt de Tournai fit ériger un manoir de style espagnol autour d'un vieux donjon datant du XIIIème siècle. Dans la façade du château construit sur deux juridictions apparaît un pierre matérialisant celle de 'Lille' vers L'Ouest et du 'Hainaut' à l'Est.
A tort ou à raison, les seigneurs de Germignies portaient le titre de baron de Pottes et l'histoire locale fut quelque peu agitée par leurs querelles de préséance avec les seigneurs du Quesnoy au sujet de leurs places à la messe !. Les premiers voulant en finir, obtinrent la permission d'ériger un édifice religieux sur leur domaine. On peut supposer que par la même, la vieille église de 1432 fut désaffectée avant d'être détruite ?. Toujours est-il que par dépit, les Quesnoy aménagèrent une chapelle en leur château et le clocher ne fut plus jamais au milieu du village...Le Tournaisis est clairsemé de "censes" ou "cinses" en patois picard; ces grosses fermes en carré, isolées au milieu de leur terre et souvent entourées d'eau pour les plus anciennes. Leur porche d'entrée porte souvent les armoiries d'une abbaye, ou du seigneur du lieu, mais le censier n'aura que sa pierre tombale pour les faire graver. Les épitaphiers des églises témoignent de l'importance de certaines familles de ces agriculteurs et de la transmission parfois dynastique de ces terres.
1 VEGIANO-HERCKENRODE
"Nobiliaire des Pays Bas et du Comté de Bourgogne"
Vol.II, p.558 (1865).WIKIPEDIA sous licence Creative Commons.
Eglise bâtie en 1432 en pierre de Tournai amenées à grands renforts de bateaux sur l'Escaut, dont il ne subsiste aujourd'hui qu'une vielle tour classée.
Avec la cense de Pont, le Marquais, situé au hameau du Quesnoy, était l'une des plus importantes et des plus anciennes du village. Déjà citée en 1388 par Jean, Sire de Pottes et en 1396 par Louis, seigneur du lieu, cette seigneurie entra dans notre famille dans la première moitié de du XVème s. par l'union maritale de Théry de Baudrenghien, & Jehenne du Marquais.*
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La ferme du Marquais à PottesPhoto de:
Gustave SAMAIN
* N.Ref 16050
En 1676, le fief est encore cité dans le registre censier de Jean de Marnix. Fin du XVII°s, il fut racheté par Laurent Delfosse, trésorier général du Tournaisis, c'est ainsi qu'en 1734 un certain Charles-Dominique Delfosse, chanoine de la cathédrale de Tournai se dit seigneur du Marquais, la ferme étant probablement exploitée par la famille Vanlerberghe. Il appartint ensuite et depuis un temps lointain à la famille d'Hespel du Ponthoix qui l'a vendu vers 1934 à Mr. Henri Peeters sucrier à Warcoing et occupée par la famille Samain depuis 1883 jusqu'à nos jours.
Merci à:
B. VANDYSTADT
De la branche de Pottes est certainement issu le rameau des de Baudrenghien dits de Boullogne de Tournai. En effet, « La Cazerie », propriété terrienne des Fo(u)rmanoir* alliés aux de Baudrenghien, était située à Celles, au lieu-dit de « Boulogne » à un kilomètre au sud-est de Pottes.
*Pour cette famille, consulter l'ANB 1879, mais nous relevons par ailleurs quatre ou cinq généalogies contradictoires.
Château de Formanoir
à Templeuve devenu Maison communale
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4.1.2. Brisure du blason ancestral
Au patronyme "der Baudringhien" (sic), François-Joseph Bozière* relève un blason qu'il décrit "d'argent à la croix de gueules, chargée en cœur d'une rose d'or et acc. de quatre étoiles de sable, l'écu orlé et engrêlé"
Gilles de/Derbaudrenghien (deg.IV, ref.14050) natif de Pottes vers 1478, issu en puîné du mariage de Théry dit de Pont et de N. le Marissal serait le premier à l'avoir porté; Jean, son frère aîné d'environ 4 ans, héritant les armes pleines et la seigneurie paternelle.* Aimé Fr-J. BOZIERE : Armorial de Tournai et du Tournaisis
1859, page 41
"der Baudringhien" (sic)
Typographie de Malo & Levasseur à Tournai.
La brisure est une altération de la simplicité et intégrité du blason de l'Ecu, en y mettant quelques pièces, ou figures, pour les distinguer des pleines armes d'un aîné. Scuti gentilitii adscititia sectio. Symbolicarum imaginum infractio, fractura seutaria. Le lambel est une brisure, une marque de puînés et des descendants, aussi bien que le bâton, la cotice, la bordure et les pièces dont on les charge pour les varier. Il y a des doubles et triples brisures expliquées par Favin, Geliot, Chasseneu, & autres.1
La brisure est introduite pour distinguer & pour rabaisser en quelque sorte les armes, tant des cadets que des bâtards, au regard de celles des aînés et des légitimes. Cette brisure se pratique pour des causes justes et nécessaires à l'état des familles, elle se pratique dis-je, par de menues pièces de blason qui intéressent peu l'entière, pure et pleine figure, et la nature des armes. La brisure passe à toute la postérité, et ne cesse point, que le droit ouvert de succession n'ait rendu le plus proche et plus habile de la race capable du titre d'aînesse & des pleines armes.1
Mais Théodore de Raadt 2 signale que le Moyen âge avait pour principe d'éviter une double brisure. En brisant, par exemple, par un changement d'émaux, on conservait intacts les meubles de l'écu, ou bien une modification du cimier pouvait passer pour une brisure suffisante.
Dans certains cas, elle pouvait prendre aussi la forme de sanction et après jugement publique, un noble qui aurait failli au code tacite de bonne conduite, pouvait voir ses armes dégradées par les officiers d'armes qui procédaient à des modifications circonstancielles et en tenaient registres figurés.3
1 Dictionnaire universel françois & latin : Ed.1718 - page 1485.
2 J. Th. de RAADT
"Sceaux armoriés des Pays-Bas & des pays..."
(Bruxelles 1897)p.68.
3 Michel BARNIER : Initiation à l'Héraldique XXV - (résumé)
Reconnaissons que le vocable "brisure" prend ici un sens particulier pour un blason qui ne gagne pas en esthétique: L'or est réduit en argent, les étoiles de sable perdent une pointe, le contour de l'écu est "hachuré" de rouge et la rose émaillée d'or au centre de la croix, pourrait selon certains matérialiser un désaccord ou un drame familial grave; trahison, mésalliance ou séparation de branches (?). Mais en l'occurrence aucun élément connu actuellement ne nous autorise à cautionner cette théorie. Pour d'autres au contraire, la rose héraldique est un des meubles floraux les plus représentés, associé plus unanimement à la dévotion de l'immaculée conception ou encore pour un troisième; un mérite avoué. 3
3 L.FOULQUES-DELANOS
Manuel héraldique ou Clé de l'art du blason
(Limoges, 1816).
Quoi qu'il en soit, ce "nouveau" blason des Baudrenghien fut transmis sans autre modification postérieure aux nombreux descendants de Gilles et de Marie de Bèvre installés à Evregnies et dans la proche région. Car au début du XIX°s, il fut repris en senestre sur les armoiries du vicomte Léonard-Pierre du Bus* de Gisignies, descendant tournaisien d'une ancienne famille noble originaire de l'Artois (XV°s) qui portait initialement "d'or à à une palme de sinople".
* Pour les du BUS, voir ANB 1913, tome I,
à savoir:
p.210 pour les Gisignies
p.242 pour les Warnaffe.
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En chef, d'or à la palme de sinople, qui est du Bus ancien.
En pointe, écartelé :
En 1. D'azur à l'écu d'argent en abîme, accompagné d'un orle de 4 fleurs de lis du même,.du Bus de Gisignies.
En 2. D'argent à la croix de gueules. Chargée en cœur d'une rose d'or et cantonnée de quatre molettes de sable, à la bordure engrêlée de gueules qui est de(r) Baudrenghien.
En 3. D'or à trois merlettes de sable qui est Vuylsteke de Gisignies.
En 4. D'azur à l'épée d'argent garnie d'or posée en fasce, pointe à dextre, et accompagnée de trois merlettes d'argent, qui est (de) Deurwaerder.
Oeuvre collective:
"Etat présent de la noblesse du royaume
de Belgique"
(1960) - p.334
Explication des Quartiers féminins: En 1749 à la première génération représentée; Marie (der) Baudrenghien (2) épouse François du Bus, censier de Vallemprez ~ Marie-Thérèse Vuylsteke (3) apporte le fief de Gisegnies sur Escaut en dot à son mariage avec leur fils Pierre-Ignace; - A la troisième génération, Marie-Anne-Catherine de Deurwaerder(4) fut la première épouse du vicomte Léonard-Pierre du Bus de Gisignies, Gouverneur-général des Indes néerlandaises. Les porteurs du titre de vicomte le sont en vertu de lettres royales.2
1 BOZIERES - Armorial de Tournai et du Tournaisis - p.187.
2 Paul André ROGER- Biographie générale des Belges morts ou vivants, (Bruxelles 1849) p.44
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La première union de nos deux familles se fit probablement au début de l'an 1658, entre Marguerite Derbaudrenghien (N.ref.9030) et Laurent du Bus, surnommé le "Père aux Patards". Du moins, le suppose-t-on car le premier de leurs onze enfants, naîtra en novembre de cette année là, seul indice dont nous disposons.
Le Patard était une petite monnaie déjà frappée sous Philippe le Bon, et largement répandue ensuite dans les anciens Pays-Bas. On prétend que c'est la fortune personnelle de Laurent du Bus, qui lui valut ce sobriquet, mais à 20 patards le florin, il semble plus probable qu'il s'agisse d'une boutade militaire collant à la peau de cet ancien capitaine trésorier, chargé de payer en campagne la maigre solde d'un patard par jour et par soldat à ses compagnons d'armes.
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Lors de la retraite des armées espagnoles des Flandres, Laurent du Bus fut fait prisonnier et retenu en otage. Au cours de sa captivité en Espagne, il fit faire sont portrait pour l’envoyer à son épouse.
Il est représenté sur un fond sombre, revêtu d’une brigantine ceinturée à la taille par une corde de cuir. Le large décolleté laisse apparaître une voilette et un foulard du même type. Un bustier de cuir par dessus porte des têtes de lion en spallières (épaulières) (le cuir épais était bouilli et moulé sur des formes), les manches sont fendues, sa main gauche, gantée repose sur le pommeau de son épée, Un manteau rouge jeté sur ses épaules est fermé par une boucle.
Chantal Fonteyn-Couplet:
"Généalogie Du Bus" &
"Généalogie Landrieu", du même auteur, pp 106-107.En 1881, une copie du tableau fut réalisée par Moreau de Valenciennes, d’après l’original qui se trouvait alors à la ferme du Faux-Vivier à Marchiennes, dans le Douaisis [F-62].
Laurent du Bus
Laurent du Bus est erronément présenté par le comte du Chastel dans ses « Notices Généalogiques Tournaisiennes » comme le censier de la ferme du Temple à St Léger, le confondant avec son fils homonyme, qui hérita cette fonction par son union en 1684 avec Marie Jeanne La Derriere (La Driere ou Ladrière*), après son beau-père.
Ceci implique que Marguerite Derbaudrenghien, n'a jamais habité la ferme du Temple, limitant sa présence en ce lieu à des visites familiales rendues à son fils et sa belle-fille au cours des cinq années qui lui resta à vivre après leur mariage. Laurent et Marie-Jeanne eurent une nombreuse descendance mais Marguerite ne connut que deux de ses petits enfants; Laurent né en 1685 et Marie née en 1687. Comme souvent dans les familles, une naissance accompagne un décès: Marguerite mourut en juin 1689 à l'âge de 54 ans, une quinzaine de jours avant le baptême d'un petit Antoine. A moins que ce ne soit la date du baptême qui aurait été reportée pour cause de deuil?
* Pierre BACHY;
« Saint Léger à l’ombre des templiers» orthographie "Ladrière" et une seule fois "Laderrière"
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C'est presque un siècle plus tard que fut célébré le second mariage, quand en 1749, François Jh. du Bus, censier de Vallemprez et bailli du temporel de la puissante abbaye de Saint-Martin établie à Tournai, épousa Marie Derbaudrenghien, qui lui donna dix enfants dont malheureusement, quatre ne survécurent pas. Au décès de Marie Derbaudrenghien en 1770, il restait Pierre Ignace 14 ans, François 13 ans, Louis 12 ans, Marie Françoise 6 ans.
Leur petit-fils, Léonard Pierre du Bus auteur de la branche des Gisignies par sa mère, est l'une des figures notables de cette grande famille, qui s'est investie au cours des siècles dans l'histoire et la vie politique de notre pays. Il est né à Dottignies le 28 février 1780 à 11h30 du matin. A l'âge de deux ans, il connaît le premier grand chagrin de sa vie en perdant sa mère, Marie-Thérèse Vuylsteke de Gisignies et trois ans plus tard, c'est son père Pierre Ignace qui vint à mourir (voir 1825). Il fut alors recueilli au château de son grand-père maternel à Dottignies (Il n'a connu aucune de ses grands-mères et son autre grand-père était déjà en fin de vie). A la mort de son tuteur, l'enfant n'avait que huit ans et fut alors confié à son oncle, François Joseph du Bus*, un avocat réputé de Tournai qui habitait à la rue du Palais Saint Jacques, un des quartiers les plus chics de la ville. Le jeune homme, intelligent, bien entouré et au caractère bien trempé, devint d'abord membre du bureau de bienfaisance de Tournai, ensuite premier adjoint du maire de la ville pendant l'Empire, Intendant de l'arrondissement de Courtrai, membre puis président de la 2ème Chambre des Etats-généraux des Pays-Bas en 1815. Il fut anobli par le Souverain Guillaume Ier le 20 février 1816; titré vicomte par arrêté royal du 22 mai 1819 et obtint le 14 juin 1822, concession et augmentation d'armoiries (coupé : en chef, d'or à la palme de sinople ; en pointe, écartelé : duBus-Baudrenghien ; Vuylsteke-Deurwaerder). Membre de l'Ordre équestre de la Flandre Occidentale dès 1817, Gouverneur de la province d'Anvers en 1820 avant celle du Brabant méridional. C'est à cette époque, vers 1824 qu'il fit sceller en l'église Saint-Léger de Dottignies, une stèle de marbre à la mémoire de ses parents décédés trop jeunes et de leurs ascendants sur cinq générations. Les dames Der Baudrenghien (sic) y sont donc représentées deux fois par les unions évoquées précédemment.
* C'est ce François-Jh du Bus (1757-1835) qui fit bâtir le mausolée au Cimetière du Sud à Tournai afin d'y reposer avec les siens. Le monument existe toujours et a subi une nécessaire réfection en 2008.
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Enfin, le vicomte du Bus de Gisignies fut nommé Gouverneur général des Indes Néerlandaises par arrêté royal en date du 10 août 1825. Il arriva sur l'île de Djawa (Java) le 3 février 1826, remplaçant l'honorable gouverneur-baron van der Capellen, démissionnaire, à un moment où l'île était emprise à de violentes rivalités autochtones2. Le comte du Bus était un homme loyal qui avait à coeur le bien public, mais auquel manquèrent souvent les moyens d'atteindre ce noble but. De plus, il se vit entouré de collaborateurs
1 Pfyffer de Neüeck dresse un tableau peu flatteur de cette gouvernance dans "Esquisses de Java et de ses divers habitants" (Ouvrage traduit de l'allemand avant sa publication à Bruxelles en. 1837) p.143 à 145.
flatteurs, hypocrites et ambitieux pour eux-même1. Il faut dire que dès son intronisation il dut se rendre impopulaire, annonçant que Guillaume Ier avait pris des mesures pour rétablir les finances des Indes en commençant par réduire les rémunérations des fonctionnaires publiques2. Malgré son ignorance de la langue du pays et de ses moeurs, il s'employa à poursuivre les amendements sociaux entrepris par son prédécesseur1. Son administration autoritaire mais éclairée apporta de nombreuses améliorations dans la situation des colonies hollandaises. Nommé Ministre d'Etat en 1828, il quittera ses fonctions le 16 janvier 1830, laissant à Java d'honorables regrets, mais ayant eu à lutter contre des préventions malveillantes. Pour conserver un souvenir de sa bonne administrations, un cénotaphe (monument funéraire inoccupé) fut élevé à sa mémoire3 dans l'église catholique de Batavia qu'il avait fait bâtir en partie à ses frais4, vraisemblablement de son vivant puisqu'il ne porte ni la date de sa mort, ni les armes de sa seconde épouse; Marie-Antoinette van der Gracht qu'il épousa après le décès de Marie-Anne de Deurwaerder survenu le 23 juillet 1836. Il est en revanche abondamment blasonné par les armes complètes de l'ex-gouverneur et celles de ses aïeux sur six générations, en ce compris la sienne. Le monument dont le soubassement porte une inscription latine à sa gloire, fut réédifié dans la cathédrale qui remplaça l'église en 1900. Batavia devint Djakarta en décembre 1949, à l'indépendance de l'Indonésie.
C'est aussi en 1836 que le Gouverneur honoraire fit réaliser son portrait par l'artiste de renom, François Joseph Navez par ailleurs directeur de l'Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles. Ce tableau se trouve à Amsterdam, au Rijksmuseum. Léonard-Pierre du Bus de Gisignies mourut en son château de Oostmalle-lez-Turnhout à l'âge de 69 ans, étant Grand'Croix de l'Ordre van de Nederlandse Leeuw (Ordre du Lion Belgique).2 Annuaire historique Universel ou complément, etc. Année 1826, (Ed 1828), pp 86-87
3 Biographie générale des Belges morts ou vivants, (Bruxelles 1849) p.44
4 Biographie Nationale publiée par l'Académie Royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts, tome 6 (1878), pages 213 à 218.
L'honorable patronyme "du Bus de Gisignies" ne sera plus transmis, la dernière descendante contemporaine du nom étant le comtesse douairière de Renesse, née Godelive du Bus de Gisignies, fille du vicomte Christian, décédé le 5 juillet 1885.
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4.2. Les (de) Baudrenghien portant les hamaides de gueules
Armes; origine, signification.
Les Baudrenghien de la région de Lessines-Flobecq alliés jadis aux La Hamaide, portaient les armes de cette famille, brisées d'un nombre variable de besants d'argent. Richelet nomme hamade ou hamaïde une fasce à trois pièces alésées qui ne touchent point les bords de l'écu dont l'ensemble représente les traverses d'une barrière.1
Appelé "Besant" par les Occidentaux, le "Solidus", était une ancienne monnaie byzantine répandue en Orient dès le IXè s. et qui servit au temps des croisades, à payer nombre de rançons de prises de guerre. Ces pièces d'or ou d'argent placées sur les armoiries d'un chevalier, indiquaient par conséquent qu'il avait été en Terre sainte.21 Pierre RICHELET Dictionnaire de la langue françoise, ancienne et moderne (tome II - 1728) p.346
2 Léon ROY
Dictionnaire de Généalogie, p.88
Comme nous l'avons vu précédemment, et contrairement aux écrits de Bozière 1, des Baudrenghien étaient issus du lieu-dit de «Boudergem» ou «Boudenghien» (Boudrenghien en 1833), situé sur la châtellenie de Flobecq (Vloesberg) à l'orée sud du Pottelbergh. Demeure ou manoir de Baudouin ou de Baudri, propriété rurale de ces seigneurs désignant, un hameau, un champ, une cense (ferme ou métairie) comprenant en 1411 au moins quatre-vingts bonniers.
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1AIME Fr. BOZIERE
Armorial de Tournai et du Tournaisis
(1859) p.164.
FERRARIS - 1770.
Carte de Cabinet des Pays-Bas autrichiens et de la Principauté de Liège - Planche 39b: "Renaix"
Ils possédaient également à Flobecq le fief de "Renartcamp" (Renartchamp) et à Marcq, celui de "Belle"", à la sortie d'Enghien vers Silly..
Ils étaient en outre, seigneurs de Gommenpont à Ostiches, fief relevant de l'abbaye de Saint Denis en Brocqueroie, comme en témoigne le Scel échevinal de la seigneurie : Écu à trois hamaides chargées respectivement de 4, 3 et 2 besants (Baudrenghien). Légende : » ... de goumanpont en ostiche » trouvé dans les Annales du Cercle Archéologique de Mons, volume 37, page 83.1
1Ed. PONCELET:
"Sceaux et armoiries des villes, communes et juridictions du Hainaut ancien et moderne."
Le 20 janvier 1419, Anne de Trazegnies, épouse de Arnould de Hamal, fille de Anselme et de Mahaut de Lalaing, héritière de la maison de Trazegnies au décès de son frère aîné, fit le relief de ses possessions devant la cour féodale de Brabant1 . Le 30 avril de la même année, Jan de Baudrenghien, lui prêta hommage lige* pour la terre d'Ansermont.
1 Ernest MATTHIEU :
La Pairie de Silly, ses fiefs et arrière-fiefs..* Du latin "ligatus" Hommage principal impliquant une fidélité absolue
La cérémonie était publique, associant ainsi autant de témoins. Le vassal à genoux et tête nue, les mains jointes entre celles de son seigneur lui jurait fidélité sur les saints Evangiles. Les engagements pris de part et d'autre étaient ensuite actés dans un document écrit nommé "l'aveu".
Il n’était pas rare qu’un vassal prêta hommage à plusieurs seigneurs et reçoive ainsi autant de fiefs, mais l’hommage lige, d'usage dès le XI°s, était prédominant et si un conflit survenait entre deux de ses seigneurs, le vassal se devait d'honorer l'hommage principal.
Dans un dénombrement de 1589, on lit 1:
"Damoiselle Marie de Baudrenghien, vesve de feu Pière Le Latteur, dit Nève, tient dudit Silly ung fief liège se comprendant en une maison, motte, fossez à eauwe, grange, estables, court, jardin, bois et terres labourables, nommé la maison d' Ansermont, contenant douze bonniers ou environ, gisant en la paroiche d'Ogy, sur la chastellenie de Flobecq, tenant aux héritaiges du sgr de Gomanpont, au champ Simon et au champ du Lardoir." Il est une anecdote, quant au décès de ce Latteur, qui était également l'avoué de son épouse on ne trouva point son cheval: "Et y a heu difficulté sy par le trespas dudit Pierre, son cheval estoit dévolu pour droict de liège à mondit seigneur, et fut retrouvé que non, d'autant que le fief vient de par la femme..." L'histoire ne dit pas si l'animal fut retrouvé...1 Ernest MATTHIEU :
"La Pairie de Silly, etc."
pages 73 & 74
Gommenpont en Ostiches, relevait de l'abbaye de Saint Denis en Brocqueroie, sise à Maisières, près de Mons. On cite déjà ce fief en 1306, quand Jehan de Tongres, seigneur du lieu, signe en faveur de l’abbaye de Cambron, jadis haut lieu de spiritualité, une charte de donation d’un journel et demi de pré et prairie gisant au lieu dit «a Masures» en sa justice de «Gamaupont» et octroie aussi à l’abbaye, la possibilité d’acquérir encore un autre journel et demi pour les tenir de lui ou ses successeurs moyennant le respect du cens qui est dû et sa justice seigneuriale.
«Chou fu fait en lan de grasce mil CCC et sis ou moys de may».Jean-Jacques DESMET:
Cartulaire de l’abbaye de Cambron t.II, Bruxelles, C.R.H., in 4°, 1869, n° XXIV, pages 721 & 722
L'acquisition de ce fief par les Baudrenghien remonte avant 1367. Le cartulaire des mortemains de Hainaut renouvelé en 1460 décrit les droits du comte et aussi ceux du seigneur, les « hoirs de Baudrenghien » : «En celli ville cest assavoir ens ou fief tenu de mondit seigneur le comte qui fu Jehan de Tongre et qui présentement appartient a …… (un blanc) a mond seigneur le comte les dousaines de tous ceulx e celles qui y demeurent et meilleurs catelz de ceulx qui vint de vie a trepas. Sauf que francque orine delivre ainsi fait Saint Ghislain Saint Vinchien de Sougnies Saint Estienne de Braine Laloet (l'Alleud ?) et St Pierre de Renaix de ceulx qui sont a leur sainteur pour bonne orine Item en cellj ville cest assavoir sour le dit fief Sainte Waudru alez deux tiers de ceux qui sont a son sainteur et mons l’autre tierch Item ceulx de Lobes on aussi le moittie de leur sainteur et mons lautre moirie Item a aussi audit fief pluseurs masures q donnet meilleurs cattelz aux hoirs de Baudrenghien pour le second cattel car mons y a devant et prent tout premier le sien. Et se a mons en celly ville par son espial un orine qui li appertient si comme lorine des Logement lesqlz et chun deulx doivent chun an a monsr lomme XII d et la femme Vid et li meilleur cattel a la mort ou que ils voisent demourer et silz demeurt es generals de mondit seigneur ilz payent a mons chcun an 2 dousaines et a la mort deux meilleurs cattelz.
Le Cartulaire de l’abbaye de Cambron existe aux Archives de l'Archevêché de Malines.
Arch. Dép. du Nord
B 12.120, f° 200 v°
Deux dénombrements de Gaumanpont sont conservés. Le premier de 1502 : "Declaration des fiefs tenus de l’église z abbeye de Saint Denis en Brocqueroye rapporter par les possesseurs diceux a Nicolas Fernay bailly dicelle egle apres la publication faite en le ville de Mons au mois de novembre lan mil chincq cenz z deux ainsi quil sensuit..."
idem (f°204) (f°210)
Jacques de Baudrenghien escuyer sgr de Goumanpont tient sa terre dud Gommanpont de lad egle z abbaye St Denis en fief ample qui se comprend en une maison grange z marescauchies prez terres conten VJ bonnirs ou environs item en XVJ ou XVIJ masures qui doivent aud fief mortemains et nulles cattelz sur tous ceux et celles allant au lieu de vie a tresppas item en tout le terroir dud Gomanpont terrages de XIJ garbes du cent et pour chun journel une garbe de fon en cens de rente dave et de chappons avec la justice haute moyenne z basse mayeur z esch et vaut par an ……….(en blanc).
Il y a un arriere fief tenu dud Goumanpont non rapporte avec ce denombrement chi dev : Jehan de Ghillenghien demand a Ath tient ung fief ample de le d egl gisant en le pche d’Ostiche au lieu condist a Gonmanpont se comprendant en XX stiers dave XX chapps et en XXXII S IX D fors demj chun an sur plusieur heritage aud Goumanpont proche Ostiche vaut par an……(en blanc)ADN, B 11.947, Dénombrement de fiefs biens appartenants et dépendants de plusieurs abbaye et des particuliers en Hainaut et Cambresis en 1502 (f° 204 )(210)
Le second, un peu plus d’un siècle plus tard en 1633, c’est un autre Jacques de Baudrenghien qui relève ce fief : "Declaration des fiefs gnallem tenuz et mouvans de l'église et abbaye de St Denis en Brocqueroye mis es mains du sr Luois Scollart bailly dont icelluj at couche endesoubz chun fiefs les derniers heritiers et reliefz quy en ont estez faitz Jacques de Baudrenghien escuyer sr de Goumanpont tient de la ditte eglise de Saint Denis un fief ample lequel se comprend en toute sa terre dudit Goumanpont où il y at maison grange et estables marescauchiez jardins pretz terres rentes d'argents d'avoines et de chappons droictz et mortesmains sur tous le general du terroir dudit Goumanpont droict de terraige de douze garbes du cent et pour chun journel un garbe de fons et sur ledit fief toutte justice haulte moienne et basse et avecq en ce aulcuns homaiges quy tenus en sont le ferme de la ditte seigneurie se met en l'eglise dOsticque se vaut par an" (en blanc)
Gomanpont f°23
Existent toujours à Ostiches, le hameau de Goumantpont (sic) et à Flobecq celui de Boudenghien (sic). Font très probablement partie de cette branche des seigneurs d'Ansermont et de Gomanpont, les porteurs du patronyme qu'on rencontre à St-Sauveur.
Orthographes rencontrées :
Ghomanpont, Gomanpont,
Gommenpont, Goumanpont,
Goumontpont, Ghemanpon,
Ghomanpont, Ghommespont.
La châtellenie de Flobecq était l'une des plus importantes du domaine des sires de Pamele-Audenarde. Délimitée par les ruisseaux d'Ancre prenant sa source à La Hamaide; du Ronsart et les rieux du Tordoir, elle couvrait les villages avoisinants d’Ogy, Ghoy, Ellezelles et Wodecq.
Le bourg, qui bénéficiait d'un moulin à aubes, développa sa vocation agricole sous la protection du château féodal. Les abbayes de Liessies, de Magdendael et d'Ename y possédaient fermes et biens, St-Martin de Tournai y avait la dîme principale et l'autel. L'existence d'une halle dès le XIII° siècle témoigne de l'essor économique que lui apporta la culture et surtout la confection du lin. Ce commerce fut conforté au siècle suivant, quand les grandes villes du Nord, comme Tournai, Bruges ou Gand se consacrèrent davantage aux productions textiles de qualité et le tissage de riches tapisseries, abandonnant à des bourgades rurales plus proches de la production, le tissage des draps et des linges usuels.Matrice cadastrale du MET, sur le site @: "Patrimoine majeur de Wallonie"
Les Comtés de Hainaut et de Flandre & les Terres de Débats.
Si vous le voulez bien, ouvrons une parenthèse pour expliquer succinctement comment émergèrent les rivalités entre les Comtés de Hainaut et de Flandre pour les terres limitrophes, dites de Débats.
On a prétendu que le Hainaut était une terre allodiale ne relevant que de Dieu et du Soleil, mais l'histoire ne consacre pas cette altière devise1. Au IXe s, il devint un comté, et au XIe fut uni à la Flandre par mariage, provoquant des rivalités auxquelles Saint Louis dut mettre un terme par arbitrage. A la fin du XII°s il formait l'un des Etats secondaires les plus puissants de l'Europe.
1 Mémoires et publications de la Société des Sciences, des Arts et des Lettres du Hainaut (1854)...: Volume 3 - Eloge historique de Baudouin de Constantinople.
Nombre de documents, conservés aux Archives de la cure d’Ellezelles témoignent des complications qui surgirent, après 1280, consécutivement au décès de Marguerite de Constantinople*, et notamment sur l'indivision relative à la suzeraineté des seigneuries de Lessines et de Flobecq, déjà "Terres de débats". En effet, à la suite de leur mère, et selon la volonté de Louis IX, les comtes Jean d’Avesnes et Guy de Dampierre se partagèrent respectivement le Hainaut et la Flandre, mais le manque de précision délimitant les deux comtés, fut prétexte à revendiquer par les demi-frères, ces terres limitrophes, en ce inclus les villages environnants de Bois-de-Lessines, Ellezelles, Ogy, Papignies, Wodecq et leurs dépendances. En 1281, les hommes de fief de Flobecq et Lessines ainsi que le Seigneur d’Audenarde, qui avait ces terres en domaine, déclarèrent solennellement relever du comté de Hainaut, avant de se raviser en 1283² .
*Comtesse de Flandre et de Hainaut depuis 1244.
² Baron de REIFFENBERG,
Monuments pour servir à l'histoire des provinces de Namur, de Hainaut ...,
Vol.1 (1844), page 90.
En 1300, le Hainaut s'enrichit des comtés de Frise; de Hollande et de Zélande. Le comte de Flandre s’empara bientôt des terres limitrophes de Flobecq et de Lessines, mais un traité confirmé par un diplôme de Louis de Bavière, le 3 mars 1324, rendit au Hainaut les terres susdites, à charge d’en rendre hommage à la Flandre.
Au XV° siècle, des difficultés resurgirent à propos du même contentieux. En 1433, Jacqueline de Bavière céda ses Etats à Philippe le Bon, associant la destinée du Hainaut à celle de Bourgogne étendue en 1482 à celle des Habsbourg.
En 1515, le jeune empereur Charles Quint, plaça "en oubli" les "Terres de Débats" sous l'autorité de son Grand Conseil de Malines.
Ce n'est qu'en 1737, qu'on convint, enfin, de protéger la juridiction.
Depuis 1963, Flobecq (Vloesberg) est une commune francophone où les flamands, minoritaires, bénéficient de facilités linguistiques.
Les Pairs du Hainaut
Plusieurs auteurs rapportent l'origine des Pairs aux Cours féodales des Lombards et veulent qu'à leur instar les Gaulois auraient introduits les Pairs et dites Cours pour juges en retenant leur nom latin "Pares Curia". D'autres donnent Charlemagne pour premier auteur, remplaçant en la Gaule les Patrices à la Romaine par 12 Pairs, qui selon la légende étaient considérés par l'empereur comme ses égaux, tant pour faire une Cour particulière pour les affaires civiles et criminelles que pour assister au Sacre des Rois. L'historien français Jean du Tillet (+1570) donne l'origine de l'institution plus tardivement, après l'union du roi de France Philippe II Auguste avec Isabelle d'Haynau* (1179).
*Isabelle de Vermandois, nièce du comte de Flandre, Philippe d’Alsace.
Le document ci-dessous permet de mieux comprendre la hiérarchie vassalique très structurée du Hainaut; On y voit le comte, chapeautant ses pairs. La maison de Trazegnies, dont dépendait Silly (la commune qui nous intéresse en a conservé les armes), est représentée en septième position. Viennent ensuite les vingt-deux bannerets hainuyers; riches et puissants chevaliers capables de rassembler sous leur bannière une compagnie en armes et parmi lesquels on reconnaît en première place du second rang, un Hamaide (post.1453). Enfin, six officiers héréditaires forment la base de cette pyramide féodale.
*Bibliothèque Royale Albert Ier - (Albertine) Manuscrit n°5748-50
Le village de La Hamaide
La position stratégique de La "Hameide", dont le nom même, dérivé du francique "hamitha" désigne une barrière; nécessita très tôt une fortification, suivie d'un château fort jouant le rôle de place forte dans la lutte territoriale que nous venons d'exposer.
On voit un chevalier, Antoine, sire de la Hamaide, prendre part à la première croisade, et entrer dans Jérusalem le 15 juillet 1099 à la suite de Godefroi de Bouillon1. En 1158 Gérard de La Hamaide figure dans l'entourage du comte de Hainaut Baudouin IV pour lequel il assure en 1184 un service de garde au château de Mons en qualité de Pair.
Il est encore mentionné en 1160 avec ses fils Arnould et Julien dans les Annales de l'Abbaye de Saint-Ghislain. En 1201 Odon Ier est cité parmi les nobles du Hainaut, il meurt à la quatrième croisade et dès 1235 ses successeurs portent officiellement le titre de seigneur du lieu.1 A.-G. CHOTIN
Etudes Etymologiques
& Archéologiques du Hainaut, page 113.
L’avènement du régime féodal fit de Lahamaide un fief lige relevant de Silly, l'une des 12 pairies que comptait la châtellenie de Mons attachée à la maison d'Avesnes.
Les Baudrenghien, Baillis de La Hamaide au XVIè siècle
C'est dans la lignée des « Missi Dominici » de Charlemagne que le comte de Flandre, Philippe d'Alsace, descendant des Carolingiens, créa au XIIè siècle, la fonction de « bailli ».
Bailli (Bajulus, Bailliyius, Praetor) Officier royal d'épée, au nom duquel la justice se rendait dans un certain ressort, et qui avait droit de commander la noblesse de son district lorsqu'elle était convoquée pour l'arrière-ban. C'était aussi un officier royal de robe longue qui rendait la justice au nom d'un seigneur. Les baillis n'usaient que du sceau de leur juridiction. Les baillages eurent des sceaux dès leur établissement, vers la fin du XII°s et au suivant.
