DEBAUDRENGHIEN - DERBAUDRENGHIEN

~ Huit siècles d'histoire en Hainaut ~

Recherche collective publiée par Philippe Debaudrenghien.

 


 
 

Avant-propos

 

     Ce site est consacré à l'étude patronymique et généalogique des baudrenghien sédentarisés en Cambrésis, en Tournaisis et au Pays des Collines depuis des temps très anciens. Les intervenants y sont succinctement reconsidérés dans leur contexte historique et sauf indication contraire, dans les limites de l'actuelle province du Hainaut belge, la proximité n'étant pour certains d'entre eux que purement géographique. Outre les habituelles recherches communales ou paroissiales et autres monographies, elle résulte des mentions manuscrites ou imprimées données par les chercheurs et historiens distingués de toutes époques confondues et pour les plus anciennes d'avant les irréparables dommages de la Seconde Guerre mondiale.

 

Nous vous souhaitons une plaisante lecture.

 

| Sommaire |

 

Introduction

 

       Durant son camp d'été 1962, une patrouille de scouts tournaisiens surprise par une averse s’abrite dans la petite église de Cour-sur-Heure près de Gozée. Parmi les jeunes se trouve Jean-Pierre Debaudrenghien, qui découvre stupéfait la dalle funéraire d'un Jacques qui porte le même nom que lui, seigneur du lieu, mort trois siècles plus tôt. De cette trouvaille naquît une passion qui le poussera bientôt à entamer de sérieuses recherches généalogiques, que nous poursuivons ensemble depuis plus d'une décennie, avec un enthousiasme commun et la précieuse collaboration de contributeurs, que nous tenons à remercier ici individuellement, par ordre alphabétique :

 

- Mr. le doyen Francis Cambier
- Mr. Bernard Demaire (Orcq)
- Le Dr. Jean-Pierre Derbaudrenghien (Jamioulx)
- Mr. Pierre Looze, (Gerpinnes).

 

Remerciements

 

Aux Archives Départementales du Nord (ADN) ~ les Archives de l'Etat à Tournai (AET) ~ les Archives Générales du Royaume (AGR) ~ Les Administrations communales d'Estaimpuis et de Pottes, et plus particulièrement celles de Flobecq, de Silly et de Tournai pour leur courtoisie ~ La Bibliothèque Royale Albert Ier (Albertine) à Bruxelles ~ Les Bibliothèques des Hautes Ecoles d'Arts Plastiques à Mons et de Louvain en Hainaut à Leuze (HELHA) ~ Mrs. Sarah E. Boehme, Curator of Stark Museum of Art (Orange, Texas) ~ Mr. Xavier Canonne, directeur du Musée de la Photographie à Charleroi ~ A titre posthume au comte Paul-Armand du Chastel de la Howardries, très fréquemment cité ici ~ Mrs. Raphaël Debruyn, conservateur, Marc Vuidar et aux historiens du Musée de l'Hôpital Notre-Dame à la Rose de Lessines ~ l'Ecomusée du Pays des Collines à La Hamaide et son conservateur Mr André Cotton où nous avons toujours, là aussi, reçu un très bon accueil ~ Feu Jean-Marie Debo, mémoire de Wannebecq ~ Son Excellence Jean-François Delahaut, alors Ministre-Conseiller à l'Ambassade de Belgique au Gd-D. de Luxembourg ~ Feu le colonel Albert de Lannoy, Administrateur de l'O.G.H.B., décédé en 1989 ~ André de Meyer, Archiviste du cercle historique local de Overmeere ~ le Commandant Daniel de Saint André, Président honoraire du Cercle Généalogique du Ministère de l’Intérieur [Fr], pour leur aide sur les Coudenhove ~ Mlle. Isabelle Deramaix, Archéologue pour la Région Wallonne, chargée des fouilles à ND à la Rose de Lessines de 2001 à 2003 ~ Mrs. Damien Desqueper de l'AGHB à Tournai ~ Adrien Dupont, Archiviste de la ville d'Ath & Mr. Laurent Dubuisson, historien ~ les généalogistes éclairés; Yves Fremat, Jean-Charles de La Hamaide (Paris), Anne Hamaïde (Aix en Provence) et Luc de la Hamette (Gd-D.Lux) ~ l'Institut royal du Patrimoine artistique (IRPA) ~ Maître Constant Jonniaux, notaire à Ville-Pommeroeul ~ Fraü Marion Kolanoski & Rainer Michaelis, Kurator der Staatlichen Museen zu Berlin ainsi que Mme. Louise Longneaux, assistant technique de la Friedländer database 3.0 (IRPA) et J-P Meulemeester, historien de l'Art (Bruxelles) ~ Messieurs Patrick Gillard, historien et Philippe Michiels, enseignant (Evregnies) ~ l'Office Généalogique et Héraldique de Belgique (OGHB) ~ Lynn Ransom, Project Manager, Schoenberg Database of Manuscripts (University of Pennsylvania) ~ Patrick Seeuws (Cour-sur-Heure) ~ Mrs. Delbecque & Van Meenen de la Société de Sauvegarde du Patrimoine de l'Entité de Celles (Pottes) ~ Mme Sory, propriétaire de la ferme du Temple à Saint-Léger ~ Messieurs Yves de Tarade & Claude d'Ampleman, créateurs du "Grand Armorial" ~ Ronald Van Belle, PhD University of Ghent, auteur d'une étude sur les lames funéraires en cuivre conservées en Belgique [2011] ~ Yves Vandamme (Hérinnes) ~ Dr. Dominique Vanwijnsberghe, chercheur à l'IRPA; spécialiste de la miniature médiévale de nos régions ~ Messieurs Peter Frischkörn et Alain Wÿns pour leurs précieuses traductions.

 

 

Sommaire
Optimalisation des raccourcis uniquement sous Windows Internet Explorer

TRANSLATION - Select a language
  • > - Accès direct à la dernière mise à jour
  • 1 - Avant-propos
  • 2 - Recherche étymologique
  • 3 - Evolution du patronyme
  • 4 - Origines hainuyères
  •  
    4.1 - Les (de/der) Baudrenghien à la croix de gueules
    ----  Brisure du blason ancestral à la croix de gueules
    4.2 - Les (de) Baudrenghien aux hamaides de gueules
    4.3 - Les (de/der) ou Baudrenghien de France

  • 5 - Espérance de vie
  • 6 - Périodes historiques (détail)
  •  
    6.1 - Ere féodale (XI°-XIII°s)
    6.2 - Les ducs de Bourgogne

    6.3 - Les Habsbourg (1477-1515)

    6.4 - Le Régime Espagnol (1515-1713)

    6.5 - Les Pays-Bas Autrichiens (1713-1791)

    6.6 - La Belgique française (1792-1815)

    6.7 - Le Royaume des Pays-Bas (1815-1830)

    6.8 - La Belgique indépendante (1830 >)
  • 7 - Localisation des fiefs et seigneuries
  • Armorial
  • Succession des Comtes de Hainaut
  • Orientation bibliographique
  • Lexique des mots anciens ou héraldiques
  • Liens vers d autres sites
  • Agenda culturel, touristique et folklorique

  •  

    | Sommaire |

     

    2. Recherche onomastique & étymologique

    L’onomastique est l’étude des
    noms propres de personnes
    (anthroponymie) et de lieux (toponymie),
    l'étymologie est la recherche
    de leur origine.


    audrenghien, Baudringhien, Boudrenghien, Boudringhien ou ghin,
    Debaudrenghien, Debaudringhien, Derbaudrenghien, Derbaudringhien, etc.

     


        
    Au Cinquième siècle, parmi les peuples barbares jaillissants des décombres de l'Empire romain, les Francs Saliens, venus de la région de l'Yssel* sous la conduite de Clodion, s'emparèrent de nos régions.
    Au siècle suivant, Mérovée, chef mythique s'il en est, s'établit à Tournai et fonde une dynastie si importante dans l'histoire, qu'une période de quatre siècles porte son nom.

     

    * Yssel ou Ijssel :
    Rivière des Pays-Bas
    alimentée par le Rhin.


     

    Les Mérovingiens entretinrent une relation d'intérêt récurrente avec les Romains et s'accommodèrent volontiers de leur mode de vie. Ils cohabitèrent en bonne entente et obtinrent même chez nous, le statut d'alliés de l'empire décadent qui de son côté, avait conservé l'opportunisme de son passé glorieux.

    Si les autochtones du nord, moins "romanisés",1 s'adaptèrent à la civilisation germanique, on observa une intégration inverse au sud, qui, in fine, permit à Clovis de rapprocher son empire du catholicisme 2 et insinua avec l'adoption progressive de la langue parlée, la transcription en latin des lois saliques de tradition orale, telles que la mise à l'index des mariages consanguins ou l'écartement des femmes du droit de succession au profit de la primogéniture masculine.

     

    1
    Le "pays flamand" compte 10 fois moins de villas romaines que la Wallonie où l'on en dénombre environ 400

    2
    - Vers 486, Tournai devient un siège épiscopal dépendant de l'archevêché de Reims. Son premier évêque est Eleuthère.
    - En 496, Clovis se converti au catholicisme à la bataille de Tolbiac et se fait baptiser à Reims après sa victoire sur les Alamans.

    Les fréquentes désinences nominatives gallo-romaines "-iniacum", ("lieu de"), se déclinèrent à partir du VIème s. en "-inga haim" et plus tard, par contraction en " -ghem", " -gem" ou " -gen", déclinaisons purement thioises (germaniques), désignant l'«habitation ou le domaine des gens de…» et ce, sur une vaste étendue demeurée partiellement bilingue, s'étendant du Pas-de-Calais à la frontière rhénane.
    Au
    VIIème s., sous la pulsion évangélisatrice des sièges épiscopaux de Tournai et d'Arras, les parlers romans recrûrent, mais ce n'est qu'à partir du XIIème
    siècle, avec l'ébauche spontanée d'une frontière linguistique, qu'elles apparaîtront systématiquement au sud de celle-ci sous la forme francisée "-ghien", quand les puissants propriétaires terriens que seront devenus les monastères et autres abbayes feront défricher les bois de leurs donateurs (sarts, roeulx) et convertiront les terres vagues (trieux) en labours, provoquant la genèse de nouveaux villages cernés de terres rendues cultivables.

     

    Lire Maurits GYSSELING
    (traduit par Jules HERBILLON)
    « La genèse de la frontière
    linguistique dans le nord
    de la Gaule
    ».
    Revue du Nord, tome 44,
    n°173, janvier-mars 1962,
    page 29

     

    Il est intéressant, à ce propos, de se pencher sur une zone limitrophe restreinte, au sud de l'axe linguistique "Renaix-Halle" où, sur une vingtaine de kilomètres, on retrouve nombre de ces noms en "-ghien" et où fut découverte, aux limites de Meslin-l'Evêque et de Ghislenghien, une villa romaine d'importance estimée par les archéologues de la Région Wallonne au Premier siècle de notre ère.
    Ainsi, Edingen (Enghien), habitation des gens de «Edo» ; Oeudeghien, demeure de «Eude» ; Ghislenghien, maison de «Ghislain» ; «Baldeghem»  maison de «Bald»; «Baudrigen» ou «Boudergem», francisés «Baudrenghien»; domaine de «Baudry» ou de «Baudouin». Ces prénoms à fortes consonances ont en commun la racine «Baud *» qui est la francisation du flamand "Boud", ou de l'allemand "Bald", qui avaient au Moyen Age le sens de "Hardi". C'est pourquoi on peut rencontrer des variantes empreintes de mixités linguistiques telles que «Baudringhem» à Campagne-lès-Wardrecques dans le Nord de la France, ou

     

     

    Baldwin :
    Bald = "audacieux"
    Win = "ami"

    Baudry, dériv.  Baldéric
    Bald = Baud = "hardi"
    Ric = "puissant et roi".

    «Boudenghien» à Flobecq, ce lieu étant avancé par Jules Herbillon et Jean Germain* comme le berceau hainuyer des Baudrenghien, Baudranghien, Baudringhien
    Boudrenghien, Bouderenghien (p.131) Debaudrenghien (p.209), la préposition "de" marquant l'origine ou la propriété et enfin, «Derbaudrenghien» (p.255); "Der" étant le génitif féminin singulier de l'article néerlandais "de" (p.254), ces derniers trouvant  par le comte du Chastel leurs racines au nord de Tournai, de l'autre côté de la Schelde (Escaut), en la Seigneurie d'Erembodeghem sur Moen et Outryve (nu in West-Vlaanderen).


     

     

    Jules HERBILLON
    & Jean GERMAIN,

    Dictionnaire des nom de
    famille en Belgique romane
    ,
    Crédit Communal de Belgique.
    Vol. I, 1996 (A-N,)
    pages 209 et 255.

    "Boudenghien" à Flobecq est
    devenu un quartier résidentiel
    prisé pour sa quiétude.

    Jadis les gens du peuple n'étaient connus que par un sobriquet tiré de leur profession, de leur conformation physique, de leurs qualités morales ou comme dans notre cas, d'un lieu de référence; de leur « pays » comme on disait autrefois.
    A partir du XIIe siècle, ce sobriquet devint le nom de la famille bourgeoise qu'ils fondaient lors de leur affranchissement.
    1 On y associa un prénom pour différencier les individus, mais ceux-ci les transmirent souvent de père en fils, ce qui en généalogie nous occasionne parfois des soucis.

     

    1 Honoré de BALZAC
    La recherche de l'absolu
    (1835), page 109.

    Si le hameau de Boudenghien à n'en pas douter fut occupé et rebaptisé selon leur coutume par des colons Francs, la population préexistante aura été Romane auparavant et sans doute Gauloise avant elle. Dès lors, sans un test ethnique d'agnation*, dont le coût n'est pas négligeable et la fiabilité non garantie, il serait hasardeux de revendiquer l'ascendance masculine d'une de ces communautés au détriment d'une autre.

     

    * Dans leur ADN, tous les hommes de la même lignée paternelle se transmettent un chromosome Y identique qui permet de déterminer les proportions éventuelles des racines génétiques.

     

    | Sommaire |

     

    3. Evolution du patronyme,
    Répartition chronologique et géographique


     

    *

    1842-1846, suppression dans le registre communal d'Evregnies du premier "R" du nom, pour
    les descendants de Louis Jh De(r)baudrenghien (ref.5050) époux de Joséphine Pinchemail.

    Au 1er janvier 2006, la population belge était évaluée à 10.511.382 individus. Dans les graphies qui nous intéressent, les plus répandues sont "Derbaudrenghien" qui comptaient cette année là 80 porteurs du nom répartis en Flandre et en Wallonie, suivis par une soixantaine de "Boudrenghien" tous établis dans la partie francophone du pays. Sont restés fidèles au Hainaut, une vingtaine de "Debaudrenghien", tous apparentés; une quinzaine de "Baudrenghien" et autant de "Bouderenghien". Nous trouvons également une dizaine de "Baudranghien" dans la région liégeoise. Une quarantaine de "Boudringhien" et une quinzaine de "De Baudringhien" sont concentrés en Flandre Orientale et dans la région d'Anvers, peut-être et avec toutes les réserves d'usage, en rapport avec les "Baudrenghien", dits "de Bouloigne" originaires de Celles, qui habitèrent cette ville plusieurs années avant de s'expatrier à Amsterdam vers 1546 ?. Il subsiste enfin une poignée marginale de "Baudringhien" et "Derbaudringhien" en Tournaisis. Soit un peu moins de 300 porteurs du patronyme et de ses dérivés. La liste des "8772 électeurs de la ville de Tournai en 1914" livrée sur Internet* porte à notre connaissance un Augustin et un Désiré Derbaudrendhien et un Henri homonyme mais orthographié sans "h".

     

    Chiffres donnés à titre indicatif,
    sources Internet non officielles.

    * Merci à Mr René JAMMART.

     

    En France, nombres sensiblement identiques des "Baudrenghien" et "Boudrenghien" localisés principalement dans le département du Nord [59], notamment à Lille, Roubaix et Armentières; mais aussi dans la Somme [80]; en Charente-Maritime [17] et dans le Lot et Garonne [47]. Pour les Debaudrenghien, "Généanet" m'a donné fin 2010: 36 personnes dans le Nord-Pas-de-Calais (67,97 %);  16 en Ile-de-France (30,19 %) et 1 en Poitou-Charentes, soit 53 résidents.
    Sur un site de socialisation, nous voyons aussi quelques Debaudrenghien (sic) de nationalité espagnole, probablement issus de l'hexagone voisin.

     

    Chiffres donnés à titre indicatif,
    sources Internet non officielles.



    | Sommaire |

    4. Origines hainuyères

     

    Orthographe francisée admise
    par le dictionnaire Larousse.

    "Je ne fçay fi c'eft Famille eft originaire de Hainaut, où d'Artois, bien fcais-je qu'elle fe fit connoiftre en Cambrefis dés l’an 1232". (sic)

     

    Jean LE CARPENTIER
    Histoire de Cambray et du Cambrésis.
    « De l'estat de la Noblesse »,
    III - p.182 (1664).

     

     

     

    Contemporanéité au XIV°s de deux blasons distincts

     

     

    "Le plus ancien sceau que nous ayons vu est celui d'un Piérart de Baudrenghien qui portait pour armoiries une croix cantonnée de quatre étoiles. Il vivait en 1370 et avait pour contemporain Ernoul de Baudrenghien qui scellait en 1374 d'un écu portant une Hamaide de trois pièces chargées de besants...".1

     

    1 Comte du CHASTEL
       de la Howardries
    :
    La Noblesse Belge,
    Annuaire de 1912,
    Tome I, page 281

    Tous les généalogistes qui se sont penchés sur notre patronyme se sont immanquablement posé la question de savoir s'il y avait une ou deux familles homonymes, toutes deux établies dans le nord du Hainaut ?
    La solution pour beaucoup était qu'un Baudrenghien portant la croix de gueules cantonnée d'étoiles aurait, après une alliance avec une La Hamaide, repris les armes de cette famille en chargeant les pièces de la Hamaide d'un nombre, d'ailleurs variable de besants. On peut lire cette affirmation dans Herckenrode, 3
    Castro y Toledo, Goethals, 4  etc., qui tous assurent que Jacques de Baudrenghien, mort en 1523, fils d'Arnould et de Flandrine de La Hamaide, aurait repris les armes de sa mère. Mais dans l'ANB de 19121 le comte du Chastel signale qu'il a trouvé dans un acte tournaisien daté de 1413 une Marguerite de La Hamaide citée comme épouse d'un Ernoul de Baudrenghien. Ne serait-il pas le prisonnier de Baesweiler, Arnould van Baddelghem 5, faisant déjà usage en 1374 d'une fasce à une hamaide de 3 pièces, respectivement chargées de 3, 2 et 1 besants et dès lors, lui le premier qui aurait adopté les armes de cette famille, celles de sa femme ?

     

    Albert de LANNOY
    "A propos des Baudrenghien"
    Le Parchemin n°183
    Mai - juin 1976
    pp. 142-143.

    3  VEGIANO-HERCKENRODE
    Nobiliaire des Pays Bas et du Comté de Bourgogne.
    Vol. I, p.119 - Gand 1870.

    Félix GOETHALS
    Dictionnaire Généalogique
    et héraldique.

    Tome L, pp. 537-538.

    5 Alphonse VERKOOREN
    Inventaire des Chartes
    et Cartulaires de Brabant
    1153-1383

    Ed. Hayez 1913, p.482

     

    A la fin du XVIIème s, l'officier Héraut roi d'armes, Jean-Baptiste, Antoine de Grez, se distingua de ses prédécesseurs en ébauchant un arbre généalogique représentant les deux blasons côte à côte.1 Il cautionne le travail de son contemporain, Jean Le Carpentier, en débutant par un aïeul commun portant l'écu tournaisien à la croix de gueules et attribue les premières armes aux hamaides brisées de besants à Jacques, fils de Arnould de Baudrenghien et de Flandrine de La Hamaide dont nous venons de parler. Goethals adhèrera plus tard à cette théorie en la retranscrivant sous forme d'un tableau manuscrit conservé à la Bibliothèque royale. 2

     

    1  Min. des Affaires étrangères,
    - Fonds héraldique - s/réf. 3m46.
    (En Belgique, le Conseil de la Noblesse est du ressort des Affaires étrangères).

    2 Bibliothèque royale,
    Cabinet des Manuscrits
    - Fonds Goethals -
    réf. ms G.998 (XIX°s)

    A contrario, le comte Paul-Armand du Chastel de la Howardries (1847-1936) suivi par des généalogistes modernes, refuse cet amalgame et dissocie les Baudrenghien de Tournai et de Lessines, dont la proximité ne serait que géographique et purement fortuite.

     

     

     

     

    | Sommaire |

     

    4.1. Les (de/der) Baudrenghien portant d'or à la croix de gueules
     

       

    Armes - origine et signification.

     

     

    Les premières armoiries apparurent en Europe occidentale entre 1120 et 1150 afin de distinguer les belligérants en armure sur les champs de bataille. En 1188 au départ de la Troisième Croisade, les alliés convinrent de distinguer leurs combattants par la couleur de leur croix et le rouge fut attribuée aux français5.

    Un atout généralisera son usage au sein de l'aristocratie avant la fin du même siècle; celui qui deviendra par coutume et intérêt de gracier une vie contre une rançon. Tradition qui ne sera trahie pour la première fois qu'en 1415 par les Anglais à la terrible journée d'Azincourt. Au XIVe siècle, on brode les insignes des familles sur la cotte d'armes portée par-dessus l'armure. Les, les vitraux des églises et de nombreux objets de la vie courante sont ornés de blasons. C'est ce qui donne naissance au terme «armoiries» (armes, armoyer).
    À partir du XVIIIe siècle, avec le développement de nouveaux emblèmes (chiffres, devises, monogrammes), cet usage décline.
    .

       

     

    Le "touche-à-tout" Pierre Barthélémy Gheusi écrivait en 1932 : "les auteurs qui attribuent aux métaux et couleurs une signification (par exemple.: gueules=courage et loyauté) ne sont que des charlatans ou des naïfs" (...) A l'exception des armes figuratives ou de celles qui font allusion à un fait historique, les symboles colorés et géométriques qui les composent n'ont souvent aucune signification particulière, l'ensemble n'étant que la marque d'une famille.1

    L'Armorial figuré de Tournai et du Tournaisis par le comte du Chastel, planche 9 2a, représente en noir et blanc avec hachures et pointillés pour distinguer métaux et couleurs; un blason de Baudrenghien / d'Er(e)baudrenghien portant d'or à la croix de gueules (rouge) cantonnée de 4 étoiles à 6 rais de sable (noir). D'après le même ouvrage paru dans "la revue Tournaisienne" après 1910 et consultable aux Archives de l'Etat locales, une seule autre famille du Tournaisis portait d'or à la croix de gueules: un des deux plus grands noms du Tournaisis et de la Pévèle 2b; l'illustre famille de Mortagne. Elle connaîtra toutes sortes de brisures, mais demeurera la croix de Mortagne, de gueules sur champ d'or. 6

    Mais dans un temps où tout satisfaisait au nom de la religion, la croix trouva sa place sur nombre de blasons. Tous les Croisés l'ont portée par-dessus leur cotte de maille, mais devenue tellement usuelle qu'elle en a perdu cette distinction1. Par ailleurs, le symbole de la chrétienté pourrait représenter la garde de l'épée du chevalier 3 un signe de rédemption adopté par les Preux dont la bravoure était exaltée par la dévotion.4

    Le professeur Dr. Ottfried Neubecker (+1992), héraldiste distingué, confirme dans "Le grand livre de l'héraldique" 5 que la norme française toutefois non restrictive des étoiles héraldiques était de cinq rais et de six en empire germaniques. 5 Raison possible pour laquelle elles feront l'objet d'une brisure en ce sens pour les Baudrenghien alliés aux du Bus ou ceux de Valenciennes ?.