Alphonse Chassant & Pierre-Jean Delbarre
Dictionnaire de sigillographie pratique
(Paris, 1860)
Comme dans toutes les communes disposant d'un échevinat libre, c'est-à-dire indépendant du clergé, le bailli de La Hamaide, était directement nommé par le seigneur du village, qui le recrutait au sein de la petite noblesse instruite de son entourage. Cet officier d'armes aux pouvoirs étendus dirigeait en son nom l'exploitation de la baronnie et veillait à la bonne exécution de ses ordres sur ses terres. Il détenait le pouvoir judiciaire et le droit de ban, lui permettant de commander, contraindre ou déléguer des prérogatives comme l'aurait fait son seigneur. Pour l'aider dans sa tâche, le châtelain plaçait sous son autorité une cour féodale composée d'hommes de fiefs, de sergents et d'un greffier 1.
1Abbé MEUNIER Monographie de La Hamaide
Cette présence avisée du bailli et de ses hommes, sur une seigneurie très étendue, permettait au châtelain de gérer plus efficacement son bien, d'être informé de ce qui se passait sur ses terres et d'y faire régner l'ordre. En somme, d'asseoir son autorité.
Outre les tâches administratives, le bailli assistait aux actes officiels, qu'il signait en qualité de témoin. Il nommait aux différents emplois de la baronnie et recevait entre ses mains les prestations de serment des intervenants. Quand un cens (impôt) sur l'exploitation des fiefs relevant de La Hamaide, d'application dès 1479, c'est encore au bailli que revint la tâche de le percevoir en plus de la dîme (dixième des récoltes) et des redevances diverses, qui rapportaient déjà plus de 2200 livres tournois. Il pouvait recourir, si besoin en était à la répression et même à la force. Il avait encore le droit d'accusation, de prise de corps, d'emprisonnement et de prélèvement d'amendes sur lesquelles il était rémunéré.
A la fois juge et partie, l'ascendant que le bailli pouvait avoir sur les villageois ne devait pas le rendre très populaire aux yeux de la population, mais gageons que pour sa propre crédibilité, il devait faire montre d'une grande probité, sans laquelle une même famille ne se serait probablement pas transmis cette tâche durant trois générations ?.
La Hamaide passa en 1485 à la maison des Luxembourg-Fiennes par le décès du 15ème et dernier seigneur porteur du nom. Ce n'est que quelques mois avant sa mort que Michel de La Hamaide, chevalier, seigneur de Rumigny en Hainaut et de Vicq sur l'Escaut, succéda à son frère Arnould, mort sans descendance d'avec son épouse Jehanne de Lille. Ils étaient les fils de Arnould V et d'Isabelle de Bousies et eurent pour hoir féodal, leur cousine germaine, Marie de Berlaymont.
Fille héritière de Gérard, sgr de Ville, Hautrage et Pommeroeul, et de Marie, dame de La Hamaide et de Vasière, elle était l'épouse de Jacques (Ier) de Luxembourg, titré Pair de Cambraisis du chef de sa femme, fils aîné de Thibaut de Luxembourg, sgr de Fiennes (en Artois) et Arquinghien-sur-Lys, et de Philippotte de Melun, dame de Sottenghien, et par ailleurs de la succession des titres de ses parents, chevalier de la Toison d'Or nommé Gouverneur de Douai pour le Duc de Bourgogne.
Cette même année 1485, pour la douairière dame de La Hamaide, l'écuyer et seigneur de Gomanpont Jacques de Baudrenghien, épousa demoiselle Anthoinette de Luxembourg, fille adultérine reconnue par Jacques (Ier) de Luxembourg-Fiennes. La mère d'Anthoinette portait les armes Reyghersvliet brisées par un lion au premier canton.
C'est ce Jacques, fils de Arnould de Baudrenghien, et de Flandrine de La Hamaide, qui aurait abandonné ses armes héraldiques pour celles aux hamaides de sa mère en les brisants de besants.
Quelques années plus tard, vers 1502, Marie de Berlaymont nomma Jacques comme bailli de ses terres. Il était alors âgé d'une quarantaine d'années et déjà en charge depuis 1495 des baillages de Flobecq et Lessines, dont il sera un temps aussi le mayeur ce qui lui permettra de présider la Cour féodale. Jacques occupa ces fonction jusqu'à la Saint-Jean 1523, avant de s'éteindre le 17 mai suivant, dans sa 63ème année. Il fut inhumé en l'église St-Pierre de Lessines.
Les documents officiels, dénombrements, œuvres de loi, comptabilité, procès, etc. mentionnaient généralement le nom de l'officier seigneurial en charge de les rédiger. A ce sujet, une importante comptabilité de la baronnie de Lahamaide à partir de 1479 et jusqu'en 1795 est conservée aux Archives de l'État à Mons, et aux Archives Départementales du Nord à Lille.
En 1530, au décès de Jacques de Luxembourg, troisième du nom, la seigneurie revint à sa sœur, Françoise (1495-1557), veuve du comte Jean d'Egmont (1490-1528) et mère de trois enfants prénommés Charles, Lamoral et Marguerite. A cette époque, Ernould de Baudrenghien, cumulait lui aussi un mayorat à Grammont. Au terme d'une vie bien remplie, il fut inhumé en l'église de La Hamaide, sous un tableau le représentant en armes : « Chy devant gist sires Ernould de Baudrenghien, escuyer, fils de Jacques, en son temps Mayeur héritable de Grammont, Bailly de la Hamaÿde et appartenances, lequel trépassa le 4 septembre 1546 ».
Lamoral d'Egmont naquit au château de La Hamaide le 18 novembre 1522. Au décès prématuré de son frère aîné (1538), il porta seul le titre perpétuel de comte accordé à son gd-père en 1486 par Maximilien II. Neveu du roi d'Espagne par sa mère, il portera les titres prestigieux de Prince de Gavre et de Steenhuysen; Baron de Fiennes, Gaesbeke et Hamaide; Seigneur de Purmerent, Hoogwoude, Aertswoude, Beyerland, Sottenghien, Dondes, Auxy et Baer. Capitaine général des Pays-Bas sous Charles Quint; Chevalier de la Toison d'Or; Chambellan de Sa Majesté Impériale et Conseiller d'État de Flandre et d'Artois sous Philippe II.
Maître Jean de Baudrenghien au terme de ses études de Droit à l'Université catholique de Louvain vers 1528* se vit confier par Lamoral d'Egmont la gestion de ses terres en Hainaut. A ce titre, il résida au château du Blockhaus, propriété comtale, comme l'était d'ailleurs tout le village de Wannebecq. Il est fait mention de ce "Blockus" dans une archive datée de 1529*. Jadis l'édifice de briques opposait douves et pont-levis à l'assaillant et l'on raconte, sans jamais l'avoir trouvé ou vraiment cherché, qu'un souterrain assez haut et large pour permettre le passage d'un homme poussant une charrette à bras, reliait le château de Wannebecq à celui de La Hamaide.
Jean perdit fonction et logement en 1568* après le désaveu de son maître et la préhension de ses biens. Sur une délation, il fut inquiété à son tour par l'Inquisiteur et Jugé à Mons. Il eut malgré tout plus de chance que le pauvre comte d'Egmont et sortira vivant de cette terrifiante aventure. Les possessions comtales demeurèrent sous séquestre jusqu'à la réhabilitation de Philippe, fils aîné de Lamoral. En 1597, à la mort de ce dernier, c'est un certain Jean Zuallart, chevalier du Saint-Sépulcre qui était bailli de La Hamaide et de la pairie de Silly tenue en fief.
*L'actuelle KUL Leuven était, francophone à sa fondation en 1425.
*1529, date relevée sans référence annotée dans le Patrimoine monumental de Belgique 23² - Arrondissement de Soignies, tome 2, p.558.
*Compte rendu détaillé plus bas sur cette page, voir à cette date.
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Le comte Lamoral d'Egmont portait également en estime son cousin au 5° degré, Jacques de Baudrenghien, fait chevalier des mains de Charles-Quint, à qui il confia le port de son étendard menant ses hommes au combat, jusqu'à la campagne de Metz, qui lui fut fatale, l'hiver 1552-1553.
En effet, Françoise de Luxembourg, la mère de Lamoral d'Egmont et Jacques de Baudrenghien avaient un grand-père commun en la personne de Jacques Ier de Luxembourg.
Françoise était la fille de Jacques II, fils de Marie de Berlaymont, l'épouse légitime. Jacques de Baudrenghien vint par Antoinette de Luxembourg, fille illégitime, mais néanmoins reconnue, du seigneur de La Hamaide qu'il avait conçue avec une dame de Reyghersvliet.
Remarquons aussi la transmission du prénom de Jacques, au fils légitime, et au petit-fils illégitime.
Marguerite de Baudrenghien, Prieure à Lessines
Outre ces deux fils proches du comte d'Egmont, Jacques de Baudrenghien et Jacqueline de Luxembourg eurent aussi deux filles qui épousèrent des demi-frères.
Marguerite, sœur aînée de Jacqueline, châtelaine de l'Estriverie à Bois-de-Lessines par son mariage en 1515 avec Pierre de Cottrel, avait épousé Charles Cottrel, demi-frère du premier, un fils naturel que Jacques, leur père, eut avec Marguerite de Grugie, raison pour laquelle il n'apparaît pas dans les généalogies de la maison noble de Cottrel, bien qu'il fut légitimé par Charles Quint.
On peut lire dans les Mémoires et publications de la Société des sciences, des arts et des lettres du Hainaut1, que cette Marguerite et la Prieure de Lessines qui ordonna en 1517 la réédification de l'Hôpital, seraient la seule et même personne. Théorie selon laquelle, elle aurait pris le voile après le décès de son mari et à laquelle nous sommes enclin d'adhérer, n'ayant d'une part aucune homonymie à lui opposer et les archives de l'hôpital n'ayant d'autre part aucun témoignage d'une vie conventuelle antérieure aux quittances pour les travaux qu'elle entrepris. Si les anciennes généalogies relatent des noviciats de nos jeunes filles (de/der) Baudrenghien à Tournai, à Ghislenghien ou ailleurs, nous nous étonnons encore qu'il n'est fait mention nulle part dans les documents que nous connaissons actuellement d'une Marguerite religieuse à Lessines et à fortiori d'une Prieure. Cependant, les marques scellées dans les fondements des bâtiments lessinois dissipent les moindres doutes sur son ascendance.1 Mémoires et publications de la Société des sciences, des arts et des lettres du Hainaut
Ed. Léon LASSEAU., 1891, page 290.
Théodore Lesneucq*, déclare que cette noble Dame aurait participé en fonds propres aux travaux de certaines parties du corps de logis et des bâtiments du côté de la ferme et aurait renouvelé une partie non négligeable du mobilier de la maison. C'est pour sa générosité et son désintéressement que son blason fut scellé sur la cheminée du réfectoire, lieu de rassemblement et de méditation, où durant des siècles les religieuses prirent silencieusement leurs repas, en écoutant l'une des leurs lire un à un les noms des défunts du martyrologe..
* Nommé tardivement Archiviste communal, il publie en 1906 une seconde édition enrichie, de sa monographie "Histoire de la ville de Lessines". d'où ces propos sont relevés à la page 182. Jouret était le nom toujours associé de sa défunte épouse.
Réfectoire ND à la Rose (Lessines) Bronze portant trois fasces ou hamaides, chargées respectivement de 4, 3 & 2 besants, blason le plus souvent rencontré.
A l'extérieur de l'enceinte*, autour de la fondatrice, Alix (Aleyde) de Rosoit (1242) et de son fils Jean d'Audenarde (1247), on honore parmi les mécènes* de l'institution, Maître Arnould, prêtre (1267), les prieures Marguerite de Baudrenghien (1526) et Jeanne Duquesne (1661), et de grands Sires du Moyen-âge, comme Godefroid de Louvain (1245), Gérard de la Hamaide (1275), Charles de Rebaix (1275), ou la célèbre famille montoise du Breucq (de 1349 à 1369). Au XVI°s, Martin d'Alost d'Ogy et plus proches de nous, François et Célestine Dumortier (1890-1905) et encore Léon Borreman en 1900.
*Au dessus du porche d'entrée de l'hôpital, sont scellées en façade dix-sept plaques de marbre gravées aux noms des bienfaiteurs de l'institution.
Certaines d'entre-elles sont encore vierges.
Bois de Lessines
Terminons ce second paragraphe par la visite de l’église de Bois-de-Lessines et plus particulièrement de sa chapelle seigneuriale.
que la très ancienne paroisse de Bois-de-Lessines, déjà mentionnée dans le Veil Rentier, trouve ses origines à la fin du XII°s quand les missionnaires du Chapitre Métropolitain de Notre-Dame de Cambrai y érigèrent une chapelle vouée à la sainte. Des vestiges retrouvés à la rue Basse, la situent entre les bien nommées, rues Notre Dame et de la Croix. Détruite au milieu du XV°s, elle fut remplacée par un bâtiment plus grand érigé à l'emplacement de l'actuelle place communale, sur un terrain appartenant alors au châtelain. Le nouvel édifice était flanqué de deux chapelles latérales, la première vouée à St Nicolas, la seconde, abritant la statue de la Vierge et l'autel initial. L'ensemble fut dédié, on ne sait trop pourquoi, aux deux martyrs : St Gervais et St Protais*.
Raymond Duhaut, membre distingué du Comité du Cercle d'Histoire de l'entité Lessinoise, nous apprend11 Cercle d'Histoire de l'entité Lessinoise :
"Église et maison presbytérale à
Bois-de-Lessines"
n°100 - déc. 1998*A l'époque de Néron, les frères jumeaux Gervais et Protais, après s'être convertis au catholicisme et à la pauvreté furent martyrisés à Milan par un général romain, auquel ils avaient tenu tête.
En 1784, l'état de délabrement des murs amena à la décision de construire un nouvel édifice qui sera achevé six années plus tard.
L'église en brique surmontée d'un petit clocher abrite l'antique cloche datée de 1363. La nef fait cinq travées, avec des collatéraux et un chœur. La chapelle tribune qui nous intéresse, n'aurait été construite que plus tardivement, en 1853, à la demande et aux frais du marquis Théodore d'Yve de Bavay, châtelain et bourgmestre de la commune. Les murs de cette chapelle aujourd'hui laissée à l'abandon, sont peints d'un leurre de marbre jauni et veiné. le plafond constitué d'une voûte ogivale supporte un lustre en bronze.
Une douzaine de chaises défoncées font face à un petit autel et dans le sol pavé de carreaux noirs, on devine encore plusieurs dalles funéraires aux inscriptions à moitié effacées.
Mais dans le fond de la pièce, paraît le somptueux tombeau de Nicolas de Cottrel mort le 23 octobre 1564 et de son épouse Louise de Rubempré, décédée le 17 décembre 1587. La raison pour laquelle nous nous intéressons plus particulièrement à ce personnage est qu'il était le fils de Pierre de Cottrel et de Jacqueline de Baudrenghien dont nous avons parlé précédemment.
Gisants
(Bois-de-Lessines)
Le socle de pierre blanche est long de 2 m 22 et haut de 1 m 10. Sur la table de pierre bleue repose un couple de gisants en bronze aux pieds desquels sont respectivement couchés un lion, symbole de vaillance et un lévrier portant collier, signe de fidélité.
Les défunts ont les mains jointes, en position de prière. La dame est représentée en coiffe et vêtue d'une longue robe. Son époux est en tenue de combat, son heaume placé en tête, son épée et ses gantelets posés à sa droite. Il porte une cotte armoriée de 14 couronnes posées 4, 3, 4 ,3 propre à la famille de Cottrel qui sont plus exactement des pointes de lances émoussées car, d'après Le Carpentier; "Cotterel en vieil gaulois estait une sorte d'arme ancienne faite en forme de lance". On remarque des traces de réfections (antérieures à 1926) au niveau des mains et de l'épée du chevalier.
Le pan du côté des pieds porte une plaque de laiton avec l'inscription : "Nicolas de Cottrel V le XXIII° jour d'octobre XV°LXIIII et Louise de Rubempré, son épouse, V le XII° de décembre XV°LXXXVII.
Le côté droit du monument, présenté frontalement, arbore les armes des Cotrel, des Baudrenghien, des Rubembré et de la maison de Bourgogne, parents respectifs des défunts, du moins, pour les trois premiers. Car, sauf erreur, Louise était la fille de Charles de Rubempré (V 22/4/1549), Grand Chambellan de l'empereur, chevalier seigneur et vicomte de Montenaeken, seigneur de Biévène, Resves, Warfusée, Haveluy, Aubigny, Estrées, Haibes, Bourghelle, Jenlin, etc. et de Jeanne de Bousies* (V 6/7/1549), héritière(2) de Vertaing en Cambraisis, de Féluy, Gosselies, Tubize, etc, tous deux inhumés en l'église de Rêves près de Fleurus.
* Pour la Famille de Bousies, voyez Christophe Butkens, "Trophées de Brabant". Supplément, t.1, p. 224. Bibl. Nat., à Paris, "Rapsodies des Recoeuilz de M. Jean Scohier, Beaumontois, aumônier de la maison de Crouy" 2e vol. copié en Flandre en 1620 sur le manuscrit original audit J. Scohier par feu Pierre d'Hozier. Additions de la main de d'Hozier, le fils. Vol. II, p. 177 (d'après ANB.1912 - p.281)
2 Les Bousies étaient seigneurs de Gosselies et châtelains de Feluy dès 1380 et jusqu'en 1548, avant de passer aux Rubempré par ce mariage.
Pour la petite histoire, leur seconde fille, Marie de Rubempré, veuve de Jehan de Sainte-Aldegonde, et remariée en 1543 au comte de Gunterstorff, lui même issu d'un premier mariage avec Jossine de Jauche, devint un temps, l’amie du puissant empereur que servait son époux. Le mari, humilié s'expatria avant de rejoindre par dépit les rangs ennemis français.
A.N.B. 1911, p.125
Quartiers
(Bois-de-Lessines)
Le blason des Bousies (d'azur à la croix d'argent), aurait-il été sacrifié par l'inhumation en ce lieu de la très noble dame Isabeau de Bourgogne1, belle-fille des gisants, épouse de leur fils, Charles ?... Cette hypothèse, bien que probable, reste à vérifier.
Quoi qu'il en soit, un inventaire détaillé du patrimoine de l'église, publié en 1926, décrit en page 46 un "cénotaphe" et donc un monument mortuaire vide, sans toutefois préciser si le tombeau a été ouvert à cette occasion ou si l'auteur se base sur un rapport antérieur. Mais peut-être use t-il d'un terme mal choisi ?. Sur une photographie en noir et blanc, qui accompagne ce texte, on voit les blasons des Rubempré et des Bourgogne respectivement aux places actuelles. Ceux des Cottrel et Baudrenghien, par contre, n'apparaissent pas sur la photo.
1 Bourgogne-Waecken : branche bâtarde.
Bulletins de la Société. Hist & Litt. de Tournai - Tome 5 [1858] p.339.
Les Glymes de Cour-sur-Heure
Famille ancienne et illustre du Brabant élevée aux dignités les plus éminentes et aux honneurs les plus insignes. Dans des temps très reculés, sous l'empire du moyen âge, elle jouissait déjà du titre et du rang de comte; elle a compté depuis parmi les siens des marquis, des princes, des archevêques et des chevaliers de la Toison d'or. Tous les ordres nobles, même les plus grands et par conséquent les plus scrupuleux, ont accueilli ses filles.1
Antoine de Glymes, seigneur de Court, était le fils de Baudouin de Glymes, seigneur de Tourinnes et d'Anne de La Haye, dame de Limelette. Il reçut par acte du 14 juin 1511, du chevalier Antoine de Botillart la seigneurie de Court, dont il fit relief par-devant la cour féodale du château de Namur le 30 juillet 1512.2
On trouve déjà une première mention de cette dépendance agricole de l'abbaye de Lobbes, au IX°s dans un polyptyque des propriétés monastiques, dressé par (Saint) Jean, 17ème évêque de Cambrai (866-879), à la demande de Lothaire II (roi de Lotharingie, arrière-petit-fils de Charlemagne). Le document situe le village dans le "pagus lommensis" (pays de Lomme) à la suite de Naslineas (Nalinnes), Berezeis (Berzée) et Tier (Thy-le-Château).1 F-V GOETHALS
Dictionnaire généalogique et héraldique des familles nobles du Royaume de Belgique.
Tome II (1849)
Pages 4351 et 479.2
Pour cette famille, lire aussi "LE PARCHEMIN"
n°353 de sept / oct 2004,
pages 329 à 354
En 1635 le seigneur de Ghomanpont, encore un autre Jacques de Baudrenghien quitta le Pays des Collines après avoir épousé à Ath, Jeanne de Glymes liée à cette riche et puissante famille connue du Brabant, et dont les parents étaient les libres seigneurs de la terre franche* de Cour-sur-Heure, "fief de reprise" classé dans les registres de la Cour féodale de Brabant 3.
Plusieurs enfants naquirent de cette union 4 et à la génération suivante, Philippe de Baudrenghien, fils d'Alexandre et Anne-Marie Ryckewaert épousa sa cousine Anne-Marie de Glymes, et la baronnie de Samart. C'est en effet en ce début du XVIII°s que cet arrière-arrière fief du Prince-Evêque de Liège fut élevé en baronnie, conférant un titre nobiliaire à ses nouveaux propriétaires.
* Terres soumises à une imposition fixe annuelle la dispensant de tout contrôle provincial, fréquent pour les enclaves Brabançonnes en principauté de Liège.
La Châtellenie d'Ath et le Tournaisis bénéficiaient des mêmes privilèges.3 Abbé SOUDAN (1930):
La terre et seigneurie franche de Cour/Heure.
Dans la cour du château bâti en 1552, on peut s'amuser à chercher, taillé dans un linteau de pierre recouvrant une des portes d'entrées du corps de logis, un petit blason millésimé "1735". Il est haut d'une vingtaine de centimètres, arbore 3 hamaides alésées*, chargées de 9 besants et une guirlande de laurier pointe en son cimier vers une couronne de baronnie hispanique.
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4 Jean-Baptiste de GREZ
Fonds héraldique du Ministère des Affaires étrangères, sous réf. 3m46.* Ou une pièce de 3 hamaides qui suivent le contour de l'écu sans le toucher.
Château-ferme de Samart (Philippeville)
C'est la réduction à l'identique de celui qu'on peut voir sur la pierre sépulcrale de ses grands-parents, en l'église de Cour-sur-Heure, pour Jacques de Baudrenghien, mort en 1683 et son épouse Jeanne de Glimes, ou encore sur la dalle de marbre érigée à la mémoire de son oncle, Jean-Baptiste, chevalier de l'Ordre de Saint Jacques de Compostelle, mort à Madrid en 1666* .
* A gauche du porche d'entrée.
A Samart, comme à Cour-sur-Heure, on s'étonnera peut-être de la forme ovoïde des écus supportant indifféremment les armoiries des conjoints. Il faut savoir qu'à partir de la moitié du XIVème siècle, avec la disparition progressive des boucliers d'armes défensifs, la représentation graphique des écus prit quelques libertés artistiques,
avec des restrictions de modes, us et coutumes de lieux et de moments. Les contours, moins sujets à discordes, manifestent des ambitions esthétiques et se déclinent progressivement sous diverses formes. Désormais, l'ovale n'est plus exclusivement réservé à la gent féminine comme il le fut jadis1. Mais peut-être, devrions-nous voir ici un hommage aux dames de Glymes ?
1 Claude WENZLER, "Guide de l'Héraldique" p.30
Branche éteinte au xviij siècle
N'ayant pas eu de descendance d'avec son épouse, Anne-Marie de Glymes, la branche des Baudrenghien portant les hamaides chargées de besants, s'éteignit à Samart, au décès du baron Philippe peut-être en 1735. Mais en fait, et très étonnamment, nous ignorons la date précise de son décès. Avant que la baronnie ne revinsse par défaut à la belle-famille du défunt, le curé de Laneffe, le village voisin, fut chargé, au titre d'exécuteur testamentaire, d'entreprendre, des recherches de parenté, même à l'étranger et notamment en France et en Espagne, où son oncle paternel, Jean-Baptiste, était mort en 1666, mais en vain...
Merci à Mr le Doyen
Francis CAMBIER
(Leuze-en-Hainaut).
| Sommaire |
4.3. Les (de/der) Baudrenghien en France
Nombre d'exégètes ont erronément affirmé que les Baudrenghien de Belgique sont originaires de Bourgogne par un homonyme, prénommé Jean*, venu aux Pays-Bas avec le duc Philippe le Hardi1 au quatorzième siècle. C'est oublier que des porteurs du nom étaient déjà connus en Hainaut bien avant cette époque et selon Pierre Looze, cette théorie improbable est due à une erreur d'interprétation des textes anciens, où il fallait lire "revint" de Bourgogne avec Philippe le Hardi...
Empressons-nous d'ajouter, qu'un autre Jean de Baudrenghien est déjà cité en 1248 à St. Omer en Artois et qu'il faut considérer d'autre part le hameau de Baudringhem recensé depuis des temps anciens sur la commune de Campagne-lès-Wardrecques, dans le Pas-de-Calais, mais avec lesquels, nous n'avons probablement aucun lien.
* Ce Jean, qui nous est connu, avait pour épouse Jenne de Homsbrouck1 VEGIANO-HERCKENRODE
"Nobiliaire des Pays Bas et du Comté de Bourgogne"
Vol.I, page119.
(Bibl. Mun. de Cambrai, Manuscrit 1024 - Jean Pitpan de Montauban - f°133).
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Les Pairs de Valenciennes.
Alors qu'il y avait un Comte de Valenciennes, un Châtelain de Valenciennes, il y avait également des Pairs de Valenciennes. Ils étaient au nombre de six; ils avaient leurs pairies dans la circonscription du Comté, et leurs maisons, ou leurs hôtels dans l'enceinte même du vieux château; ils étaient connus sous le nom de Pairs du château de Valenciennes. - Ils tenaient, dans leurs demeures, leurs plaids en ce qui concernait les procès de leurs vassaux respectifs et formaient la Cour du Comte et celle du Châtelain, pour les procès ressortissants au tribunal de ces derniers.1
Les Pairs de Valenciennes se distinguaient des autres pairs bourgeois par une condition plus élevée dans l'ordre des citoyens. De même qu'il y avait des jurats dont les familles se confondaient avec la noblesse, il y avait aussi des Pairs de ville qui étaient nobles, ou considérés comme tels. De ce nombre étaient les Pairs de Valenciennes et de Hainaut. On les voit figurer dans l'histoire de le chevalerie, avec les attributs de la noblesse et même de la noblesse militaire qui est incontestablement la plus ancienne.2
Après la réunion du Comté de Valenciennes au Comté de Mons, ou Hainaut ancien, qui formèrent le Hainaut nouveau, l'un et l'autre Comtés ayant conservé ses lois, coutumes et privilèges, les choses demeurèrent dans le même état: - le Comte de Hainaut eut, à Mons, sa Cour des Pairs du Hainaut proprement dit, et à Valenciennes, sa Cour des Pairs de Valenciennes.1
1 Société d'agriculture, sciences et arts de Valenciennes:
"Mémoires historiques sur l'arrondissement de Valenciennes" - Famille des sgr de Tritch p.572 Michel-Constant LEBER
"Histoire critique du pouvoir municipal" (1828), Ch. IV, - p.226.
Les Baudrenghien, Pairs de Préseau-lez-Valenciennes.
Dans le premier quart du XVI°s, Hubert de Baudrenghien portant les armes tournaisiennes "d'or à la croix de gueules cantonnée d'étoiles" devint un des Pairs héréditaires du Comté de Valenciennes, par le legs du fief de "Pressal" (Préseau) que fit sa cousine Jeanne de Lannoy en sa faveur. Ce village était situé à 6 kilomètres au Sud-est de Valenciennes, sur la vieille route du Quesnoy.*
*Un long article fut
publié à ce sujet dans
"Le Parchemin"
n°196, année 1978
pages : 207 à 223
de Lannoy
D'argent à trois lionceaux de sinople, couronnés d'or, armés et lampassés de gueules. De cette maison dont tous les membres portent le prédicat de comte, est issu Charles de Lannoy, comte de Maingoval, auquel François Ier remit son épée à Pavie1. Les descendants actuels de cette noble et ancienne famille sont châtelains d'Anvaing dans le Hainaut belge.
1 Fr-J. BOZIERE
Armorial de Tournai (1859) page 142.
Authentification des armes des Baudrenghien de Préseau.
"L'église de Bourecq (entre l'Artois et la Plaine de la Lys renfermait autrefois le tableau funèbre de Dame Marie Anne Josèphe de Cramet, épouse de Messire Maximilien Thomas de Croix, morte le 28 octobre 1726. Relevé en fut fait à la demande de Messire Louis Eugène Marie, comte de Beauffort et de Moulle, par MM. Auguste Jh. Berode et Ch. Fr. Cruille, notaires à Lillers. Les signatures furent légalisées par le maire et les eschevins de ladite ville, le 27 juin 1759; signé "Penin" et timbré sur cire des armes de Lillers en Artois"
Description: Ce tableau se trouvait en l'église paroissiale de de Bouret (sic), attaché au mur du côté de l'Evangile du choeur de lad. église: Obiit 28 8bris - Anno 1726. Au milieu, sous couronne de marquis, deux écus accolés :
- 1°Croix: d'argent à la croix d'azur
- 2°Cramet: d'argent au chevron d'azur acc. de 3 dauphins du même couronnés d'or;
- la pointe du chevron chargé d'un écusson d'or à la croix de gueules cant. de 4 étoiles à 5 rais de sable qui est Baudringhien.
Explication: Le 28 août 1579, Jacques de Baudrenghien, écuyer, capitaine de cavalerie; troisième fils de feu Arnould, défunt seigneur de Préseau & de Marguerite de Lamine, épousa Madeleine Cramet, dame de Loges; fille de Philippe seigneur de Loges & d'Isabeau d'Ocoche, à condition que leurs enfants prennent le nom et les armes de Cramet, en conservant toutefois le surnom de Baudrenghien.
Anecdote
Le docteur Jean-Pierre Derbaudrenghien signale que par les comtes de Beauffort nous trouverions par certains détours et un grand bonheur un lien de parenté avec l'Académicien français Jean d'Ormesson.
Dans son manuscrit (discutable) "Généalogie des Provinces du Nord" Casimir de Sars de Solmont décrit page 617: "de Baudrenghien de Valenciennes portant d'or à la croix de gueules cantonnée de quatre étoiles à six rais de sable ou 4 molettes" (des molettes sont dessinées) Cimier: une tête et col d'aigle d'or".
*Bibl. mun. Valenciennes : Manuscrit de Casimir de SARS de SOLMONT : Généalogie des Provinces du Nord, p.617.
En 1815, Nicolas de Saint-Allais, connu pour un ouvrage antérieur sur les "Généalogies historiques des Maisons souveraines de l'Europe", décrit dans un "Nobiliaire Universel de France1" les armes des Baudrenghien, en Cambrésis : "D'or à la croix de gueules, cantonnée de quatre étoiles de sable" sans préciser le nombre de rais.
1 de SAINT-ALLAIS:
"Nobiliaire Universel de France ou Recueil Général des Généalogies historiques des Maisons nobles de ce royaume"
(1815) tome 5 - page 178.
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Valenciennes en Comté de Hainaut.
En 1036, Regnier IV, comte de Hainaut, épouse la fille unique d'Hermand, comte de Valenciennes; et par là, Richilde, seul fruit de ce mariage réunit dans sa main la propriété de ces deux grands fiefs. Mais cette réunion ne se fait que sous la condition expresse qu'elle ne préjudiciera point aux droits, franchises, lois et coutumes de l'un ou l'autre comté qui demeureront toujours séparés de droit, quoi qu'unis de fait. Cette condition sera solennellement arrêtée dans une assemblée générale des seigneurs de Valenciennes et de Hainaut.
Cette particularité sera respectée par Philippe-le-Bon, quand Valenciennes passera à la maison de Bourgogne en 1431. Il confirme dans une charte de 1447 que les contrats passés dans le Hainaut par les hommes de fiefs, ne vaudront à Valenciennes que comme simples cédules (litt. publications).
A la mort de Philippe le Beau en 1506, les biens bourguignons furent annexés aux possessions autrichiennes.
Sous Charles-Quint, Valenciennes ne ressortissait pas à la cour souveraine de Mons, mais par un décret de 1534, au grand conseil de Malines. Le 23 mars 1540; "Charles..., empereur des Romains..., salut. Comme puis naguère, à la requête de notre procureur général, les prévôts, mayeur et échevins de notre ville de Valenciennes eussent été ajournés de comparoir pardevant nos amés et féaux les présidents et gens de notre grand conseil à Malines, afin de voir déclarer aboli, annihilé et cassé certains cahiers et livres des coutumes de ladite ville, banlieue et chef de sens de Valenciennes qu'ils avaient fait imprimer et publier comme contenant aucunes coutumes exorbitantes, déraisonnables, contraires et dérogeantes à notre supériorité et hauteur, et après que, en ladite cour, eût été procédé à plusieurs actes, nous, désirant mettre fin audit différend sans le laisser traîner par une longue involution de procès, eussions, à notre dernière venue en nos pays de par deçà, fait évoquer ladite matière en l'état qu'elle était pendante en notre grand conseil, et lesdites parties, pardevant nous et nos amés et féaux les chef-président et gens tenant notre conseil-privé, poue être sommièrement et de plein traité, d'autant qu'il y était question de mettre ordre, tant au fait de la justice que à la police de notredite ville et banlieue; où les parties ont été bien et au long ouïes en tout ce qu'elles on voulu dire, proposer er alléguer; et finalement par notre sentence définitive, et pour le droit a été dit, justifié et sententié que ledit cahier des coutumes serait rapporté ès mains desdits de notre conseil privé pour être cassé et aboli".
M. MERLIN
Répertoire universel et raisonné de jurisprudence
5°ed. t.36 (Bxl 1828) p.1 à 5
Bien que la ville de Valenciennes n'ait jamais été intégrée dans le département des états de Hainaut, ses députés assistaient cependant aux assemblées générales tenues à Mons, mais comme l'observe d'Outreman1, ce n'était que pour s'assurer qu'aucune résolution n'était prise à leur encontre.
1 Henri & Pierre D'OUTREMAN
"Histoire de la Ville et Comté de Valentiennes" (Douai 1639).
Au XVII°s, les villages unis à la banlieue de Valenciennes ne reconnaissent en matière personnelle que les chartes générales du Hainaut, tandis que la ville et son ancienne banlieue sont régis à cet égard par la coutume particulière de Valenciennes:
l'art.221 de la coutume de Valenciennes établit formellement, que la ville de Valenciennes a autorité et prééminence de chef de sens en plusieurs bonnes villes et villages situés... en Flandre, Cambrésis, Tournaisis et ailleurs. Il est sensible que les chartes générales, uniquement faites pour le Hainaut, n'ont aucune autorité soit sur les fiefs situés, soit sur les contrats passés, soit enfin sur les personnes domiciliées dans ces différents lieux. Ainsi, lorsqu'il est est question d'un de ces trois objets, il faut consulter la coutume de la situation; car celle de Valenciennes n'assujettit les villes et lieux qui se trouvent sous la le dit chef de sens, qu'en fait d'héritage tenus en censive, biens meubles et successions. Ce sont les termes de l'art. 222 de cette coutume.Le Comté de Hainaut s'étendra aux portes du Cambrésis jusqu'en 1678, quand le Traité de Nimègue, en mettant fin à la guerre de Hollande, lissera les frontières de la France en y annexant notamment la place forte de Valenciennes. Mais la "coutume" de la ville ne sera abolie dans toutes ses dispositions qu'après la révolution française.
M. MERLIN
Répertoire universel et raisonné de jurisprudence
5°ed. t.36 (Bxl 1828) p.1 à 5
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Naissance du village de Préseau consécutivement à la fondation de son église.
On trouve une première mention de "Presel" en 1117, quand le hameau et l'autel de la paroisse furent donnés à l'Abbaye de Saint-Jean de Valenciennes par l'évêque de Cambrai1. Car à son origine, Presel n'était que le lieu-dit d'un village portant le nom de "Helpignies" ("altare de Helpeneis cum appendicio suo Peresello"), progressivement absorbé par la prospérité et l'expansion de Préseau en son sein.