     

    1  P.B. GHEUSI
    Le Blason - Théorie nouvelle
    de l'art héraldique.

    Paris 1933, p.21 et 77

    2a  P.A. du CHASTEL
    Armorial figuré de Tournai
    et du Tournaisis.

    2b P.A. du CHASTEL
    Notices généalogiques tournaisiennes,
    Ed.Vasseur-Delmée, 1881
    Tome I, page 5.

    3  Victor BOUTON
    Nouveau Traité du Blason,
    Paris 1863, p.126.

    4  Jouffroy d'ESCHAVANNES
    Traité de la science du blason
    (1885) p.71.

    5 O. NEUBECKER
    Le grand livre de l'héraldique
    Elsevier 1976 - p.24.

    6 Mémoires de la Société historique et littéraire de
    Tournai, (1893)
    tome 24 , page 85.

     

    Comme signalé plus haut, le comte du Chastel considère que les Derbaudrenghien de la région de Pottes, Evregnies, Tournai sont issus de la seigneurie d'Erembodeghem, car leur nom s'écrivait dès le XIIème siècle sous la forme francisée d'Ierebaudenghien1 ou d'Erebaudrenghien2a. Cette seigneurie, devenue vicomté au XVIème siècle était géographiquement proche de Pottes, à l'extrémité Nord-est du Tournaisis, sur les villages de Moen et Outrijve, où ils possédaient un fief devant Bossuit (Avelgem) tenu de Gilgof de Deuwaerder cité 1452 et Helchin (Helkijn) où un d'Erbaudenghien vendit un moulin à Michel de Warenghien, Evèque de Tournai.2 Nous savons que ce fief a appartint au XIVème siècle à la maison de Steenhuis, seigneurs de Zwevegem (Swevenghien). Passa ensuite aux XVème et XVIème siècles à la famille de Gavre, dite d'Escornaix, sr. de Nokere, Bevere et Herboyghem, avant de passer aux maisons de la Vichte à la fin du XVIème et au XVIIème s., et celle de Croix au siècle suivant.

     

    1 Albert de LANNOY
    "A propos des Baudrenghien"
    Le Parchemin n°183, p143
    (Mai-juin 1976)

    2a P.A. du CHASTEL
    Armorial figuré de Tournai
    et du Tournaisis.

    Planche 9, figure 11.


    2 Xavier de GHELLINCK-VAERNEWYCK
    "Les Sires de Pottes-sur-l'escaut"
    pp.34-36 & 311-315
    (A. Siffer, 1899).

    Evregnies

     

     

    Evergnies au XIII°s, tient son nom de la langue teutonique. Le premier radical "ever" est flamand, le second wallon: preuve qu'on a dû dire "Everghem" primitivement. Etymologiquement, il signifie "terre de sangliers".1 Situé à trois lieues (13 kms) de Tournay à la gauche de la chaussée vers Courtray, le village contient en 1812, deux cent septante et un bonniers, huit cents verges. Il tient du Nord à Dottignies et à Espierres, de l'orient à Saint-Léger, du midi à Saint Léger et à Estaimpuis, de l'occident. L'on voit à Evregnies le moulin dit de "Chappelle", les Ursulines de Tournay y possèdent des terres2. Un château fort désigné sous le nom de manoir du Chastel, fut le berceau et donna son nom à l’illustre famille des comtes du Chastel de la Howardries*. Il sera vendu avec ses dépendances en 1372 à l'abbaye de saint Martin de Tournai3 qui y possédait déjà de très belles fermes. Monsieur l'abbé était le seigneur du village. Saint Martin y était décimateur pour deux tiers, c'est à dire que l'abbaye prélevait cette part sur la dîme (soit 2/3 du dixième des récoltes) et patronnait la cure en vertu de la donation qui lui fut faite en 1092, par Radbold II, évêque de Tournay et confirmée par le Pape Innocent II, en 1131. Le dernier tiers de cet impôt consistant en trois gerbes au cent, et environ 8 bonniers de terre presque attenants revenait précisément à ladite cure. L'église paroissiale y est sous l'invocation de Saint Waast, dont on célèbre la fête au jour de la translation le 15 juillet. L'ancienne Cure, dont les bâtiments existent toujours, est éloignée de 300 pas, c'est une vaste ferme en quadrilatère entourée de larges fossés, millésimée de 1640 sur une poutre en bois. Elle servit de presbytère jusqu'en 1728.

     

    1 A.-G. CHOTIN
    "Etudes Etymologiques sur les villes et villages de la Province
    de Hainaut

    Casterman, Tournai 1858.

    2 M. HOVERLANT
    "Essai chronologique pour
    servir à l'Histoire de Tournay"

    résumé p.171
    (LVII-1812)

    3 Patrick GILLARD
    Des histoires d'Evregnies
    volumes 1 et 2, 1980-1981.

    * Lieu orthographié "Haut-Warderie" par Ferraris.

    **La ferme de l'Abbaye est aujourd'hui un restaurant.

    Dans le premier quart du XVI°s, Hubert de Baudrenghien portant les armes tournaisiennes "d'or à la croix de gueules cantonnée d'étoiles" devint un des Pairs héréditaires du Comté de Valenciennes, par le legs du fief de "Pressal" (Préseau) que fit sa cousine Jeanne de Lannoy en sa faveur. Un long article fut consacré à ce sujet en 1978 dans "le Parchemin".1

     

    1 Le Parchemin
    (Périodique édité par l'OGHB traitant de généalogie et d'héraldique)
    n°196  (1978).
    pages : 207 à 223

    A la fin du XVII°s, le village d'Evregnies fut ruiné par la guerre. Il renaîtra péniblement de ses cendres, grâce à sa population méritante, que seule la kermesse annuelle venait égayer le deuxième dimanche de septembre.2 Entre 1720 et 1789, sa population doublera passant de 400 à 824 habitants en seulement deux générations. Le travail est saisonnier, la production de sabots alterne les travaux des champs avant de connaître une expansion à la fin du XVIII°s. et occuper à temps plein jusqu'à 90 personnes du village et de ses alentours, avant de péricliter après la Seconde Guerre mondiale et voir le dernier sabotier s'éteindre en 1963.

     

    2 M. HOVERLANT
    Essai chronologique pour
    servir à l'Histoire de Tournay

    (1812) LVII - p.171 (résumé).

    Les Dillies

     

     

    Les Dillies (Dilly, Dhilly, Dillies) tirent certainement leur nom de la paroisse d'Illies, dans le pays de Weppes, un des cinq "quartier" de la châtellenie de Lille, où ils furent bourgeois dès 1476, et se seraient répandus aux environs. Ils figurent à Lannoy au rôle des "vingtièmes" de 1602 en 1653 jusqu’à 1681; Arnould Dilys, né en 1608, marié à Madelaine Heere est hôtelier à Luigne. Ils sont notaires de 1671 à 1734, puis passent à l'industrie textile et Pierre Dillies introduit le tissage mécanique de la laine à Roubaix en 1859. On retrouve un André Dillies, notaire à Tournai en 1650. En novembre 1660 Florent Dillies notaire d'Evregnies, fonction perpétuée jusqu'en 1791, épouse Marie Derbaudrenghien, fille de Simon et de Marie-Jeanne Lefebvre, etc. Des Derbaudrenghien furent lieutenant de bailli à Evregnies.

     

    Nord généalogie
    81/1986 - p. 413

    Note

     

     

     

     

    Dans le comté de Hainaut, les actes et contrats à caractère personnel, dits de juridiction volontaire, étaient passés devant les cours féodales, les échevinages et les hommes de fief sur plume, ce qui constitue une singularité propre à son histoire institutionnelle.
    Des notaires apparaissent toutefois dans plusieurs localités hainuyères à certains moments précis et durant un temps très limité : une première fois dans le dernier quart du XVIIe siècle, une seconde fois au début du XVIIIe siècle, sous le régime "anjouin" (Philippe d'Anjou; guerre de Succession d'Espagne, 1704-1713).

    Le notaire de nos campagnes était jadis un "Généraliste du Droit", étendant les compétences qui lui sont restées à celles de greffier et à la gestion rémunératrice de baillages importants, comme le firent Maître Jean Dillies et après lui son fils pour le compte de l'Abbaye de St. Martin.
    Il avait dans ses attributions la rédaction des contrats de mariages et des testaments ou l'inventorisation des biens après décès, ce qui nécessitait parfois deux visites quand la pose d'un scellé de cire s'imposait sur la porte d'une grange ou d'un grenier afin d'en préserver leur contenu des tentations humaines. Il revenait plus tard accompagné d'un témoin et établissait une "grosse" (ébauche à l'écriture grossière) des "biens et effets" du défunt qui devaient être repris dans la "minute", l'acte officiel rédigé minutieusement d'une écriture fine et sous serment, sur lesquels il était bien évidemment rétribué.

     

    A. Louant
    Les hommes de fief sur plume créés à la Cour féodale de Hainaut de 1566 à 1794.
    p. XXIX-XXXVIII.

    Le village de Pottes sur l'Escaut.

     

     

    La commune de Pottes a une origine très lointaine dans le temps. Elle trouve son fondement sur une antique voie romaine joignant Tournai à Audenarde, aux limites de l'ancien Comté de Hainaut et de la Flandre romane. Au Moyen Age, elle était tenue de la Salle de Lille et relevait du souverain de France. Elle avait bailli, lieutenant et un banc de 7 échevins aux droits étendus de haute, moyenne et basse justices. Cette terre de plus de 200 bonniers (333 ha) consistait en un château féodal avec 42 bonniers, un moulin à vent et nombre de rentes seigneuriales, dont les plus importantes était Germignies (ou Guermignies) et Quesnoy. Ces rentes consistaient en 44 razières, 1 hotteau d’avoine, 66 chapons, 2 poules et 104 sols, quatre deniers, monnaie de Flandre.

     

     

    La juridiction était commune et indivise avec la châtellenie de Germignies détenue par la famille "de Pottes" depuis le XII°s., jusqu'au mariage de sa dernière héritière; Anne de Pottes, avec Guillaume II de Stavele, la faisant passer au XVème siècle dans le patrimoine de leur descendance. Dans la première moitié du siècle suivant, des mariages la concédèrent brièvement aux Maisons de Croÿ, Van der Gracht et Hornes avant d'être vendue vers 1550 à Jacques de Marnix dont les héritiers la conserveront plusieurs générations avant de la céder en 1680 à Pierre de Croix, petit-fils de Pierre de Croix et d'Anne de Baudrenghien (héritiers de Préseau-lez-Valenciennes dont nous reparlerons). Il décèdera en 1706 sans postérité de son épouse Bonne-Victoire de Kessel. Les derniers seigneurs de Germignies furent les Beauffort qui en héritèrent par une Beauffremez, descendante des "Croix" par sa mère.

        1
    - VEGIANO Sr. d' Hovel  &
    - Baron de HERCKENRODE

    Nobiliaire des Pays Bas et du Comté de Bourgogne
    Volume II  (1685),  p.558

    Quant au "Quesnoy", il relevait de la baronnie de Leuze, les d'Aubermont en furent possesseurs du XIVème siècle, jusqu'à la fin du XVIIIème (1769). Vers 1630, Charles d'Aubermont, prévôt de Tournai fit ériger un manoir de style espagnol autour d'un vieux donjon datant du XIIIème siècle à cheval sur deux juridictions. Une pierre en façade indique "Lille" vers L'Ouest et "Hainaut" à l'Est. On raconte que les seigneurs du Quesnoy trépassaient toujours du côté où le relevé du fief était le moins onéreux.

      lire P.A. du Chastel
    - Le Livre de raison de la famille d’Aubermont,
    éd. Casterman, Tournai 1896

    - Études d’archéologie généalogique. Généalogie de la famille d'Aubermont
    éd. Casterman, Tournai 1889.

    En 1629 la terre de Pottes fut érigée en comté en faveur du chevalier Jean de Marnix, baron de Pottes.1 Les seigneurs de Germignies portaient donc officiellement ce titre de baronnie mais l'histoire locale fut quelque peu agitée par les querelles de préséance que leurs menèrent les seigneurs du Quesnoy, notamment pour la place de chacun à l'église. Opposition des Aubermont, qui sera menée devant les tribunaux de Lille et de Gand. Les premiers voulant en finir, obtinrent la permission d'ériger un édifice religieux sur leur domaine et les Quesnoy aménagèrent une chapelle en leur château.

      1 Fr.-J. BOZIERE
    "Armorial de Tournai et du Tournaisis" (1859), p.283.

    Merci à Mr. Jean-Paul Delbecke, fonctionnaire communal à la retraite, et Mr. Jean-Claude VanMeenen du village de Pottes, ainsi qu'à B. Vandystadt.

    Fiefs, censes et fermes de Pottes

     

     

    Le Tournaisis est clairsemé de "censes", ou de "cinses" en patois picard; ces imposantes fermes en carré à l'aspect fortifié, souvent entourées d'eau pour les plus anciennes, isolées au milieu de leurs terres parfois très étendues. Leur porche d'entrée est surmonté d'un colombier autrefois règlementé* et porte les armoiries du seigneur laïc ou de la puissante abbaye dont elle relève.
    Le censier (cinsî en patois) cultive la terre, spécule les prix des céréales à la vente et paye le fermage à son propriétaire (le cens). Une portion de terrain lui est allouée gracieusement pour son usage personnel, il n'est pas rare que le tabac soit privilégié et de retrouver ainsi un séchoir au milieu d'une cour comme à la Cense de Rigaux à Frasnes-lez-Anvaing.
    Les "Epitaphiers" d'églises témoignent de l'importance de certaines familles notables de nos villages et de la transmission parfois dynastique de ces exploitations.

     

    * Cense ou Cinse en patois picard: n.f. du latin médiéval 'censiva' - nom donné par extension à la propriété soumise au cens (redevance en argent ou en nature du fermier envers son propriétaire).

    * Sous l'Empire, le nombre des volatiles était limité à 2 couples par hectare de terre.

      La ferme du Marquais
    Rue du Palais, 52
    7760 POTTES
    (hameau du Quesnoy)

    Avec la cense de Pont, le Marquais, situé au hameau du Quesnoy, était l'une des plus importantes et des plus anciennes fermes du village de Pottes. Déjà citée en 1388 par Jean, puis en 1396 par Louis de Pottes, Sires du lieu, cette seigneurie passa à notre famille par union maritale dans la première moitié de du XV°s. Le village comptait alors 48 feux où "Vivait Rasse Derbaudrenghien, dit de Pont, seigneur de Pons et semble que sa femme s'appelait du Marquet" 1

      1 Jean Pitpan de Montauban
     Bibl. Mun. de Cambrai,
     Manuscrit 1024

    1452. Rasse est également cité dans un relief de Pottes en 1456. Le nom de sa femme était probablement Jehenne du Marquais

    En 1676, le Marquais est encore cité dans le registre censier de Jean de Marnix, baron de Pottes. Fin du XVII°s, il fut racheté par Laurent Delfosse, trésorier général du Tournaisis, c'est ainsi qu'en 1734 un certain Charles-Dominique Delfosse, chanoine de la cathédrale de Tournai se dit seigneur du Marquais, la ferme étant probablement exploitée par la famille Vanlerberghe. Il appartint ensuite et depuis un temps lointain à la famille d'Hespel du Ponthoix qui l'a vendu vers 1934 à Mr. Henri Peeters sucrier à Warcoing  et occupée par la famille Samain depuis 1883 jusqu'à nos jours.

      Merci à:
    B. VANDYSTADT

    Situé au sud-est de la commune de Celles-en Hainaut, à la limite de Molenbaix, l'ancien fief de la La Mousserie au Quesnoy tenait en 50 hectares de terres autour d'une ferme d'importance, déjà citée en 1450 et pendant longtemps comme appartenant à la famille Fo(u)rmanoir.
    Jehan Formanoir -y demeurant-, épousa par contrat du 27 janvier 1502, Jeanne de Boez, qui lui apportera en mariage le château et la terre de la Cazerie, fief sis au village de Celles.
    1 Les Fourmanoir de la Cazerie habitant Celles ont donc une lignée agnatique qui les rattachent au fief de la Mousserie à Pottes, qu'on peut considérer comme le berceau familial.
    De la branche des Baudrenghien alliés aux Formanoir est certainement issu le rameau dit "de Boullogne" ou "Bouloigne". En effet, "La Cazerie" dont on vient de parler était située au lieu-dit "de Boulogne".

     

    La Mousserie fut rebâtie au XVIII°s. en un magnifique manoir en quadrilatère.

    1 Félix GOETHALS
    "Dictionnaire généalogique..."
    Tome II (1849)
    Complément voir 1502.

    *Pour les Fo(u)rmanoir, consulter l'ANB 1879, mais nous relevons par ailleurs quatre ou cinq généalogies contradictoires.

    Le château de Formanoir
    abrite la Maison Communale
    de Templeuve depuis 1955.

     

    Au XIIIè siècle, la seigneurie de Templeuve appartenait à la famille de Rume qui semble l'avoir vendue aux Mortagne en 1289. Elle restera entre leurs mains jusqu'au début du XVè siècle, quand Yolande de Mortagne dut la faire passer à sa fille, Philipotte du Quesnoy; celle-ci la transmit à son neveu, Oudard Blondel. En 1485, la seigneurie était en possession de Sidrac de Lannoy qui fit bâtir le château et dont la fille, Marie, avait épousé Bertrand de Le Cambe, dit Ganthois (voir 1590). Les Le Cambe en héritèrent vers 1606, le château était alors cerné de douves et un pont sur l'aile Ouest permettait son accès. Dossemer, en Tournaisis, représentait, selon une estimation du XVIIè siècle; 537 bonniers pour une surface totale de 1.300, ancienne mesure du lieu calculée à raison d'un hectare 29 ares, 55 centiares, pour 1 bonnier.

    En 1698, le mariage de Madeleine-Françoise de Le Cambe avec Jérôme-François Desmaisières fit de leur fils l'héritier. En 1728, Louis-François Demaisières hérita le château et le "modernisa", le dernier propriétaire de la lignée étant Nicolas Joseph Demaisières. Le 19 septembre 1808, le château fut mis en vente par devant Mrs Dubus, jurisconsulte et avoué de Tournay et Prévost, notaire audit Templeuve en qualité d'exécuteur testamentaire. Hubert de Formanoir de la Cazerie (seconde branche, père de Victor Ghislain, 1807-1888, futur bourgmestre de Templeuve) en fit l'acquisition. Leur descendant, le baron Verhaegen, le vendra en 1948 à la Commune qui le réaffectera après six années de travaux aux services à la population.

      Th. LEURIDAN
    Templeuve-lez-Dossemer,
    son histoire féodale

    Tournai, 1901.

    M. HOVERLANT
    Essai Chronologique pour
    servir à l'Histoire de Tournay

    tome LVI (1812) - p332.

     

     

    | Sommaire |

     

    Brisure du blason ancestral

     

     

     

    Au patronyme "der Baudringhien" (sic), François-Joseph Bozière1 relève un blason qu'il décrit "d'argent à la croix de gueules, chargée en cœur d'une rose d'or et acc. de quatre étoiles de sable, l'écu orlé et engrêlé" 1
    Gilles de/Derbaudrenghien natif de Pottes vers 1478, issu en puîné du mariage de Théry dit de Pont et de N. le Marissal serait le premier à l'avoir porté; Jean, son frère aîné d'environ 4 ans, héritant les armes pleines et la seigneurie paternelle.

     

    1 Aimé Fr-J. BOZIERE
    Armorial de Tournai et du Tournaisis
    1859, page 41
    "der Baudringhien" (sic)
    Typographie de Malo & Levasseur à Tournai.

    La brisure est une altération de la simplicité et intégrité du blason de l'Ecu, en y mettant quelques pièces, ou figures, pour les distinguer des pleines armes d'un aîné. Scuti gentilitii adscititia sectio. Symbolicarum imaginum infractio, fractura seutaria. Le lambel est une brisure, une marque de puînés et des descendants, aussi bien que le bâton, la cotice, la bordure et les pièces dont on les charge pour les varier. Il y a des doubles et triples brisures expliquées par Favin, Geliot, Chasseneu, & autres.1

    La brisure est introduite pour distinguer & pour rabaisser en quelque sorte les armes, tant des cadets que des bâtards, au regard de celles des aînés et des légitimes. Cette brisure se pratique pour des causes justes et nécessaires à l'état des familles, elle se pratique dis-je, par de menues pièces de blason qui intéressent peu l'entière, pure et pleine figure, et la nature des armes. La brisure passe à toute la postérité, et ne cesse point, que le droit ouvert de succession n'ait rendu le plus proche et plus habile de la race capable du titre d'aînesse & des pleines armes. 1

    Mais Théodore de Raadt 2 signale que le Moyen âge avait pour principe d'éviter une double brisure. En brisant, par exemple, par un changement d'émaux, on conservait intacts les meubles de l'écu, ou bien une modification du cimier pouvait passer pour une brisure suffisante.

    Dans certains cas, elle pouvait prendre aussi la forme de sanction et après jugement publique, un noble qui aurait failli au code tacite de bonne conduite, pouvait voir ses armes dégradées par les officiers d'armes qui procédaient à des modifications circonstancielles et en tenaient registres figurés.3

     

    1 Dictionnaire universel
      françois & latin
    Ed.1718, page 1485.

    2  J. Th. de RAADT
    "Sceaux armoriés des Pays-Bas & des pays..."
    (Bruxelles 1897) p.68.

     

    3  Lire Michel BARNIER
    Initiation à l'Héraldique

    Reconnaissons que le vocable "brisure" prend ici un sens particulier pour un blason qui ne gagne pas en esthétique: L'or est réduit en argent, les étoiles de sable perdent une pointe, le contour de l'écu est "hachuré" de rouge et la rose émaillée d'or au centre de la croix, pourrait selon certains matérialiser un désaccord ou un drame familial grave; trahison, mésalliance ou séparation de branches (?). Mais en l'occurrence aucun élément connu actuellement ne nous autorise à cautionner cette théorie. Pour d'autres au contraire, la rose héraldique est un des meubles floraux les plus représentés, associé plus unanimement à la dévotion de l'immaculée conception ou encore pour un troisième; un mérite avoué. 4

     

    4  L. FOULQUES - DELANOS
    Manuel héraldique ou
    Clé de l'art du blason
    (Limoges, 1816).

    Quoi qu'il en soit, ce "nouveau" blason des Baudrenghien fut transmis sans modification ultérieure aux nombreux descendants de Gilles et de Marie de Bèvre installés à Evregnies et dans la proche région. Au XIXème siècle, il sera officiellement intégré aux quartiers des du Bus de Gisignies.