1 FOPPENS
Op. dipl. Miroei. II. p.677 (page 44 dans Estreux-Préseau de Gennevoise, référence 1)
En 1142, le hameau de Préseau devint le siège d'une chapelle, que le Souverain Pontife confirma à Saint-Jean avec l'autel d'Helpignies: "altare de Helpeneis cum capella de Prasello". Puis la chapelle concurrença l'autel voisin, comme en témoignent en 1146 et encore le 4 décembre 1173, des bulles du Pape Alexandre II, qui font mention de deux autels distincts: "altaria de Helpenies et de Peresello". Des religieux de Saint-Jean y exercent le saint ministère44-3.
44-3
Bibl. mun. Valenciennes
M.S. 626 folios 10 r. & 11. (page 44 dans Estreux-Préseau de Gennevoise, référence 3)
Le terrage et la dîme se percevaient inégalement sur le territoire. Certaines terres étaient franches de terrages et assujetties seulement à la dîme-Dieu que se partageaient dans des calculs savants l'abbaye et le curé du village. En 1448 un septième des terres cultivées, soit 81 hectares, bénéficiaient de ce privilège1.
1Joseph GENNEVOISE
"Estreux-Préseau-Saultain, près Valenciennes"
(Lille 1935)- page 47.
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Le village prendra au cours de son histoire diverses formes orthographiques rappelant invariablement les prés de son environnement: Peresellum, (chronique de l'abbaye de St. Jean, par A. D'Outreman); "Presel", (titre de St. Jean, 1173); "Prezel" en 1186, (J. de Guise); "Prese" en 1248, "Presiel", (pouillé du xiv°s)1, mais la seigneurie releva toujours des mêmes souverains que la ville et la marche de Valenciennes, et devait répondre à leurs appels aux armes, en matière "d'ost et de chevaucée".54-1
54-1
Louis DEVILLERS, Cartulaire des censes et rentes... II p.45.
En 1475 (n.st.54-2) par exemple, trois "fieffés" dans Préseau avaient à procurer au souverain un homme d'armes à pied, notamment Jean Boidts, seigneur du village. En outre, les Pairs de Valenciennes, quel que soit leur lieu de résidence dans le comté étaient tenus avec leur famille de faire leurs Pâques en l'église abbatiale et d'y faire célébrer leurs obsèques. Mais peu de ces seigneurs de Préseau habitèrent la localité et l'église paroissiale du village, qui disposait d'une tribune seigneuriale retint par sa proximité, les occupants du castel.
54-2
Archives de l'Etat à Mons, Mémoires de Jean Cocquiau, II, folio 320.
La dévolution de Préseau.
Au XV°s l'ampleur des possessions relevant du comte de Hainaut imposa le partage du titre seigneurial, mais le château restera indivisiblement lié au fief-pairie. Suivant les diverses généalogies traitant de la dévolution de Préseau, on constate parfois des décalages dans les générations se succédant, c'est pourquoi nous utiliserons comme ouvrage de référence la monographie de Joseph Gennevoise1, en y apportant les corrections qui nous sembleront utiles. Les propres références de l'auteur seront précédées du numéro de page auxquelles elles se rapportent.
1Joseph GENNEVOISE
"Estreux-Préseau-Saultain, près Valenciennes"
(Lille 1935).
a. Les fiefs tenus du comte de Hainaut
Vers 141054-4, Jean du Gardin, fils de Nicolas (Colart), bourgeois de Valenciennes, tenait du comte de Hainaut "à Préseau-delés-Valenciennes" 1 fief-lige, ès parties2.
En second lieu, Jean de Préseau, écuyer, tenait du comte de Hainaut 4 fiefs-liges dans préseau2.
Jean de Quarouble, bourgeois de Valenciennes tenait encore de sa femme Jeanne Polle" en la justiche Jehan dou Gardin, fils Colart" mais au comte de Hainaut 1 fief ample 2.
Enfin Pierre dit le Borgne de le Porte, bourgeois de Mons, tenait du même souverain, à Préseau, 1 fief ample "gisant en IX homaiges, les aulcuns liéges et les aulcuns amples...2"
54-4
Archives de l'Etat à Mons, cartulaire du Hainaut de 1474.
Au point de vue financier, six deniers de cens étaient seuls inscrits à l'actif des comtes de Hainaut en 1265 dans Préseau mais il s'y ajoutait des reliefs 2 (droit de mutation de fief).
2Joseph GENNEVOISE
"Estreux-Préseau"
Chap.III, p.56 &57.
Jean du Gardin acheta, en 1412, dans un "recours" ou adjudication publique, les 9 hommages de Pierre le Borgne, puis en 1422, la taille de 15 livres et 30 assises de Jean Quarouble, et en 1432, 18 £ de rente, dépendant d'un des fiefs de Jean Préseau.
Arch. dep. Lille B.11951, folios 62, 64. 74 & 86 dans la monographie de GENNEVOISE - p.56.
Alard du Gardin bénéficia ensuite de ce regroupement et posséda plus de 57 muids ou 105 hectares de terres labourables dans Préseau, partageant les terrages avec les abbayes de St. Jean et de Fontenelle, à l'exclusion de Jean Préseau, à qui appartenaient encore 36 muids environ ou 67 hectares.
Les divers éléments des fiefs qui précèdent, se ramènent en réalité à ce qu'on appelait le gros d'un fief, et à des concessions de terre.
Plusieurs de ces fiefs restèrent identiques jusqu'à la fin du XVIII°s. D'autres subirent des alternatives, mais la maison manable avec dépendances de ferme et bosquet, dont le cartulaire de 1410 attribue la propriété à Jean du Gardin demeurera le "criterium", la distinction du fief-pairie de Préseau".22Joseph GENNEVOISE
"Estreux-Préseau"
Chap.III, p.56 &57.
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b. Le fief-pairie de Préseau.
A la suite de Allart du Gardin, seigneur du Vivier :
L'aîné de ses deux fils, prénommé comme lui, racheta la seigneurie de Préseau en 1433, et la possédait encore en 1448 avec 105 hectares environ77-3.
Il fut Prévôt de Valenciennes en 1437 et mourut après 1448 (non en 1440 comme le dit le M.S. de Sars). Il épousa en premières noces Jeanne du Gardin, fille de Nicolas et de Margerite Grebert et en secondes noces Pieronne de Wanquetin. Il eût deux filles, qui suivent en 1474, une de chaque mariage.Le cadet, Aymery du Gardin épousa Marie Fuyant avec qui il eût Jehenne du Gardin (16080), qui adulte, épousera* Raisse (Raisset) de Baudrenghien, dit du Marquais et de la Plancq, bourgeois et résident de Tournai avec qui elle aura 3 enfants : Guillaume (Sr. de le Plancq), Hubert (héritier de Préseau) et Alix (Dame du Marquais).
77-3
Bibl. mun. Valenciennes
M.S. 777; - Arch. dep. Lille. B.11951, t°87? ET H. St Jean (enquête de 1437).*Jehenne du Gardin est citée célibataire en 1475 dans le testament de Jehan Fuyant. Ne pas la confondre avec sa cousine homonyme.
Bibl. Univ. de Gand, ms G. 16191, f° 953
En 1474, Jean Boids ou Boidts (16076), dit de Stavelle, Trésorier Général du Hainaut (V1483), recueillit du chef de sa femme Jeanne de Gardin (V1502), les fiefs hérités par elle de sa soeur aînée, Claire, morte sans enfants cette même année 1474.
La pairie passa ensuite aux de Lannoy par le mariage vers 1480 de leur fille Simone Boidts (20 ans) à Louis de Lannoy3 de quarante ans son aîné 4. Ils eurent une fille, Jeanne de Lannoy, qui suit.Arch. dep. Lille B.11.972, folios 18, 19 & 22. 3 Bibl. mun. de Cambrai,
ms n°879, f°126
4 Tablettes du Hainaut, tome 7, page 263.
La malheureuse Jeanne(tte) de Lannoy, hoir féodal du fief-pairie par sa mère, avait été enlevée en mai 1515 et séquestrée en Tournaisis, à Flines-lez-Mortagne, alors possession du roi d'Angleterre, puis épousée de force à Valenciennes par son ravisseur, un certain François d'Ailly, dit de Sains, seigneur d'Haulchin, déjà veuf d'un premier mariage avec Catherine du Bois de Hoves, soeur cadette de Jacqueline, épouse d'Antoine de Lannoy. Suite à ce rapt, François d'Ailly fut condamné et dépossédé de sa seigneurie par le Grand bailli du Hainaut. Mais en novembre de la même année, il obtint des lettres de rémission4 du jeune empereur Charles Quint et recouvrait son bien
Jeannette mourut en novembre de l'année suivante âgée d'à peine 36 ans. Ce décès sans postérité, ne pouvait que confirmer Pierre de Lannoy dans l'héritage de sa nièce, mais les dernières volontés de la défunte, énoncées le 27 novembre 1516, désignaient un autre héritier pour les biens échus de sa mère, en la personne de son cousin Hubert de Baudrenghien, fils de Rasse et de Jeanne du Gardin et époux de Jeanne d'Haultighem (Authighem). 4
79 / 12.
Bibl. mun. Valenciennes M.S. de SARS, VII, pp.92 & 113.du CHASTEL: Généalogies
Tournaisiennes II,p.409.Arch. dép. Lille, B. n°1727, f°I.
Archives de l'Etat à Mons, greffes scabinaux, Préseaux, 6-5-1515.
4 Tablettes du Hainaut, tome 7, page 263.
D'après le Baron Etienne de Bethune-Sully5 ,Hubert demeurait à Préseau où il possédait déjà un fief : "...en 1502, deux fiefs terrages s'accusent, dont l'un dit de Saint-Saulve appartient à Hubert de Baudrenghien, demeurant à Préseau, l'autre est tenu par Jean Boids, demeurant à Bouchain. Un acte du 8 novembre 1517 nous apprend que ces deux fiefs amples appartiennent à Hubert de Beaudrenghien par suite du trespas de sa cousine Jenne de Lannoy et que le premier est dénommé "Hutin". Ils lui appartiennent encore en 1521.
Ce testament fut énergiquement contesté aussi par Jehan du Gardin, seigneur de Romegnies, qui s'estimant outrageusement lésé, entama une procédure en justice qui durera 10 ans. Les droits sur les fiefs succédés et échus à Hubert, ne furent finalement concédés par lui qu'en 1526, dans un accord amiable.
5 Etienne de BETHUNE-SULLY : "Aulnoy-lez-Valencienne"
Hubert de Baudrenghien mourut le 15 avril 1548, âgé d'environ 83 ans. Arnould, son fils aîné, décèdera en 1559, il avait épousé Marguerite de Lamine le 9 février 1526, elle lui donnera sept (peut-être huit) enfants, dont 3 fils; le puîné de la fratrie était Jacques de Baudrenghien, héros à la bataille d'Hautrage en 1579, nous en reparlerons au moment opportun. L'aîné des trois, prénommé comme son grand-père paternel, tint les dix hommages (ou arrière-fiefs) de Préseau en un fief ample "de Sa Majesté, à cause du comté de Hainaut". Ils furent encore relevés par lui en 1567, à savoir :
1 SAINT-ALLAIS : Nobiliaire universel de France
T. 19 p. 389 & suivantes, mstm, Dumont - Quartiers généalogiques
1. Un fief se comprendant en huit muys de terre, y compris
sa cense audit Préseau, valant par an cinq muids de blé.
2. Un autre fief se comprendant en XVIII huitelées de terre,
valant par an II muids de blé.
3. Un autre fief, se comprendaot en XXXVI huitelées de terre: XXIX sous blancs et XII chapons de rente, valant par an quatre muys et demi de bled.
4. Un fief dit de le Motte à le Pierre, se comprendant en paturaiges et arbroyes avec trois mencaudées de terre y tenant, valant X livres tournois par an.
5. Un fief se comprendant en un terrage de cinq gerbes par an
au cent, à Préseau, valant quatre muids de blé par année.
6. Un fief se comprendant en XXIIII huitelées de terre et une
maison valant XXII mencauds de blé par an.
7. Un fief se comprendant en II muids de terre, valant douze
mencauds de blé.
8. Un fief se comprendant en XIII huitelées de blé, valant par
an un muid de blé.
9. Un fief se comprendant en un terrage de cinq gerbes du
cent, valant trois muids de blé par an.
10. Un fief se comprendant en un terrage esclissé du précédent,
valant onze mencauds de blé par an.
91-2 Arch. dép. Lille, B. 11.950, f° 118.
En 1576, Hubert de Baudringhien, écuyer, deuxième du nom à Préseau cultivait lui-même ses 52 muids de terre, avec quatre mencaudées de pâture, soit au total 96 ha1. Il décèdera vers 1578 sans avoir eu de descendance de son épouse Michèle de Hertaing.
1 Société d'études de la province de Cambrai Vol.43, page 71.
L'une des soeurs de Hubert était mariée au seigneur de Canfain, une autre soeur Françoise, était l'épouse de Louis de Belvalet71 et d'après Jean Baptiste de Grez; une troisième, Jehenne (12092) aurait épousé Antoine Maria Visconti2, seigneur en partie de Préseau. Mais c'est leur second frère*, Jehan, capitaine d'une des huit compagnies bourgeoises de Valenciennes, qui se distinguera sous les murs de Cambrai en 1595 qui hérita la seigneurie après Hubert. D'ailleurs, en 1604, Nicolas Gosselin "mayeur d'Antoine Maria" se dit en même temps "lieutenant-mayeur de Jean de Baudringhien" et les échevins se déclarent "servans pour les deux seigneuries" a finalement le titre de "seigneur en partie" de Préseau fut consacré par l'usage pour les uns et les autres b.
2 Fonds héraldique du Ministère des Affaires étrangères, sous réf. 3m46
a Recueil Par la Société d'études de la province de Cambrai, Lille (1935) p.67
b Société d'études de la province de Cambrai Vol.43, page 66
Comme l'attestent les généalogies de Croix et de Beauffort1, c'est par l'unique enfant de ce dernier, unie à son cousin germain Pierre de Croix, écuyer, seigneur de Trietre, etc., que la pairie passa à cette maison. La maison de Croix l'une des plus considérables et des plus anciennes des provinces de Flandre et d'Artois, tenait son nom d'un fief, dont le chef-lieu, comprenant seul près de 800 vassaux, situé dans la Flandre wallonne, en la châtellenie de Lille, à une lieue et demie au nord-est de cette ville. Elle figure depuis le douzième siècle parmi l'ancienne chevalerie, et a soutenu l'éclat de son origine par de nombreux services militaires et de belles alliances3.
1A. de GHELLINCK:
Les Sires de Pottes sur l'Escaut pages 69 à 723 Chevalier de COUCELLES
Histoire généalogique et héraldique des Pairs de France.
Tome IV (Paris 1824)
Le 27 avril 1613, au quinzième anniversaire de la signature de leur (très détaillé*) contrat de mariage, Pierre de Croix, adoubé la même année, réunit la seigneurie de Préseau, du chef de sa femme, Anne de Baudringhien, à celle cédée dix jours plus tôt par leur oncle, le vicomte Antoine Maria. Le dénombrement des fiefs de Préseau, qu'il présenta fait mention d'"un fief ample se consistant en 10 arrière-fiefs".4
* Contrat de 7 pages A4 totalisant dans les 300 lignes. 4 Archives dép. de Lille, B. 12.067.
Eglise et château de Préseau
L'hôtel, dénommé ainsi sous Hubert en 1570, tenait en une maison "manable" avec grange, jardin, pâturage et bosquet sur deux muids ou 3 hectares 65 ares. En 1661, il fut remanié en château par Pierre de Croix et son épouse; cheminées sculptées et armoriées 57; de Croix - de Baudrenghien.
Les descendant de Pierre de Croix et d'Anne de Baudrenghien jouirent de Préseau durant quatre générations.
En 1724, le village acquiert son nom actuel, on y recense alors 250 résidents.
C'est en 1779, sous Louis-Eugène de Beauffort, héritier de Préseau en 1774, descendant lui-même des de Croix par sa mère57 et des Baudrenghien (de Cramet2) par la mère de celle-ci, que la bâtisse sera officiellement qualifiée de château dans un dénombrement. Il est alors entouré d'un ancien vivier et des dépendances à usage de colombier, de basse-cour, et de verger clos de haves, il couvrait alors 36 mencaudées, soit 8 hectares 28 ares; "tenant à l'église et au cimetière et à la rue tenant à l'église".
Le comte de Beauffort, ancien député des Etats d'Artois à la Cour, mourra en exil à Bruxelles en 17932. Cette branche des comtes de Moulle et de Croix, barons de Pottes et vicomtes de Préseau, s'éteignit le 13 novembre 1825, avec Louise Fernande Henriette de Beauffort, chanoinesse de Nivelles, veuve du comte de Merode1. La maison de Beauffort est une ancienne et illustre famille originaire d'Artois, de noblesse guerrière qui portait d'azur à trois jumelles d'or, comme en témoigne l'ancienne salle des croisades du Palais de Versailles. Elle compta nombre de représentants dans les chapitres nobles de France et des Pays-Bas. La branche cousine encore existante s'établit en Belgique en 1830.1 Charles POPLIMONT
La Belgique Héraldique
tome.1, p.346.2 Eugène BACHA Histoire généalogique
de la noble maison de Beauffort en Arois,
(Bxl 1925), p.323.Voir aussi ces blasonnements dans la Salle du Conseil de l'Administration communale de Ham-sur-Heure dans l'ancien château des Merode.
En 1832, l'Annuaire du département du Nord1 relève 553 ha de labours (sur une superficie de 621 ha), ce qui est comparable aux 308 muids, une huitelée et trois quartiers de terre repris dans un Cartulaire de 1448.
1 DEMEUNYNCK & DEVAUX
Ann. statistique du dép.du Nord, p.71.
En 1856, Mr. Cellier écrivait*; " le castel, dans un parfait état de conservation servait alors de ferme."
*Mémoires de la Société d'Agriculture de Valenciennes, t.VIII, p.91.
Actuellement (2010), les ruines du château sont cerclées de barrières métalliques et le parc attend une possible reconversion touristique.
| Sommaire |
5. Espérance de vie
la moyenne de longévité concernant notre généalogie, calculée par ordinateur* sur 23 générations, entre les XIII° et XXI°siècles, pour 1387 hommes et 1233 femmes est paradoxalement de 63 ans et 7 mois pour les hommes & 56 ans et 5 mois pour les femmes.
"Arbre Généalogique" v.1.6a (Personal Soft).
| Sommaire |
6.3 - Les Habsbourg (1477-1515) 6.3.1 - Marie de Bourgogne (1477-1482)
6.3.2 - Philippe le Beau (1482-1506)
6.3.3 - La Régence de Guillaume de Croÿ (1506-1515)
6.6 - La Belgique française (1792-1815) 6.6.1 - Sous la République (1792-1804)
6.6.2 - Sous l Empire (1804-1815)
6.7 - Le Royaume des Pays-Bas (1815-1830) 6.7.1 - Guillaume Ier d Orange-Nassau (1815-1831)
On a donné le nom de Moyen-âge à une grande époque de l'histoire générale comprise entre l'année 476 de l'ère chrétienne, date de la chute de l'empire d'Occident, et l'année 1453, date de la chute de l'empire d'Orient.
Drapeau Lotharingien aux bandes horizontales conformes aux règles héraldiques
La féodalité trouve ses fondements dans le système Carolingien qui le précède. Au cœur du Moyen-Âge, la vassalité perdure mais devient pratiquement contractuelle. A l'engagement public succède la signature d'un acte certifié par des témoins. Le fief donné en gage devient un bien héréditaire aliénable transmis en primogéniture masculine sous réserve d'un droit de relief correspondant à une année de revenu et d'un nouvel hommage.
1034
Construction de l'hospice paroissial Saint-Brice, sans le savoir sur le tumulus funéraire de Childéric.
1051
Le Comte de Hainaut Herman Régnier décède. Sa veuve, Richilde épouse Baudouin de Flandres, dit de Lille, et fondent ensemble une nouvelle dynastie. Dès la première dynastie comtale, le «pagus hainoencis» ou «comté de Hainaut» et «Mons», son centre administratif, s'affirment dans les textes. Les comtes de Hainaut sont depuis l'an 870 des fonctionnaires impériaux nommés par les descendants de Charlemagne. Les comtes tireront d'ailleurs profit des dissensions entre ces derniers pour élargir malicieusement leurs pouvoirs.
1054
Tournai, défendue par des militaires fidèles au comte de Flandre fut prise d'assaut, pillée, mise à sac et incendiée par les troupes impériales germaniques de Henri III.
Saint-Eleuthère, mythes et réalité.
1063
1064Nicolas Poutrain, dans son "Histoire de la Ville et Cité de Tournai1" consacre un long chapitre contradictoire à la vie et aux légendes accordées à Saint Eleuthère évêque de Tournai, sous Clovis: La plus commune opinion est qu'Eleuthère (ou Lehire selon l'ancienne appellation) naquit à Tournai sous Mérovée, deuxième Roi de France, qui commença à régner l'an 448, & qui mourut l'an 458, de parents riches & qui tenaient grand rang dans cette ville. Le père d'Eleuthère s'appelait Serenus & sa mère Blanda. Serenus était issu d'une famille noble & ancienne qui tirait son origine d'Irénius, ce premier tournaisien qui fut éclairé par Saint-Piat2 des lumières de la foi. Saint Médard (qui unira les diocèses de Noyon et Tournai en 545), jeune picard de son âge que ses parents faisaient élever à Tournai fut condisciple de Saint Eleuthère dans son jeune âge et lui prédit qu'un jour il serait évêque de cette ville. Comme les Francs n'affectaient pas une grande sévérité à réprimer le Christianisme, nombre de manants adhérèrent en conformité d'inclinaisons à cette famille qui répandait mille biens autour d'elle. Loin de réprimer son fils, Serenus tenait lieu en quelque sorte de capitaine de cette milice chrétienne rassemblée par lui. Mais bientôt, ces entreprises devinrent trop hardies aux yeux du prince païen, qui tenait la Cour à Tournai. Vers 482 ou 483, ils furent cités, interrogés & bannis de la ville avec leurs adhérents. Cette petite troupe exilée se retira à Blandain, où Sérénus possédait quelques terres. Au mépris de la persécution, ils donnèrent un nouveau relief à leur communauté & élurent un évêque en titre, Théodore, qui ne tint le siège que peu de temps, avant d'être tué par la foudre. Eleuthère, alors âgé de 30 ans, successeur du premier, se rendit à Rome officialiser sa promotion canonique par la main du Pape, Félix III. A la fin du V°s, Eleuthère, qui s'était distingué dans des phénomènes inexpliqués, fut accusé par les Païens de la peste qui sévissait à Tournai, et allèrent le quérir à Blandain. Ils l'amenèrent enchaîné, le fouettèrent et l'emprisonnèrent. Mais la nuit, un ange lui ouvrit la prison et le reconduisit à Blandain. La mortalité redoubla et ce fut alors l'occupant qui fut accusé par la population de tous ses malheurs. Pressé par la foule, le tribun se rendit à Blandain et prosterné aux pieds de l'évêque, le supplia de détourner le fléau exterminateur et de l'instruire, lui et les siens, à la foi de Jésus-Christ. Ravi de ce revirement, Saint-Eleuthère leur ordonna de jeûner sept jours et de revenir le voir au huitième pour les baptiser. L'ordre fut exécuté et la mortalité cessa. Les Tournaisiens ne pouvant plus se voir privés de la préférence du Prélat le ramenèrent dans leur ville sous mille acclamations. Ils établirent pour mémoire de leur baptême & du retour de leur évêque une fête solennelle tous les ans au 27 septembre. Cette translation arriva l'an 492 après que St Eleuthère eut tenu huit ans l'Evêché à Blandain, qui peut se glorifier d'avoir été le berceau de l'église de Tournai. Saint Eleuthère mourut à 73 ans, le 22 février 523, de son obstination à vouloir réprimer l'hérésie d'un homme de pouvoir, qui le fit rouer de coups par ses hommes de mains au point qu'il en trouve le trépas1 .
Trois cents cinquante ans plus tard, la bienheureuse Thècle de Roubaix*, évangélisatrice de la ville, eut dans son sommeil une révélation, lui faisant connaître le lieu de sépulture d'Eleuthère, et se vit investie par le Saint, d'avertir l'Evêque de Tournai-Noyon, que sa volonté, était qu'on aille en l'église de Blandain, quérir ses reliques enfuies près de l'autel, pour les porter à Tournai. Mais à l'époque, l'église cathédrale avait déjà le privilège d'abriter les reliques de Saint Nicaise, un des premiers Archevêques de Reims, historiquement liée à Tournai par le baptême de Clovis et le couronnement de ses successeurs. Cela suffisait à la satisfaction des paroissiens et à l'évidence, Baudouin Ier ne fut pas enclin à un tel retour.
Deux siècles passèrent encore, quand au début de la seconde moitié du XI°s, un ecclésiastique indélicat aurait profité de la confusion d'un incendie dans la cathédrale, pour dérober les ossements de St Nicaise afin de les rapporter à Reims.
Le 25 août 10643 , les Tournaisiens privés de reliquaire, montèrent une expédition sur Blandain pour s'approprier celui de leurs voisins. Ils furent accueillis par une compagnie d'archers, mais par un prodige extraordinaire, les flèches lancées par les Blandinois, se retournèrent en plein ciel contre eux. C'est en procession que les Tournaisiens rentrèrent dans leur cité, déposer le précieux butin dans la crypte de la cathédrale.En 1247, à la date commémorative du 25 août, les restes de Saint Eleuthère furent cérémonieusement placés dans la châsse que nous connaissons sous Benoît XVI, par le légat du Pape Odon de Tusculum et l’évêque de Marvis*. En 1556, le Chapitre papiste de Tournai préserva les reliques des profanations hérétiques en les envoyant à Douai. De retour à Tournai aux prémices de la révolution française, elles furent abritées en plusieurs endroits de la ville chez des particuliers avant d'être translatées en 1802 à la Cathédrale par l'évêque Hirn.
1 Nicolas POUTRAIN
"Histoire de la Ville et Cité de Tournai, etc."
Tome II (1750)- p.741 et suivantes, d'après Cousin..2 Evangélisateur de Tournai à la fin du 3°siècle.
* Roubaix fut longtemps sous la juridiction de l'Evêché de Tournai.
La noble Dame Thècle évangélisa la ville française après sa guérison miraculeuse de la cécité.3 Guibertus Tornacensis (Guibert de Tournai)
Vita sancti Eleutherii
(1261-1266)*Ouvrage d'orfèvre de cuivre et d'argent (1m15 x 50cm x 87cm), erronément attribué à Saint-Eloi, l'argentier de Dagobert.
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1065
Une cruelle famine qui durera sept ans, affligea le pays de Hainaut. "La mortalité était si forte qu'on ne trouvait, pour ainsi dire plus de monde pour enterrer les morts".
1071
Après Arnould, qui ne fut comte de Hainaut que quelques mois, vint Baudouin II dit "de Jérusalem", pour la vaillance dont il fit preuve à la première Croisade.
1091 (?)
Le supérieur de l’abbaye d’Eename et plusieurs autres prélats, réunis dans la chapelle du manoir de La Hamaide à la requête de Messire Gérard, sgr du lieu, reçoivent le serment des jeunes nobles chevaliers de la région qui se disposent à prendre part à la 1ère croisade de terre sainte. Nous y voyons les châtelains d’Ath, de Flobecq, de Rebaix, de Renaix, de Bracle…
d'après l'abbé Meunier.
POURCELET
Histoire de Flobecq,
Notons que l'appel du Pape n'aura lieu que 4 ans plus tard...
1092
Tournai subit un étrange fléau depuis trois ans, quand à la fin de l'été 1092, l'évêque Radbod II, ordonne jeûne et pénitence à ses fidèles et organise une Grande Procession dans les murs de la ville, invoquant l'indulgence de Saint Eleuthère.
Les historiens actuels estiment que les exégètes du passé se sont fourvoyés en transcrivant les archives épiscopales, et traduisant la locution latine "pestis" (fléau) par "peste", épidémie qui ne se propagera en Europe que 250 ans plus tard. Ils émettent l'avis que la population aurait pu être frappée d'ergotisme*, une intoxication grave provoquée par un champignon contaminant l'ergot de seigle et conséquemment, le pain... dont les effets dans sa forme gangréneuse étaient assez répugnants.
L'éradication du mal chez les dévots, pourrait s'expliquer par le stricte respect d'un jeûne prolongé, mais consacrée en miracle par l'église, la Grande Procession devint annuelle.Album du IXème Centenaire de La Grande Procession.
(Fabrique d'Eglise 1992)
*Site officiel de la Grande Procession.
Réédification de l'abbaye de Saint-Martin à Tournai.
Vers 881*, une expédition normande sans précédent remonta l'Escaut depuis la mer du Nord pour piller les villes de son rivage, balayant au passage les armées carolingiennes parfois très puissantes qui les défendaient. Leurs embarcations légères faites d'osier et couvertes de peaux1 étant incapables de briser les glaces, ils passeront l'hiver à Gand, mais au printemps suivant, ils attaqueront Tournai, mettant la ville à sac, pillant et incendiant l'abbaye primitive de Saint-Martin.
1 Charles PIOT
Histoire de Louvain de son origine jusqu'aujourd'hui
(Louvain 1839) p 13.*MYER Annales Fland. :Anno 876, 880 ou 882 suivant les chroniques.
1092
Durant plus de deux siècles, elle fut laissée à l'abandon avant de renaître de ses cendres par l'abnégation d'un homme de foi.
Originaire d'Orléans, Odon est né vers 1050, on ne sait où il fit ses études, mais son excellente réputation de professeur acquise à Toul lui vaudra d'être sollicité par le Chapitre de la cathédrale de Tournai pour un poste d'écolâtre (maître d'école monastique). Intellectuel brillant, il enseigne philosophie et rhétorique et étend l'intérêt de ses étudiants aux sciences et à l'astronomie.
Il est à Tournai depuis cinq ans lorsque des cours à donner le conduisent à lire le traité de Saint Augustin sur le libre arbitre. C’est pour lui une révélation qui va bouleverser sa vie qu'il estime désormais futile. La conversion est profonde et le changement radical : il limite le temps donné à son enseignement pour se consacrer à la prière et adopte un style de vie austère, donnant ses biens aux pauvres.Soucieux de garder dans le Chapitre cet homme de valeur qui semble lui échapper, l'Evêque Radbod lui accorde l'autorisation de réédifier l'abbaye de Saint Martin, sur les lieux où le saint de Tours vint prêcher la bonne parole au IV°s. Odon s'y installe en 1092 avec quatre élèves devenus ses disciples et vit avec eux une vie canoniale suivant la règle de Saint Augustin. Ils sont rapidement une petite vingtaine.
Trois ans plus tard, sous l’influence d’Alvise, abbé de l’abbaye d'Anchin, (un ami et conseiller spirituel) Odon et sa communauté adoptent la règle de saint Benoît. L’abbaye prend rapidement un grand essor, en particulier grâce à son atelier de scribes et de copistes. A son apogée, elle s'étendra sur l'emplacement de l'actuel hôtel de ville, du parc adjacent et de l'enclos qui en a gardé le nom.
Odon est abbé de Tournai depuis treize ans lorsque, en 1105, il est élu évêque de Cambrai. Le diocèse passe par une crise profonde. L’évêque Gaucher qui avait accepté l’investiture de l’empereur Henri IV était accusé de simonie, avait été déposé par le Concile de Clermont (1095) et excommunié par le pape. Il n’en reste pas moins à Cambrai, soutenu par le pouvoir impérial du Saint-Empire, empêchant Odon de prendre possession de son siège épiscopal. Odon réside alors à l’abbaye d'Anchin où il composera plusieurs œuvres théologiques importantes, avant d'y mourir le 19 juin 1113.
Source : Wikipédia; Guibert Michiels, Article 'Odon' dans le Dictionnaire de Spiritualité, vol.XI, col.614-616, (1982).
Appel à la guerre sainte - La Première Croisade.
1095
Le 27 novembre, de concile à Clermont-Ferrand, le pape Franc Urbain II s'insurge contre l’invasion en Terre Sainte des Turcs Seldjoukides et appelle à la croisade, accordant par avance l’indulgence plénière à ceux qui entreprendront le voyage à Jérusalem pour libérer le Saint-Sépulcre.
1096
« On a prétendu qu’avant de partir, Anselme de Ribemont, de Bouchain, seigneur d’Ostrevant et troisième châtelain héréditaire de Valenciennes invita les gentilshommes du pays à un tournoi à Anchin sur les bords de la Scarpe, et que là ils prirent tous la croix. On allègue même une charte où sont cités nominalement, au nombre d’environ deux cent trente, ces illustres hôtes dont le comte de Hainaut Baudouin II, dit-on, se déclara le chef… ».
BIBLIOTHEQUE NATIONALE
Histoire du Hainaut
pp.184-185
Il est avancé également que pour entrer en lice les chevaliers devaient prouver huit quartiers de noblesse du côté de leur père et autant du côté de leur mère. Jean Le Carpentier dans son "Histoire de Cambray et du Cambrésis" (1664) fait allusion à cette charte et rapporte à la page 183, qu'elle fait mention d'un Chevalier nommé Siger de Bellodenguiens, "qui peut estre Baudrenguien". (sic)
Mais, aucun chroniqueur ou historien antérieur à Carpentier ne parle ni du fait du tournoi, ni de la charte qu'il fut le premier à publier, avec en marge la note "ex abbatia aquicinctensi" indiquant que ce serait aux archives de l'abbaye d'Anchin qu'il l'aurait empruntée [...]. Par conséquent, l'authenticité du fait historique et du titre qui le mentionne ne repose que sur la seule autorité et l'unique garantie de Jean-Baptise Carpentier (son vrai nom ?). Mais nous le demandons, si cette solennité a eu lieu, en effet, s'il a existé un acte authentique aussi important, étendu, circonstancié et appuyé de l'autorité de près de 300 noms les plus considérables du pays, est-il vraisemblable que dans aucun écrit ancien ou monument quelconque, il ne se rencontre rien qui témoigne du fait et puisse cautionner la charte en question ?11 E.A. ESCALLIER :
L'ABBAYE D'ANCHIN 1079-1792
Chapitre III, page 37
1096
Quoi qu'il en soit, après s'être acquittés des moissons d'été et armés en fonds propres, les croisés belges liés par des serments de vassalités se mirent en route. les uns pour Rouen pour retrouver le comte de Flandre Robert II, lui-même vassal du roi de France. Les autres, rejoignant Metz à la suite de Baudouin II, comte de Hainaut rallié à Godefroid de Bouillon, duc de Basse Lotharingie et marquis d’Anvers. Les premiers chemineront par Lyon et descendront l'Italie avant une traversée en bateau vers Constantinople où les seconds seront arrivés par l'Allemagne, la Hongrie et la Bulgarie. La bravoure de Godefroid de Bouillon, reconnue unanimement et sa connaissance des langues romane et germanique (bilinguisme qui n'est attesté que par l'émulation patriotique belge dans les manuels scolaires à partir du XIX°s) le désigneront à la tête des nobles et des seigneurs chrétiens.
1098
Le comte de Hainaut, n'arrivera pas à Jérusalem, il mourut en Anatolie, son fils homonyme, Baudouin, troisième du nom, qui était également du voyage succéda au titre, jusqu'en 1120 (ép. Yolande de Gueldre). Nombreux sont ceux qui trouvèrent la mort au cours du périple: "Alors ils sciaient les cadavres parce qu'on découvrait des besants cachés dans leur ventre, d'autres découpaient leurs chairs en morceaux et les faisaient cuire pour les manger"1.
1Histoire anonyme de la première croisade éditée et traduite par Louis Bréhier (1924) p.179
1099
Le 15 juillet, après un mois et demi de siège sous un soleil de plomb, la coalition assurée du salut éternel prend Jérusalem et massacre la population sans distinction d'âge, de sexe, de race ou de culte et tuent aveuglément musulmans, chrétiens ou juifs, hommes, femmes et enfants. La mission demandée par le Pape est accomplie dans le sang et étendue aux alentours par les Croisés. Pour assurer une pérennité à leurs conquêtes, ils installent de petits roitelets et proposent le Royaume latin de Jérusalem à Godefroid de Bouillon qui refusera de porter une couronne d’or, là où le Christ n’avait porté qu‘une couronne d’épines et préfèrera prendre le titre d'Avoué du Saint-Sépulcre, où il sera inhumé quelques mois plus tard.
Ce sont deux tournaisiens qui entrèrent les premiers dans la ville.
L'absence prolongée des seigneurs de guerre eut des impacts considérables. Toutes les seigneuries ne sortirent pas indemnes de cette aventure et certains domaines furent ruinés. On assista aussi à l'émergence d'une nouvelle caste sociale, La Bourgeoisie, constituée des marchands demeurés sur place pour assurer l'activité économique.
Il est évident aussi que nombre de Croisés ne revinrent jamais de cette expédition: Certains tombèrent sur les champs de batailles d'autres succombèrent aux maladies, puis enfin, des volontaires prirent souche là-bas. Enfin, certains vétérans à leur retour retrouvaient parfois leur épouse remariée ou avec de nouvelles bouches à nourrir...
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1105
Tournai naquit et prospéra de son fleuve. Au début du XII° siècle, le commerce y est florissant. On construit la seconde enceinte des remparts et le style gothique s'impose peu à peu dans les rues. L’abbaye de Saint Martin, qui comptait une vingtaine de disciples à sa fondation, douze ans plus tôt, abrite à présent quatre-vingts moines soumis à la règle stricte de Saint Benoît, patron des Bénédictins.
1109
Un tremblement de terre fait de nombreuses victimes à Tournai.
1119
L’Ordre religieux et militaire du Temple est créé à Jérusalem pour sécuriser la route des pèlerins. Il est composé de moines soldats laïques autorisés à tuer. Apparition progressives des premières armoiries.
1120
Baudouin IV (1108 † 1171), surnommé le Bâtisseur devient comte de Hainaut. Une dizaine d'années plus tard, il épousera Alix de Namur (1115 † 1169), dernière fille de Godefroy, comte de Namur et d'Ermensende de Luxembourg.
1140
"l'Abbé Hériman qui écrivoit vers l'an 1140 l'histoire du rétabliffement de son Monastère de St. Martin, dit que le Roi étant délivré de ce fiège, donna à l'Evêque Crafmer "Monetam Civitatis", la Monnoïe de la Ville, ou fi l'on veut, le droit d'y battre monnoïe" (sic).
1 Nicolas POUTRAIN
"Histoire de la Ville et Cité de Tournai, etc."
Tome II (1750)- p.568.
La cathédrale de Tournai.
1141
On commence à monter les murs de la cathédrale actuelle sur les vestiges de deux édifices primitifs datant du V° et du VI° siècle. 30 années et 2.000 "oeuvriers" seront nécessaires à son édification : architectes, tailleurs de pierre, menuisiers, verriers, charpentiers, couvreurs, qui dépendront de Carriers, bûcherons, bateliers (via l'Escaut) et charretiers pour l'approvisionnement du chantier. Les charpentiers à eux seuls eurent huit années de travail.
1146
Le pape Eugène III décrète la séparation du diocèse de Noyon-Tournai, il nomme l'abbé Anselme comme évêque de Tournai avec juridiction sur la Flandre et le Hainaut.
1147
Deuxième croisade destinée à reprendre les territoires récupérés par les Turcs, elle se terminera deux ans plus tard sur un échec cuisant.
1148
Première mention officielle de la maladrerie du Val d'Orcq, à Tournai. Léproserie communale, gérée par l'évêché. Elle était située en dehors de la ville, non loin de la porte de Lille.
1153
Fondation de l'abbaye de Cambron à 4 lieues de Mons à laquelle se rattachèrent les maisons des Bernardines de ND-du-Verger près de Douai, de Fontenelles-lez-Valenciennes, de la Vierge du Bon-Secours et enfin d'Epinlieu. Mais ces créations pacifiques n'empêchaient pas la guerre de continuer entre le Hainaut et la Flandre. Tantôt Thierry, tantôt Baudouin était l'agresseur. Gislebert remarque à la louange de ce dernier, que malgré la puissance de son rival, le comte de Hainaut préserva ses Etats avant de les unir à la Flandre par mariage.
1159
"Mr. Cousin, historien de Tournay, paroit avoir exagéré la stérilité et le nombre des terres à Lamain en jachères en 1159 données par Béatrix de Rumes au Chapitre de Tournay.(...) Le bureau de bienfaisance du canton de Tournay possède à Lamain 3 bonniers de terre à labeur, occupés par Hyppolite de Baudrenghien, dont 2 bonniers tenant du levant à Paul Carnouy, Louis Dubus" .1
1 Essai Chronologique pour servir à l'histoire de Tournai, tome LX, p.92 (1812)
1168
Le comte de Flandre Thierry d'Alsace meurt à Gand. Son gendre, fils de son ennemi le comte de Hainaut Baudouin IV, hérite le titre et la fonction. A la mort de Baudouin IV*, en 1171 , son fils cumulera en son chef, les titres de comte de Flandre sous le nom de Baudouin VIII et de comte de Hainaut sous celui de Baudouin V.
Inhumé à Mons en la collégiale Ste-Waudru
1171
9 mai La cathédrale romane de Tournai est sacralisée par l'évêque Gauthier Ier et dédiée à Notre-Dame.
Tournai, cité urbaine autonome.
"Il étoit une Ville appelée Tournai qui se montroit sous un air de Majesté, et dont le Commerce et les Arts qui y amenoient l'abondance de toutes choses faisoient de tous ses Citoyens un Peuple heureux et puissant".
LE BRETON
Poème des epéditions de Philippe Auguste.
Sous les Carolingiens (843), l'enceinte de Tournai est constituée de deux entités urbaines et diocésaines séparées par l'Escaut. La Cité, sur la rive gauche, autour de la Cathédrale, est administrée par le diocèse de Tournai. Le Bourg, en rive droite (côté gare) relève du diocèse de Cambrai. Un échevinage distinct de celui de la Cité s'y implante et assure l'administration et la justice du Bourg.
En 1187, l'évêque Evrard confie la destinée de Tournai à Philippe Auguste, qui érige la ville en commune royale et en rétrocède une partie à la guilde des bourgeois, revendicatrice de prérogatives et d'un statut particulier. Cette cession marque une évolution symptomatique au plan politique. Le pouvoir n'est plus à l'évêque mais au roi de France, qui accorde à la ville le statut unique pour nos régions à cette époque, de cité urbaine autonome. L'activité économique prend un nouvel essor et les premières banques apparaissent autour de l'activité des "Cambgeurs". L'année suivante, Philippe Auguste signe l'acte fondateur du beffroi symbole de cette nouvelle société civile.
Le beffroi de Tournai.
Le beffroi sécurisera la ville contre les intrusions éventuelles et les incendies, tant redoutés à cette époque. Il était en effet fréquent qu'une maison faite de bois et de torchis boute le feu à tout un quartier, et il arriva même que le sinistre se propagea sur l'autre rive de l'Escaut par les étals des camelots parqués sur le pont à Pont. De par leur accès professionnel à l'eau, les "goudaliers" (brasseurs de bière) étaient désignés par les autorités pour éteindre les incendies. A la fin du XIII°s, la sécurité était tellement aboutie à Tournai que, au dire de Li Muisis, "les gens à pied et à cheval pouvaient en sortir en tout temps, la nuit comme le jour, les portes n'avaient pas même de serrures et elles étaient ouvertes à tout venant" 1.
1 Jos. HOYOIS :
Tournai au XIII°siècle
page 7
Les jours de fête, on lançait des friandises aux enfants du haut de la tour et comme à Ypres, on y sacrifiait de temps à autres quelques chats dans le vide, histoire de contrarier le mauvais sort et la réincarnation des sorcières.
Philippe Auguste accorda encore aux Tournaisiens le privilège "d'avoir une cloche civile dans la cité, en un lieu convenable pour convoquer les bourgeois quand les affaires de la ville le requerront". 2
2 A.G. CHOTIN :
Histoire de Tournai
& du Tornesis. (1840)
A partir du 18 mai 1395, sur plainte des marchands, laboureurs et autres, on sonnera dorénavant la cloche du beffroi à des heures fixées. Elle rythmera les journées de travail, préviendra de l'ouverture et de la fermeture du marché, et le soir venu, elle avertira du déversement des ordures ménagères dans la rue et du lâcher des cochons chargés de s'en sustenter. La proximité de ces animaux en ville, la malpropreté des rues, les maisons basses et humides, telles sont les principales causes des épidémies qui ont affligé nos contrées au XIV et XV°s. Si les cochons déambulaient en ville, les chiens errants par contre étaient abattus par un préposé municipal appelé "tuequien"*.
H.VANDENBROECK
Extrait analytique des anciens registres des Consaux de Tournay.
tome I, (1861) pages 23 & 49.
La Charte donnée par le roi de France aux tournaisiens, en 1180, ne leur parviendra matériellement que 31 ans plus tard, en l'an 1211 3. Des 36 articles qu'elle contient, 26 sont consacrés à rendre la justice et constituent un véritable code civil et pénal. A cette époque, le tribunal de Tournai était constitué de deux magistrats, appelés prévôts, et de jurés qui siégeaient ensemble quotidiennement en matinée. Un prévenu appréhendé était auditionné avec les témoins éventuels et jugé dans les 24 heures. La sentence souvent rendue à l'emporte-pièce pouvait aller de la simple amende, à la dégradation physique, et était affichée publiquement.
3 M. HOVERLANT DE BEAUWELAERE.
"Essai Chronologique pour servir à l'Histoire de Tournay" - tome C
(1832) - p312.
Au Moyen Age, la privation de liberté n'était pas envisagée comme un châtiment en tant que tel. La mise en détention d'un malfaisant dans une des cellules du beffroi, n'était que temporaire et se faisait aux frais du détenu. A cet égard, les noms des cachots aménagés aux différents étages de la tour étaient assez évocateurs sur leur confort: Il y avait de haut en bas; les Quatre-Vents, le Solequin (de soledad ? - solitude en espagnol ?), la Bourcette, la Cambrette puis la fosse pour les indigents.
Les manants qui s'étaient rendus coupables de banqueroute, de faux, de bigamie, d'escroquerie, de proxénétisme, de friponneries au jeu, de grivèlerie aux champs, etc.. étaient condamnés au pilori. Celui-ci se trouvait au pied du beffroi 4. Le malfaisant y était attaché et exposé à la vindicte populaire, on lui lançait à la figure insultes et ordures, autant de jours de marchés consécutifs que lui valait sa faute.
4 BOZIERE :
Tournai ancien et moderne (1864)
Le bannissement temporaire frappait les fauteurs de désordres, adultères, incitation à la débauche, prostitution, abandon d'enfants, blasphème, révoltes sociales. Certains, bannis d'autres villes étaient à nouveau refoulés. Le bannissement perpétuel était prononcé à l'égard des ravisseurs de femmes.
Les tournaisiens diront que la torture et la mutilation avaient moins cours dans leur ville, qu'ailleurs, mais pour moult raisons on pouvait néanmoins y perdre une oreille, un orteil ou une main. De plus, les peines pouvaient être cumulées... amputation et exil, etc.
Il suffit de compter le nombre de clochers à Tournai pour comprendre l'importance qui était accordée à la religion. Un blasphémateur avait intérêt à tourner sept fois la langue dans sa bouche pour ne pas la perdre, ou encore avoir les lèvres fendues au fer rouge 5. Le 26 mai 1397, on publie dans tous les carrefours les lettres du roi : La première fois, ils seront attachés où ils demeureront de l'heure de prime à celle de none, et où on pourra leur jeter œufs, boue et autres ordures, excepté des pierres ou choses qui puissent les blesser. - La seconde fois, ils seront mis au pilori un jour de marché et on leur fendra la lèvre supérieure avec un fer chaud. - La troisième fois, la lèvre inférieure. - La quatrième fois, on leur coupera les balèvres, de manière à mettre les dents à découvert. - Enfin, la cinquième fois, on leur coupera la langue. Celui qui ne dénoncera point les blasphémateurs sera mis à l'amende de 60 £, ou en prison s'il ne peut payer.
5 Léo VERRIEST
"Comment on punissait les blasphémateurs au Moyen Age" (1905)H. VANDENBROECK
Extrait analytique des anciens registres des Consaux de Tournay.
tome I, (1861) p.40
Hormis les meurtres crapuleux, les délits majeurs furent inégalement jugés suivant le climat politique et religieux du moment. Les faubourgs de Tournai comptaient quatre gibets "ordinaires" et permanents. Il y en avait un passé la porte de Marvis, un second et un troisième aux faubourgs de Saint-Martin et de Maire et un dernier à Havinnes. Les exécutions plus exceptionnelles ou de propagandes étaient rendues sur la Grand-place, sous le tintement continu de la cloche du beffroi et immédiatement suivies de l'enterrement sur place du ou des suppliciés 6.
6 DE NEDONCHEL Georges Alexandre:
Les anciennes lois criminelles en usage dans la ville de Tournai.
Mémoires Soc. Hist. Litt de Tournai - t.IX (1867)
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1188
Conrad de Montferrat, chargé de la défense de Tyr, informe le Pape du "Djihad" (Guerre Sainte) mené par le sultan Saladin d'Egypte et de la situation critique que vivent les Etats latins d'Orient instaurés en 1099 par les Croisés. La reprise de Jérusalem provoque une Troisième Croisade. A leur départ, Philippe Auguste, Henry II d’Angleterre et le comte de Flandre, convinrent de distinguer leurs hommes par couleurs. La croix de gueules (rouge) fut attribuée aux français, l’argent (blanc) aux anglais et le sinople (vert) aux flamands afin de les distinguer sur les champs de bataille et un impôt, "La Saladine" dont seraient exonérés les hommes d'église fut imaginé et lamentablement exploité.
1192
La Troisième Croisade débutée il y a quatre ans se clôture par la défaite alliée, mais restera célèbre en Occident par la capture du roi d'Angleterre, Richard Cœur de Lion. Et en Orient pour l'éclatante victoire de Saladin, qui assurera la suprématie musulmane à Jérusalem jusqu'à l'exode du Peuple Juif après la Seconde Guerre mondiale. Le 2 septembre la paix est proclamée entre Saladin et le roi Richard qui quitte la Palestine après avoir reconstitué le royaume latin.
1194
Charte-loi de Chièvres en Hainaut. Premier acte administratif connu rédigé en français et non en latin.
Baudouin de Constantinople
1195
Après vingt-quatre années de règne, Baudouin V s'éteint à Mons le 17 décembre 1195. Son fils aîné Baudouin (IX), déjà comte de Flandre par le décès de sa mère trois mois plus tôt, lui succède sous le nom de Baudouin VI de Hainaut. Marie, fille du comte palatin de Champagne, lui donnera deux filles; Jeanne et Marguerite.
Camille WINS
Eloge historique de Baudouin de Hainaut et de Flandre, Empereur de Constantinople, (1856 - p.19).
1196
Année calamiteuse, s'il en fut jamais, ouragans continuels, pluies torrentielles, inondations désastreuses et pour comble de malheur, les grains sur pied gelés se vendirent 60 sous la mesure, ramenant durablement la famine dans nos Comtés. Pour soulager les misères enfantées par ces fléaux dévastateurs, Le comte Baudouin eut recours à la sage mesure des greniers d'abondance approvisionnant les pauvres à un prix raisonnable, ce qui le fit aimer et respecter de ses sujets. Fidèle à tous ses devoirs, le jeune Souverain s'empressa d'aller à Compiègne rendre l'hommage à la France. Il y montra tant de courtoisie, que le roi satisfait lui donna gracieusement la principauté de Mortagne.
Th. LESNEUCQ : Histoire de la ville de Lessines - 2ème éd., p.226.
1197
A l'instigation des industrieux flamands qui veulent des rapports continuels avec les marchands anglais, Baudouin renouvelle avec son cousin Richard Coeur-de-Lion, un traité offensif et défensif ce qui provoque un nouveau conflit entre le roi de France et son vassal. C'est dans ce contexte que Baudouin VI assiège infructueusement la ville de Tournai contre rançonnement.
Camille WINS
Eloge historique de Baudouin de Hainaut et de Flandre,Empereur de Constantinople, (1856 - p.20).
Ce fut vers l'an 1200 que s'établit dans ce pays, l'usage d'inhumer dans les églises les fondateurs et les principaux bienfaiteurs, plus tard cette faveur fut vendue à prix d'argent, et tout membre d'une famille riche y eut sa sépulture. (4)
(4) Isidoor HYE
"Notice sur les lames tumulaires de cuivre" (Bruge-1850)
1202
Au mois d'août 1198, le Pape Innocent III appelle à une nouvelle Croisade, la quatrième de l'histoire de la Chrétienté. Mais cette fois tournée vers l'Egypte, nouveau centre névralgique de la puissance musulmane. L'enthousiasme religieux qui animait jadis les belligérants s'est édulcoré et la cupidité prévaut désormais. C'est donc pour des raisons de lucre que les Croisés détourneront leur mission vers Constantinople avec la complicité des riches marchands Vénitiens au grand dam du Pape qui n'en décolère pas et condamne cet outrage.
1204
Mi-avril, mise à Sac la ville byzantine et fondation de l’Empire latin de Constantinople par les Croisés (1204-1261). Le comte de Hainaut est proclamé Empereur le 9 mai sous le nom de Baudouin Ier de Constantinople. A Mons, chef-lieu du Hainaut, on peut voir une statue équestre le représentant en bronze du sculpteur bruxellois Joseph Jacquet (1868) face à l'hôpital Saint-Joseph.
1205
A la mort de son père, Jeanne de Constantinople, fille aînée de Baudouin devint comtesse de Flandre et de Hainaut jusqu'en 1244, année de sa mort. Elle avait épousé en premières noces Ferrand de Portugal avant Thomas de Savoie. Henri de Hainaut prend la place de son frère sur le trône de Constantinople.
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1207
Geoffroy de Ville-hardouin, Maréchal de Champagne, rédigea en termes élogieux* pour les Croisés, une chronique en franchois (et non en latin) sur la conquête de Constantinople par les empereurs Baudouin et Henri de Hainaut et les événements qui les y conduisirent entre 1198 et 1207.
"De la Conqueste de Constantinoble" (sic)
Ed. Jules Renouard
Paris 1838
1214
Dimanche 27 juillet, victoire française à Bouvines contre la coalition alliée à Jean Sans Terre. Philippe Auguste reprend la ville de Tournai, conquise le 1er octobre 1213 par Ferdinand de Portugal pour son épouse, Jeanne, comtesse de Flandre et de Hainaut.
1215
Avec le quatrième concile de Latran apparaît un nouvel acteur de l'église : le curé paroissial, plus proche des fidèles priés de communier et de se confesser au moins une fois par an, à Pâques et dorénavant en privé. Les évêques conciliaires révolutionnent le mariage en imposant la publication des bans et en instaurant le consentement mutuel. La consanguinité jusqu'au quatrième degré est définie comme un empêchement majeur que seul le pape pourra lever.
1215
Saint-Jacques évangélisa l'Espagne avant d'être décapité et livré aux chiens à son retour en Palestine. Sa dépouille fut ramenée en Galice par ses compagnons où son "aura" sera telle, que l'invocation de son nom aidera les Ibères à se libérer des Maurs. Les Croisades livrées contre le même ennemi feront de Compostelle un pèlerinage incontournable pour la sauvegarde des valeurs chrétiennes. Le Diocèse de Tournai confrontée de bonne grâce à cette transhumance entre la Flandre et Paris de ceux qui rejoignaient la "Via Turonensis" ou en revenaient, entama dès 1167 hors des murs, l'édification d'une église dédiée au Saint permettant aussi d'héberger une nuit ce "tout-venant" dans un narthex de 120 m². Cinquante années seront nécessaires pour parachever complètement cet édifice qui était alors limité aux deux niveaux inférieurs de la tour actuelle. Au siècle suivant, il sera absorbé par l'expansion de la ville.
1218
Le seigneur d'Audenarde approuve la vente des parts de dîmes à Flobecq, faite par Theodoricus de Baudrengien et sa femme Aliidis (Alix) à l'abbaye de Saint-Martin (Tournai). Devant Arnould de Audenarde, ils vendent pour 28 £ de Flandre à l'abbaye, leur part de dîme de la paroisse de Flobecq. Témoins : Baudouin d'Ogy, Arnould Majore, Simone de Molenbaix : « Ego Arnulphus, dominus de Aldenarda, notum volo fieri omnibus litterarum istarum inspectoribus, quod Theodoricus de Baudrengien et Aliidis, uxor sua, in recompensatione date sibi pecunie XXVIII librarum Flandrensis monete, dederunt in elemosinam ecclesie Beati Martini de Tornaco totam decimam quam in parrochia de Florebech ipse Theodoricus, ex parle uxoris sue, de me tenebat in feodo, et coram paribus suis : Balduino de Ogi, Arnulpho Majore, Symone de Molendino»
A.d'HERBOMEZ : Chartes de l'abbaye de Saint-Martin, tome I, (1898), p.260 & 261
1221
Evrard Raddo, châtelain de Tournai et seigneur de Mortagne investit les moines de St.-Martin de la dime des novales d'Esplechin : «...Tandem facti sui penitens, et injuriam suam recognoscens, in presentia mea constitutus, coram hominibus meis, paribus suis, Jacobo scilicet de Tuns, Bernardo de Pesc, Theodorico fratre suo, militibus Gerardo d' Erembaudenghien, Evrardo de Vinea, Johanne de Velvang...». L'original de cette charte, scellé sur lacs de soie rouge en cire brune se trouvait aux Archives de l'Etat à Mons. Les Archives générales du Royaume à Bxl en détiennent une copie : Cartulaire 121, p.164
Mémoires de la Société historique et littéraire de Tournai, tome 24, page 61.
1231
A. de la Grange nous dit dans ses testaments tournaisiens qu'en l'an 1231, Gerars de Erenbaldeghen est cité à Tournai.
t.2 des Annales de la Soc. Hist. et Litt. de Tournai (1897) p.254
1231
Les échevins de Saint Brice à Tournai déclarent que Maroie de Tuns a vendu à l'abbaye de St. Martin tout ce qu'elle possédait à Rumillies : «..Plége en sunt Watiers de Holain, lui chevalier, et Gérars de Erenbaldeghen, de cette quittance, faire de tout..»
A.d'HERBOMEZ : Chartes de l'abbaye de Saint-Martin Tournai, tome I, (1898), p.376
1232
« Jeanne de Baudrenghien persuada son mary Jean Le Maire, bailly du grand Chapitre de Cambray de bastir une Chapelle pour le service des sœurs de l'hospital Saint Jean, auquel Arnould, Jean et Simon de Baudrenghien firent aussi du bien »
LE CARPENTIER
«De l'Estat de la Noblesse»
Cambresis - III, p. 182
1237
Ouverture d'une léproserie à Tournai.
1237
L'Artois est détaché de la Flandre.
Au XIII°s le drapeau de Lotharingie est simplifié.
1238
Les armoiries de la maison de Mortagne ont éprouvé beaucoup de variations. Le plus ancien scel de cette famille que l'on connaisse est celui de Baudouin I qui se trouve aux archives départementales à Lille, appendu à un acte de 1191. Il offre un type équestre; le bouclier du chevalier est chargé d'un dextrochère. Ce bras armé se retrouve encore dans le scel d'Arnoul de Mortagne, châtelain de Tournai, apposé à un acte de 1234 1. En 1238 (ou 1245 d'après du Chastel1) , la charge de l'écu est changée; la croix apparaît pour la première fois et devient désormais le signe héraldique de toutes les branches de la maison de Mortagne qui conservent ce nom2 avec diverses brisures connues. D'or à la croix de gueules; Cimier: deux pieds de bouc au naturel, renversés, adossés, le sabot en haut. Cri : Tournai !.
1 P.-A. du CHASTEL de la HOWARDRIES-NEUVIREUIL
NGT - tome I (1881)
page 9.2 G. DEMAY
"Inventaire des sceaux de la Flandre"
Paris (1873) n° 5583.
Fondation de l'hôpital Notre-Dame de Lessines
1242
En ce temps là, le Royaume de France était co-régenté par la reine mère Blanche de Castille et son fils Louis IX, mieux connu sous le surnom de Saint-Louis. Après son émancipation en 1234 les seigneurs flamands avaient prêté allégeance au nouveau souverain mais quelques barons belliqueux s'étaient ralliés au roi d'Angleterre Henri III, désireux de récupérer de force les possessions françaises de son père, Jean sans Terre.
Le 21 juillet 1242, à la bataille de Taillebourg près de Poitiers, les soldats de Saint-Louis contraignirent les Anglais à la retraite, mais au cours de cette victoire Arnould IV d'Audenarde, Sire de Pamele et grand bailli de Flandre, fut mortellement blessé. Soucieux du salut de son âme, le seigneur de Lessines légua par testament une partie de sa fortune aux pauvres de sa ville et chargea son épouse, Alix de Rosoit, dame d'honneur de la reine mère de France d'en faire le meilleur usage.
Alix acquit bientôt à Lessines quatre masures, situées entre l'église (fondée en 1075) et la Dendre, y établit une communauté religieuse et posa les fondements d'un hôpital de charité qui restera en activité jusqu'au début des années 1980. L’hôtel-Dieu lessinois est contemporain de tout le mouvement hospitalier qui s’est développé en Europe aux 12e et 13e siècles.
1243
A sa création, l'institution ne bénéficiait d'aucun statut officiel, pas plus civil que religieux et l'héritage épuisé, les problèmes de trésorerie jaillirent comme une évidence. Alix se tourna alors vers son fils, Jean d'Audenarde, qui sauva l'hôtel-Dieu de la banqueroute en lui allouant une rente couvrant une partie de ses frais de fonctionnement.
Les chanoinesses entrant dans l'Ordre de St Augustin étaient issues de la petite noblesse et souvent, filles de chevaliers, mais les filles des riches bourgeois étaient également les bienvenues, tant qu'elles honoraient le vœux de pauvreté les obligeant à céder en dot à la communauté leur part du patrimoine familial.
En 1247, Gui Ier de Laon, Evêque de Cambrai de 1238 à 1248, énonce avec précision les premiers statuts de l'hôtel-Dieu à Lessines : "La Noble Dame Alix veuve d'Arnould, seigneur d'Audenarde, a construit et institué dans la ville de Lessines, pour le salut de son âme et de ses ancêtres, un hôpital pour y recevoir les pauvres, débiles et malades et y exercer toute autre oeuvre de charité". Cette notoriété rallie de nouveaux donateurs et trois années plus tard, une lettre patente du Pape certifiée par une bulle de plomb, accorde 40 jours d'indulgence aux bienfaiteurs de l'institution.
Archives de l'Hôpital
Progressivement, une nouvelle aile (sud) et une vaste chapelle seront construites, suivies d'une ferme. Quatre cent cinquante hectares de terres en fermages, apporteront une nouvelle source de revenus et permettront à l'hôpital, de vivre en complète autarcie.
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1244
Marguerite de Constantinople, avait épousé dans la controverse Bouchard d'Avesnes, bailli du Hainaut et sous-diacre de l'Eglise de Laon. Veuve ensuite de Guillaume de Dampierre, comte de Flandre et seigneur de Courtrai, elle succéda à sa soeur Jeanne et associa sous sa tutelle les Comtés de Flandre et de Hainaut.
1248
Concernant les sires de Ghistelles; d'après une charte de Robert, comte d'Artois, en date du 29 mai 1248, le mot "Ghistelda" signifie terre abandonnée. Par cette charte le comte donne au majeur, aux échevins et à la communauté de la ville de Saint-Omer [Pas de Calais 62] les mêmes privilèges et franchises sur les nouvelles "Ghistelda" situées entre les maisons de feu Pierre, fils de Jean de Sainte Aldegonde, et les échoppes de Jean de Baudrenghien, que ceux dont ils jouissaient sur les anciennes.
T. de LIMBURG STIRUM
La Cour des Comtes de Flandre, Leurs Officiers héréditaires.
(Gand 1868) - tome I:
Le Chambellan de Flandre et les sires de Ghistelles.
Page 82, (référence)
1250
Le lundi 28 mars à Helchin : « ...In quibus ipse tenebatur Gerardo de Erenbaudenghem annuatim, et pro quibus idem G(erardus) factus est homo noster feodalis... »
1251
Le 6 juin, tournoi chevaleresque de Trazegnies.
1252
Avril. Charte rédigée en latin de Marguerite de Constantinople et avalisée par son fils, Guy de Dampiere, pour l'adoucissement du servage en Flandre.
1252
15 mai. La bulle "Ad extirpenda" éditée par le pape Innocent IV, rend légitime l'usage de la torture envers les hérétiques. Elle est désignée sous le nom de "quaestio" (question).
1256
En décembre, l'Evêque de Tournai approuve la vente de la dîme d'Aeltre, faite par la dame de la Woestine à l'abbaye de St. Martin, Waltero de Badelinghem, signe en qualité de témoin.
A. d'HERBOMEZ
Chartes de l'abbaye de St-Martin, (1898)
tome 2 - pp.127 à 129
& 132, 133
1257
JuinErnous, sire de Mortagne et châtelain de Tournai, approuve l'hommage fait par son frère Roger, seigneur d'Espierre, à l'évêque de Tournai, pour une rente assise sur le péage d'Espierre. Ghérart de Erenbaldenghem signe l'acte comme témoin en qualité d'homme de fief de l'évêque.
Bibliothèque Universitaire de Gand, ms G.16191, f°1050
1259
Certains seigneurs de La Hamaide furent inhumés à l’abbaye de Cambron (entre Mons et Ath). On retrouve dans le Cartulaire du monastère, la donation de Thierry, seigneur de La Hamaide, d’une partie du bois située sur le territoire d’Oeudeghien, à condition d’avoir en ses murs le lieu de sa sépulture. Ce lieu de piété eut, en effet, au cours des XIII° et XIV° siècles un tel renom de sainteté que bien des princes et des gentilshommes sollicitèrent la faveur de pouvoir y faire déposer leurs dépouilles mortelles.
1265
Croisade de Pouilles avec le châtelain et l'avoué de Tournai. Un "avoué" est un avocat attaché aux intérêts d'une institution religieuse
1270
Otton V du Roeulx, pair de Silly, époux de Marguerite de Ghistelle, reprend le nom et les armes de sa mère, Agnès de Trazegnies et fonde la seconde maison de ce nom.
@ Cercle Heraldus - (Mons)
1275
"Année terrible où cheurent du ciel de Tournay des gresles et pierres contenant en tous 6 poulces, qui tuèrent hommes et bêtes". Description assez proche des conséquences en Europe continentale de l'éruption du volcan islandais le Laki en 1783.
Chronique rimée de Philippe MOUSKES, évêque de Tournai au XIII°s.
1275
Rédaction du Veil rentier d'Audenarde. Livre foncier des biens et revenus de sire Jehan de Pamele. Véritable cadastre où figurent en détail les noms des villages, des hameaux, des lieux-dits, des chemins, des sentiers, des ruisseaux, des marécages, des étangs, des moulins, des châteaux, etc. On y trouve également le nom des personnes avec leur profession et leurs biens. Ce recueil de 374 pages concerne 12 localités : Ellezelles, Wodecq, Flobecq, Ogy, Ghoy, Lessines, Isières, Bois-de-Lessines, Papignies, Lanquesaint, Tongres et Bauffe.
On y apprend qu'à «Florbiert» (Flobecq) : « Messires Gilles de Baudrenghien, li Capelains, doit 8 rasières d'avaine, de 3 boniers et demi de bruière, en Augomont » comme rente à l'abbaye.
Veil Rentier : 41r°
1277
Messire Simon de Baudrenghien (v.1232), chevalier, épouse dame Agnès de Pronville comme attesté par lettre datée.
(Par 1976, 144-160)J-B de GREZ au Ministère des Affaires Etrangères, Fonds héraldique ref : 3 m 46
1279
La rue des Augustins à Tournai, s'appelait jadis la rue Daudenarde en raison probablement de l'existence de la Halle d'Audenarde mentionnée dans un acte de vente de 1254 ou de la présence d'une famille homonyme témoignée dans les Archives de l'échevinage de St-Brice renseignant l'existence d'un dénommé Jean Daudenarde en 1279.
1280
Le 10 février, décès de la comtesse de Hainaut et de Flandre, Marguerite de Constantinople. Jean Ier d'Avesnes, fils de son premier mari (Bouchard d'Avesnes) devient comte de Hainaut et comte des Etats de son épouse Alix de Hollande-Zélande, dame de Frise.
1280
Gillion d'Ierbaudenghem est avoué à Moen. Pour rappel, un "avoué" est un avocat attaché aux intérêts d'une institution religieuse
Ch. MUSSELY : Cartulaire ND. de Courtrai, p.169
1281
L'abbé Li Muisi, de Saint-Martin à Tournai fait référence au "Lundi des Parjurés", qui suit l'Epiphanie, et en parle déjà à cette époque comme d'une ancienne coutume. Elle trouve ses origines dans les assises publiques de "franches vérités" ou "plaids généraux" qui devaient élucider les méfaits demeurés non élucidés, fermant les yeux par tradition ce jour là, sur la rédemption des manants qui par peur, mensonge ou omission avaient soustrait des coupables à la justice seigneuriale. Pour ce faire, la foule était rassemblée en place publique ou autour de la tombe de la victime lorsqu'il s'agissait d'un meurtre.
1281
En cette année s'éleva entre les comtes de Flandre et de Hainaut l'interminable débat au sujet des terres de Lessines et Flobecq.
Th. LESNEUCQ-JOURET : Histoire de la ville de Lessines 2° éd., p.227
Tournai au XIIIème siècle
"Au XIII°s, Tournai présentait un aspect tout autre. Jusque vers l'an 1300, son territoire actuel était occupé par quatre véritables villes, bien distinctes délimitées par l'Escaut. Sur la rive gauche, s'étendait la Cité, protégée par des murs datant des Romains et entourée de faubourgs populeux. De l'autre côté de l'eau se trouvait le Bourg, et la Terre de Saint-Jean des Caufours à droite. Le Bourg était enfermé dans une enceinte et se terminait par une agglomération de maisons du côté des portes Morel et Marvis.
Le Bruille (Paroisse St-Nicolas) était domaine des châtelains de Tournai. La forteresse féodale de ceux-ci s'élevait "en l'isle de l'Escaut nommée St-Pancrace" au confluent de la rivière de Jennenes ou Jennes.
Le Bourg et le Bruille étaient séparés par un terrain vague, le "Biekeriel", où se voyait le "Pierre fameleuse" (de famelicus, affamé). Le Biekeriel se composait d'un certain nombre d'habitations misérables. Il servait habituellement de refuge à des gens sans aveu, qui, bénéficiant de ce qu'il relevait des Seigneurs de Bruille, y pouvaient braver impunément l'autorité du magistrat de Tournai. Quant à la Terre de Saint-Jean des Caufours, elle dépendait des seigneurs de Leuze, de la maison d'Avesnes.
Le désir d'unifier la juridiction et de se débarrasser des indésirables, qui molestaient volontiers les habitants de la Cité, engagèrent le magistrat à acquérir ces terres.
Allain, Warchin, le bois de Breuze, les Chauffours et toute la seigneurie, avec la justice haute, moyenne et basse, furent achetésen 1289, au prix de 4500 £ tournois. Les droits de cens et de dîme qu'avait l'abbaye de St-Amand sur cette seigneurie, lui furent conservés. D'autre part, Hue de Châtillon, tout en le vendant, se réserva le droit de gîte.