     

    du Bus

     

     

    Cette famille, originaire d'Artois appartenait jadis à la gouvernance de Lille. Portant "d'or à une palme de sinople" et l'ambitieuse devise "Finis Laborum Palma", elle a brillé par les armes, dans la magistrature et dans les fonctions les plus éminentes de l'administration supérieure.1

     

    1 Ch. POPLIMONT
    La Belgique Héraldique
    Tome II (1864) - p.297.

    Laurent du BUS, le grand-père, était un fermier assez riche d'ailleurs pour pouvoir payer des études à ses fils cadets, qui laissant la ferme à l'aîné, devinrent médecins et dont les filles épousèrent un secrétaire de mairie et un vétérinaire. Le second fils de Laurent prit en location la ferme de Vallemprez à Dottignies et son fils, surnommé le Père-aux-Patars s’enrichit dans les prêts d’argent et fut l’ancêtre avec Marguerite Derbaudrenghien des deux branches nobles de cette illustre famille.2

     

    2 Oeuvre collective sous le pseudonyme de Blaise d'Ostende-à-Arlon
    "Noblesse belge d'aujourd'hui".
    Les Cahiers nobles,
    volumes 1-2 (1967)

    Ils se marièrent en 1658 ou du moins le suppose-t-on, car le premier de leurs onze enfants, naîtra en novembre de cette année là, c'est le seul indice dont nous disposons.
    Le surnom de Laurent, le petit-fils, lui vient peut-être de sa fortune, mais le Patard était une petite monnaie déjà frappée sous Philippe le Bon, et qui s'était largement répandue ensuite dans les anciens Pays-Bas. A 20 patards le florin, il semble plus probable qu'il s'agisse d'une boutade militaire collant à la peau de cet ancien capitaine trésorier, chargé de payer en campagne la maigre solde d'un patard par jour et par soldat à ses compagnons d'armes.

     

     

    Pour les du BUS, voir ANB 1913, tome I, à savoir:
    p.210 pour les Gisignies
    p.242 pour les Warnaffe.


    Laurent du Bus

    Lors de la retraite des armées espagnoles des Flandres, Laurent du Bus fut fait prisonnier et retenu en otage. Au cours de sa captivité en Espagne, il fit faire sont portrait pour l’envoyer à son épouse.

    Il est représenté sur un fond sombre, revêtu d’une brigantine ceinturée à la taille par une corde de cuir. Le large décolleté laisse apparaître une voilette et un foulard du même type. Un bustier  de cuir par dessus porte des têtes de lion en spallières*, les manches sont fendues, sa main gauche, gantée repose sur le pommeau de son épée, Un manteau rouge jeté sur ses épaules est fermé par une boucle sur l'épaule droite.

       

    Chantal Fonteyn-Couplet:
    "Généalogie Du Bus"
    et de la même autrice,
    "Généalogie Landrieu"
    pp 106-107.

    En 1881, une copie du tableau fut réalisée par Moreau de Valenciennes, d’après l’original qui se trouvait alors à la ferme du Faux-Vivier à Marchiennes, dans le Douaisis [F-62].

    * Spallières : épaulières: le cuir épais était bouilli et moulé sur des formes

    Note: Laurent du Bus est erronément présenté par le comte du Chastel dans ses « Notices Généalogiques Tournaisiennes » comme le censier de la ferme du Temple à St Léger, le confondant avec son fils homonyme, qui hérita cette fonction après son beau-père, de par son union en 1684 avec Marie Jeanne La Derriere (La Drière ou Ladrière ?)*
    Ceci implique que Marguerite Derbaudrenghien, n'a jamais habité la ferme du Temple, limitant sa présence en ce lieu à des visites familiales rendues à son fils et sa belle-fille au cours des cinq dernières années de sa vie.

    Comme souvent dans les familles, une naissance suit un décès. Laurent et Marie-Jeanne eurent une fructueuse descendance mais Marguerite ne connut que deux de ses petits enfants; Laurent né en 1685 et Marie née en 1687, elle mourut à Warcoing le jeudi 12 juin 1698 à l'âge de 54 ans, une quinzaine de jours avant le baptême d'un petit Antoine...

     

     

     

    * Pierre BACHY;
    « Saint Léger à l’ombre des templiers» orthographie "Ladrière" et une seule fois "Laderrière"

    C'est presque un siècle plus tard que fut célébré le second mariage, quand en 1749, François Jh. du Bus, censier de Vallemprez à Dottignies (39 bonniers en novembre 1792) et bailli du temporel de la puissante abbaye de Saint-Martin établie à Tournai, épousa sa cousine Marie Derbaudringhien, avec dispense de consanguinité aux 3ème et 4ème degrés (Ils étaient donc issus de cousins germains). Elle mettra au monde dix enfants dont malheureusement, quatre ne survécurent pas. Au décès de Marie en 1770, François (qui mourra 20 ans plus tard) avait 45 ans et encore 4 enfants à élever : Pierre Ignace 14 ans, souche des du Bus de Guisignies; François Jh. 13 ans, souche des du Bus de Warnaffe; Louis 12 ans reprendra la cense de Vallempret après son père; et Marie Françoise 6 ans, exploitera la ferme de la Brasserie à Saint-Maur avec son mari, Dominique Landrieu.

     

     

    du Bus de Gisignies.

     

     

    Le Vicomte Léonard-Pierre du Bus, auteur de la branche des Gisignies par sa mère, Marie-Thérèse Vuylsteke, obtint le 14 juin 1822, concession et augmentation d'armoiries (coupé : en chef, d'or à la palme de sinople ; en pointe, écartelé : duBus-Baudrenghien ; Vuylsteke-Deurwaerder)

     

    Pour les du BUS, voir:
    ANB 1913 - tome I,
    à savoir:
    p.210 pour les Gisignies
    p.242 pour les Warnaffe.

    Coupé:
    En chef,
    d'or à la palme de sinople, qui est du Bus ancien.
    En pointe, écartelé :
    En 1. D'azur à l'écu d'argent en abîme, accompagné d'un orle de 4 fleurs de lis du même,.du Bus de Gisignies.
    En 2. D'argent à la croix de gueules. Chargée en cœur d'une rosette d'or et cantonnée de quatre étoiles de sable, à la bordure engrêlée de gueules qui est de(r) Baudrenghien.
    En 3. D'or à trois merlettes de sable qui est Vuylsteke de Gisignies.
    En 4. D'azur à l'épée d'argent en fasce, la pointe à dextre , au pommeau d'or, accompagnée de trois merlettes d'argent, qui est (de) Deurwaerder.
    Couronne de vicomte
    sommée d'un heaume d'argent.

     


    Ch. POPLIMONT
    La Belgique Héraldique
    Tome II (1864) - p.297.


    "Etat présent de la noblesse du royaume de Belgique"
    (1960) - p.334

     

    Explication des Quartiers féminins: En 1749 à la première génération représentée; Marie (der) Baudrenghien (2) épouse François du Bus, censier de Vallemprez ~ Marie-Thérèse Vuylsteke (3) apporte le fief de Gisegnies sur Escaut en dot à son mariage avec leur fils Pierre-Ignace; - A la troisième génération, Marie-Anne-Catherine de Deurwaerder (4) fut la première épouse du vicomte Léonard-Pierre du Bus de Gisignies, Gouverneur-général des Indes néerlandaises. Les porteurs du titre de vicomte le sont en vertu de lettres royales.2

     

    1 BOZIERES
    Armorial de Tournai et du Tournaisis
    page 187.

    2 Paul André ROGER
    Biographie générale des Belges morts ou vivants. (Bruxelles 1849) p.44

    Leur petit-fils, Léonard Pierre du Bus est né à Dottignies le 28 février 1780 à 11h30 du matin. A l'âge de deux ans, il connaît le premier grand chagrin de sa vie en perdant sa mère, Marie-Thérèse Vuylsteke de Gisignies et trois ans plus tard, c'est son père Pierre Ignace qui vint à mourir (voir 1825). Il fut alors recueilli au château de son grand-père maternel à Dottignies (Il n'a connu aucune de ses grands-mères et son autre grand-père était déjà en fin de vie). A la mort de son tuteur, l'enfant n'avait que huit ans et fut alors confié à son oncle, François Joseph du Bus, * un avocat réputé de Tournai qui habitait à la rue du Palais Saint Jacques, un des quartiers les plus chics de la ville. Le jeune homme, intelligent, bien entouré et au caractère bien trempé, devint d'abord membre du bureau de bienfaisance de Tournai, ensuite premier adjoint du maire de la ville pendant l'Empire, Intendant de l'arrondissement de Courtrai, membre puis président de la 2ème Chambre des Etats généraux des Pays-Bas en 1815. Il fut anobli par le Souverain Guillaume Ier d'Orang e le 20 février 1816 et titré vicomte par arrêté royal du 22 mai 1819. Membre de l'Ordre équestre de la Flandre Occidentale dès 1817, Gouverneur de la province d'Anvers en 1820 avant celle du Brabant méridional. C'est à cette époque, vers 1824 qu'il fit sceller en l'église Saint-Léger de Dottignies, une stèle de marbre à la mémoire de ses parents décédés trop jeunes et de leurs ascendants sur cinq générations. Les dames Der Baudrenghien (sic) y sont donc représentées deux fois par les unions évoquées précédemment.

     

    * C'est ce François-Jh du Bus (1757-1835) qui fit bâtir le mausolée au Cimetière du Sud à Tournai afin d'y reposer avec les siens.

    Enfin, le vicomte du Bus de Gisignies fut nommé Gouverneur général des Indes Néerlandaises par arrêté royal en date du 10 août 1825. Il arriva sur l'île de Djawa (Java) le 3 février 1826, remplaçant l'honorable gouverneur, le baron van der Capellen, démissionnaire, à un moment où l'île était emprise à de violentes rivalités autochtones.2 Le comte du Bus était un homme loyal qui avait à cœur le bien public, mais auquel manquèrent souvent les moyens d'atteindre ce noble but.

       1  Pfyffer de Neüeck dresse un tableau peu flatteur de cette gouvernance dans "Esquisses de Java et de ses divers habitants" (Ouvrage traduit de l'allemand avant sa publication à Bruxelles en. 1837) p.143 à 145.

    2  Annuaire historique Universel ou complément, etc. Année 1826, (Ed 1828), pp 86-87

    De plus, il se vit entouré de collaborateurs, hypocrites et ambitieux pour eux-mêmes.1 Il faut dire que dès son intronisation il se rendit impopulaire, annonçant que Guillaume Ier avait pris des mesures pour rétablir les finances des Indes en commençant par réduire les rémunérations des fonctionnaires publiques.2 Malgré son ignorance de la langue du pays et de ses mœurs, il s'employa à poursuivre les amendements sociaux entrepris par son prédécesseur.1 Son administration autoritaire mais éclairée apporta de nombreuses améliorations dans la situation des colonies hollandaises.
    Nommé Ministre d'Etat en 1828, il quittera ses fonctions le 16 janvier 1830, laissant à Java d'honorables regrets, mais ayant eu à lutter contre des préventions malveillantes.

     

    3  Biographie générale des Belges morts ou vivants, (Bruxelles 1849) p.44

    4 Biographie Nationale publiée par l'Académie Royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts, tome 6 (1878), pages 213 à 218.

    La Mémoire des hommes.

     

     

    L'idée des cénotaphes vint de l'opinion des romains qui croyaient que les âmes de ceux dont les corps n'étaient pas enterrés, erraient pendant un siècle le long des fleuves de l'enfer sans pouvoir passer aux Champs Elysées. Ce type de monument funéraire (inoccupé) aurait été élevé à la mémoire du gouverneur honoraire3 dans l'église catholique de Batavia qu'il avait fait bâtir en partie à ses frais4. Ce monument ne porte ni la date de sa mort, ni les armes de sa seconde épouse; Marie-Antoinette van der Gracht qu'il épousera après le décès de Marie-Anne de Deurwaerder survenu le 23 juillet 1836. Il est (était ?) en revanche abondamment blasonné par les armes complètes du vicomte et celles de ses aïeux sur six générations, en ce compris la sienne. Le monument dont le soubassement porte une inscription latine à sa gloire, fut réédifié dans la cathédrale qui remplaça l'église en 1900. Batavia devint Djakarta en décembre 1949, à l'indépendance de l'Indonésie.
    C'est aussi en 1836 que le Gouverneur honoraire fit réaliser son portrait par l'artiste de renom, François Joseph Navez, directeur de l'Académie royale des Beaux-arts de Bruxelles. Ce tableau se trouve à Amsterdam, au Rijksmuseum. Léonard-Pierre du Bus de Gisignies mourut en son château de Oostmalle-lez-Turnhout à l'âge de 69 ans, étant grand-croix de l'Ordre van de Nederlandse Leeuw (Ordre du Lion Belgique).