En 1295, le Bruille devenait définitivement propriété de la ville, on le paya 8600 £ à la châtelaine, Marie de Mortagne 1.1 Jos. HOYOIS :
Tournai au XIII°siècle
pages 1 à 7.
Entre 1277 et 1302, une poussée démographique provoque l’accroissement du territoire urbain de Tournai et l’extension du périmètre des fortifications de part et d’autre de la rive droite et de la rive gauche de l’Escaut. Par décision communale, un pont, voulu d'architecture militaire enjambant l'Escaut constituera la 19ème porte de l'enceinte protectrice de Tournai. Deux tours percées de meurtrières, une courtine percée de baies et d'archères et des arches chargées de lourdes grilles défendront l'accès à la ville par le fleuve.
Dessin de BOZIERE
Tournai ancien et moderne
Planche IV, page 41 (Ed. Delmée - 1864),
Son édification débutera en 1281 par la tour "Bourdiel", du côté du centre urbain. La tour de la "Thieulerie", sur la rive droite du fleuve sera élevée vers 1303, mais 25 ans furent encore nécessaires pour les relier par les arches.
On peut s'étonner de voir sur d'anciennes photos des vues de tours carrées et d'autres arrondies. En fait, il s'agit bien des mêmes tours. Une face panoramique offre une action de 180° sur les abords extérieurs du fleuve, l'autre côté, tourné vers la ville, étant "plat".
En 1294, la tour de guet que constitue le beffroi ne permettait plus de couvrir l'étendue de la ville. Entre-temps l'édification de choeur gothique de la cathédrale est également venu masquer une partie de la visibilité du vigile. Les magistrats de la ville accordent un budget pour rehausser l'édifice et renforcer sa base par quatre tourelles polygonales.
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1285
Colars li Escohiers de Maubruec, por se masure à Maubruee, id. Li abbie d'Alh, por ix iorneus de tière k'èle aquist à Danel, ob. Gossuins li Cuens, por tière k 'il aquist à monsegneur Jehan de Maffles : se tient à le Perelleuse (Peut-être Jehan de Baudrenghien ? - voir 29 août 1304).
Léopold DEVILLERS
Cartulaire des rentes et cens dus au Comte de Hainaut(1265-1286) Mons.1873
1286
Pierre de Erbaudenghien vend à l'Evêque de Tournai un moulin situé à Helchin.
Bulletin Soc. Hist. & littéraire de Tournai, t.16 (1874), page 110.
1288
Jean de Mortagne, sire d'Espierres, scelle de son écu (chargé d'une croix) un acte concernant le douaire de Pentecôte de Luxembourg qui devait épouser son cousin, Guillaume de Mortagne, sire de Rumes et de Dossemer.
1 P.-A. du CHASTEL de la HOWARDRIES-NEUVIREUIL
NGT - tome I (1881)
page 9.
1290
Premières lunettes de lecture, rares et coûteuses, composées de deux lentilles en cristal de roche montées sur un pince-nez.
1291
Le dernier bastion Croisé tombe à Saint-Jean d'Acre.
1292
A la mort de Nicolas IV, le 4 avril 1292, l'impuissance des cardinaux à se mettre d'accord pour l'élection d'un nouveau pape entraîna pour le Saint-Siège une vacance de deux ans. Le 5 juillet 1294, les onze cardinaux réunis en conclave à Pérouse élurent à l'unanimité Pierre de Morrone, qui prit le nom de Célestin V. Ermite d'une grande pureté de vie, il avait excellé à communiquer son zèle pour la vie austère aux disciples qu'il avait réunis, organisés en ordre religieux et qui devaient prendre plus trard le nom de "Celestins".
Il s'entendait moins au gouvernement de l'église, en un temps surtout où les "spirituels" révoltés entretenaient dans les esprits une effervescence périlleuse, que des politiciens s'efforçaient d'exploiter au service de leurs intérêts divers.
Les cardinaux s'aperçurent bientôt de l'erreur qu'ils avaient commise et la question commença à se poser dans le Sacré-Collège, de la possibilité pour Célestin V de renoncer au trône pontifical. On chercha des précédents dans la tradition canonique et l'on s'en accommoda.
1294
Célestin V, 192ème Pape de l’histoire, démissionne l’année même de son élection.
1296
25 février. Conflit d'intérêts entre Philippe le Bel et le pape Boniface VIII, au sujet de la publication d'une bulle, intitulée "Clericis laicos", interdisant au souverain de soumettre le clergé à l'impôt.
1298
Le rentier d'Artois relève 11 verges de terre seans a Baudringhem (Wardrecques) qui eskeïrent a monsigneur le Conte de Tassin le Bastart, li quele estoit tenue de Tassart de Ruuescure et le tient Willame li Bouvres par lettres de baillie,
La Bataille des Eperons d'or
1302
À la fin du XIIIe siècle nos Artisans étaient organisés en "Métiers" équivalents à des Syndicats. Chaque Métier avait un statut propre et dérogeait à la justice ordinaire.
Le Comté de Flandre, prospère notamment par sa production textile commerçait avec l'Angleterre et jugeait abusives les taxes prélevées par le roi de France dont il relevait.
En 1302, les Artisans flamands firent sédition. Philippe le Bel pour laver cet outrage fit arrêter et emprisonner à Paris le comte de Flandre Gui Dampière mais le 18 mai, lors des "Matines brugeoises" un millier de partisans français furent trucidés dans leur sommeil. Les milices communales de Flandre se rassemblèrent autour des Gui de Namur, bientôt rejoint par son frère, Jean et leur neveu, Guillaume de Juliers. Ils entamèrent une offensive insurrectionnelle, engageant 25.000 hommes et prirent Courtrai.
Philippe le Bel dépêcha sur place une armée deux fois plus nombreuse, avec à sa tête le comte d'Artois. Le 11 juillet, s'engagea sur le champ de bataille de Groeninghe (Courtrai) une lutte sanglante au cours de laquelle on ne fit pas de prisonniers et dans laquelle périt la fleur de la noblesse de France et d’Artois.
On donna à cette journée le nom des "Eperons d’or", que portaient les princes français. Ces éperons ramassés sur le champs de bataille, suspendus dans l’église Notre-Dame à Courtrai, en signe de gratitude pour la victoire donnée à une milice populaire, face à une armée rompue aux choses de la guerre.
Les survivants prirent la fuite dans toutes les directions, poursuivis avec un certain acharnement par les Flamands. L'abbé Li Muisis (de Saint-Martin) rapporte dans ses chroniques (1298-1322) qu'au lendemain de la bataille, les soldats Français fuyant en divers lieux hors de Courtrai, et jusqu'au village de Dottignies, où ils furent tués et dépouillés...
1303
La région de Tournai, restée fidèle au roi de France, connut par la suite de nombreuses incursions des troupes anglo-flamandes. Ils boutèrent notamment la feu à ville de Lessines.
Le 8 octobre 1303, ils vinrent une nouvelle fois piller et ravager les faubourgs de Tournai. Li Muisis relate encore que les Flamands qui étaient restés, cette nuit-là, et parce qu'ils n'avaient plus de provisions et que la faim les prenait, se replièrent vers Courtrai et brûlèrent la ferme de Valemprez à Dottignies.
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1304
Jean II, époux de Philippine de Luxembourg, est comte de Hainaut avant Guillaume Ier, qui le restera jusqu'en 1337 (ép.Jeanne de Valois)
1304
On cite à Moen «Demisele Derboudenghem» à Erembodeghem.
K. de FLOU : Toponymie West-Vlaanderen, tome III.
1304
29 août. Données l'an de grasce mil trois cens et quatre, le jour S. Jehan décollassé. Lettres par lesquelles Jean d'Avesnes, comte de Hainaut, etc. donne à Ysabiel, fille de feu Jehan de Baudrenghien, et à sa mère, la dame de Maffles, dix livres blancs de rente annuelle et viagère, assignée sur son winage d'Ath et dont le paiement aura lieu à la Saint-Remi, et ce, en compensation d'un petit fief enclavé dans une terre qu'il avait achetée à ladite dame de Maffles. Cette rente s'éteindra seulement à la mort de la dernière survivante des deux personnes. (Folio 30 de la Dame de Maffles et de ses filles).
Léopold DEVILLERS
Description analytique de cartulaires et de chartriers .Tome VI (Mons 1870) page.54
1306
Jehan de Tongres est seigneur de Gommenpont (Monuments pour servir à l'histoire des provinces, p.722).
1307
Au matin du vendredi 13 octobre, tous les Templiers de France furent arrêtés et leurs biens confisqués sur ordre du roi Philippe IV le Bel. C'est de ce jour que serait née la superstition du vendredi noir pour les "paraskevidékatriaphobes".
1309
A Pottes, le 3 juin : « Acent tout cil ki cest escrit veront et oront ke Grars de Potes fius a noble homme mon signeur Gherart de Potes, cheualier, Jehans Dierembaudenghien, Hues dou Mares Thumas des Annes... doiuent comme leur propre dette es cescuns pour le tout as enfans ke katherine de Courcieles a et ara de Jakemon le Fourbisseur...»
Archives de Tournai - Chirographe original sur parchemin
1310
Usilie de Baudrenghien, fille de Simon et de Agnès de Pronville, épouse Guillaume de Nimaye.
1311
le jeudi 9 septembre, Marie, dame de Mortagne et châtelaine de Tournai, donne en fief à Marie de Dossemer, sa cousine germaine, une rente annuelle de 100 £ parisis, à prendre au péage de Maulde : « ...Lequel don des cents livres de terre, je lui ai donné et donne à tenir de moi en fief et hommage, par devant mes hommes de fief, dont tels sont les noms : Messire Rogier, sire d'Espierre, chevalier ; Mahius de Haudion ; Gille le Clers ; Estievenes de la Place ; Jehans Argens ; Jehan de le Haie ; Gherars Aletake Jehan des Plankes ; Pierre Boussars ; Colars dou Treric ; Jehans Cappestau et Jakemes d'Ierembaudenghien, comme bailli que j'investis pour cette besogne. Lequel bailli convoque les hommes afin qu'ils eussent le don ci-dessus en mémoire et recourt à la force, si besoin en était... »
Mémoires de la Société historique et littéraire de Tournai, tome 24, page 276.
M.S.H.L.T. tome 25, pages 276 à 279
1312
Le 3 avril, sous la pression de Philippe le Bel, le pape ClémentV, marque définitivement la fin de l'Ordre du Temple en émettant sa dissolution "Ad providam".
1312
Jakemes d'Erbaudenghien est cité à Warcoing
Midd. 1963, 287
1313
Philippe le Bel envahit le Tournaisis, qui passe sous l'autorité de la couronne de France.
1315
Inondations dans le Tournaisis.
1319
Jean Wettin, prévôt de Tournai fait édifier l’hôpital Saint-Jacques pour l’accueil des pèlerins et des pauvres. Détruit vers 1670, il abritait une chapelle et une confrérie dédiées au saint.
1321
l'évêque de Tournai abandonne l'hommage et le fief de la châtellenie et de l'avouerie au roi de France* et deux ans plus tard, l'avoué vend son office et ses droits à Charles le Bel, frère héritier du premier.
*Philippe V, second fils de Philippe le Bel
1330 +/-
Naissance de Colard de Baudrenghien, écuyer, Sgr. de Gomanpont, épousa N. dame d Ansermont et de Bernes. Il fut à la tête de l'armée du comte de Flandre contre les Gantois révoltés et fut, comme son père, tué en 1380. Il gît à Flobecq, où il fonda la chapelle de Saint-Jean en l'église.
1331
Une copie ancienne d'une chronique armoriée d'époque relate le Tournoi des "31 rois de Tournai" mettant aux prises la fine fleur de la bourgeoisie tournaisienne avec 116 cavaliers issus de 14 villes flamandes et françaises.
Bibliothèque royale de Bruxelles - Manuscrit 7383.
1334
« Jakemes d'Erbaudrenghien (v. 1312) est hom de cinq quartiers et demi de tiere enviers les Fourkes d'Espiere, de la le parroche de Warcoing, que Jehan de Giéronde tiunt,... » (sic) Il doit servir une certaine rente à l'abbaye de Saint Martin de Tournai.
d' HAENENS :
Comptes de St Martin
à Tournai (1312-1355)
1336
L'adoption des armes de Landas par les Mortagne, associés à cette famille est prouvée par le scel de Jean, sire de Landas et de Bouvignies appendu à un acte du 28 mars où se retrouve un écu portant un émanché de cinq pointes mouvant du flanc senestre.
1 P.-A. du CHASTEL de la HOWARDRIES-NEUVIREUIL
NGT - tome I (1881)
page 9.
1337
Guillaume II est le Comte de Hainaut jusqu'en 1345, il est l'époux de Jeanne de Brabant.
La guerre de Cent ans.
La Guerre de Cent ans, qui durera en fait 116 ans, débuta l'an 1337. Les Gantois révoltés s’allient, aux Anglais et infligent aux Français la défaite navale de l’Ecluse.
En 1340, le 31 juillet, les troupes anglo-flamandes assiègent une nouvelle fois Tournai, mais resteront bredouilles devant cette tête de pont de la monarchie française. Papirus Masson, (livre 4 de ses annales), écrit qu'au siège de la ville par le Roi Edoüard d'Angleterre, quinze mille habitants prirent les armes1.1 Nicolas POUTRAIN
"Histoire de la Ville et Cité de Tournai, etc."
Tome II (1750)- p.565.
1341
La guerre coûte cher et ce sont les paysans qui doivent la financer. La levée d'un nouvel impôt appelé "la Taille", doit permettre dans l'imagerie populaire à "tailler" les lances des chevaliers partis guerroyer... Il y a des émeutes à Tournai !
1346
Marguerite II d'Avesnes, comtesse de Hainaut, de Hollande, de Zélande et Dame de Frise, assignait à Isabelle de Hainaut, sa sœur, les revenus sur, entre autres, Ath, Lessines, Ogy, etc.: «...premiers sour toutes les revenues emblet de Chièvre, d'At, de Floberch et de Lessines deus cens muis de blet cascun an montent a vint et chinc sols tournois le mui..., pour coy elle tenra ens se mains separeement les deux molins de Floberch et d'Ogy, descompté les retenues et un mui de blet que ly dist molins d'Ogy doit cascun an hiretaulement a Ernoul de Baudrenghien et a ses hoirs, pour sissante-trois muis et le sourplus qui montecent trente-siept muis de blet prendrera et rechevera no dite suer par le main de no recheveur u de son liutenant sour toutes les revenues deseures dittes. Item pour toutes les euwes de Lessines, d'Ogy et de Florbierc prisiet cent livres.. Item, les rivières de la terre de Lessines qui prisies sont par an diis livres... » Cette assignation fut confirmée par une lettre de Marguerite et Louis le Romain, datée du 6 août 1351.
La comtesse abandonne au chevalier Jean de LESTRIVERIE (de l'ESTRUVE ?) : "Nous avons dounet et dounons audit chevalier... toutes les revenus et droitures entierement que nous aviens et avoir poiens en ladi te pourosse (paroisse) dou Bos de Lessines".
Au XIII°s, le château n'est qu'un donjon sur une motte en poste avancé de Lessines.Raymond DUHAUT - Cercle d'Histoire de l'Entité Lessinoise , n°100, Déc.1998
1349
Siège de Tournai par les Anglais et leurs alliés Flamands, sous les directives du roi Edouard III.
La Peste noire
Le bacille responsable de la peste, ou devrions-nous dire "les pestes", tant la maladie pouvait se décliner sous diverses formes, fut identifié par l'Institut Pasteur*, lors d'une étude épidémiologique menée à Hong-Kong en 1894 par la comparaison qui fut faite avec des bactéries prélevées sur un charnier enfui à Marseille en 1722. Le dénominateur commun étant la première contamination récidiviste européenne de 1347, venue avec certitude d'Asie.
Ceci implique que les textes antérieurs au XIV°s qui usent du vocable "peste" sont à prendre au premier degré de la locution latine auquel il se rapporte: "Pestis", désigne en effet une épidémie inconnue, un fléau qui répand la terreur et non la maladie au sens médical du terme.
*Par le bactériologiste franco-suisse Alexandre Yersin.
Contrairement à l'idée communément reçue, ce ne sont pas les rats les premiers responsables de l'épidémie de peste qui sévit en Europe au milieu du XIV°s, mais bien les puces qui les contaminèrent. Au début du mois de novembre 1347, des navires marchands génois venus d'Asie, arrivèrent à Marseille et déchargèrent de leurs cales infestées de bêtes malades, des cargaisons de victuailles...
Vingt-quatre mois, suffirent au fléau pour se propager dans toute l'Europe, principalement dans les zones urbaines, sales et surpeuplées, représentant autant de foyers propices à sa propagation, en commençant par leurs indigents sous-alimentés.
Illustration de la Peste
noire tirée de la Bible
de Toggenburg (1411)
Jean Froissart estime qu'un tiers de la population de nos contrées succomba. Gilles le Muisit écrit dans ses chroniques que : «L’épidémie de peste noire de 1349 fit tant de victimes que l’on eut beaucoup de peine à les enterrer dans les cimetières encombrés des fossoyeurs». On évalue aujourd'hui qu'il y eut 25 millions de morts en Europe et c'est une des maladies ré-émergentes dans certaines parties du Monde.
Manuscrit des
Chroniques de
Gilles le Muisit
"A cette époque va se produire un phénomène humain d'importance. L'épidémie va provoquer un choc dans la population. On voit mourir ses proches ou ses voisins dans de très grandes souffrances et d'une manière injuste, puisqu'elle touche indifféremment les jeunes comme les vieux. D'autre part, il y a la Guerre de Cent Ans et son cortège de misères; on pille, on viole et on étripe les gens !. Les quidams prennent conscience des souffrances qui accompagnent la mort et sa perception va s'en trouver bouleversée. La mort va susciter la peur et devenir un objet d'effroi. C'est l'époque où l'on va commencer à représenter dans les églises, non pas le paradis, qui attend tout bon chrétien, mais la mort crue à l'état cadavérique. Consécutivement, il y a une prise de conscience de la valeur de la vie en tant que telle, au détriment de la conception ancienne, qui la limitait à n'être qu'un passage vers la vie éternelle".
Conférence de Marguerite GONON, Docteur ès lettres, Historienne, ingénieur au CNRS (1986)
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1349
On cite Arnould de Baudringhien. C'est probablement lui qui tenait avec sa femme : « onze bonniers de tiere à Flobiert (Flobecq), au prix de 15 livres blancs et 10 sols » Ils avaient acheté ces terres à vie à l'abbaye de St-Martin (Tournai) en 1322. Il était également propriétaire du moulin d'Ogy (v. 1346)
1350
Naissance de Jean, bâtard de Lannoy, né d'une liaison entre Guillebert de Lannoy et Catherine du Bus. Il possèdera un fief à Roubaix et épousera Jeanne de la Motte.
1351
"Louis de Mâle, comte de Flandre, envoya Messire Guillaume Rheighersvliete au grand bailly d'Alost, mettre en sa main les terres de Flobecq et Lessines..."
Annales du Hainaut, Tome III, p.241
1351
le 26 décembre, Ernoul de Baudreghien, est cité dans un record relatif à l'acquisition faite par le chapitre de Sainte-Waudru, de la mairie de Nimy Maisières : « Liquelz, consilliés de ses pers,dist, par loy et par jugement, que oyl, as us et as coustumes de Haynnau, sauf à Ernoul de Baudrighien, le fil, les pourfis doudit fief, toute le vie demiselle Ysabiel, se suer, femme audit Wiart, qui sont en se main, pou goïr après le trespas doudit Wiart, ou cas qu'elle le sourviveroit ». (v.1384)
1354
On cite Arnould de Baudrenghien, comme procureur de la comtesse Marguerite pour les droits qu'elle avait sur Flobecq et Lessines. Marguerite, (o1310 † 1356) seconde du nom, était la fille de Guillaume II comte de Hainaut (1337-1345) et de Jeanne de Brabant. Elle fut la dernière comtesse de Hainaut (1345-1356) de la maison d'Avesnes car par son mariage en 1324 avec l'empereur Louis de Bavière le Comté passa ensuite à cette maison.
1355
Jakemes d'Erbaudenghien est à nouveau cité à Warcoing
Midd. 1963, 287
1356
Guillaume III de Bavière, "l'Insensé" ou le "furieux" sera comte de Hainaut jusqu'en 1389, quand, ayant perdu la raison, son frère Albert devra assurer la régence.
1357
et 1358, le Hainaut est à nouveau frappé par la peste.
1358
On cite « Ernouls de Baudreghien li jovenes » (Arnould le jeune). En 1956, le professeur Arnould* dénonce les premiers dénombrements hainuyers au XIV°s, entachés d'erreurs volontaires ou accidentelles.
*"Dénombrement des foyers dans le Comté du Hainaut"
1360
Helwige de Baudrenghien bienfaitrice des pauvres de Cambrai
Histoire des fêtes (...) du Nord (1834)
1361
Le duc Philippe Ier, dernier représentant de la Première Maison Capétienne de Bourgogne décède en son château de Rouvres, près de Dijon, laissant veuve Marguerite de Mâle, la fille du comte de Flandre...
Bannière à la Croix de St André de la maison de Bourgogne
1363 Pour sa vaillance à la bataille de Poitiers (1356), Philippe "le Hardi", fils puîné du roi de France Jean II et de Bonne de Luxembourg, obtient son surnom et l'apanage de la Bourgogne(1363). Il fonde la Seconde Maison Capétienne du duché, c'est le premier des Valois de Bourgogne. Sous sa dynastie le Duché connaît son apogée et devient un bastion du christianisme, avec le développement d’importantes abbayes.
1367
Le fief de Ghomanpont à Ostiches est maintenu par les Baudrenghien portant d'or aux hamaides de gueules chargées de besants.
1367
Suite au soulèvement des Artisans Tournaisiens, le roi Charles V suspend leurs privilèges. L'aristocratie urbaine recouvre ses droits après la dissolution de la commune.
1369
En épousant Marguerite de Mâle, héritière de Louis de Mâle, la maison de Bourgogne tente une nouvelle fois* de prendre pied en Flandre et en Artois. Elle entreprendra plus tard (1384) de rallier sous la même bannière tous les Pays-Bas.
*Veuve du dernier duc de Bourgogne de la première Maison Capétienne (V1361).
1369
Arnould de Baudrenghien, (fils de Arnould et frère de Gilles, voir 1380 et de Catherine, voir 1400), mort le jour de l'Assomption Notre Dame en aoust.
*Bibl. Mun. de Cambrai, Manuscrit 1024 - Jean Pitpan de Montauban - f°133.
A table mes seigneurs...
1370
Mettre le couvert ?... Oui, mais pas tout de suite et pas comme nous l'entendons aujourd'hui!...
Voilà une des expressions déviée de son sens premier, qui consistait à couvrir un plat d'une cloche pour le garder chaud et n'a aucun rapport avec le mariage aristocratique de la fourchette (petite fourche à deux dents) et du couteau, qu'imposera l'incommodité du port de la fraise à table au XVI°siècle.
Rien de tout cela à l'époque bourguignonne. Une fois attablés, un échanson proposait à chaque convive de se passer les mains sous l'eau. Une grosse tranche de pain était posée à même la table de bois et couverte d'un bouilli de viande aux légumes. On y allait de bon cœur, à la main et au couteau en balançant de temps en temps une rognure par dessus son épaule, que se disputaient serfs et chiens.
Avec les nappes vint un certain raffinement: On dresse les tables de gobelets en étain ou même parfois, luxe suprême, d'un verre à pied que l'on partage avec ses voisins. Une planchette de bois servant de tranchoir est placée devant chaque hôte qui pique la viande au couteau dans le plat, le mange avec les doigts et s'essuie dans les pans de la nappe.Les jours maigres imposés par l'Eglise sont strictement respectés.
Le quotidien des repas était assez simple: du pain, du jambon, du poulet, du lapin, de la laitue, des potées d'épinards ou de choux. La pomme de terre n'est pas encore connue chez nous, mais les légumes de pleine terre comme les carottes, les raves ou les racines de panais sont laissés aux paysans. Il était peu de ménage qui ne possédaient pas un ou deux cochons pour se faire une provision de viande salée pour l'hiver. L'hippophagie était un pêché qualifié de "pratique abominable" proscrite par le pape Grégoire III déjà en 732. A la belle saison, on accommodait l'ortie en soupe ou en salade avec des pissenlits, mais mouron, pourpier et renouée sont aujourd'hui des légumes oubliés.
Dès le XIII° siècle, les pêcheurs hollandais ont l'idée de saler les hareng surabondants en mer du Nord et de les exporter en fûts de bois dans toute l'Europe. Mais le poisson a moyennement la cote et sert principalement en période de "vache maigre", une autre expression qui nous est restée car hier comme aujourd'hui, on lui préfère souvent la viande de boucherie qui est servie très fraîche, contrairement au gibier que l'on faisande pour l'attendrir. Il est chasse gardée et réservé aux banquets festifs des seigneurs. Les gibiers à plumes ont d'avantage de prestige à table, parce que ces animaux du ciel sont proches du Bon Dieu, mais on ne dédaigne pas ensuite de se délecter d'un sanglier ou d'un cerf bien poivré.Le Poivre et sel sont connus depuis l'Antiquité. Les Evangiles parlent du sel de la terre que sont les Chrétiens, et les hommes de celui de la gabelle (taxe sur le sel) ou encore de sal-aire.
A la maison de Bourgogne, on appréciait tellement un produit local confectionné à base de verjus (suc acide extrait du raisin cueilli vert) et de Sénevé (graines de la Sanve), qu'on le servait même en soupe !. En 1336, au cours d'un seul banquet, donné par le duc Eudes VI en l'honneur de Philippe VI de Valois, trois cents litres furent écoulés de ce condiment, qui trouvera son nom plus tardivement dans la devise du duc Philippe le Hardi; "Moult me tarde !", ce dernier accordant à la ville Dijon en 1382 le privilège de porter ses armes et d'user de son cri.Nous devons aux Croisés d'avoir sensibilisé les papilles de nos ancêtres aux raffinements très épicés de la cuisine arabe. On usera de cannelle et de gingembre. Ils ramèneront également dans nos contrées la fameuse recette du pain d'épices dont on retrouve des mentions dès le XIII°s en Allemagne, avant de se répandre dans les monastères du Saint-Empire romain germanique. Il fut tant apprécié, qu'en 1394, les tourteliers de Tournai seront exemptés de payer l'accise de 15s au tonneau de miel pour la confection de ce gâteau.
Philippe le Hardi emportera dans son escarcelle notre recette des Carbonades flamandes : bœuf braisé, épicé, mijoté à la bière, avec des carottes, des oignons, de la moutarde et ce fameux pain d'épices. Mais la Bourgogne n'est pas le pays de la bière et adaptée au nectar du cru, elle deviendra pour les autochtones le non moins fameux "bœuf bourguignon"!
Ceci dit depuis l'occupation romaine, chez nous aussi on produisait du vin et les surfaces viticoles recrurent encore sous les Mérovingiens et l'émergence des abbayes et des monastères et le défrichement de leurs terrains. Il fallait du vin pour dire la messe disait-on, et les hôpitaux de charité chez nous comme à Beaune en réconfortaient leurs malades. Au relevé de nombreuses factures, les chanoinesses de Lessines se fournissaient localement, beaucoup en Flandre où la production de vin est attestés dès l'an 815, mais aussi en Bourgogne pour des produits plus fins. Puis brassèrent elles-mêmes de la bière à partir du XVI°s comme en témoignent les anciens livres de comptes: Les soeurs possédaient leurs propres houblonnières et s'étaient investies dans une brasserie détruite par un incendie à la fin du XIX°s.
Il est connu aussi qu'au XVII°s, Louis XIV possédait des vignes aux portes de Tournai. D'après certains historiens contestés, ce serait Napoléon Bonaparte qui aurait donné le coup de grâce à nos vignes en les faisant arracher par ses armées, dans le but de favoriser les productions françaises. Les abbayes auraient alors abandonné cette culture pour celle de l'orge et amélioré ensuite l'aromatisation de la bière et sa conservation par l'adjonction de houblon. Aujourd'hui demeurent sept brasseries Trappistes dans le monde, six sont belges.
Mais revenons à nos épices, dont la consommation en viendra à accommoder tous les plats. A la fin du Moyen Age, une recette sur trois contient du safran, souvent importé d'Espagne comme le gingembre, le girofle, la muscade, la cannelle et le poivre. Les épices servent à payer les taxes et font partie des présents que l'on offre. Lors de ripailles, on partage aussi l'hypocras, un vin adouci au miel et aromatisé, un peu l'ancêtre du vermouth.
Dans les temps reculés, le seigneur d'un château, se devait d'héberger le voyageur qui le quémandait, et partageait aussi bien sa couche que sa table. Le large lit d'accueil était toutefois entouré d'hommes de confiance armés et des chiens de la seigneurie.
Le déjeuner est le premier repas de la journée car il interrompt le jeûne de la nuit. Le dîner est le repas de midi, l'après dîner étant l'après-midi. Le souper évoque la soupe qui était servie en fin de journée. Contrairement à nos amis français, les Belges ont conservé cet ordre d'expressions. La formule consacrée: "qui dort dîne" imposait la prise du repas du soir aux clients qui couchaient à l'auberge.Merci à Mme. Camille Holvoet, historienne à N-D à la Rose
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1370
La commune abolie en 1367 est rétablie le 6 février 1370, avec une nouvelle Constitution donnant tous les pouvoirs à l'aristocratie urbaine.
A Tournai, on cite Piérart de Baudrenghien* , qui serait le premier connu à porter la croix de gueules cantonnée de quatre étoiles de sable à cinq rais (?).*Annuaire de la noblesse de Belgique, Edition 1912, p.281
La Bataille de Baesweiler
Le Comté de Luxembourg fut élevé en Duché en 1354 par l'empereur Charles IV et cédé à son frère cadet, le duc de Brabant, Wenceslas. L'hégémonie politique des Luxembourg fut contestée dès le départ par une coalition de princes territoriaux de la Gueldre et de Juliers qui s'estimaient lésés.
Les Linfards, qui formoient de grandes compagnies de brigands, étoient revenus sur les bords du Rhin, la licence, l'espérance du butin & l'impunité attiroient à leur armée tout ce qu'ils avoient de scélérats, qui portèrent partout la désolation et le carnage (1). -Ces hordes de brigands étaient à la solde du duc Renier de Juliers-. L'empereur sensible à ces maux publia un Edit par lequel, il ordonnoit aux Seigneurs des Provinces du Rhin, des Païs Bas, de la Meuse & de la Moselle, de lever à leurs dépens des troupes qui seroient commandées par Wenceslas 1er Duc de Luxembourg, à qui il donna la qualité de Vicaire de l'Empire & protecteur des deux Lorraines(1) .
(1) Père Joseph BARRE
Histoire générale d'Allemagne (1748)
tome VI pp 793-794.
A la mi-août 1371, Wenceslas, prince courtois, grand mécène, poète à ses heures et accessoirement protecteur de Jean Froissart, se retrouva à la tête d'une armée de 8.000 hommes venus du Brabant, du Limbourg, du Luxembourg et du Hainaut.
Au cours de la bataille, qui fut un désastre, Gauthier de Glymes aurait tué son grand-père, Walter Ravet, échevin et alloyer de Jodoigne (2)
Outre les pertes financières occasionnées par la défaite, les Luxembourg subirent deux cuisants revers; Guy, Comte de Ligny (Namur) et époux de Mahaut de Chastillon, comtesse de Saint-Pol, perdit la vie le 22 août, âgé seulement de 31 ans, et Wenceslas, duc de Brabant et premier duc de Luxembourg fut fait prisonnier pendant un an et rançonné (3) .(2) de RAADT "La Bataille de Basweiler" - Liste des combattants du duc Wenceslas.
(3) "L'art de vérifier les dates des faits historiques" Oeuvre collective :(dont Saint-Allais) - 1819 tome XIV, page 102
Parmi les nombreux prisonniers de Baesweiler on cite le Prévôt de Binche Gérard d'Obies; Jean de Molembais de Linsemaux; Baudouin, bâtard de Lannoy dit "Baudechon" rançonné à 184 moutons d'or et Ernous (Arent ou Arnould) de Baudrenghien (van Baddelghem ou encore Baudre[ghey]n*) portant 3 hamaides chargées de trois, deux respectivement un besants(4).
* Alphonse VERKOOREN
AGR - Inv. des chartes originales et vidimées des Duchés de Brabant 1153-1383, page 482.
(4) BLO V
Le duc de Brabant libéré le 4 juillet 1372 regagna Bruxelles. Il s'adjugera bientôt une somme de 900.000 moutons, monnaie de Vilvorde pour éteindre les dettes occasionnées par la dernière guerre. Cet impôt causa des disputes dans quelques villes sur la manière de le percevoir (5).
(5) "L'art de vérifier les dates des faits historiques" Oeuvre collective :(dont Saint-Allais)
1819 - tome XIV, p. 102
636 moutons d'or (environ 3 kg), furent versés à Ernould de Baudrenghien en 1374, indemnité à lui due pour pertes et dommages subis au cours de la guerre entreprise contre les brigands (linfards) qui infestaient les bords du Rhin. Les quittances relatives aux dédommagements perçus par les alliés du duc de Brabant sont conservées aux Archives Générales du Royaume(6). Elles furent retrouvés à Bruxelles dans la demeure familiale des Froyère, dont Catherine, qui avait épousé Philippe Vilain, seigneur de Moerbeek.
(6) F° 46 à 195 v° : "Quittances touchans les paiemens faiz à plusieurs seigneurs prisonniers et adommaigiez en la bataille qui fut Baitwilre pays de Juliers, où feu monseigneur Wencelin duc de Luxembourg et de Brabant fut prins".
Avers
Revers
Mouton d'or - Monnaie de Flandre sous Louis de Mâle - XIV° siècle
4,65g.
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1371
Un Pierre Derbaudrenghien fut le tuteur des deux derniers enfants du seigneur d'Autryve. C'est peut-être le même Pierre (ou Piérart) qui est cité en 1370, premier à porter les armes à la croix de gueules des (de/der) Baudrenghien de Tournai.
NGT, T. IV, p. 255
1372
Le 10 juillet 1372, l’abbaye de saint Martin de Tournai acquiert le manoir des du Chastel de la Howarderie et ses dépendances au prix de 611 florins d'or, aux enfants de Jean Vignart et d’Isabelle du Chastelet. (Terre des francs-alleux qui s’étendait sur Evregnies et Estaimpuis). Un Dierlaudenghien (sic) signe l'acte de vente en qualité de témoin.
Patrick GILLARD
Des histoires d'Evregnies - 1981.
1373
Le sceau de Pierre Derbaudenghien est apposé au bas d'une charte conservée aux Archives de la ville d'Ath.
Fonds Ruzette, Famille 2,17 : de Baudrenghien
1375
Gérard Barnage est cité parmi ceux qui prêtèrent de l'argent à la ville de Gand pour couvrir les frais de la gilde des Archers. Il pourrait avoir été prêtre, chanoine de Renaix. En 1375, il eut un différend avec Gilles de Baudrenghien au cours duquel intervinrent Willem van Reighersvliet et son frère le prévôt de Renaix. Tous ces personnages étaient liés de près ou de loin avec le Chapitre Saint-Hermès de Renaix.
Dominique de KERCKHOVE.
Généalogie de la Famille de BARONAIGE.
Le Parchemin n° 378 (Novembre-Déc 2008).
pages 424 à 465.