     

    2  Annuaire historique Universel ou complément, etc. Année 1826, (Ed 1828), pp 86-87

    3  Biographie générale des Belges morts ou vivants, (Bruxelles 1849) p.44

    4 Biographie Nationale publiée par l'Académie Royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts, tome 6 (1878), pages 213 à 218.

    La lignée des du Bus dits de Gisignies s'est éteinte avec la comtesse douairière de Renesse, née Godelive du Bus de Gisignies et son père, le vicomte Christian, décédé le 5 juillet 1885.

     

     

     

     

     

     

    | Sommaire |

     

    4.2. Les (de) Baudrenghien portant les hamaides de gueules

     

     

     

     

     

    Armes - origine, signification.

     

     

    Les Baudrenghien de la région de Lessines-Flobecq alliés jadis aux La Hamaide, portaient les armes de cette famille, brisées d'un nombre variable de besants d'argent. Pierre Richelet nomme "hamade" ou "hamaïde" une fasce à trois pièces alésées qui ne touchent point les bords de l'écu dont l'ensemble représente les traverses d'une barrière.1
    Appelé "Besant" par les Occidentaux, le "Solidus", était une ancienne monnaie byzantine répandue en Orient dès le IXè s. et qui servit au temps des croisades, à payer nombre de rançons de prises de guerre. Ces pièces d'or ou d'argent placées sur les armoiries d'un chevalier, indiquaient par conséquent qu'il avait été en Terre sainte.
    2

     

     1 Pierre RICHELET
    "Dictionnaire de la langue françoise, ancienne et moderne" (tome II - 1728) p.346

    2  Léon ROY
    Dictionnaire de Généalogie, p.88


     

    Comme nous l'avons vu précédemment, et contrairement aux écrits de Bozière 1, des Baudrenghien étaient issus du lieu-dit de «Boudergem» ou «Boudenghien» (Boudrenghien en 1833), situé sur la châtellenie de Flobecq (Vloesberg) à l'orée sud du Pottelbergh. Demeure ou manoir de Baudouin ou de Baudri, propriété rurale de ces seigneurs désignant, un hameau, un champ, une cense (ferme ou métairie) comprenant en 1411 au moins quatre-vingts bonniers.

     

       

     

    1 AIME Fr. BOZIERE
    Armorial de Tournai et du Tournaisis
    (1859) p.164.

     

    FERRARIS - 1770.
    Carte de Cabinet des Pays-Bas autrichiens et de la Principauté de Liège - Planche 39b: "Renaix"

     Ils possédaient également à Flobecq le fief de "Renartcamp" (Renartchamp) et à Marcq, celui de "Belle", à la sortie d'Enghien vers  Silly.

       

    Ils étaient en outre, seigneurs de Gomenpont, hameau du village d'Ostiches, fief relevant de l'abbaye de Saint Denis en Brocqueroie, comme en atteste le Scel échevinal de la seigneurie
    un écu à trois hamaides chargées respectivement de 4, 3 et 2 besants (Baudrenghien). Légende : » ... de goumanpont en ostiche » trouvé dans les Annales du Cercle Archéologique de Mons, volume 37, page 83.1

     


    1 Edouard PONCELET
    Sceaux et armoiries des villes, communes et juridictions du Hainaut ancien et mode
    rne.
    Sceaux communaux conservés aux archives de l'Etat, à Mons
    (1909).

    Etym.

    Ostiches du roman housche/ouche (n.f) peut désigner un terrain clos, un jardin cultivé en potager ou planté d'arbres fruitiers (1310, 1340) ou une terre fertile aux produits abondants (1229). Gomenpont désignerait de grands marais. Muglenies, endroit où il vient du muguet, muscus.

     

    1 A.-G. CHOTIN:
    "Etudes étymologiques sur les noms de villes,
    bourgs de Hainaut."

    p.81, Casterman 1858

    Le 20 janvier 1419, héritière de la maison de Trazegnies après le décès de son frère aîné, Anne de Trazegnies; fille de Anselme & de Mahaut de Lalaing, et épouse de Arnould de Hamal fit le relief de ses possessions devant la cour féodale de Brabant.

     

    1 Ernest MATTHIEU :
    La Pairie de Silly, ses fiefs et arrière-fiefs..

     

    Le 30 avril de la même année, Jan de Baudrenghien, lui prêta hommage pour la terre lige d'Ansermont. *
    L'hommage était rendu publiquement, associant ainsi autant de témoins visuels. Le vassal à genoux et tête nue, les mains jointes entre celles de son seigneur lui jurait fidélité sur les saints Evangiles. Les engagements pris de part et d'autre étaient ensuite actés dans un document écrit nommé "l'aveu".
    Il n’était pas rare qu’un vassal prêta hommage à plusieurs seigneurs et reçoive ainsi autant de fiefs, mais l’hommage lige, d'usage dès le XI°s, était prédominant et si un conflit survenait entre deux de ses seigneurs, le vassal se devait d'honorer l'hommage principal.

       

     

     

     

    Dans un dénombrement de 1589 relevé par Ernest Matthieu, 1 on pouvait lire que 170 années plus tard :
    "Damoiselle Marie de Baudrenghien, vesve de feu Pière Le Latteur, dit Nève, tient dudit Silly ung fief liège se comprendant en une maison, motte, fossez à eauwe, grange, estables, court, jardin, bois et terres labourables, nommé la maison d' Ansermont, contenant douze bonniers ou environ, gisant en la paroiche d'Ogy, sur la chastellenie de Flobecq, tenant aux héritaiges du sr. de Gomanpont, au champ Simon et au champ du Lardoir."
    Pour anecdote, au décès de ce Pierre Latteur, qui était également l'avoué (conseiller juridique) de son épouse : on ne trouva point son cheval, dont l'appartenance par droit féodal était acquise à son seigneur.
    "Et y a heu difficulté sy par le trespas dudit Pierre, son cheval estoit dévolu pour droict de liège à mondit seigneur, et fut retrouvé que non, d'autant que le fief vient de par la femme..."
    L'histoire ne dit pas si l'équidé fut retrouvé ou si la veuve fut inquiétée...

     

    1 Ernest MATTHIEU :
    "La Pairie de Silly, etc."
    pages 73 & 74

    Notes:

    "lige", (liège), du latin "ligo, ligatus" (ligoter, attacher, lier,...) Hommage féodal le plus "contraignant", impliquant une fidélité absolue en contrepartie d'une terre exceptionnelle. La seigneurie de Silly était l'une des plus importantes de l'ancien comté de Hainaut; elle figurait parmi les 12 domaines féodaux auxquels le titre de pairie fut accordé.

     

    Gomenpont en Ostiches, relevait de l'abbaye de Saint Denis en Brocqueroie, sise à Maisières près de Mons. On cite déjà ce fief en 1306, quand Jehan de Tongres, seigneur du lieu, signe en faveur de l’abbaye de Cambron - jadis haut lieu de spiritualité - une charte de donation d’un journel et demi de pré et prairie gisant au lieu dit "a Masures" en sa justice de «Gamaupont» et octroie aussi à l’abbaye, la possibilité d’acquérir encore un autre journel et demi pour les tenir de lui ou ses successeurs moyennant le respect du cens qui est dû et sa justice seigneuriale.
    «Chou fu fait en lan de grasce mil CCC et sis ou moys de may».

     

    Jean-Jacques DESMET:
    Cartulaire de l’abbaye de Cambron t.II, Bruxelles, C.R.H., in 4°, 1869,
    n° XXIV, pages 721 & 722

    Note:

    Le "journel" (ou "journal" n.m > "journalier") correspondait à une journée moyenne de labours. Dans le Hainaut, il représentait 1/3 de bonnier, soit environ 31 ares alors qu'ailleurs en Belgique, la constance moyenne était de 1/4 de bonnier !.

     

    Horace DOURSTHER
    Dictionnaire universel des poids
    et mesures anciens et modernes.

    (Bruxelles 1840), page 179.

    L'acquisition de ce fief par les Baudrenghien remonte avant 1367. Le cartulaire des "mortemains" de Hainaut 1 renouvelé en 1460 décrit les droits du comte et aussi ceux du seigneur, les « hoirs de Baudrenghien »

     

    Le Cartulaire de l’abbaye de Cambron existe aux Archives de l'Archevêché de Malines

    Note:

    "Morte main" (Mainmorte). Au moyen-âge, droit pour le seigneur de disposer des biens laissés par son vassal après sa mort.

     

    «En celli ville cest assavoir ens ou fief tenu de mondit seigneur le comte qui fu Jehan de Tongre et qui présentement appartient a …… (un blanc) a mond seigneur le comte les dousaines de tous ceulx e celles qui y demeurent et meilleurs catelz de ceulx qui vint de vie a trepas. Sauf que francque orine delivre ainsi fait Saint Ghislain Saint Vinchien de Sougnies Saint Estienne de Braine Laloet (l'Alleud ?) et St Pierre de Renaix de ceulx qui sont a leur sainteur pour bonne orine Item en cellj ville cest assavoir sour le dit fief Sainte Waudru alez deux tiers de ceux qui sont a son sainteur et mons l’autre tierch Item ceulx de Lobes on aussi le moittie de leur sainteur et mons lautre moirie Item a aussi audit fief pluseurs masures q donnet meilleurs cattelz aux hoirs de Baudrenghien pour le second cattel car mons y a devant et prent tout premier le sien. Et se a mons en celly ville par son espial un orine qui li appertient si comme lorine des Logement lesqlz et chun deulx doivent chun an a monsr lomme XII d et la femme Vid et li meilleur cattel a la mort ou que ils voisent demourer et silz demeurt es generals de mondit seigneur ilz payent a mons chcun an 2 dousaines et a la mort deux meilleurs cattelz.

     

     

    Le Cartulaire de l’abbaye de Cambron existe aux Archives de l'Archevêché de Malines.

    Arch. Dép. du Nord
    B 12.120, f° 200 v°

    Deux dénombrements de Gaumanpont sont conservés. Le premier de 1502 : "Declaration des fiefs tenus de l’église z abbeye de Saint Denis en Brocqueroye rapporter par les possesseurs diceux a Nicolas Fernay bailly dicelle egle apres la publication faite en le ville de Mons au mois de novembre lan mil chincq cenz z deux ainsi quil sensuit..."

     

    idem (f°204) (f°210)

    Jacques de Baudrenghien escuyer sr. de Goumanpont tient sa terre dud Gommanpont de lad egle z abbaye St Denis en fief ample qui se comprend en une maison grange z marescauchies prez terres conten VJ bonnirs ou environs item en XVJ ou XVIJ masures qui doivent aud fief mortemains et nulles cattelz sur tous ceux et celles allant au lieu de vie a tresppas item en tout le terroir dud Gomanpont terrages de XIJ garbes du cent et pour chun journel une garbe de fon en cens de rente dave et de chappons avec la justice haute moyenne z basse mayeur z esch et vaut par an ……….(en blanc).
    Il y a un arriere fief tenu dud Goumanpont non rapporte avec ce denombrement chi dev : Jehan de Ghillenghien demand a Ath tient ung fief ample de le d egl gisant en le pche d’Ostiche au lieu condist a Gonmanpont se comprendant en XX stiers dave XX chapps et en XXXII S IX D fors demj chun an sur plusieur heritage aud Goumanpont proche Ostiche vaut par an……(en blanc)

     

    ADN, B 11.947, Dénombrement de fiefs biens appartenants et dépendants de plusieurs abbaye et des particuliers en Hainaut et Cambresis en 1502 (f° 204 )(210)

    Le second, un peu plus d’un siècle plus tard en 1633, c’est un autre Jacques de Baudrenghien qui relève ce fief : "Déclaration des fiefs gnallem tenuz et mouvans de l'église et abbaye de St Denis en Brocqueroye mis es mains du sr Luois Scollart bailly dont icelluj at couche endesoubz chun fiefs les derniers heritiers et reliefz quy en ont estez faitz Jacques de Baudrenghien escuyer sr de Goumanpont tient de la ditte eglise de Saint Denis un fief ample lequel se comprend en toute sa terre dudit Goumanpont où il y at maison grange et estables marescauchiez jardins pretz terres rentes d'argents d'avoines et de chappons droictz et mortesmains sur tous le general du terroir dudit Goumanpont droict de terraige de douze garbes du cent et pour chun journel un garbe de fons et sur ledit fief toutte justice haulte moienne et basse et avecq en ce aulcuns homaiges quy tenus en sont le ferme de la ditte seigneurie se met en l'eglise dOsticque se vaut par an" (en blanc)

     

    Gomanpont f°23


     

    Existent toujours à Ostiches, le hameau de Goumantpont (sic) et à Flobecq celui de Boudenghien (sic). Font très probablement partie de cette branche des seigneurs d'Ansermont et de Gomanpont, les porteurs du patronyme qu'on rencontre à Saint-Sauveur entre Leuze et Renaix.

     

     

     

     

      Orthographes rencontrées :  

     

     

     

    Ghomanpont, Gomanpont,
    Gommenpont, Goumanpont,
    Goumontpont, Ghemanpon,
    Ghomanpont, Ghommespont.

    La châtellenie de Flobecq était l'une des plus importantes du domaine des sires de Pamele-Audenarde. Délimitée par les ruisseaux d'Ancre prenant sa source à La Hamaide; du Ronsart et les rieux du Tordoir, elle couvrait les villages avoisinants d’Ogy, Ghoy, Ellezelles et Wodecq.
    Le bourg, qui bénéficiait d'un moulin à aubes, développa sa vocation agricole sous la protection du château féodal. Les abbayes de Liessies, de Magdendael et d'Ename y possédaient fermes et biens, St-Martin de Tournai y avait la dîme principale et l'autel. L'existence d'une halle dès le XIII° siècle témoigne de l'essor économique que lui apporta la culture et surtout la confection du lin. Ce commerce fut conforté au siècle suivant, quand les grandes villes du Nord, comme Tournai, Bruges ou Gand se consacrèrent davantage aux productions textiles de qualité et le tissage de riches tapisseries, abandonnant à des bourgades rurales plus proches de la production, le tissage des draps et des linges usuels.

     

    Matrice cadastrale du   MET, sur le site @: "Patrimoine majeur de Wallonie"

     

    Les Comtés de Hainaut, de Flandre & les Terres limitrophes de Débats.

     

     

    Si vous le voulez bien, ouvrons une parenthèse pour expliquer succinctement comment émergèrent les rivalités entre les Comtés de Hainaut et de Flandre pour les terres limitrophes, dites de Débats.

     

     

    On a prétendu que le Hainaut était une terre allodiale ne relevant que de Dieu et du Soleil, mais l'histoire ne consacre pas cette altière devise.1 Au IXe s, il devint un comté, et au XIe fut uni à la Flandre par mariage, provoquant des rivalités auxquelles Saint Louis dut mettre un terme par arbitrage. A la fin du XII°s il formait l'un des Etats secondaires les plus puissants de l'Europe.

      1 Mémoires et publications de la Société des Sciences, des Arts et des Lettres du Hainaut (1854)...: Volume 3 - Eloge historique de Baudouin de Constantinople.

    Nombre de documents, conservés aux Archives de la cure d’Ellezelles témoignent des complications qui surgirent, après 1280, consécutivement au décès de Marguerite de Constantinople*, et notamment sur l'indivision relative à la suzeraineté des seigneuries de Lessines et de Flobecq, déjà "Terres de débats". En effet, à la suite de leur mère, et selon la volonté de Louis IX, les comtes Jean d’Avesnes et Guy de Dampierre se partagèrent respectivement le Hainaut et la Flandre, mais le manque de précision délimitant les deux comtés, fut prétexte à revendiquer par les demi-frères, ces terres limitrophes, en ce inclus les villages environnants de Bois-de-Lessines, Ellezelles, Ogy, Papignies, Wodecq et leurs dépendances. En 1281, les hommes de fief de Flobecq et Lessines ainsi que le Seigneur d’Audenarde, qui avait ces terres en domaine, déclarèrent solennellement relever du comté de Hainaut, avant de se raviser en 12832

     

     

    * Comtesse de Flandre et de Hainaut depuis 1244.

    2 Baron de REIFFENBERG,
    Monuments pour servir à l'histoire des provinces de Namur, de Hainaut ...,
    Vol.1 (1844), page 90.

    En 1300, le Hainaut s'enrichit des comtés de Frise; de Hollande et de Zélande. Le comte de Flandre s’empara bientôt des terres limitrophes de Flobecq et de Lessines, mais un traité confirmé par un diplôme de Louis de Bavière, le 3 mars 1324, rendit au Hainaut les terres susdites, à charge d’en rendre hommage à la Flandre.

     

     

    Au XV° siècle, des difficultés resurgirent à propos du même contentieux. En 1433, Jacqueline de Bavière céda ses Etats à Philippe le Bon, associant la destinée du Hainaut à celle de Bourgogne étendue en 1482 à celle des Habsbourg.

     

     

    En 1515, le jeune empereur Charles Quint, plaça "en oubli" les "Terres de Débats" sous l'autorité de son Grand Conseil de Malines.

     

     

    Ce n'est qu'en 1737, qu'on convint, enfin, de protéger la juridiction.

     

     

    Depuis 1963, Flobecq (Vloesberg) est une commune francophone où les flamands, minoritaires, bénéficient de facilités linguistiques.

     

     

     

    Les Pairs du Hainaut

     

     

    Plusieurs auteurs rapportent l'origine des Pairs aux Cours féodales des Lombards et veulent qu'à leur instar les Gaulois auraient introduits les Pairs et dites Cours pour juges en retenant leur nom latin "Pares Curia". D'autres donnent Charlemagne pour premier auteur, remplaçant en la Gaule les Patrices à la Romaine par 12 Pairs, qui selon la légende étaient considérés par l'empereur comme ses égaux, tant pour faire une Cour particulière pour les affaires civiles et criminelles que pour assister au Sacre des Rois. L'historien français Jean du Tillet (+1570) donne l'origine de l'institution plus tardivement, après l'union du roi de France Philippe II Auguste avec Isabelle d'Haynau* (1179).

     

    * Isabelle de Vermandois,
    nièce du comte de Flandre
    Philippe d’Alsace.

    Le document ci-dessous* permet de mieux comprendre la hiérarchie vassalique très structurée du Hainaut; On y voit le comte, chapeautant ses pairs. La maison de Trazegnies, dont dépendait Silly (la commune qui nous intéresse en a conservé les armes), est représentée en septième position. Viennent ensuite les vingt-deux bannerets hainuyers; riches et puissants chevaliers capables de rassembler sous leur bannière une compagnie en armes et parmi lesquels on reconnaît en première place du second rang, un Hamaide (post.1453). Enfin, six officiers héréditaires forment la base de cette pyramide féodale.

     

    * Bibliothèque Royale
    Albert Ier
    (Albertine, Bruxelles)
    Manuscrit n°5748-50

     

     

    Origines de La Hamaide.

     

     

    La position stratégique de La "Hameide", dont le nom même, dérivé du francique "hamitha" désigne une barrière; nécessita très tôt une fortification, suivie d'un château fort assumant par ordre du comte de Hainaut le rôle de place forte dans la lutte territoriale contre la Flandre.

     

    Dès 883, ce lieu escarpé, limitrophe d'une riche forêt charbonnière, fut le théâtre des luttes acharnées contre l'envahisseur Normand, puis de longues périodes troublées par les revendications mitoyennes des deux comtés qui, non résolues par deux mariages de raison resurgirent entre les fils de Marguerite de Constantinople après son décès (lire plus haut : Les Comtés de Hainaut et de Flandre & les Terres de Débats).
    Durant deux siècles, précisément à cause de cette position stratégique et indivise, les châtelains de La Hamaide assumèrent la défense de ce point stratégique.

     

    1 Abbé L. MEUNIER
    Monographie historique
    de La Hamaide,
    Renaix, Leherte-Courtin, 1933, in-8°

    L’avènement du régime féodal fit de La Hamaide (Lahamaide) un fief lige relevant de Silly, l'une des 12 pairies que comptait la châtellenie de Mons attachée à la maison d'Avesnes.

     

    Voir les décisions prises à Mons à ce sujet, lors des plaids de 1432 à Sainte- Waudru : Chapitre III.

    Lieux-dits de La Hamaide

     

     

    Bien des noms topographiques restent encore énigmatiques. Retrouver les formes anciennes des dénominations de coutures, champs, cours d'eau, routes etc... leur signification originaire empruntée à des circonstances typiques, propres à chacun d'eux, serait œuvre de linguiste plus que d'historien. Ces appellations sont, d'ailleurs, souvent mal interprétées. Les voici telles que nous les avons retrouvées avec la signification qui s'applique à la localité.
    Primitivement le village était découpé en « coustures », portions de terrains cultivés, subdivisées elles-mêmes en un nombre considérable de fiefs, champs, vinages, courtils... On peut le constater dans les cartulaires de la dîme, dans les anciens chirographes du greffe scabinal et, surtout, dans les plans du village aux 18e et 19e siècles.
    De 1370 à 1600, La Hamaide comprenait une douzaine de grandes coutures : du Bois, de la Folie, de Ronsart, de Frimbuis, de Cambron, de la Roquette, de Commont, de l'Estrée, du Baudrion, de l'Enhour, d'Escaubecq, de Rome.
    Elles prirent, dans la suite, le nom de « champ » et d'aucunes, celui de « hameau » appellation plus moderne qui désigne une partie du village, souvent éloignée du centre.
    Les fiefs étaient des « héritages » que le châtelain concédait à ses vassaux à charge de foi et hommage. Les nobles seuls, tout d'abord, étaient vassaux ; ils recelaient les fiefs d'un grand Seigneur ou d'un Roi. C'était le cas pour nos châtelains qui, à leur, tour, gratifièrent de la sorte certains de leurs sujets.
    D'après les patientes recherches (1) de notre vieil ami Ernest Matthieu, La Hamaide comprenait quatre vingt trois fiefs situés dans la seigneurie et en dehors.
    On retrouve dans la commune les noms d'anciens fiefs : le fief de la Cambre 1473, au champ, de Commont, le fïef de Goumanpont sur les terrires de La Hamaide et d'Ostiches, le fief Ladrière à Ronsart, le fief César au champ de Rome, le fief Balot, au champ d'Escaubecq, le fief François Notté au champ de Ronsart, le fief Baudrenghien au champ de l'Estrée, (Ancien fief de le Cambre).

     

     

    Les Seigneurs de La Hamaide

     

     

    On voit un chevalier, Antoine, sire de la Hamaide, prendre part à la première croisade, et entrer dans Jérusalem le 15 juillet 1099 à la suite de Godefroi de Bouillon1. En 1158 Gérard de La Hamaide figure dans l'entourage du comte de Hainaut Baudouin IV pour lequel il assure en 1184 un service de garde au château de Mons en qualité de Pair.
    Il est encore mentionné en 1160 avec ses fils Arnould et Julien dans les Annales de l'Abbaye de Saint-Ghislain. En 1201 Odon Ier est cité parmi les nobles du Hainaut, il meurt à la quatrième croisade et dès 1235 ses successeurs portent officiellement le titre de seigneur du lieu.