1378
Avant cette date correspondant à la mort de Gilles de Kievrain, les terres et biens de Bois-de-Lessines, autrefois franc-alleu du château d'Alost, passèrent à cette famille dite Des Pretz par le mariage de ce dernier avec Marie, fille de Gérard, seigneur de l'Estriverie dont les armes étaient d'argent à trois coquilles de gueules. Elle devint ensuite connue sous le patronyme des Prets dits de Quievrain ou Kievrain : [1]
Guillaume des Prets dit de Kievrain, seigneur de Bois de Lessines, de l'Estriverie et en Kievrechin mourut le 16 mars 1491. Il épousa en 1460 Béatrix de Voorde, fille de Jacques, veuve de Philippe Blaesvelt, seigneur de Limale et de Bierges, morte en 1506, avec laquelle il git au choeur de l'église de Bois-de-Lessines avec épitaphe. Leurs enfants furent : 1. Jeanne des Prets dite de Kievrain, dame de Bois-de-Lessines, laquelle épousa Jacques (Carpentier dit Ivoy) de Cotterelles, fils de Pierre et de Marie Bernard, par ce mariage, la seigneurie passe aux Cottrel; dont Pierre de Cotterelles, seigneur de Bois-de-Lessines mort le 1 octobre 1524, époux de Jacqueline de Baudrenghien, fille de Jacques et d'Antoinette de Luxembourg bât., par laquelle il fut père de Nicolas de Cotterelles, chevalier, seigneur de Bois-de-Lessines et de Tronchiennes, mort le 23 octobre 1562 (1564), allié à Louise de Rubempré, dame de Saint Martin, morte le 10 (17) décembre 1587 et enterrée auprès de son mari à Bois-de-Lessines dans la chapelle de Notre-dame sous une haute tombe avec ces quatre quartiers : de Cottrel, Beaudrenghien, Rubempré, Bousies, dont Charles de Cotterelles, seigneur de Bois-de-Lessines, Drongene et Tronchienne, qui épousa Isabeau de Bourgoigne, fille d'Antoine, seigneur de Wacken, etc. et d'Anne de Lummene dite de Marcke, etc, etc.,[2]
[1] de VEGIANO
Nobiliaire des Pays-Bas et du Comté de Bourgogne
tome III, p.1145.[2] DUMONT
Fragmens généalogiques
tome III (Gand 1862)
p.160 & 161..
1380
Messire Chevalier Jean dou Molin, fils de Gilles et de Isabel de Baudrenghien, trespassa par ung dimenche xvij° mars. Il avait espousé Isabelle de Bulenghien de Grammont qui lui donna xiij enffans.
Bibl. Mun. de Cambrai, Manuscrit 1024 - Jean Pitpan de Montauban - f°133 (résumé).
1380
Depuis plusieurs années d’importants désaccords opposent les petits artisans à la dictature socio-économique des tisserands. En 1380, le mouvement prit une telle ampleur que le recours aux armes devint inéluctable : Le jour de la St Pierre & Pol, Gilliart de Baudrenghien (Gillis van Bauderghem) écuyer, Seigneur de Ghomanpont fut tué au service du comte de Flandre, Louis de Male, défendant les intérêts des bourgeois et artisans ralliés à la noblesse contre les gantois en révolte.
Bibl. Mun. de Cambrai, Manuscrit 1024 - Jean Pitpan de Montauban - f°133.
1380
"Sr Coel Bauderenghien (sic) tresp. l'an mil ccc iiijxx par un joedy au matin le xxv d'octobre (jeudi 25 octobre 1380) à Ghan (Gand) avec les gens du comte de Flandre alencontre du commun de Gand, et fut tué commandant en chef à l'armée dudit comte de Flandres comme on trouve es cronicques de Flandres".
Bibl. Mun. de Cambrai, Manuscrit 1024 - Jean Pitpan de Montauban - f°134 verso.
1382
Philippe le Hardi demande le soutien militaire du roi de France. Les tisserands seront définitivement écrasés le 27 novembre à Westroosebeek.
1382
Jehan Froissard relate dans ses chroniques que le "Roi d’armes" du duc de Gueldres ayant défié le roi de France Charles VI (le fou) clandestinement dans la ville de Tournay, et sans lui en donner connaissance, «Fut arrêsté, mis en prison, et cuida être mort, pour ce que tel défi était contre les formes et contre l’usage accoutumé, et de plus dans un lieu mal convenable, Tournay n’étant qu’une petite ville de Flandre.»
Il décrit plus loin une chaumière de son époque : « Une povre maisonnette enfumée, ossi noire que atremens de fumier de tourbes, et n’y avoit en celle maison fors le bouge devant et une povre ceute de vièle toille enfumée pour esconcer le feu, et pardessus un povre solier auquel on montait par une eschelle de VII eschellons. En ce solier avoit un povre litteron où li povre enfant de la femmelette gisoit .»
1384
Décès à St-Omer, le 9 janvier, du dernier comte de Flandre (depuis 1346), Louis de Male, né Louis de Dampierre. Il était né le 29 novembre 1330, fils de Louis Ier de Flandre et de Marguerite, comtesse de Bourgogne. Son beau-fils, le duc de Bourgogne, Philippe II le Hardi, (fils de Jean le Bon et de Bonne de Luxembourg), époux de Marguerite de Male, mariés en 1369, hérite le comté de Flandre. L'ancien fief de la de la couronne de France est rattaché aux Pays-Bas bourguignons.
1384
le 21 août « As plais du lundi, jour St. Christoffe, de la présentation madame contre le demiselle de Baudreghien et se fille sour le poursuilte qu' elles avoient fait contre li à Ath Aportet le testament en court...»
1384
le 31 août, est prononcée à Nimy-Maisières, une sentence par défaut, des maïeurs et échevins, faisant droit à la plainte de l'abbaye de Bethléem de n'être plus payée par Isabeau de Baudreghien, veuve de Wiart de Maisières de 20 sous de cens annuel affectés à un obit par Wions, sire de Maisières, grand-père de Wiart, sur des biens de Maisières.
1385 En 1385, Philippe le Hardi, hérite de son beau-père la Flandre et l'Artois et annexe l’ensemble des territoires belges, il n'en demeure pas moins l'un des grands feudataires du royaume de France. Il met bientôt un terme définitif à la révolte des Gantois par la paix de Tournai, amnistie les insurgés le 18 décembre, tout en confirmant les privilèges de la ville.
1386
Décembre. Octroi de Charles VI pour l'établissement à Tournai d'une franche foire annuelle aux chevaux et toutes autres denrées. Elle devait se tenir au Bruisle, et durer six jours.
Coll. de documents inédits concernat l'histoire de la Belgique, t.I - p. 14.
1387
Hector de Boudrenghien est nommé maïeur d'Ellezelles par le baron de Renaix et restera à ce poste jusqu'en 1396. Il possédait à Flobecq 5 bonniers de terre, 6 rasières d'avoine un jardin et yestre contenant environ 1 bonnier.
Emm. de Gand. Essai historique sur Ellezelles, p. 44.
1388
La veuve de Ernous de Baudrenghien* prisonnier à Baesweiler (1374) doit, pour son tordoir à eau, à Flobecq, chaque année au terme de Noël vingt livres d'huile qui lui sont revendues dix deniers chacune et montent à seize sous huit deniers tournois valant 15 sous 7 deniers.
*Arent ou Arnould van Baddelghem
1388
N. de Baudrenghien, fille de Colard (1330-1380) et de N. dame d'Ansermont et de Bernes, épouse du prince de Steenhuus, qui mourut après 1388. En cette année, elle partagea ses propres biens entre ses deux enfants, Félix,l'aîné, qui deviendra prince de Steenhuus, et Lamerte de Steenhuus. Cette alliance est confirmée par le comte du Chastel1.
1 NGT. tome 1, page 524 et tome 3, p.772
1389
Albert Ier de Bavière est comte de Hainaut pour 15 ans.
1389
Jean de Raulenghien (?) est échevin d'Evregnies.
G.TI. 68
1390
"Sachés, que sus l'an de grâce MCCCLXXXX (1390), j'avais labouré XXXVII (37) ans à celle histoire, et à ce jour je avois LVII (57) ans..." C'est en ces termes que Jean Froissart nous renseigne sur l'année de sa naissance (1333) à Valenciennes et le labeur, comme il le dit lui-même, que lui occasionna la rédaction travaillée et retravaillée tout au long de sa vie, pour l'aboutissement en quatre volumes des chroniques qu'on publia sur ses mémoires et surtout de ce qu'on lui rapporta de la guerre de Cent Ans. Il mit à profit en cela le temps libre que pouvait lui accorder la gestion de la cure de "Lestines-au-Mont", (Estinnes) petit village situé entre Binche et Mons.
Poursuivant son oeuvre, Froissart fait mention de certaines bandes de laboureurs chassés du Brabant et de Flandre, qui, rassemblés dans la région boisée entre Renaix et Frasnes, allaient pour se venger des insultes des Bourguignons, attaquer et détruire les châteaux de la région. Il ajoute à ce sujet « qu’en l’an 1390 avoït une manier de gens routiers ens ès bos de le hamayde et avoïent en li diet bos fortifié une maison, tellement que on ne les pouvoit prendre ni avoir. Li chastelain de le hamayde qui estait pour li tems Jehan, chevalier-bourgeois de Tournay, fist par moult fois des aguets sur eulz, mais ne le pouvoit avoir ni attraper car savoïent trop de refuges; et les ressoignoiton tant que nul osoit aller en li dict bos ni ens ou païs. »* Jean FROISSART
- Chroniques -
Tome. XVIème
1391
Un incendie, vraisemblablement provoqué par un prisonnier détenu dans la tour, détruit partiellement le beffroi de Tournai.
1392
« Pier ly bastars venant de Ernoul de Baudrenghien pour les II pars de demi-bonnier de terre derriere le maison qui fu Henri Cripet tenant au gardin de le Bare »
AGR :CC n°15072
1392
8 août, Octroi duquel l'on voit que le beffroi de Tournai et toutes les cloches qui s'y trouvaient avaient été récemment détruits par le feu.
Coll. de documents inédits concernat l'histoire de la Belgique, t.I - p. 14.
1393
« de Ernoul de tilloes p. lui ep. Mazeline bastarde de Baudreghien je une lettre donne q alle ordi toukans a li et a Pier de Flamencourt en III cour »
1393
Collart de Baudrenghien, sr. de Ghomanpont fut parrin de Jean et Marie dou Molin, esp. une fille d'Ansermont dame dudit lieu et de Bernes, fondateur de la chapelle St Jean à Flobecke et illec ensepvelis soub beau marbre. Il y at aussy verrière des plaines armes comme apert par une quittance dudit Colart en datte de l'an 1393, le 10 novembre.
Bibl. Mun. de Cambrai, Manuscrit 1024 - Jean Pitpan de Montauban - f°133.
1394
26 mai à Tournai. Défense, pour prévenir le péril de l'incendie de couvrir dorénavant les maisons et édifices autrement qu'en tuiles.
H. VANDENBROECK, Extraits analytiques, t1, p.18
1395
18 mai 1395 Sur plainte des marchands, laboureurs et autres, on sonnera dorénavant la cloche du beffroi à des heures fixées.
Coll. de doc. inédits concernat l'histoire de la Belgique, t.I - p. 14.
1395
Seulement trois dispenses individuelles d'"impedimentum consanguinitatis" (voir 1215) furent accordées par le pape d'Avignon Benoît XIII entre sa nomination en 1394 et sa destitution en 1409. L'une d'elle au 1er avril 1395 concerne Hector de Baudrenghien & Isabelle d'Ablens à Flobecq.
VATICAN ARCHIVIO segreto vaticano - Registra Avenionensia - Lettres de Benoît XIII (1394-1395)
fol.79v-80r
1396
Colart (=Nicolas) de Baudrenghien (=Collin van Bauderghem)(16096), fils probable de Gilliart de Baudrenghien (17099) (=Gillis van Bauderghem) homme de fief du comté de Hainaut, cité en mai 1373, 1396, le 23 avril 1400 et le 1 mars 1402 à Flobecq , mort en 1407.
1396
On cite dans une liste des contribuables de Vloesberg (Flobecq), écrite en flamand : Arent van Bauderghem, Collin van Bauderghem, Ector van Bauderghem, Jan van Bauderghem feu Gillis van Bauderghem, Vloesberg : « zoon Arent de bastaert up Gillis Spelixs erve » (fils d'Arent le bâtard, sur l'héritage Gilles Spelixs).
Revue:
"Het land van Aalst"
1396
Marie Sbastaerts van Bauderghem, Zullik
de B. 60, 62
1396
5 décembre - Depuis un certain temps, le couvent des Augustins de Tournai avait, sur l'autorisation du magistrat, acquis un grand nombre d'héritages sujets et justiciables de la loi de la ville, sous la condition entr'autres, que les religieux feraient enclore de murs leur couvent afin qu'il ne pût y avoir qu'une entrée comme auparavant. Bien que ces conditions aient été acceptées par les Augustins, aucune d'entre-elle ne fut honorée et au contraire, firent percer un accès sur la rue d'Audenarde* pour se faire livrer par cette porte les vins et breuvages nécessaires à leur consommation sans en payer les droit d'accises, mais en plus, ils en revendaient frauduleusement. En outre des malfaiteurs ou ennemis de la ville s'introduisaient de jour ou de nuit dans le cloître pour se placer sous la protection de l'église et se dérober à la justice. Situation inacceptable pour la ville qui poursuivit d'une mise en demeure.
H. VANDENBROECK, Extraits analytiques, t1, p.55.
*
Aujourd'hui rue des Augustins.
1396
16 janvier (1398, n.st.) - Les consaux sont assemblés à l'effet de nommer un receveur des deniers des orphenes. Un nommé Pierre Coterel sollicite la place et offre en 1° de donner à la ville une somme de 700 francs 2° de prêter la somme de 633 £ 8 deniers tournois, formant la part de la ville dans l'aide demandée par le Roi pour subvenir aux dépenses que doit occasionner la levée d'une armée sur les mescréans. 3° de porter cette somme à Paris et d'en remettre quittance au nom de la ville. D'un autre côté, il demande que la ville lui accorde une rente annuelle, à vie et à rachat du dixième de la somme prêtée - Le lendemain, un certain Jacquemart Daubermont offre 100 francs de plus et emporte la préférence des consaux.
H. VANDENBROECK, Extraits analytiques, t1, p.41 & 42.
1397
« De Ector de Baudrenghien liquel enmena un sien cheval qui saisis estoit en flandre et y celluy cambgea a un aultre accordet de che en lx... »
A.G.R. : CC n°15072
1397
L'abbaye du Verger a une charte qui fait mention d'Arnould de Waudringhem, (= de Waudrenghien), Chevalier l'an 1397 qui est peut estre me mesme que Monstrelet dit avoir ésté tué à la bataille d'Azincourt. L'Abbaye du Verger se situe à Oisy-le-Verger, dans le Pas- de-Calais, entre Douai et Cambrai.
Le Carpentier : Histoire de Cambray et du Cambrésis - 1664 - p.749
1398
7 janvier (1399, n.st.), Les chefs des consaux sont chargés d'aviser "comment les chroniques de la ville seront mises et escriptes en autre fourme que elles ne sont, par frère Mahieu du Val, parmy en faisant à li satisfaction raisonnable".
H.VANDENBROECK
Extrait analytique des anciens registres des Consaux de Tournay.
tome I, (1861) p.46.
1398
Compte Pierre Le Gay, receveur des reliefs des fiefs, tenus en hommage du très-redoubté seigneur le duc de Bourgogne, comte de Flandres en sa ville et castelnie d'Ypres, de ce qu'il a receu desdis reliefs, depuis les renenghes l'an mil CCCIIIIxx (1380) et XVIII, jusqu'au IX° jour de décembre l'an dessusdit, que Jehan de Provin fu commis et institué audit office; fait et rendu à Lille, à la renenghe mil CCC IIIIxx et XIX:
- De Hector de Baudrenghien, qui tient un fief de monseigneur XIII mesures de terres, ou environ, gisans en la paroce de Rosebeque, lui escheu de la mort de son père.Annales de la Société d'émulation pour l'étude de l'histoire de la Flandre.
tome II, (1867) p.352.
1399
La peste qui sévit dans toute l'Europe, commença à Tournai par la rue Del Val située hors de la porte de Lille et envahit bientôt le marché aux Vaches et les rues adjacentes. A la mi-juillet 1400, pendant la plus grande mortalité, le magistrat défendit de sonner les cloches des églises pour les enterrements et de se vêtir de deuil et par prévention, interdit de porter des torches lors des convois funéraires. Il ordonna aussi de déposer les morts dans de vastes fosses que l'on creusa au jardin du couvent des Croisiers, situé à Saint-Jean et au Val d'Orcq. Le 23 juillet une procession est organisée à St. Martin pour sauver les biens de la terre et préserver le peuple de l'épidémie et de la mort soudaine. Le nombre considérable de testaments reçus dans les deux échevinages de la cité pendant l'année 1400 pourra donner une idée de la consternation et de l'effroi qui régnait à Tournai : ce nombre a été de plus de 350, puisqu'il en existe encore 339 (en 1860) aux archives de la ville, tandis que, pour les années ordinaires, il était rarement supérieur à 80. Par lettre du 5 janvier 1400 (1401, n.st.). La maladie alla en augmentant jusqu'à la saison d'hiver où elle s'éteignit enfin, mais cet hiver là fut très rigoureux et la misère fut grande : Par lettre du 4 janvier 1401, le roi Charles VI fit lever une taxe sur le vin et la cervoise pour les dépenses supportées pour la réparation de la forteresse de la ville et les pertes subies par lui sur ses recettes, revenus et émoluments, dues à la mortalité.
H.VANDENBROECK
Extrait analytique des anciens registres des Consaux de Tournay.
tome I, (1861) p.47.
1400
Le tournaisien Bozière (XV°s), qui fit entre autres des recherches sur l'Armorial de Tournai, fait mention d'un sceau de la famille de Baudringhien, en l'an 1400, qui porte trois hamaides chargées de neuf besans. Avant lui, son parent Arnould de Baudrenghien avait rempli les mêmes fonctions de bailli de La Hamaide.
Bulletin de la Commission royale d'histoire (1878) p.22
1400
Maître Arnould de Baudrenghien, né à Ellezelles, fut chapelain de Saint Jean à Flobecq.
1400
Catherine de Baudrenghien, espouse de Messire Jacob de Steenmart, sr. van den Haghen, Palschen van Belle, ensepvelis ambedeux à Flobecq devant l'autel de la chapelle Notre Dame l'an 1400, où y at belle tombe de pierre avec chacun leur iiij quartiers et aussy au verrières.
*Bibl. Mun. de Cambrai, Manuscrit 1024 - Jean Pitpan de Montauban - f°133.
1400
le 23 avril, Jehan de Baudrenghien, écuyer, seigneur d'Ansermont et de Gomanpont, scelle comme homme de fief du comte de Hainaut. Il a environ 40 ans. Epoux de Jeanne de Hombroeucq, dame d'Ansermont, il sera encore cité en 1439.
1402
8 mai : "De messire Jehan dit de Namur qui a vendu au seigneur de la Hamaide, les villes de Renaix (Ronse), Hoorbeke et Elleziel avec les rentes cens, justice, hommages, seignories, emolumens et revenus appartenans à ycelle villes et terre pour la somme de 6000 écus d'or..."
Manuscrit de la bible de La Haye, p.29 - Archv de Lille, Ch. des comptes
1402
Henri de Baud(e)renghien, écuyer, épouse Marie du Mortier, fille de Gossuin et d'Agnès de Wettin ou de Weitine, veuve en premières noces Jehan de Guignies, écuyer ; et en secondes noces de Colart Croquevillain (V1401), cambgeur et échevin de Tournai. Elle est citée dans un acte de fondation de 1429. Jusqu'en 1408, Henri de Baud(e)renghien va recevoir de la ville de Tournai, une rente, inscrite sur la vie de son épouse.
Il mourut vers 1414. Sceau armorié trois hamaides chargées de 4, 3, 2 besants. L'écu est suspendu à un arbre (Tournai, Quittances) ou 10 besants, 5 en chef, 3 au centre et 2 en pointedu CHASTEL
ANB 1912, p.282
1403
Les Archives Générales du Royaume à Bruxelles possèdent une empreinte du sceau de Henri de Baudrenghien (Archives de Tournai, détruits le 17 mai 1940 par les bombardement allemands).
Inventaire de la collection de moulages des sceaux des A.G.R.
I 347 - n° 7454
1403
"...aux champs étaient sévèrement prohibée. Rien d'étonnant donc qu'aux vérités fussent dénoncés des délits de ce genre. Ainsi Ector de Baudrenghien, de Flobecq avait en 1403 "saisi un kemin allant de le court (sa ferme) de Baudrenghien au moulin dou Savellon" tandis que sa voisine, la "Demoiselle" de Clermés, avait " une fraite saisie quand elle debvoit estre aouverte"...
Alexande de SAINT-LEGER
Faculté des Lettres et Sciences humaines de Lille - 1910 , p.418
1404
29 août. Lettres de Charles VI dans lesquelles il est dit que Tournai est nommée "Chambre du Roi", qu'elle garde son corps quand il est logé à ost sur les champs, "qui est une charge que n'ont pas les autres villes du royaume".
Coll. de documents inédits concernat l'histoire de la Belgique, t.I - p. 14.
1404
Jean, comte d'Ostrevant, est le fils aîné de Philippe le Hardi et de Marguerite de Flandre. A 33 ans, il hérite les titres de duc de Bourgogne, de comte d'Artois, de comte de Flandre et autres terres. Il se distinguera de son père en apparaissant comme le meneur de la faction bourguignonne, favorable aux anglais et profitera de la démence du roi Charles VI, pour s'allier à eux.
Guillaume IV de Wittelsbach est comte de Hainaut, jusqu'en 1417, Son épouse était Marguerite de Bourgogne, la sœur de Jean sans Peur.
1405
Dans «l'Epithaphier de l'Aisné*», on cite Isabeau de Baudrenghien, (fille de Gilles, mort le 27 juin 1380 au service du comte de Flandre) épouse de Piérard de Roisin, Seigneur de Nimy. Il mourut très jeune en 1358 et elle en 1405. Ils furent tous deux inhumés à Nimy. Les armes de Isabeau étaient d'or à 3 hamaides de gueules chargées chacune de 3 besants.
D'après Le Carpentier (T.3, p.421), Isabeau avait deux frères :
- Colard, (1330-1380), qui épousa N. dame d Ansermont et de Bernes (V 1393)
- Anselme de Waudringhem (voir Azincourt) dit de Baudrenghien, qui épousa Marie de Corbet, dame d'Amourt ou d'Aumont, fille unique de Pierre de Corbet et de Catherine de Marquais.*Bibliothèque de la ville de Mons
1406
13 novembre. Octroi faisant mention d'un grand nombre d'arbalétriers (50), vingt-cinq paviseurs (hommes en armes et écu), canons, traits, tentes, envoyés par les Tournaisiens au duc de Bourgogne pour servir au siège de Calais.
Coll. de documents inédits concernat l'histoire de la Belgique, t.I - p. 15.
1407
Décès de Nicolas de Baudrenghien, homme de fief du Hainaut cité en 1401. Il gît à Hombeek (sud de Mechelen) en la chapelle de Notre-Dame. Il tenait le moulin du comte de Hainaut, Albert Ier de Bavière, à Ogy. Il possédait à Ghoy une masure, et à Lessines une grange et une surette. Il avait 2 fils : Ernoul de Baudrenghien, cité en 1411 et Ector, cité en 1387.
1408
le 4 août à Lessines, Jehan de lausnoit, scelle en qualité d'homme de fief, un acte passé devant Jean du Moulin, bailli des châtellenies de Flobecq et Lessines, par lequel Ernoul de Baudrenghien fils de Nicolas (=Colart) vend, pour le prix de 50 £ tournois, à Thomas de l'Yssue, lieutenant du receveur de Hainaut à Ath, enquérant pour le Comte de Hainaut, une rente inféodée d'un muid de blé à prendre pour la Noël, sur le moulin dudit Comte à Ogy. Cette rente était due à Ernoul de Baudrenghien, à cause du fief de Gammerage, qu'il tenait de la châtellenie de Flobecq.
A.G.R. - Inventaire analytique du chartier de la Trésorerie des comtes de Hainaut page 269.
1408
Dans la liste des Chevaliers & Ecuyers qui accompagnèrent Jean-sans-peur, allant, après la bataille de Liège d'Arras à Paris, où ils arrivèrent le 28 novembre, on cite le Chevalier bachelier Guillaume, Seigneur de Baudringhem (probablement à Wardrecques). Cette liste est extraite du compte de Jean de Pressy, Receveur général des finances du Duc de Bourgogne, rendu pour l'année 1408.
Histoire générale.et particulière de Bourgogne, Tome III, page 581 (Dijon 1768).
1409
Vente du moulin d'Ogy appartenant au Comté de Hainaut et tenu précédemment par Nicolas de Baudrenghien (Collin van Bauderghem) mort en 1407, puis repris par son fils Ernoul.
1410
dame Béatrix de Baudrenghien, demeurant à Tournai, fille de Arnould et de Marguerite de La Hamaide, épouse sans enfants de Guillaume de Clermes déclare tenir du comte de Hainaut le fief de Baudrenghien à Flobecq.
1410
on cite Guillaume de Baudrenghien et on cite à nouveau Jehan de Baudrenghien seigneur d'Ansermont et de Gomanpont (voir 23/4/1400)
1413
2 février. Lettre du Dauphin de France aux prévôts, bourgeois, manants et habitants de Tournai, leur défendant de donner assistance au Duc de Bourgogne, son beau-frère, sous peine d'être réputés rebelles.
Coll. de documents inédits concernat l'histoire de la Belgique, t.I - p. 15.
1414
15 février. Des mesures sont prises pour la garde de Tournai: il y aura à chaque porte quatre hommes le jour et deux la nuit; chaque connétablie fournira deux hommes munis d'une lanterne, lesquels veilleront pendant la nuit dans l'intérieur de la ville. Au mois de mars, elles seront encore renforcées.
H.VANDENBROECK, page 106 et 108.
1414
15 mai. Jacques Le Louchier (v.1457), mayeur des 6 élus (consaux de Tournai).
H.VANDENBROECK, page 114.
Azincourt.
1415
2 septembre. Lettre du Roi demandant aux Tournaisiens, dans les termes les plus pressants, un secours pour servir contre le roi d'Angleterre.
Coll. de documents inédits concernat l'histoire de la Belgique, t.I - p. 15.
1415
Le vendredi 25 octobre, à l'aube de la Saint-crépin, les troupes anglaises du roi Henry V, fortes d’environ 6.000 Archers à l’ équipement léger, sont interceptées dans le Nord Pas-de-Calais, non loin du village d'Azincourt par le connétable de France Charles d’Albret. Henri V, craignant de voir son armée anéantie par un contingent quatre fois plus nombreux propose une trêve aux Français, qui en rejettent les termes.
Enluminure illustrant la terrible journée.
Les belligérants prennent position dans une vallée étroite entre les bois surélevés de Tramécourt et d'Azincourt, sur un terrain détrempé par les pluies incessantes de la nuit. Oubliant les leçons de Crécy et de Poitiers, les Français donnent l'assaut vers 10h du matin. Les chevaliers et les fantassins cuirassés ne tardent pas à glisser et à s'enliser sur le sol boueux, s'offrant en cibles trop faciles aux archers ennemis auxquels il ne faudra que quatre heures de combat pour anéantir la fleur de la noblesse française.
Henri V rentre victorieux en Angleterre, les mains entachées du sang de ses prisonniers. Azincourt lui ouvre la voie sur la majeure partie de la France, déchirée par la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons. Les Anglais conquièrent bientôt la Normandie et Henri V obtient en 1420, par le traité de Troyes, l’héritage de la couronne de France à la mort de Charles VI.(Bibliothèque municipale de Lille, ms 595, f°41 (17°s))
(Chroniques de Monstrelet, Ed. Buchon)
(Annuaire de la Noblesse Belge, ed.1912, p.282 - ref.2)
Enguerran de Monstrelet, en ses chroniques* faisant le dénombrement des "gentilz-hommes" morts à la dite Bataille d'Azincourt dénomme Arnould de Baudrighien entre plusieurs hainuyers, et peu après le seigneur de Pottes "Il n'y a point de tiltre exprès que j'aye veu, qui prouve qu'icelluy de Vandregen (sic), qui épousa la fille héritière de Jean seigneur de Pons avoit nom Arnould mais par la conférence des
*Chroniques de Monstrelet, Ed. Buchon
Bibliothèque municipale de Lille, ms 595, f°41 (17°s)
Dalles funéraires des seigneurs de Pottes en l'église du village.
dattes de temps, l'apparence est grande que ce auroit esté cet Arnould mort à Azincourt.» Après avoir croisé les chroniques les plus estimées, René de Belleval dans son livre éponyme releva : "Waudringhen" (Arnould de).--Vaudregen (Monstrelet, n°2683); Baudrigien (id. 32 fonds La Vallière); rien aux n°2680 & 5016, ni dans Saint-Rémy".
Annuaire de la Noblesse Belge, ed.1912, p.282 - ref.2
René de BELLEVAL :
"AZINCOURT"
(1865), page 267
Isabeau de Ghistelles (voir 1420), fille de Gérard, seigneur de Broeck & de Wasquehal & d'Isabeau, dame de Moere, perdit ce jour là son fils et son mari; Hughes, Sgr de Neufvilles & d'Allennes. Elle se remariera et aura à nouveau un fils : Jean de Bonnieres.
VEGIANO
"Suite du supplément au Nobiliaire des Pays-Bas [1661-1686]"
(tome IV - ed. 1779) page.119
Jehan IV seigneur de la Hamaide fut une autre victime de la journée d'Azincourt, ainsi que son fils naturel, Thierry, père de 3 garçons. Jean IV n'ayant pas eu de descendance légitime de son épouse Anne de Jauche, dame de Gommegnies, c'est Arnould, le frère de Jean, qui devint son hoir féodal.
Michel de Chasteler (Du Chastellier dans les manuscrits de Monstrelet) chevalier, seigneur de Moulbais, était fils aîné d'Arnoul, chevalier, seigneur de Moulbais, Oisy et Hellesmes et de Jeanne de Pottes. Il avait épousé en secondes noces, après Marguerite d'Oisy, Gertrude de Gavre, dame d'Ansermont.
René de BELLEVAL
"Azincourt"
(1865) p.169
Le samedi xxvj° furent les consaulx assemblés avecq plusieurs seigneurs de l'église, le prévost de Saint-Donas, les bourgeois et autres bonnes gens de la ville, pour les nouvelles qu'on avoit oy de la desconfiture de plusieurs princes et autres seigneurs et gens du Roy nostre sr, faite par les Englés le jour précédent. Notons que les arbalétriers de Tournai ne prirent aucune part à ce combat pour la bonne raison qu'ils étaient attachés à la protection rapprochée du roi quand il était présent, et que c'est à Rouen que le souverain apprit la défaite de son armée.
H. VANDENBROECK
"Extraits analytiques des anciens registres des consaux de Tournay"
(1861) p.126
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1415
Le Pape Grégoire XII prononce solennellement son voeu de démission et meurt deux ans plus tard, en Italie.
1417
Le comte de Hainaut Guillaume IV est inhumé en l'église des Mineurs à Valenciennes. Sa fille Jacqueline de Bavière, âgée de 16 ans devient comtesse de Hainaut.
1417
Sur la fausse rumeur que le dauphin est mort, les Consaux de Tournai ordonnent le 7 avril le rétablissement du guet dans la ville et la fermeture des portes de Valenciennes, de Moriauporte, du Wiquet (petite porte) et du Bourdiel (sur l'Escaut). Elles seront rouvertes 13 jours plus tard, mais sous bonne garde de jour comme de nuit. Le 27 du même mois, des canons seront placés aux portes de la ville.
H. VANDENBROECK
"Extraits analytiques des anciens registres des consaux de Tournay"
(1861) p.134
1417
19 juin Résolu d'acheter du blé qui sera distribué au commun peuple qui n'en a point.
idem - p.134
1417
23 septembre - Lettres du roi ordonnant aux bourgeois et manants de Tournai de le rejoindre pourvus de leurs armes à Paris, afin de marcher contre le roi d'Angleterre, le duc félon de Bourgogne et leurs adhérents. Toutes les paroisses autorisent les consaux à répondre favorablement.
idem - p.136
1417
Au mois d'octobre le duc de Bourgogne envoie des émissaires à Tournai. Ils sont reçus avec méfiance mais obtiennent bientôt l'appui de l'évêque et du chapitre qui demandent au consaux de ne pas entraver les négociations.
idem - p.140
1417
14 décembre - Gossuin de Lannoy, écuyer revendique à l'évêque de Tournai les lettres patentes de la reine et du duc de Bourgogne qui le nomment à l'office de Bailli de Tournai et Tournaisis. La veille de Noël il consent à renoncer à ses prétentions contre dédommagement.
idem - p.147
1419
"Le dimanche, x° jour dudit mois de septembre, ainsi que Monseigneur le Dauphin et Monseigneur de Bourgongne, que Dieu pardonist, furent assemblés à Monstereau, entre le pont et une barrière qui estoit faite, incontinent que mondit seigneur de Bourgongne entra près d'icelle barrière, on fist reculer une grant partie de ses gens qui estoient avecq lui et tantost qu'il fut dedans ladite barrière fu pris par sire Tenneguy du Chastel, qui fu prevost de Paris, et par sire Franchois de Grigneaux. Et lui ainsi tenu d'un costé et d'autre, le vicomte de Narbonne s'approcha qui lui donna d'une hache sur la teste duquel cop mort s'ensui".
Le 10 septembre, Jean sans Peur (48 ans), tombe dans un guet-apens sur le pont de Montereau (Seine et Marne) lors d'une entrevue dite de rapprochement avec le Dauphin de France (16 ans).
Philippe le Bon âgé de 23 ans, prince de France de la troisième branche bourguignonne de la dynastie capétienne succède à son père au titre de duc de Bourgogne. Pour venger l'assassinat de son père, Philippe s'allie comme lui, aux Anglais afin de déstabiliser le trône de France (Traité de Troyes 1420) jusqu'à la défavorable paix d'Arras en 1435, par laquelle il récupèrera néanmoins la vassalité de la Flandre.
H. VANDENBROECK
"Extraits analytiques des anciens registres des consaux de Tournay"
(1861) p.181.
1419
le 30 avril, Jehan de Baudrenghien, écuyer, fait le relief de ses seigneuries d'Ansermont et de Gomanpont (voir 1400).
1419
Compte rendu par le Sire d'Audregnies, du 1er septembre 1419 au 31 août 1420 - Rendage d'argent fait pour pension à vie à Antoine Boudan, bailli des bois d'Ath, Samson, bâtard de Raveschot Coppin de Coberg et Jean le Cupre, une rente annuelle de 50 livres tournois que le feu duc Guillaume leur avait accordé, pour avoir tué à Gand, Hector de Baudrenghien qui lui avait fait déplaisir.
L.P. GACHARD - Rapport à Mr. le Ministre de l'intérieur sur différentes séries de documents concernant l'Histoire de la Belgique, conservés aux Archives de Lille (1841), page 427.
1420
le 4 février est approuvé à Tournai le testament de noble dame Béatrix de Baudrenghien, veuve de Guillaume de Clermes décédé en 1411. Elle ne devait pas avoir d'enfant, ni de frère ou sœur légitimes en vie, car elle ne cite parmi ses héritiers que ses deux sœurs bâtardes Catherine et Marguerite de Baudrenghien et ses cousines Laurence et Isabeau de Ghistelles, ainsi que les dames de Steenhuus et de Gruuthuse. Elle désigne comme son principal héritier, Monseigneur Félix de Steenhuis, chevalier.
On sait que Jean de Ghistelles, chevalier, seigneur d'Esclebeque, Levrenghem et Brabantbroucq, épousa Jenne de Bruges, fille de Messire Loys, seigneur de Gruuthuuse, prince de Steenhuis : il était fils aîné de Gauthier de Ghistelles, seigneur d'Esclebecque, Levrenghem, La Motte et Provene, décédé en 1457, et de Marie de Haveskerke (fille de Messire Loys et de Marguerite de Heule, dame de Broucd), décédée en 1473.Le Parchemin N°182, 1976, p.106 et 107.
Voir note année 1388
Le Traité de la honte.
1420
Entre un mari dément et un fils désavoué*, la Régente Isabeau de Bavière offrit le trône de France au vainqueur d'Azincourt par le Traité de Troyes, unanimement qualifié de "honteux" par les légistes français. Car c'est avec ruse que Isabeau profitera de la sénilité de son royal époux pour lui faire signer le 21 mai, la dévolution du royaume à son pire ennemi et de la sceller par l'union de leur fille Catherine de Valois à Henry V d'Angleterre.
Parallèlement, Jacqueline de Bavière, comtesse de Hainaut-Hollande-Zélande (1417) se séparera de Jean IV duc de Brabant et neveu de Philippe le Bon et se remariera avec un prince anglais. Ce dernier ayant des aspirations sur le comté, lancera ses troupes en 1425 dans la conquête, mais il sera prié de raccompagner en Angleterre son armée mise en déroute.
Sise entre les Comtés de Hainaut et de Flandre, relevant comme elle du chancellent roi de France, Tournai est Depuis 235 ans par la volonté de Philippe Auguste, une ville autonome gérée par des Consaux*. Le 1er juin 1420 ils s'assemblèrent en halle, avec le bailli et les officiers du Roi, le doyen, plusieurs chanoines et les plus notables bourgeois de la ville, pour délibérer sur ce qu'il convenait de faire au sujet du mandement du Roi adressé au bailli et apporté la veille par un chevaucheur, par lequel il était ordonné que la paix faite entre les rois de France et d'Angleterre soit entretenue et publiée et que ceux qui y mettraient empêchement seraient punis. Il fut collégialement décidé de temporiser la nouvelle 1.
*Charles VI perdit la raison en 1392, le dauphin fut compromis dans l'assassinat de son oncle, le duc de Bourgogne Jean sans Peur en 1419.
1 H. VANDENBROECK
"Extraits analytiques des anciens registres des consaux de Tournay"
(1861) p.200.*Les Consaux forment l'ensemble des conseils constituant le gouvernement municipal autonome de la ville.
1420
Le 1er décembre Henri V fit une entrée triomphale dans Paris en compagnie de Charles VI et du duc de Bourgogne.
1421
Lettres du duc de Bourgogne Philippe le Bon, par lesquelles, il reçoit les Tournaisiens en sa bonne grâce, en considération des secours et plaisirs qu'ils lui ont faits, et leur accorde la permission de trafiquer dans ses états pendant un an.
Coll. de documents inédits concernat l'histoire de la Belgique, t.I - p. 16.
La Révolte tournaisienne de 1423.
1422
Mais le traité de la honte n'aboutira pas. Par un caprice de la nature, Henry V d'Angleterre, légataire du trône de France en vertu des accords de Troyes, s'éteignit le 31 août des suite d'une maladie, deux mois avant le roi de France Charles VI, abandonné des siens. Se posa alors le problème de l'application de la succession française entre le jeune roi Henry VI et le contestataire dauphin. Les Tournaisiens étaient divisés sur cette question, qui alimenta en toile de fond la révolte de 14231 .
1 Coll. de documents inédits concernant l'histoire de la Belgique, t.I - pp. 15 & 16.
1423
Le 7 juin, les Artisans de Tournai se rassemblèrent en armes sur la Place du Marché, remontés contre les Patriciens (bourgeois), par le Seigneur Gui de Moÿ et de Chin2, qui accusait ces derniers de traîtrise envers le roi et d'accointances avec les Bourguignons, alliés aux Anglais.
Le soulèvement populaire fut réprimé dans le sang3 mais de son côté, Philippe le Bon défendit à ses sujets de molester les Tournaisiens1.
Cette fois, les Métiers tinrent bon, et exigèrent de recouvrer les "bannières" de leurs Corporations et les droits qui leurs étaient liés avant que Charles V ne leur retire en 1367.2 Maurice HOUTART,
Les Tournaisiens et le Roi de Bourges (1908)3 A. de la GRANGE :
Troubles à Tournai 1422-1430.
Mémoires de la SHLT, t. XVII, (1882).
1424
Aux trois consistoires (Prévôts & Jurés - Mayeurs & Echevins - Maires & Eswardeurs) qui avaient l'administration de la ville de Tournai, fut imposé par une charte de Charles VII datée du 16 mars, un quatrième, composé des doyens et sous-doyens des métiers avec tout pouvoir de statuer dans leurs compétences1. Ainsi fut créée la Chambre des Métiers, qui occupa une place primordiale dans la vie citoyenne, jusqu'à son abolition en 1795.
1425
Dans le premier quart du XV°s se développe remarquablement un élan scientifique pour le monde environnant. Une bulle du pape Martin V avalise la fondation de l'Université catholique de Louvain (Leuven) voulue par le duc de Brabant Jean de Bourgogne et les édiles louvanistes appuyés de notables, dont Jean de Glymes, seigneur de Berg-op-Zoom. Les premiers cours y seront dispensés en septembre de l'année suivante en français et en latin par 14 professeurs : 5 juristes, 1 médecin et 8 maîtres ès arts. la Faculté de théologie ne sera créée qu'en 1432 à la supplique de Philippe le Bon adressée à la Cour de Rome. Aujourd’hui, la KUL compte 1400 professeurs.
@-KUL-UCL
1426
On cite à Ath, «...messire Jehan de Baudreghien...»
1426
Catherine de Baudrenghien, fille d'Ernoul, testa le 11 mai à Tournai : "Je eslis me sépulture en l'église de St. Quentin devant l'image de le Trinité. Item, je donne à me demoiselle de le Grutuse ung S. Jorge de laitton et ung pine d'ivore. Item, je donne et laisse à sire Jehan Plouvier, men capelain, ung coffre de cuir bouillit et quattre louées d'argent de une once le pièce. Item, je vœil et ordonne que du mien soit faitte une verrière, à l'honneur de Dieu et de monseigneur St. Christoffe à une cappelle qui est située en l'église et parosche de Rumegies, à tout deux images l'un de St. Cristoffle, l'autre de Ste. Katerine, armoyé des armes de Baudrenghien."
Annales de la Société historique et archéologique de Tournai - Volume 2 (1897) - Page 199
1426
Marie Dierbaudrenghien, épouse de Collard Hacquart fait son testament à Tournai. Elle souhaite être enterrée à Saint-Léger, où elle possédait une terre, sous la lame de ses pères et mères.
Bibliothèque Universitaire de Gand, ms G.18214, f°48 V° (van den Bemden,19°s)
1429
L'inextricable Traité de Troyes a rendu la parole aux armes !. Le 8 mai, Jeanne d'Arc libère Orléans des mains anglaises. La victoire de Patay le mois suivant offre le trône de France à Charles VII. Les tournaisiens, en tant que « gentilz loiaux François » seront conviés par la Pucelle à venir assister à son sacre le 17 juillet en la Cathédrale Notre-Dame de Reims. Quand elle sera faite prisonnière un an plus tard, Tournai lui enverra une escarcelle emplie d'or pour adoucir quelque peu ses conditions de détention. Capturée et vendue aux Anglais par le bourguignon Jean de Luxembourg-Ligny, comte de Saint Pol (Branche cadette de la troisième maison de Luxembourg), fidèle de Philippe le Bon, elle sera déclarée relapse par un tribunal ecclésiastique et brûlée vive en place de Rouen le 29 mai 1430. Charles VII, qui lui devait sa couronne, ne tentera rien pour la sauver. Elle fut réhabilitée en 1456, béatifiée en 1909 et canonisée en 1920.
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1430
On cite à Flobecq Jacquemart le bastard de Baudrenghien.
1430
en janvier, Philippe III, dit le Bon, duc de Bourgogne, Proclame la fondation de l'Ordre de la Toison d'or, à l'occasion des festivités données pour son mariage avec Isabelle de Portugal, sa troisième épouse. Il songe également à sédentariser la cour qui, à cette époque, se déplace d'une ville à l'autre.
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Baudouin de Lannoy - Jean de Luxembourg - Jean de Rubempré*
La maison de Rubempré tire son origine d'Alexandre de Hongrie, fils du roi Bela de Hongrie, il a acquis le nom de Rubempré après la croisade de 1248 -L.MORERI, le grand dictionnaire historique ou le mélange curieux de l'histoire sacrée et profane..., chez J-B Coignard, 1725).
1431
La ville de Bruxelles entreprend sur ses revenus locaux, la construction ambitieuse de la "Aula Magna" (grande salle). Terminé en 1459, le bâtiment jouxtant le Palais ducal initial (partiellement enseveli sous la Place Royale actuelle), abritera les Etats-généraux et deviendra la résidence principale de Philippe le Bon, élevant la ville en capitale fixe des Pays-Bas Bourguignons.
1433
"Adon de Farvacques, Chevalier étoit marié avec Dame Jeanne de Bellefage, fille de Messire Jean, Chevalier & Dame Catherine de Boufflers, & du depuis fes fucceffeurs ont continué dans le luftre de leur lignée, s'allians avec les Familles nobles de le Candele, de Maulde, du Frefnoy, de Lannoy, de Baudrenghien, de Bernard, de Carnin, de Thouars & autres; qu'ils auroient ensuite été enterrés noblement, comme feroit foy l'ancienne Sépulture de Jacques de Farvacques enterré dés l'an 1433 au cimetiere de St. Jacques à Tournay, où feroient exposées les Armes de ladite Famille La Tombe relevée de de trois pieds fur terre reprefentant la figure d'un homme armé revêtu de sa cotte d'armes pour marque de Nobleffe Militaire".
* "Recueil de la Noblesse de Bourgogne, Flandres, Artois Haynau & autres Provinces" p.323 (1787)
1435
Une place de Flobecq porte le nom de "Beaudrenghien". (sic)
1435
"...Ce fu fait et passé par lad. testateresse, en la présence de Pierre de le Pierre, Jehan d'Erbaudrenghien, dit de le Dalle (v.1448), Jehan de le Porte bibeloteur et Pierre le Seuescal, clerc, le XXVe jour d'aoust, l'an mil IIIIe XXXV."
1435
(Entre 1435 et 1440) Naissance de Théry de Baudrenghien (15050), fils de Thery de B. et de Jehenne du Marquais (16050), « honorable et sage », il hérite de ses parents les fiefs de Marquais, du Vivier, de l'Espierre et de son oncle, Raisse de Baudrenghien (16048), les fiefs de Lombus, Trotin et Bonnier, tous situés à Pottes, où il demeure.
1437
Un incendie ravageur boute le feu à 125 maisons de Tournai.
1438
Les Tournaisiens sont soumis à une famine persistante.
1438
Décès à Tournai de Jehane de Baudrenghien veuve de Jehan Marquet dit Cambrelent, laissant deux enfants : Véniador et Jacquelette.
1439
Au XV°s, une frange d'artisans tournaisiens s'étaient spécialisés dans la réalisation de niches funéraires en s'inspirant des peintures polychromes exposés dans les églises à la gloire de la sainte Trinité*. Ces retables, souvent taillés dans la pierre calcaire, étaient réservés à de riches commanditaires ou donateurs et devaient répondre à des normes de ressemblance et d'identité pour être scellés en ex-voto aux murs des églises ou des cloîtres de la ville; les visages étaient donc façonnés et fixés en finition, accompagnés des blasons éventuels, suivant les desideratas des commanditaires.
* Certains experts les qualifieraient peut-être de style "flémallien" (Robert Campin 1375-1444) ?.
Quand Ernoul Vandenbroucq, caucheteur (chausseur) natif de Malines fait son testament à Tournai, il est veuf en premières noces de N. Mouton, et remarié avec Agnès Derbaudringhien. Il déclare vouloir être enterré avec sa seconde épouse au cloître de l'église des frères de Saint Augustin* au devant d'un tabliel qu'il a l'intention de faire mettre 1.
Au mois d'octobre 2009, nous avons été contactés par Mr. Bernard Demaire, membre de l'AGHB de Tournai, nous annonçant l'incroyable nouvelle que ce "tabliel" de pierre blanche était retrouvé et formellement identifié malgré sa dégradation, grâce à la conservation partielle de son inscription. Il orne depuis plus d'un siècle, la cheminée d'une tour anachronique, voulue de style médiéval bien qu'érigée vers 1875 par la famille du bourgmestre Crombez sur les dépendances de leur propriété de "La Marlière" à Orcq, ceci bien avant que le domaine ne soit vendu vers 1920 à Gaston Horlait (Grande brasserie du Lion) et racheté en 1998 par un couple français qui en est toujours propriétaire.
A ce propos, nous remercions Monsieur & Madame MAT, les locataires de la tour qui nous ont très aimablement accueillis chez eux ce samedi 12 décembre 2009.N.B. : Agnès Derbaudrenghien avait une sœur Jéhenne Derbaudrenghien, veuve de Jaquemart Ghales.
* qui se dressait à l'angle de la rue des Augustins (anciennement d'Audenaerde) et de la rue Frinoise (Froyennoise)
1 Bibl. Univ. Gand, ms G.16191, f°1050
En août 1566, l'église des Augustins ne fut pas épargnée par les iconoclastes et la sculpture tumulaire en porte malheureusement les stigmates, elle reste néanmoins l'un des derniers vestiges de cette institution.
A Saint Brice, sur la Gd.Place de Tournai, se trouvait avant sa destruction en mai 40, une lame de cuivre*, présentant une ordonnance similaire; à commencer par la Trinité réunissant le saint esprit à Dieu qui porte son fils en croix.
*Merci à Mme.
Anne-Marie DEMENIL.
Merci à Mr. Bernard DEMAIRE.
Saint Jean-Baptiste, auréolé, est debout à la droite de Dieu.
Posture similaire pour Ernould Vandenbroucq représenté en armes.
Du côté opposé, Sainte Catherine, (qui fut décapitée), porte une épée et la palme des martyrs.
Agnès Derbaudringhien défigurée par l'action iconoclaste porte la même palme.
L'agneau rédempteur est dans les bras de Saint-Jean.
Un agneau est aux pieds d'Agnès Derbaudringhien.
Deux donateurs sont agenouillés en prière de part et d'autre, présentés par leurs saints patrons.
Un bras protecteur est posé par l'un et l'autre des défunts sur deux enfants agenouillés.
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1441
Jehan de Baudrenghien, sergent de Flobecq en 1441-1443. Armes : Trois fasces ou hamaides chargées de quatre, trois, respectivement deux besants. Cimier : trois plumes d'autruche.
1442
"Efchevins du premier bancq, dit de la Keure creez & establis l'an 1442 : (...) Le douziefme Eschevin eftoit Seger De Diepenbeke & subfititué Lodewyck Steemaere, fils de Lodewyck, fe trouvant de ce nom aucuns Chevaliers pour leurs vertus & fervices rendus aux Comtes de Flandres, comme Meffire Jacob Steemaere Chevalier, lequel avoit efpoufé Dame Catherine de Baudringhien, & fut en fon temps Seigneur de Pafchendaele, vander Schage, & van Helfele &c. à fçavoir en l'an mille quatre quarante & un. Item on trouve un Christphe vander Foreeefe lequel auroît efpousé Damoifelle Catherine van Steemare en l'an mille quatre cent quarante.
Philippe d'ESPINOY
"Recherches des Antiquités et Noblesse de Flandre" ed.1631 avec Privilèges du Roy.
1446
6 août : Philippe le Bon crée le "Grand Conseil". Gouvernement central qui l’assistera dans la gestion de l’Etat.
1447
Jacques Ascarieux, serrurier, demeurant en la paroisse Saint-Nicolas-du-Bruile, reconnait devoir 4 lb. 15 s. de gros a Grart Baudrenghien, le 23 fevrier 1447. (Journ. des pr. et j.).
Etude sur l'art à Tournai et sur les anciens artistes de cette ville (1887) p.396
1448
le 5 mars, Jehan Derbaudrenghien dit de le Dalle, teste à Tournai: « Je voeil que mon corps soit posé en ung luisiel, et puis enterréz et sépulturéz en l'église des Augustins, devant l'autel Saint Etiéne, desoubz le lame que j'y ay fait mettre et poser. Item, je donne à l'église de St. Légier, dont je suy natif, pour convertir à la réparation de l'image de monseigneur St. Antonne en icelle église, vingt solz tournois. Item, je donne à l'église de le Magdelaine en Tournay, pour convertir en la rédification de la maison des malades dudit lieu, puis naguaire démolie, quatre livres tournois. » (sic). Son compte d'exécution testamentaire fut rendu le 23 avril 1449. Il était marié à Jehenne des Mortier, décédée en octobre 1452.
Bibl. Univ. Gand
ms G.16191, f°1050Testaments tournaisiens
1449
Arnould de Baudrenghien, fils de Jean de Baudrenghien et de Jehanne de Hombroecq, seigneur de Ghomanpont épouse en 1449 Flandrine de La Hamaide, fille de Jean, seigneur de La Hamaide. Il est encore cité en 1473.
Voir 1400, 1410 et 1452
1450
Jean le Carpentier nous apprend que Jacquemart de Baudrenghien fut Lieutenant Gavenier de Cambresis.
Entre 1450 et 1465 décède à Flobecq Jehan, le Bastart de Baudrenghien
Anecdotes sur la Collégiale Sainte-Waudru de Mons
1452
Une bulle du cardinal légat, Guillaume d'Estourville du 22 novembre atteste qu'à cette date l'édifice était commencé et en voie d'exécution.1 L'on commença au xiij.° jour du mois de mars à mettre la première pierre des fondements de la nouvelle église de Ste Waltrude en la ville de Mons: c'est celle que l'on void de présent en estre pieçà magnifique depuis l'an 1451, auquel on avoit tenu en l'ancienne église le chapitre du Toison d'Or. L'on commença à penser à ce nouvel ouvraige, c'est pourquoi le pape Nicolas V, pour inciter le peuple fidel à subvenir aux fraix, donna grandes indulgences en l'an 1453, de mesme fit le pape Pie II en l'an 1459.2
La première pierre de ladite église fut posée au nom du duc Philippe (le Bon), abbé séculier d'icelle, par quelque personnaige signalé, ad ce député : ledict duc estoit lors en Bruxelles, détenu d'une longue maladie; pour à quoy remédier, on luy rasa, selon l'advis des médecins, la chevelure longue de la teste; mais comme il apperçeu qu'on se moquoit de luy, il feit un édict commandant à tous nobles de mettre bas leur chevelure, à quoy obéirent au mesme jour en la ville de Bruxelles plus de cinq cents et autres de la noblesse ès autres villes; si bien que, ce qu'il sembloit lors ridicule, fut partout mis en usance.2
1La Tour de Ste Waudru à Mons - Notice historique (Bruxelles, 1844), page 6.
2 Documents officiels inédits publiés d'après les originaux des Archives publiques sur l'histoire des églises de Ste Waudru & de St Germain à Mons
(1843), pages 47-48.
1452
On cite Baudouin de Baudrenghien, fils de Jehan et Jehanne de Hombruecq, Seigneur de Bernes, homme de fief du Hainaut au baillage de Flobecq-Lessines. Il est encore cité en 1455, 1462 et 1486. Il épousa Jeanne de Beugnies ou de Buignies, fille de Jacquemart et de Jeanne de Vaulx. Ils demeurèrent à Ogy et eurent un fils Christophe de Baudrenghien ou van Baudreghem, déjà prêtre en cette année 1452 et demeurant à Wannebecq.
1452
Fondation du château de Jean de Lannoy dans le Comté de Flandre en territoire français, entre Lille et Tournai, à l'origine de la ville fortifiée en 1456 qui porte son nom.
1452
On cite Michel de Baudrenghien à St-Sauveur, fils de Olivier.
1453 +/-
Philippe de Bassecourt, seigneur Dumetz, épousa Marie ou Marguerite de Belvalet, laquelle porte d'argent au lion, la queue fourchue de gueules, armé et lampassé d'azur, fille de Louis de Belvalet, seigneur de Rotoy, et de Françoise de Baudringhien, fille de Hubert, seigneur de Préseau.
Généalogies des Provinces du Nord n°13, page 20 - Casimir de Sars de Solmont
1453
Le 24 juillet, à la bataille de Gand, le seigneur de Condey (pour Condet ou Condé-sur-Escaut)(La Hamaide); le seigneur de Ville (Berlaimont) et le seigneur d'Estaimbourg (Ollehain) furent créés chevaliers bannerets.
Math. D'ESCOUCHY, Chronique -Ed de la soc. de l'Histoire de France donnée par G.DU FRESNE DE BEAUCOURT, t.III, pp424-425.
1453
Fin de la guerre de Cent Ans - Après 116 années de combats épars, la France emporte la victoire à la bataille de Castillon qui met un terme à la Guerre de Cent ans. La France conserve l’intégrité de son territoire et sa couronne.
La Chute de l'Empire d'Orient - Prise de Constantinople par les Turcs Ottomans. le dernier empereur de l’Empire romain d’Orient, meurt au combat sur les remparts de la ville. Cette date marque symboliquement la fin du Moyen-âge.
La Révolution de l'imprimerie
1454
Johannes Gutenberg révolutionne la fabrication des caractères métalliques mobiles en imprimerie. Ses premiers travaux se limitent à quelques recueils de poèmes ou des lettres d'indulgence pour l'église avant d'imprimer 180 exemplaires de la Bible qui seront vendus par associé-financier, après l'avoir dépossédé en justice de son invention pour ne pas avoir honoré les remboursements de ses traites. Guttenberg ouvre alors son propre atelier..
Les livres antérieurs à l'an 1500 imprimés sur peaux animales sont appelés des "incunables". Une peau de mouton entièrement traitée permettait l'impression de 4 pages typographiques, mais le "Vélin", plus fin que le parchemin offrait la meilleure qualité, puisqu'il s'agissait de la peau d'un veau mort-né avant vascularisation.
L
a publication d'un livre ressortait d'un privilège royal.
1455
Bauduin de Baudrenghien, homme de fief du Hainaut au baillage de Flobecq-Lessines, porte Trois fasces ou hamaides chargées de quatre, trois, respectivement deux besants, et une étoile à cinq rais entre les deux premières hamaides (1455)
Voir : 1452
1456
Relief de la seigneurie de Pottes le 9 novembre 1456 pour Guillaume de Stavele, chevalier, vicomte de Furnes, seigneur de Stavele, Pottes, Olequin, Dottignies et Crombeke, bourgmestre du Franc de Bruges qui, encore mineur, hérita à la mort de son père de la seigneurie de Pottes.
Tuteurs : Louis de la Gruuthuuse, prince de Steenhuyse, seigneur d'Espierre et d'Avelghem et Hustin de Haveskerke, chevalier, seigneur de Mernes.5. Thery du Marquais, tient un fief gisant audit lieu de Pottes contenant un manoir, 7 bonniers de héritage et audit fief il y a un hoste et 3 tenants que lui doivent de rente chaque année 3 razières d'avoine, 3 cappons à 9 deniers de cens et a bailly et lieutenant et justice de vicomte.
10 livres de relief à la mort de l'héritier.
6. Item, tient le dit Thiery encore un fief appelé le fief du Vivier contenant 3 bonniers de héritage gisant audit lieu de Pottes auquel fief il y a un hoste qui lui doit chaque année une razière d'avoine, deux sols et un denier
Il a bailly, lieutenant et justice vicomtière, et est à 10 livres de relief.
10. Raesse de Baudringhien dit de Pons (16048) tient un fief gisant à Pottes appelé le fief de Pons, contenant tant en prés, terres, masures comme en Lannoie quinze bonniers en héritage il a un hoste et deux tenants qui lui doivent sur un manoir contenant un demi bonnier et sur encore un demi bonnier de terre cinq sols monnaie de Tournay et douze deniers monnaie de Flandres, lequel fief de Pons a bailly, lieutenant et a justice vicomtière et doit audit seigneur de Pottes dix livres de relief à la mort de l'héritier.
24. ...Item, le dit Thery de Marquais tient un fief gisant au dit Pottes contenant 11 quartiers de terre et est à 10 livres de relief.
Dans le même relevé, on cite Jacques de le Casiere époux de Jehenne de Baudrenghien.
Vicomte de Ghellinck d'Elseghem : Les Sires de Pottes sur l'Escaut (1899)
pages 34 à 36, et 311 à 315.
1457
Testament à Tournai de Théry de Baudrenghien dit du Marquais, père du précédent, fils de Arnould, tombé à Azincourt et de Jehanne de Pont. Ses dernières volontés sont d'être enterré au cimetière de St. Brice à Tournai ou à Pottes, au choix à son exécuteur testamentaire. Il donne à son fils aîné, Théry la terre et fief du Marquais, les fiefs du Vivier, d'Espierre et le fief tenu de Monseigneur de Moÿ. A son fils Raisset : le fief de Le Plancq à Pottes tenu de Jacques Le Louchier et un fief devant Bossut tenu de Gildolf de Deurwaerder*. Il cite également sa fille Agnès et deux enfants illégitimes reconnus : Gabriel et Marie.
Bibl. Univ. de Gand, ms G. 16191, f° 995
*Les familles Deurwaerder et (der) Baudrenghien furent toutes deux liées aux du Bus de Gisignies
note
Le village de Bossut tient du devant à la rivière de l'Escaut. Du Nord au village de Moene. Du couchant au village de St. Genoix. Du midi à ceux de Pottes et d'Helchin. Il relève pour quatre septième du temporel de la manse épiscopale de Tournai et pour le reste, de la châtellenie d'Audenarde et de quelques terres franches enclavées.
M. HOVERLANT
"Essai chronologique pour servir à l'Histoire de Tournay" (1812)
LVII - pp. 115 & 116.
1459
Jan van Bauderghem, Wattripont-Brugge.
PARM
1460
Le 20 septembre, décès à Soignies du compositeur hainuyer Gilles Binchois, vraisemblablement né 60 ans plus tôt à Mons d'un couple bourgeois. Son père, Johannes de Binche, fut conseiller du duc Guillaume IV de Hainaut, puis à partir de 1417, de sa fille Jacqueline de Bavière. Il fit ériger une chapelle dans l'église de Saint-Germain et commander des messes à sa mémoire. Il fut aussi conseiller à l'église Sainte-Waudru de Mons. On ne sait rien de la première éducation musicale de Gilles. Les documents mentionnent qu'il tient l'orgue de Sainte-Waudru à partir du 8 décembre 1419. Le 28 juillet 1423, il paie un privilège à la ville de Mons, pour aller s'installer à Lille.
1461
Construction d'une nouvelle maladrerie à Tournai.
1462
Le Roi de France ordonne à l’abbaye de Saint Martin de nommer un greffier au village d’Evregnies où l’abbaye avait un bailli et des échevins.1
1 Patrick GILLARD
Des histoires d'Evregnies
(1981) - T1, p.69
1463
Cette année là, Louis XI vint à Tournai pour témoigner dans le rachat des villes. Il fut reçu par les Consaux vêtus de drap blanc orné de fleurs de lis et tandis que les magistrats remettaient les clés de la cité au monarque, l’on aperçut une jeune fille, belle entre toutes, et soutenue en l’air par un ingénieux dispositif, descendre doucement sur le sol comme si elle venait des cieux, ouvrir son corsage et faire voir un cœur en or, qui se fendit et laissa apparaître une fleur de lis, emblème de la loyauté d’une ville qui « oncques n’avait tourné contre les rois de France ». « Sire, dit la pucelle, ayez pour agréable ce présent de la main d’une vierge ». Ce qui signifiait que tous les Tournaisiens fidèles portaient une fleur de lis dans le cœur 1 .
1 "Le Folklore de Tournai et du Tournaisis"
de Walter RAVEZ,
Conservateur de la Maison Tournaisienne.
1464
Nouvelle visite royale à Tournai, Louis XI séjourne du 6 au 18 février 1.
1467
Charles le Téméraire succède à son père, Philippe le Bon, à l'âge de 34 ans. Sa politique d'unification de la Flandre et la Bourgogne en fera un ennemi mortel de la France. En 1468, il ordonne le sac de Liège. Sous ce 4ème et dernier duc de Bourgogne de la branche des Valois, les Pays-Bas comptent près de 208 villes, 150 gros bourgs, 6.300 paroisses répartis sur une superficie moyenne de 78.000 km².
1467
"Goumanpont, en celli ville, c'est assavoir ens ou fief tenu de mondit seigneur le comte qui fut Jehan de Tongre...a... plusieurs masures qui doivent meilleurs cattels aux hoirs de Baudrenghien pour le second cattel, car..."
Cartulaire des Mortemains de Hainaut 1467-1468
1468
Testament à Tournai de Gabriel de Baudrenghien dit du Marquais, probablement mort sans hoirs, fils illégitime de Théry de Baudrenghien. (v.1457)
Bibl. Univ. De Gand, ms n°16191, f° 1070
1469
Jean Pitpan de Montauban (1633) relate qu'en 1469, Raisse ou Raisset de Baudrenghien dit du Marquais et de le Plancq et époux de Jehenne du Gardin était Bourgeois de Tournai.
Bibl. municipale de Cambrai, ms n°1024, f°154 v°155
1469
"La demiselle Jeanne de Hombruecq, vesve Jehan de Baudrenghien en tient ung fief qui jadis fut mis hors dudit fief d'Ansermont, se comprendant en IIII bonniers ung journel de terre ahanable, gisant audit Ghoy et vault par an environ XVI livres".
Annales Cercle Arch. de Mons, T. XXVIII -
E. MATTHIEU:
"La pairie de Silly... et arrières fiefs de La Hamaide" 1473, p.29
1471
Andrieu Deborcenghien (?) est cité comme bailli de l'église dans l'"Enchaîné de Pecq", registre de bois et de cuir clouté et enchaîné à un gros maillons de fer forgé contenant les : "briefz des rentes seignouraultx et héritages qui dépendent et appartiennent à la seignourie et justice de Mgr Sainct Martin, patron de l'église de Pesch sur Escauld".
Publications extraordinaires de la Soc. Royale d'Histoire et d'Archéologie de Tournai - tome V - page 45 - 1992
1473
Dénombrement du fief lige d'Ansermont à Ogy : « Jehan de Baudrenghien tient en fief une maison et xij bonniers d'iretages, appelée le maison d'Ansermont, gisant à Ogy, vallable par an... xx livres »
Ernest MATTHIEU - La pairie de Silly et ses fiefs, page 73
1473
On cite un Jean de Gommanpont possédant un courtil (terrain de petite taille) attenant au fief de Simon Le Cordier (Arrière-fief de La Hamaide)
Idem, page 24
1474
Théry de Baudrenghien dit du Pont, réside à Pottes où il possède les fiefs du Marquais, Vivier, Espierre et de Le Plancq. D'après le testament de son demi-frère Gabriel (v.1457 et 1468), il avait épousé N... le Marissal, originaire du même village.
A.G.R.C.C 1116, f°953
&
A.D.N. B.3746
1474
Dans le même document, Jeanne de Baudrenghien est citée veuve de Jean Duit, demeurant à Flobecq, qui tenait le fief de Courouble, dépendant de Balloeil (Beloeil).
1475
Oste de le Courbe et Marie de Baudrenghien passent leur Testament à Tournai. Lui a deux fils illégitimes, Haquinot et Francesquin de le Courbe Le fief, cense et seigneurie de « Le Courbe », très peu important, 7 bonniers, devant 14 Lb. t. l’an en 1473 et en 1502, est situé sur Anseroeul le long de la Rosne à la limite de Russeignies et Dergneau près de Saint-Sauveur.
Testaments tournaisiens du XVème siècle, f°884 et supplément N°16.191.
Le PARCHEMIN N°190, 1977, p.220
1477
Le Téméraire meurt atrocement lors du siège de Nancy. On le retrouve trois jours plus tard, le visage à moitié déchiqueté par les loups. Son mausolée est abrité en l'église Notre-Dame (XIII°s) à Bruges. A défaut de l'unification que Charles souhaitait, ses possessions territoriales sont divisées entre le Royaume de France et l'empire des Habsbourg. C'est l'origine des guerres d'Italie.
La Bannière à la Croix de St André de la maison de Bourgogne ne sera pas modifiée, les couleurs étant communes à celles de la Maison d'Autriche,
Marie héritière de Bourgogne, est issue du second lit de Charles le Téméraire avec Isabelle de Bourbon. Face au belliqueux roi de France Louis XI, elle n'aura de meilleur choix que d'épouser le 19 août 1477, l'Archiduc Maximilien de Habsbourg, futur empereur germanique et placer ainsi les Pays-Bas Bourguignons sous la haute protection de la maison d'Autriche.
1477
Sous Marie de Bourgogne, la châtellenie d’Ath, se vit infestée de vagabonds armés qui rançonnaient les paysans et pillaient les abbayes et les châteaux. Emus de tant de désordres et impuissants à les combattre, Messire Jacques de La Hamaide, Jean de Trazegnies, châtelain d’Ath et d’autres seigneurs des alentours remontrèrent aux Etats Généraux tenus à Gand en 1477, la nécessité de secourir leur contrée. Un corps de troupe arriva et les séditieux furent réduits à néant.
A.G.R. n° 14902 et comptes des châtelains d’Ath, 1478
1477
Louis XI (fils de Charles VII) envahit les territoires Bourguignons de la Flandre, l'Artois, le Hainaut et le Tournaisis. Les Tournaisiens sujets du roi de France opposés aux Flamands, tenant du duc de Bourgogne, étaient installés au Pont d'Espierres, d'où ils se sont lancés le 21 juin pour bouter le feu à Pecq, Esquelmes et encore ailleurs en Tournaisis.
Publications extraordinaires de Tournai : Pecq - tome V
1477
C'est probablement au XIIIème siècle que fut fondée la Chambre de rhétorique de Tournay, confrérie dont le but était de cultiver la poésie et de donner des représentations théâtrales. Pendant le XIVème siècle, l'association dont chaque membre portait la cuirasse et l'épée se tut à cause de la guerre1. Jean Baudrenghien (V1488) natif de Tournai et membre de la pieuse confrérie littéraire du Puy de Valenciennes, contribua puissamment à la restaurer2.
1Adolphe SIRET
Récits historiques belges
(1855) page 2292Victor Doublet de Villers Dictionnaire national belge - (1860) page 99.
"Ritmes et refrains des Tournésiens" (Manuscrit in-folio 1477-1491, papier; 263 feuillets écrits; reliure ancienne, bois). Ce recueil très-intéressant pour l'histoire littéraire du XV°s, et pour celle de Tournai en particulier fut détruit dans l'incendie partiel de la Bibliothèque de la ville en mai 1940. C'était le registre de la Congrégation de l' "Escole de rhétorique tenue en Tournay", sorte d'académie au petit pied, qui tenait à certaines époques des assemblées auxquelles ses membres se livraient en pièces poétiques sur un refrain donné.
C'est le premier mardi du mois de mai 1477 que la congrégation se réunit pour la première fois chez Jean de Marvis, dont il était le "chief". A cette occasion la couronne fut adjugée à Jean Nicolaï et le capiel donné à Jean de Baudrenghien3. La seconde congrégation fut délaissée pour la venue de la garnison jusqu'au viij de février suivant et menée alors par Jehan de Baudrenghien.4
1Adolphe SIRET
Récits historiques belges
(1855) page 2292Victor Doublet de Villers Dictionnaire national belge - (1860) page 99.
3Mémoires couronnés par l'Académie royale des sciences et belles-lettres- tome XIII
(1838) page 138 et 143.4Dr Am. WILBAUX Catalogue de la Bibliothèque de Tournai, tome I, p.44-46.
1479
Le 9 juillet, Messire Adrien de Rassenghien et Philippe, bâtard de Bourgogne, tentèrent, de nuit l’escalade de la ville de Lessines avec 800 cavaliers et autant de piétons. Surpris par une violente tempête accompagnée d’orage et voyant leur entreprise découverte par les habitants réveillés à la hâte pour repousser leur assaut. Force leur fut de se rejeter sur les villages voisins qu’ils livrèrent au pillage et à l’incendie. De ce nombre étaient Ogy, Flobecq, Wannebecq et La Hamaide…
VINCHANT
tome V, p.112
1479
Ferdinand II d’Aragon et son épouse Isabelle de Castille instituent l'Inquisition en Espagne sous la bénédiction du pape Sixte IV, qui plus tard leur en donnera même le contrôle. L’inquisition deviendra alors un instrument d'État géré en collaboration avec les franciscains et surtout les dominicains, en raison de leur érudition en théologie et de leur désintérêt politique.
1479
Haquinet de Baudrenghien, homme de fief, délivre le 15 déc., un « vidimus parchemin auquel est appendu son scel ».
Archives de la ville d'Ath
Dans "l'Histoire de la ville de Lessines", Théodore Lesneucq relève les principaux fondateurs et bienfaiteurs des chapelles locales au XV°s. L'archiviste de la ville cite : Henri Milette - Piérard Dumont - Ernoul de Baudrenghien - Jehan Retry - Nicaise de Thesin - Maigne d'Oudenaerde - Jehan de Maulde - Quentin d'Aistrebecq - Hanot de Sableaux - Jacquemart le Cambier et Ernoul Descrotière.
1482
Marie de Bourgogne décède à Bruges d'une chute de cheval, elle avait 25 ans. Son jeune fils de 4 ans, Philippe Ier (le Beau) hérite les Pays-Bas Bourguignons.
1483
Jehan de Baudrenghien, fils de Jehan (v. 1441). Homme de fief du Hainaut à Lessines porte Trois fasces ou hamaides chargées de quatre, trois, respectivement deux besants couverts en cimier de trois plumes d'autruche.
Enquête fiscale à Pottes (...)
A.Derville, Enquête fiscale de la Flandre wallonne
1486
Jacques de Luxembourg, perdit sa bannière en 1486 au cours d'une bataille contre les Suisses. Il descendait par les femmes des princes des Baux, en Provence, ce qui explique la présence des soleils d'or sur ses armes.
O. NEUBECKER
"Le grand livre de l'héraldique"
(Elsevier 1976)
1487
21 janvier, décès de Michel de La Hamaide, Seigneur de Luchin, Presle et Basel, situés à Camphin-en-Pévèle. Cousin homonyme mais illégitime du dernier châtelain de La Hamaide mort sans hoirs deux années plus tôt. Celui-ci, aurait eut 6 enfants de sa première épouse, Jeanne de Morcourt, dont descendent certains des actuels porteurs du patronyme et de ses dérivés. Dans l'A.N.B de 1912, du Chastel leur accorde une filiation agnatique possible avec Jean IV, par son fils naturel, Thierry, mort avec lui à la bataille d'Azincourt.
Merci à Anne Hamaide et Luc de la Hamette pour les précisions apportées.
1487
Jehan de Marvis, chef de la 43ème congrégation, écrivait au mois de novembre, une ballade qui peint l'état du pays rempli de troubles sanglants depuis la mort de Marie de Bourgogne :
André VAN HASSELT Essai sur l'histoire de la poésie française en Belgique - page 139
Dol, murdre et prodition
Perchoit-on
Jusques entre soer et frère,
Et griefve subversion
D'union
De mal en pis persevère.
1487
Décès du poète Jehan de Baudrenghien, vivant à Tournai dans la seconde moitié du XV°s. Certaines de ses oeuvres étaient conservées à la bibliothèque de Tournai, bâtiment qui subit d'importants dommages lors des bombardements allemands de mai 1940.
Biographie nationale, tome X - page 359
1493
Barcelone, 31 mars: Christophe Colomb change la face du monde en révélant aux Rois Catholiques l'existence de terres lointaines (1492).
1493
Jeanne Bernard, veuve de Jehan de Baudrenghien (peut-être le poète mort en 1487 ?), testa le 10 novembre. Son testament fut acquis le 6 novembre 1494.
Ernest LEROUX
Revue Archéologique
n°82, 1907 - p.114.
1493
Le 23 mai, par le traité de Senlis, l'Artois rentre à nouveau dans les possessions bourguignonnes de Philippe Le Beau.
1493
Christophe de Baudrenghien, fils putatif de Baudouin de Baudrenghien (cité en 1455), homme de fief du Hainaut à Lessines porte trois fasces ou hamaides chargées de quatre, trois, respectivement deux besants, en cimier: Trois plumes d'autruche et en senestre : un lion.
Son frère, Jehan de Baudrenghien, fils également supposé de Bauduin est lui aussi homme de fief (sur plume ?) du Hainaut à Ath (1493-1495). Il est dit clerc, demeurant en la ville d'Ath dans un acte de vente en 15031, concernant un bien, sis en la rue Mouton à Ath. On retrouve, datées de 1506, des lettres d'attestation au sujet de l'artillerie du château d'Ath.
Il porte les mêmes armes et cimier que Christophe; brisées en senestre par un griffon.1 Bulletin de la Commission royale d'histoire, vol.80-81, page 302 (1911).
1494
Philippe le Beau est reçu comte de Brabant à Louvain.
1495
- Sous Commission de Maximilien et Philippe le Beau 1 :
"Aujourd'huy, IX° jour de janvier l'an mil CCCC quatre vingts et quinze, Jacques de Baudrenghien, escuier, dénommé au blancq de ceste, a fait le serment pertinent et baillé caucion souffisant de l'office de bailly de Flobecque et Lessines, dont ou dit blancq est faicte mencion, és mains de messeigneurs les president et gens des comptes a Lille, moy present".
Signé: Ruffault en qualité de Clerc à la Chambre des Comptes de Lille.
Fonction qu'il occupera du 1er juillet 1495 à la Saint-Jean (17 mai) 1523 2.1 A.G.R.
AcL, 1571, (car.)
au Ier juillet 14952 V. GUIGNIES.
Histoire de Lessines
Dequesne-Masquillier, (Mons 1892)
in-8°, p. 123
- On lit aussi 3: Baudrenghien (Jacques de) écuyer, seigneur de Gomanpont en Ostiches, de Belles, de Bronchenne, remplit la charge de bailli de Flobecq et de Lessines, de 1495-1521. Mais l'année 1523 est attestée par l'Inventaire des Archives des Chambres des Comptes du Hainaut. Le volume 15077 contient trente comptes; six rendus par Jacques de Lescatière du 28 avril 1490 au 1er juillet 1495 et vingt-quatre par son successeur, Jacques de Baudrenghien, du 1er juillet 1495 à la St.-Jean 1523. Il fut lui-même suivi par Philippe de Harchies, sr. de Motte de 1524 à 15314.
3 Mémoires & publ. de la Soc. des Sciences des Arts et des Lettres du Hainaut (1892) p.288. 4 Inventaires des Archives de la Belgique par ordre du Gouvernement, sous la direction de M. Gachard (tome II - 1845, p.449)..
- Selon G. Demay5 : Jehan (sic, mais lire "Jacques") de Baudringhien (sic) grand bailli de Flobecq et de Lessines, portait un écusson écartelé aux 1 et 4, d'or à trois hamaides de gueules, et aux 2 et 3, de même, au filet de sable brochant en barre. Il avait donc 12 pièces de hamaide sur son écu. Le cimier est formé de deux buires.
5 G. DEMAY.
Inventaire des Sceaux
de la Flandre
tome II, n° 5004.
1496Philippe le Beau, héritier des Etats de Bourgogne, associe la couronne d'Espagne à celle de son Duché, par son union maritale avec Jeanne d'Aragon; fille de Ferdinand II et d'Isabelle de Castille. Ils feront leur joyeuse entrée en la ville de Bruxelles le 9 décembre. De ce mariage heureux viendront six enfants, dont l'empereur Charles-Quint qui naîtra à Gand quatre ans plus tard. Mais le trépas inopiné et mystérieux de Philippe en 1506 à Burgos aura raison de la santé mentale de Jeanne, qu'il faudra exiler au Château de Tordesillas près de Valladolid.
Représentations non commerciales à seule fin d'illustration historique.
![]()
L'or est ajouté aux couleurs des maisons de Bourgogne et d'Autriche
1497
On cite l'écuyer Ghis ou Guis de Baudrenghien à Lessines.
1499
Jean de Baudrenghien est mentionné comme homme de fief de la principauté de Chimay dans des actes datés entre 1499 et 1517, auxquels est appendu son sceau.
Arch. Dép. du Nord., série G, 13 G 10/18
1500
Dans la nuit du 24 au 25 février, à Gand, Jeanne d'Aragon héritière de la maison d'Espagne, donne un fils à son époux, Philippe le Beau, duc de Bourgogne. A son baptême, en la cathédrale St Bavon l'enfant sera prénommé Charles, en mémoire de son grand-père paternel, Charles le Téméraire. Sa langue maternelle sera le français.
1501
20 octobre. « Je, Guis de Baudrenghien, congnois avoir rescut de Jehan de l'Espine, massart de la franche ville de Lessines, pour une penchion à moy deuwe de 40 livres par an, eschéant au troisieme jour de septembre mille Vc e te ung, dont j'ay quitté le dy massart obligiés et plusieurs aultres. Tiesmoing mon signe manuelle chy mis, le XX° jour d'octobre. Guis de Baudrenghien » (sic).
Quittance autographe sur papier
Maurice-Aurélien ARNOULD: Acquits ou documents justificatifs rendus par le receveur des aides de Hainaut à l'appui de ses comptes, 1496-1540 Palais des académies (1941) p.103
1501
On retrouve à la même époque, un "Guis de Baudrenghien" cité à Soignies.
1502
Jean de Baudrenghien dit de Boullogne demeurant à Tournai possédait un arrière-fief de Molembaix de sept bonniers qui passa après lui à Jacques Carlier.
1502
Alix de Baudrenghien (14088) vend le fief du Marquais sis à Pottes, à son cousin germain Gilles de Baudrenghien dit de Pont (14050).
Bibliothèque Royale
Fonds Houwaert
ms. II 6511,f° 277. 17ès.
1502
Ghossuin der Baudrenghien dit de Boullogne tient un fief de l'église Sainte-Waudru à Jemappes
A.G.R., Ch. C., n° 1121, biens des abbayes en 1502, f° 32
1502
Jacques de Baudrenghien, écuyer, seigneur de Ghomanpont et de Belle, bailli de Flobecq et Lessines est nommé bailli de Madame la Douairière de Fiennes, dame de La Hamaide.
1502
Dénombrement de la pairie de Silly : de Bruges, sgr de la Grathuse, prince de Stenhuse, conseiller du Roy, chevalier de son ordre et du Louvre à Paris, tient dudit Silly sa princhauté, terre et seigneurie de Steenhuse ung seul fief liege, laquelle se comprend en toute justice et seigneurie haulte, moyenne et basse, en la terre de Voorde que est tennemens d'icelle princhaulté... (sic)
Ernest MATTHIEU
"La Pairie de Silly, etc" pp. 12 & 13.V
oir également 1589.
1502
On cite Charles, fils illégitime de Arnould de Baudrenghien (mari de Flandrine de La Hamaide), demeurant à Ogy, tenant un fief près d Ansermont.
1503
Le 20 janvier on cite Jean de Baudrenghien, écuyer, comme tenant le fief d'Ansermont. Serait bailli de Werchin, aurait épousé en première noces Honorine de Valenciennes décédée en 1551, puis Quinte de Quarouble.
1503
Le 7 février ledit Jean de Baudrenghien dist qu'il avoit vendu audit Thomas Taynière une maison gisant en la rue Mouton à Ath.
Bulletin de la Commission royale d'histoire vol.80-81 (1911), p.302.
1503
Le 10 mars dépôt d'un dénombrement transcris par la main du bailli de Flobecq et Lessines, Jacques de Baudrenghien.
A.G.R. Les fiefs directs des comtés de Hainaut de 1349 à 1504.
Jacques de Baudrenghien, trésorier de Philippe le Beau.
1504
Parmi les Commissaires des montres et les Administrateurs militaires, on voit figurer Jacques de Baudrenghien en tant que Trésorier des Guerres de Philippe le Beau1 depuis sa prestation de serment le 19 août 1504, jusqu'au décès inopiné du jeune duc le 25 septembre 1506:
"Philippes par la grâce de Dieu archiduc d’Austriche duc de Bourgogne etc.1 Alexandre HENNE
Histoire du Règne de Charles-Quint en Belgique
Ed.1858 - p.369
A tous ceulx qui ces présentes lettres verront, salut.
Scavoir faisons que pour la bonne relacion que faite nous a esté de la personne de Jacques de BAUDRENGHIEN escuier, iceluy Jacques confians à plain de ses sens, expérience, loyaulté, preudhomie et bonne diligence, avons retenu commis et ordonné, par ces présentes nostre conseiller et trésorier des guerres où lieu de ....aer RYCKEWAERT, dernier possesseur dudit office, lequel pour certaines causes et considérations ce nous mouvans en avons deschargé et depporté, par ces présentes par lesquelles avons donné et donnons audit Jaque de BAUDRENGHIEN plain povoir, auctorité et mandement especial dudit estat de conseiller et trésorie des guerres doresnavant tenir exercer et desservir, recevoir et faire tous les deniers qui luy seront ordonne pour la conduite de sondit office au payement desdits deniers contraindre et faire contraindre tous ceuix et celles qu’il apartiendra et tenuz y seront comme bon est accoustumé faire pour noz propres debtes et deniers etc... e Donné à nostre hostel à La Haye en Hollande le x jour d’aoust l’an de grace mil cinq cens et quattre." 2
2 Bibl. Mun. de Cambrai, Manuscrit 1024 - Jean Pitpan de Montauban - f°136 v°. 1504 Aujourd’huy xix d’aoust mil cinq cens quattre, Jaques de BAUDRENGHIEN nommé au blanc de ces présentes a fait le serment pertinent à de trésorier des guerres dont dudit blanc est fait mention es mains de Monseigneur de MAIGNY, chevalier chancelier de Monseigneur l’archiducq fait à La Haye en Hollande les jour et an dessusdits.
Sur le repl par Monseigneur l’archiduc plus bas haneton (annotons) avec paraphe.
"Les nouvelles bandes d'ordonnance, celles dont il est question dans les comptes de Baudrenghien (1504-1506) et de Charles Leclercq (1506-1510), se composaient désormais de 50 hommes d'armes et de 100 archers à cheval. On avait donc complètement renoncé à la combinaison jadis adoptée par le duc de Bourgogne qui plaçait dans chaque compagnie des combattants à pied et des combattants à cheval..."
Mémoires de l'Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique.
Vol.40 (1873), page 57.
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1506
le pape Jules II, issu de la puissante famille des Médicis ordonne l'édification à Rome de la Basilique St-Pierre, à l'endroit où fut sacrifié le premier apôtre. Au Moyen Age, ce site était déjà l'un des trois hauts lieux de pèlerinages avec Saint-Jacques de Compostelle et Jérusalem.
1506
Le 25 septembre, Philippe le Beau (Habsbourg) meurt prématurément à Burgos (Espagne), à l'âge de 28 ans. Son épouse, Jeanne, en perd la raison. Un conseil de régence est mis en place jusqu'à la majorité de l'héritier qui n'a alors que 6 ans. Marguerite d'Autriche, la soeur du défunt assumera l'éducation des enfants tandis que Guillaume de Croÿ* gérera les finances et l'armée de l’Etat Bourguignon. Dès l’année suivante, le jeune Charles Quint porte les titres de duc de Bourgogne et de comte de Flandres; Marguerite d'Autriche est proclamée Gouvernante des Pays-Bas.
* Fils cadet de Philippe de Croÿ et de Jacobée de Luxembourg, Guillaume de Croÿ racheta la seigneurie de Chièvre à son père en 1485, où il fut enterré.
(visiter, église ouverte)
1507
ou peut-être 1508 (?), Gilles Derbaudrenghien dit de Pont érige un moulin situé au dit Evregnies sur un terrain tenu de l'Abbaye de Saint Martin (v.1553)
1509
le 10 juillet, naît à Noyon (Picardie) Jean Cauvin (Calvin): Elève brillant, il entame sous la pression de son père des études de droit et découvre à l'Université les idées humanistes et réformatrices. À la mort de son père, en 1531, il abandonnera le droit pour l'étude des lettres et s'impliquera dans les idéaux réactionnaires à la religion.
1510
11 juin : Compromis de vente par Jehan de Baudrenghien, époux de Quinte de Quarouble, bailli de Werchin et seigneur d'Ansermont, à Ysabeau Hachet veuve de Simon le Mesureur.
Ernest LEROUX
Revue Archéologique (1907) - page 123.
1510
Donation du 19 août et du 23 septembre de Jean Hanot demeurant à Valenciennes à l'hôpital d'Hautrages dont il est le fondateur: (...) journel et demi d'Aulnois environ, gisant audevant de la maison et cense de Maugarny, icelui acquis par ledit Jean Hanot à Baudrenghien de Valenciennes, tenant à l'héritage de ladite cense Maugarny, aussi à l'héritage de l'hôpital d'Hautrages, tierchement à l'héritage les hoirs Jacquemart Bucteau et quartement à l'héritage les hoirs Charlat.
Annales du Cercle Archéologique de Mons
Tome IV (Mons 1863) page 97 - "Annexes"
1511
Antoine de Glymes, fils de Baudouin, sr. de Tourinnes et d'Anne de la Haye, dame de Limelette, reçoit par acte du 14 juin, du chevalier Antoine Botillart, la seigneurie de Court (/Heure), dont il fit le relief par-devant la Cour féodale du Château de Namur le 30 juin 1512.
F-V. GOETHALS Dictionnaire généalogique des familles nobles de Belgique (1849).
1513
Le jeune roi d’Angleterre Henri VIII (22 ans, dynastie des Tudor) s’empare de la ville de Tournai et la déclare territoire anglais. Il y fait construire un quartier fortifié dont subsiste une tour construite en 1515 qui porte désormais son nom (ancien musée d’armes actuellement en réfection). Il sera délogé en 1518 par les Français. Tournai est la seule ville de notre territoire a avoir été sous domination anglaise.
1513
l'écuyer Hubert de Baudrenghien est échevin de Valenciennes. L'année suivante, il est cité maïeur de la seigneurie de Leuze à Escanaffles.
N. ref:14080
1513
Durant quatorze ans (1513-1527), de l’adolescence à la maturité, on retrouve l'inscription de Jehan de Baudrenghien, originaire de La Hamaÿde (sic) à l'Université catholique de Louvain (Leuven). D'abord comme Clerc; qualité donnée aux étudiants soumis pendant dix années aux enseignements de la logique, de la physique, de la métaphysique, et des arts philosophiques appuyés par les textes d’Aristote, redécouverts au siècle précédent. Seulement après quoi il pourra enfin prétendre accéder à la faculté supérieure de Droit pendant cinq ans.
Peut-être là-bas, a-t-il croisé Érasme, qui écrivait de Louvain en 1521 que : "Nulle part l’on n’étudie d’une façon plus heureuse, ni avec plus de quiétude(…) Nulle part l’on ne trouve un plus grand nombre de professeurs bien préparés à leur tâche*". C'est lui qui aura en charge les possessions terriennes du Comte Lamoral d'Egmont en Hainaut.Albert DELCOURT
Etudes et documents du Cercle Royal d'Histoire et d'Archéologie d'Ath et de sa région
tome VIII, 1989, p.180. Merci à Mr. André COTTON, conservateur de l'Ecomusée de La Hamaide.
* @-KUL-UCL
1513
Sous l'occupation anglaise (1513-1518), une nouvelle épidémie de peste accable Tournai durant 3 ans: "Nos anciens Mémoires, & les Registres de la Ville nous apprennent que l'an 1514 il y mourut bien trente mille personnes de la peste; il est vrai que ce fut compris ceux, qu'elle emporta de la Garnison Angloise, qui étoit de fix, à sept mille hommes".
Nicolas POUTRAIN
"Histoire de la Ville et Cité de Tournai, etc."
Tome II (1750)- p.565.
1515
le 1er janvier 1515, la branche des Valois-Angoulême succède à celle des Valois-Orléans par la mort subite du roi de France Louis XII et l'avènement au trône de son cousin et beau-fils François Ier, âgé de 20 ans, sacré à Reims le 25 janvier.
Le 5 janvier 1515, A l'aube de ses 15 ans, l'assemblée des Etats Généraux déclare la majorité de Charles Quint. La cérémonie d'émancipation se tint en la "Aula Magna", la grande salle d'apparat construite au cœur de Bruxelles* sous son aïeul Philippe le Bon. Il reçoit le gouvernement des Pays-Bas, dont la régence était assurée depuis la mort de son père, en 1506, par Guillaume de Croÿ. L'année suivante, au décès de son grand-père maternel Ferdinand le Catholique, il hérite les royaumes d’Espagne, de Naples, Sicile, Sardaigne et les territoires conquis en Amérique et est couronné roi d’Espagne sous le nom de Carlos Primero le 23 mars, en la cathédrale des Saints Michel & Gudule**.
Commence alors un long voyage à travers ses nouvelles possessions, marqué par de joyeuses entrées. Ce voyage inaugural marque le début d’une tournée quasi ininterrompue. Charles V renoue avec la coutume médiévale, d'un souverain ambulant, un monarque qui ne gouverne pas d’une capitale centrale mais qui, se déplaçant d’un centre régional à l’autre, se montre à la population. [1]*A l'emplacement de l'actuelle Place Royale.
**Voir les vitraux à gauche du transept en la cathédrale de Bruxelles.
Portrait du jeune Charles-Quint, réalisé par le "Maître de la Légende de Sainte Madeleine", Primitif flamand dont nous parlerons plus loin.
[1] DE BOOM (G.)
Les voyages de Charles Quint
Bruxelles, 1957.
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Comme en témoignent une vingtaine de testaments, nombre de Cottrel s'établirent à Tournay après l'an 1400 quand, d'après un crayon généalogique, ils auraient acquis en cette ville le droit de bourgeoisie. Une rue de la ville porte d'ailleurs ce nom. Pierre cottrel, fils du sgr. de Bettignies et de Marie Bernard fut nommé chanoine en 1489 et chancelier en 1501. En 1508 il devint archidiacre de Bruges avant d'être nommé vicaire général de Mrg. l'évêque de Tournai. Il eut pour successeur, dans l'office de chancelier, son dissipé* parent Nicolas Cottrel, qui mourut en 1542.[1]
[1] Bulletin de la soc. historique et littéraire de Tournai, extrait du tome V
*Un jubilé de chanoine à Tournai au XVI°s par le chanoine VOISIN, vicaire-général.
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1517
Jacqueline, 4° enfant de Jacques de Baudrenghien et Antoinette de Luxembourg, devait avoir environ 24 ans quand elle épousa Pierre Cottrel, et devint châtelaine de l'Estriverie* à Bois-de-Lessines.
* voir 1346
1517
Marguerite de Baudrenghien, la soeur aînée de Jacqueline, consacra les dix dernières années de sa vie à diriger les soins à l'hôtel-dieu de Lessines. Honorant les préceptes de la fondatrice, elle accueillait en hôtes bienvenus les malades les plus démunis et veillait autant à la rédemption de leur âme qu'au bien-être de leur corps. Car bien souvent, la population n'avait pas accès à la médecine, trop chère pour elle. On s'adressait au barbier ou au rebouteux, puis on venait mourir à l'hôpital.
Après la confession et quelques ablutions sèches, le catéchumène était alité, avec un ou deux congénères dans la dizaine de larges lits à rideaux rouges que devait compter la grande salle des "pôvres", aux plafonds démesurés, car au XVIème siècle, on se méfie de l'air confiné et des miasmes* qu'il porte en suspension. Les "estuves" (bains) sont proscrites par les médecins, qui leurs attribuent, non sans raisons catarrhes et contagions; l'hygiène corporelle se limitant à masquer les odeurs en se frictionnant avec des plantes parfumées.
*Emanations auxquelles étaient attribuées les maladies infectieuses et les épidémies.
Au XVI° siècle, le savoir homéopathique ou médical est intuitif et empirique, par la suite il sera aussi exponentiel, c'est là toute l'histoire de la médecine. La reine des pré est déjà connue comme anti-douleur, les feuilles du saule soulagent des céphalées grâce à l'acide acétylsalicylique qu'elles contiennent, mais nous découvrons encore aujourd'hui de nouvelles vertus à l'aspirine; la consoude sert à cicatriser et réduire les fractures, la pulmonaire est utilisée contre les problèmes respiratoires et le sédum pour soigner les brûlures, etc.
L'Inquisition interdit la dissection humaine ; l'homme n'a pas à découvrir le secret de la création divine. Avant d'être bravée, l'anatomie n'est connue que par analogies animales et jusqu’à la fin du XVII°s, les théories antiques de Galien, basées sur les humeurs (le sang et les urines) et leurs obscurs déséquilibres, auront force de loi pour traiter les pathologies les plus graves. Invariablement, les traitements consistaient à libérer le corps du patient
de ses humeurs peccantes (mauvaises), en suppléant les substances morbides qui pouvaient l'encombrer, par l'ingestion de produits sains : Selon les cas, étaient préconisés le suintement des plaies, une sudation massive, l'administration de potions diurétiques et/ou purgatives ou encore, une saignée salvatrice sur les 12 litres de sang estimés dans les veines de nos ancêtres; combien ne feront pas les frais de ces prélèvements abusifs comblés au lait d'ânesse ?*... La Dendre, longeant l'hôpital, offrait une solution pratique à l'élimination de ces "matières néfastes". Un orifice donnant sur la rivière avait d'ailleurs été prévu à cet effet dans le mur de la salle des malades. Excréments, urines et autres vomissures allaient se perdre dans une onde où les villageois, un peu plus loin, se plaisaient à aller pêcher, après s'être acquittés d'une taxe.
*Traitement encore préconisé en 1715, par l'élite médicale de France qui tuera Louis XIV gangréneux.
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1517
Un acte daté du 8 novembre nous apprend que les fiefs amples dits de Saint-Saulve et de Hutin appartiennent à Hubert de Baudrenghien, demeurant à Préseau par suite du trépas de sa cousine Jenne de Lannoy.
Baron Ethienne de BETHUNE - SULLY Aulnoy-lez-Valenciennes
(1955), p.35 où il faut lire 8-11-1517
1518
Fin de l'occupation anglaise à Tournai. La ville revient à François Ier et la région devient une enclave française ancrée en terre espagnole.
1518
Temporel de l'Abbaye de Sain-Amand: "Pour ce qui es bois de Hubermont que l'on dist Saint-Sauveur, à nous appartenant, es quels avons la moitié tant seulement et Jacques de Baudrenghien l'autre..."
A.G.R.. Archives ecclésiastiques 20.459°.
1519
Anne Baudringhien (ou Baudrenghien) née entre 1518 et 1520 fut admise à la profession par Catherine de l'Espierre. Elle lui succèdera comme prieure après le 4 novembre 1563, mais ne resta en charge qu'une année et demie.
L'hôpital Saint-Nicolas du Bruille (Saint-Andre) a Tournai de sa fondation a sa mutation en cloître, page 604 (36)
1519
Suite au décès de son grand-père paternel, Maximilien Ier de Habsbourg (Wiener-Neustadt 1459 - Wels 1519), Charles Quint hérite les Etats autrichiens et devient à 19 ans, l’empereur le plus puissant du monde avec une septantaine de titres cumulés et un territoire tellement vaste que le soleil ne s'y couche jamais.
1520
Les premières traductions imprimées des oeuvres de Luther sont introduites clandestinement à Tournai par les marchands qui entretiennent d'étroites relations avec les Allemands. L'auteur dénonce l'intimidation du purgatoire et les dérives des "Indulgences" qui en découlent. Même si à cette époque, très peu de gens savaient lire, l'idéologie circule et séduit peu à peu les Pays Bas.
1520
Jacques de Baudrenghien est Maïeur de Lessines, Simon fait partie du corps échevinal et Marguerite est prieure de l'hôpital.
Archives de la ville
de Lessines
1520
Vente de la seigneurie de le Plancq (à Pottes) par Hubert de Baudrenghien, seigneur de Préseau à Gilles Derbaudrenghien, dit de Pont, demeurant à Evregnies.
1520
19 octobre, Charles Quint ordonne par un placard que "Tous les actes et contrats en fait de bien immeubles au profit de gens de main morte, hôpitaux ou autres, sous quelque prétexte que ce puisse être seront dès ce moment nuls, d'une nullité absolue à moins de consentement des souverains"
On désignait par gens de "main morte" toutes les institutions qui échappaient au payement de ce droit, comme par exemple les institutions ecclésiastiques ou charitables1.1 Léon ROY
Dictionnaire de généalogie - p.399
Ed. Labor 2001
1521
Au cours de sa (re)conquête du Tournaisis, Charles Quint assiège Audenarde et s'éprend de la servante de Charles de Lalaing, seigneur de Montigny; Jeanne van den Gheynst, la fille d'un tapissier. De cette idylle naîtra une fille, Marguerite*, qui sera reconnue par l'empereur et élevée selon son rang.
Tournai sous tutelle espagnole est détachée du Tournaisis et brièvement annexée à la Flandre. Elle perd son autonomie communale et nombre de ses privilèges.*Marguerite de Parme, Gouvernante des Pays-Bas de 1559 à 1568.
1521
Tournai et le Tournaisis formeront deux provinces distinctes jusqu'à la fin du XVIIIème siècle.
Avec l'approbation du pape Urbain VI, le souverain dépêche un inquisiteur pour toutes les provinces des Pays-Bas lui appartenant afin de juguler le protestantisme.
1522
le 18 novembre, naissance de Lamoral d'Egmont au château La Hamaide.
1523
On cite un sarteur (bûcheron) de Baudrenghien à Flobecq.
Dernières volontés d'un écuyer au XVI° siècle.
1523
"Jacques de Baudrenghien, escuyer, sr. de Gomanpont, Belle, etc. Esp. Anthonette de Luxembourg (+1532), fille bastarde du sr. de Fiennes; par aultre généalogie, fille Jacques sr. de Fiennes, trespassa en 1523, le 17 may. Par tiltre de Lille de l'an 1507 apert qu'il estoit bailly de Flobecq et Lessines".
Il fut inhumé le 20 mai en l'église romane Saint-Pierre de Lessines (fin du XII°s) sous une lame de cuivre, suivant ses dernières volontés :Bibl. Mun. de Cambrai, Manuscrit 1024 - Jean Pitpan de Montauban
f°133 Vbis.Merci à Pierre Looze pour la transcription de ce document.
"In nomine domini amen. Sachent tous présents et ad venir, que je Jacques de Baudrenghien seigneur de Gommanpont adcer... et bien asseuré... toutte créature vivant fault finer et terminer vie par mort et non sachant l'heure, etc... il prie qu'on prend garde en sa ma... de luy... de se faire administrer des sacremens. Item estant mort qu'on le laisse sur quelque couche douze ou treze heures ou environ tout vestus comme estoit vivant afin qu'il soit veu mort et expire de ceulx qui en ceste etat le voleront veier tousieurs la Ste croix... près luy, et après d'estre mis en ung luyseau tout plat et deseubz soit fait une croix de cendre sur quoÿ on le couchera ensevelis remembrant qu'il est cendre et en cendre retourne en terre, et dessus son luyseau soit mis un lincoeul seullement et une croix de wason de terre remembrant que la terre fut créée et en terre revertis et ainsy voelt estre porté à la fosse de sa sépulture par six povres hommes à pied nudz et teste nude en mémoire (?) qu'il est venu tout nud au monde et tout nud s'en vat, et que ce soient pour vivans d'aulmosnes et qu'ilz aient chacun une robe noire, car il veult que ces mesmes soient occupé au jour de son obsecque comme dit sera cy après........... et que au venir quérir le corps pour porter en terre que le curé et deux chapellains et le clercq y viennent revestu de leurs tournicques et cappes et que il y ait deux torses (cierges) seullement non point (dit il) pour acompaigner ma charougne mais pour acompaigner la ste croix de Jhésus Christ et yront à deux costez de ladite croix.
Item je prie que je ne soye enterré que à l'heure de vespres (office du soir) aiant mémoire que le doulx sauveur Jhésus Christ fut sépulturé à heure de vespres et que il y ait depuis le lieu ou on me viend quérir jusque à ma fasse quattres ou cincq grises soeres qui aurent gardé mon corps mort deu durant le temps que j'auray couché mort ensevely lesque les m'accompaigneront ayant mémoire et remembrance de la très glorieuse sacrée mère de Dieu et des bonnes maries qui l'accompaignerent tant à la glorieuse pasion de Jhésus Christ... à la sépulture.
Item que au lever mondit corps pour porter en terre que lesdits curé chapellains diront les sept psalmes pénitencielz bien a trait et dévotement et les letaniesen dis, ou on dit "ora pro nobis ora pro deo" et les collectes y servant, puis feront leur debvoir de chanter(a) ce qu'il partient tant que mon corps sera mis en la fosse diront le pseaulme em admodum desiderat, et prie que alors tous ceux et celles qui de leur grace aurony accompaigné mon corps que avec les gens d'église chacun se mette en genoulx devant la Ste croix et figure de Jhésus Christ crucifié priant Dieu par... povre ame et que de là chacun se polra rethirer où bon lui samblera sans retourner à la maison mortuaire.
Item que son service soit fait en... où il sera enterré au plus tost sans .... anc et orgueil et que la couthe ne soit eslevée que iij ou iiij piedz de hault commerlé de drap noir(b) avec une croix blanche et iiij croix de bois ass ... deux à la teste et aux piedz plus haultes que les deux des costez et à chacune croix trois chandeilles de livre qui sont xij chandeilles en tout et alenthour de la couche xij povres revestus comprins les six quy m'auront porté en terre ayant chacun une torse de pris honneste.
Item qu'il y ait deux cordeliers et deux jacopins pour adsister à faire le saint service divin,je veulx aussy que jour soit donné à treze cens povres treze cens pains et treze cens gros qui est à chacun un pain et un gros(c).
Item, que le jour de mon service soient célébré aultant de messes qu'on poldra et jusques au nombre de trois cens messes et que ma femme et mes exécuteurs en facent tant dire que la somme soit employé car elle est en une bourse à part assavoir iij doubles pattar avec les xiij° gros ordonnéz aux povres(c), remectant le reste à la discretion de sa femme et exécuteurs. Ordonne aussy que partout où il at esté officier qu'on y envoye une torse armoyé de ses armes avec un solz de gros qui est son xij solz, et à l'église d'Ostich xl solz, à l'église de Wanebecq xl solz, à l'église de la Hamayde xl solz, à la capelle Notre Dame dudit Hamayde xxc solz, à Notre Dame de Lessines xx solzs, à St Pierre xx solz et aulx aultres chapelles, à chacune dix selz, aux grises soeres de Viana xl solz, à celles de Lessines xl solz pour lesquels légatz furnir se trouverent vingt Philippes d'or en la bourse(d).
Je veulx que en l'église où mon corps sera enterré que à toujours au grand autel on chante une messe par sepmaine à l'honneur du Saint Sacrement tous les jeudy réservé le jour du sacrementet du jeudy absolut s'y debvra en batteler, aussy allumer ij torses pour aller avec le curé prendre le cibaoire et l'apporter à l'autel en chantant "O quam suavis est"(e) et à l'élévation du corpus un "O salutaris hostia"(f) et à la fin de la messe sur la sépulture dire miserere et de profundis avec collecte et jecter eau bénitte, puis le curé retournera à l'autel et tenant le ciboire vers le peuple chanter genitori.
Item l'on paiera au curet x £, aux ij adsistans, lx solz chacun,... au clercq pour batteler et chanter lx solz, à la fabrique pour pain, vin et luminaire vij...
Puis ordonne par ledit testament à Marguerite sa fille (qui épousa Charles de Cottrel) maienée deux cens £ de pentien que doibt la ville d'Ath. Laissant le surplus des biens meubles, debtes, catelz, vaisselz et argenau déseuré desdits ordonne à Anthoinette de Luxembourg sa femme pour en user à sa pure volonté...
Faict l'an 1522 le 3 de march. Furent présens comme hommes de fief, Jean de Solre, Jean de Rosteleur, Jean Le Corbesier et Christophe du Gardin. Tous les seelz sont rompus.Idem ibidem
f°133 à 138
Selon une antique coutume gauloise, le défunt était déchaussé (Eux, coupaient les pieds de leurs morts).