     

    1 A.-G. CHOTIN
    Etudes Etymologiques
    & Archéologiques du Hainaut,
    page 113.

    Cette famille partait : d'or à trois hamaides de gueules - Heaume d'argent surmonté d'une couronne à cinq fleurons - Cimier : deux pignates adossées, les anses entrelacées, celle à dextre d'or, celle à senestre de gueules - Tenants : deux sauvages de carnation, ceints et couronnés de feuillage de sinople tenant chacun une bannière aux armes de l'écu.2

     

    2 Notice sur le pèlerinage à la chapelle de Notre-Dame de Grâce à Henripont (Ed. Mons, 1866).

    Les Baudrenghien, Baillis de La Hamaide au seizième siècle

     

     

    C'est dans la lignée des "Missi Dominici" de Charlemagne que le comte de Flandre, Philippe d'Alsace, descendant des Carolingiens, instaura au XIIe siècle, la fonction de "Bailli"* ;
    - Officier royal d'épée, au nom duquel la justice se rendait dans un certain ressort, et qui avait droit de commander la noblesse de son district lorsqu'elle était convoquée pour l'arrière-ban.
    - Officier royal de robe longue qui rendait la justice au nom d'un seigneur. Les baillis n'usaient que du sceau de leur juridiction.
    *

     

    * latin bajulus "porteur"

    Alphonse Chassant &
    Pierre-Jean Delbarre

    Dictionnaire de
    sigillographie pratique

    (Paris, 1860)

    * Les baillages eurent des sceaux dès leur établissement, vers la fin du XII°s et au suivant.

    Comme dans toutes les communes disposant d'un échevinat libre, c'est-à-dire indépendant du clergé, le bailli de La Hamaide, était directement nommé par le seigneur du village, qui le recrutait au sein de la petite noblesse instruite de son entourage. Cet officier d'armes aux pouvoirs étendus dirigeait en son nom l'exploitation de la baronnie et veillait à la bonne exécution de ses ordres sur ses terres. Il détenait le pouvoir judiciaire et le droit de ban, lui permettant de commander, contraindre ou déléguer des prérogatives comme l'aurait fait son seigneur. Pour l'aider dans sa tâche, le châtelain plaçait sous son autorité une cour féodale composée d'hommes de fiefs, de sergents et d'un greffier.1

     

    1 Abbé MEUNIER
    Monographie de La Hamaide

    Cette présence avisée du bailli et de ses hommes, sur une seigneurie très étendue, permettait au châtelain de gérer plus efficacement son bien, d'être informé de ce qui se passait sur ses terres et d'y faire régner l'ordre. En somme, d'asseoir son autorité.

     

     

    Outre les tâches administratives, le bailli assistait aux actes officiels, qu'il signait en qualité de témoin. Il nommait aux différents emplois de la baronnie et recevait entre ses mains les prestations de serment des intervenants. Quand un cens (impôt) sur l'exploitation des fiefs relevant de La Hamaide, d'application dès 1479, c'est encore au bailli que revint la tâche de le percevoir en plus de la dîme (dixième des récoltes) et des redevances diverses, qui rapportaient déjà plus de 2200 livres tournois. Il pouvait recourir, si besoin en était à la répression et même à la force. Il avait encore le droit d'accusation, de prise de corps, d'emprisonnement et de prélèvement d'amendes sur lesquelles il était rémunéré.
    A la fois juge et partie, l'ascendant que le bailli pouvait avoir sur les villageois ne devait pas le rendre très populaire aux yeux de la population, mais gageons que pour sa propre crédibilité, il devait faire montre d'une grande probité, sans laquelle une même famille ne se serait probablement pas transmis cette tâche durant trois générations ?.

     

     

    La Hamaide passa en 1485 à la maison des Luxembourg-Fiennes par le décès du 15ème et dernier seigneur porteur du nom. Ce n'est que quelques mois avant sa mort que Michel de La Hamaide, chevalier, seigneur de Rumigny en Hainaut et de Vicq sur l'Escaut, succéda à son frère Arnould, mort sans descendance d'avec son épouse Jehanne de Lille. Ils étaient les fils de Arnould V et d'Isabelle de Bousies et eurent pour hoir féodal, leur cousine germaine, Marie de Berlaymont.

     

     

    Fille héritière de Gérard, sr. de Ville, Hautrage et Pommeroeul, et de Marie, dame de La Hamaide et de Wasière, épouse de Jacques de Luxembourg, 1er du nom, titré Pair de Cambraisis du chef de sa femme, fils aîné de Thibaut de Luxembourg, descendant de Charlemagne, et de Philippotte de Melun, dame de Sottenghien, et par ailleurs de la succession des titres de ses parents; seigneur de Fiennes (en Artois), de Sottenghien, d'Armentières et d'Erquinghem-Lys, gouverneur de Douai, pour Marie, duchesse de Bourgogne, conseiller et chambellan de l'Archiduc Maximilien, fut créé chevalier de la Toison d'Or en 1478 et se trouva à la bataille de Guinegatte en 1479. Scohier place sa mort en 1487. Tous deux reposent aux Jacobins de Douai. (Le P. Anselme, III, 736).

    Pour la douairière dame de La Hamaide, Jacques de Baudrenghien, écuyer, seigneur de Gomanpont, épousa l'an 1485, demoiselle Anthoinette de Luxembourg, fille adultérine reconnue de Jacques (Ier) de Luxembourg-Fiennes. La mère d'Anthoinette portait les armes des Reyghersvliet brisées par un lion au premier canton.

    C'est ce Jacques de Baudrenghien, fils de Arnould et de Flandrine de La Hamaide, qui aurait abandonné ses armes héraldiques pour celles aux hamaides de sa mère en les brisants de besants.

    Vers 1502, Marie de Berlaymont le nomma bailli de ses terres. Il était alors âgé d'une quarantaine d'années et déjà en charge depuis 1495 des baillages de Flobecq et Lessines, dont il sera un temps aussi le mayeur ce qui lui permettra de présider la Cour féodale. Jacques de Baudrenghien occupa ces fonction jusqu'à la Saint-Jean 1523 (Porte latine, fêté le 6 mai), avant de s'éteindre le 17 mai suivant, dans sa 63ème année. Il fut inhumé en l'église St-Pierre de Lessines.

    Les documents officiels, dénombrements, œuvres de loi, comptabilité, procès, etc. mentionnaient généralement le nom de l'officier seigneurial en charge de les rédiger. A ce sujet, une importante comptabilité de la baronnie de Lahamaide à partir de 1479 et jusqu'en 1795 est conservée aux Archives de l'État à Mons, et aux Archives Départementales du Nord à Lille.

     

    Th. LEURIDAN
    Statistique féodale du département du Nord,
    La châtellenie de Lille.

     

    *Geneall.net
     

    Jacques de Luxembourg, 2e du nom, seigneur de Fiennes, de Sottenghien, d'Armentières et d'Erquinghem, pair des comtés de Hainaut et d'Artois, conseiller et chambellan de Maximilien, roi des Romains et de Philippe, son fils, depuis roi d'Espagne, fut créé chevalier de la Toison d'Or en 1491 ; il épousa Marguerite de Bruges-de Gruuthuyse, dame d'Auxy et de Flavy.
    Jacques II est mort en 1517, entre le 18e et le 19e chapitre de la Toison d'Or. Il laissait trois enfants :

    1° Jacques III, qui suit.

    2° Françoise de Luxembourg, qui suivra après son frère dont elle fut l'héritière.

    3° Marguerite de Luxembourg, mariée en premières noces à Antoine, seigneur de Werchin, sénéchal de Hainaut, mort sans génération, et, en secondes noces, à Martin de Homes, comte de Houtekercke, seigneur de Gaesbeke, dont elle fut la première femme.

     

     

    En 1530, au décès de Jacques de Luxembourg, troisième du nom, la seigneurie revint à sa sœur, Françoise (1495-1557), veuve du comte Jean d'Egmont (1490-1528) et mère de trois enfants prénommés Charles, Lamoral et Marguerite. A cette époque, Ernould de Baudrenghien, cumulait lui aussi un mayorat à Grammont. Au terme d'une vie bien remplie, il fut inhumé en l'église de La Hamaide, sous un tableau le représentant en armes : « Chy devant gist sires Ernould de Baudrenghien, escuyer, fils de Jacques, en son temps Mayeur héritable de Grammont, Bailly de la Hamaÿde et appartenances, lequel trépassa le 4 septembre 1546 ».

     

     

    Lamoral d'Egmont naquit au château de La Hamaide le 18 novembre 1522. Au décès prématuré de son frère aîné (1538), il porta seul le titre perpétuel de comte accordé à son gd-père en 1486 par Maximilien II. Neveu du roi d'Espagne par sa mère, il portera les titres prestigieux de Prince de Gavre et de Steenhuysen; Baron de Fiennes, Gaesbeke et Hamaide; Seigneur de Purmerent, Hoogwoude, Aertswoude, Beyerland, Sottenghien, Dondes, Auxy et Baer. Capitaine général des Pays-Bas sous Charles Quint; Chevalier de la Toison d'Or; Chambellan de Sa Majesté Impériale et Conseiller d'État de Flandre et d'Artois sous Philippe II.

     

     

    Maître Jean de Baudrenghien au terme de ses études universitaires à Louvain* vers 1528 se vit confier par Lamoral d'Egmont la gestion de ses terres en Hainaut. A ce titre, il résidera au château du Blockhaus, propriété comtale, comme l'était d'ailleurs tout le village de Wannebecq. Il est fait mention de ce "Blockus" dans une archive datée de 1529*. Jadis l'édifice de briques opposait douves et pont-levis à l'assaillant et l'on raconte, sans jamais l'avoir trouvé ou vraiment cherché, qu'un souterrain assez haut et large pour permettre le passage d'un homme poussant une charrette à bras, reliait le château de Wannebecq à celui de La Hamaide.
    Jean perdit fonction et logement en 1568* après le désaveu de son maître et la préhension de ses biens. Sur une délation, il fut inquiété à son tour par l'Inquisiteur et Jugé à Mons. Il eut malgré tout plus de chance que le pauvre comte d'Egmont et sortira vivant de cette terrifiante aventure. Les possessions comtales demeurèrent sous séquestre jusqu'à la réhabilitation de Philippe,  fils aîné de Lamoral. En 1597, à la mort de ce dernier, c'est un certain Jean Zuallart, chevalier du Saint-Sépulcre qui était bailli de La Hamaide et de la pairie de Silly tenue en fief.

     

     

    *Université francophone fondée en 1425.

    *1529, date relevée sans référence annotée dans le Patrimoine monumental de Belgique 23² - Arrondissement de Soignies, tome 2, p.558.

    Abbé MEUNIER Monographie de La Hamaide.

    *Compte rendu détaillé plus bas sur cette page, voir à cette date.

     

     

    Le comte Lamoral d'Egmont portait également en estime son cousin au 5° degré, Jacques de Baudrenghien, fait chevalier des mains de Charles-Quint, à qui il confia le port de son étendard, menant ses hommes au combat jusqu'à la campagne de Metz qui lui fut fatale, l'hiver 1552-1553.

    En effet, Françoise de Luxembourg, la mère de Lamoral d'Egmont et Jacques de Baudrenghien avaient un grand-père commun en la personne de Jacques Ier de Luxembourg.
    Françoise était la fille de Jacques II, fils de Marie de Berlaymont, l'épouse légitime. Jacques de Baudrenghien vint par Antoinette de Luxembourg, fille illégitime, mais néanmoins reconnue, du seigneur de La Hamaide qu'il avait conçue avec une dame de Reyghersvliet.

     

     

     

     

     

     

       

    Mystères et notabilités de Jacqueline & Marguerite de Baudrenghien

     

    Marguerite, Prieure à Lessines

     

    Outre ces deux fils proches du comte d'Egmont, Jacques de Baudrenghien et Jacqueline de Luxembourg eurent aussi deux filles qui, sous réserve, auraient été épousées par des demi-frères de la famille Cottrel.

    La coutume médiévale du droit d'aînesse pour les filles prévoyait une dot pour la première en vue d'un beau mariage ; et une mise au couvent pour la cadette; "dont il fallait bien faire quelque chose", suivant les appréciations de l'époque.

    Sans contestation possible, Jacqueline fit un riche mariage et devint la châtelaine de l'Estriverie à Bois-de-Lessines en 1515 par son union avec Pierre de Cottrel.

    Marguerite aurait épousé Charles Cottrel, demi-frère du premier, un fils naturel que Jacques, leur père (époux de Jeanne des Prets dite de Quiévrain), eut avec Marguerite de Grugie, raison pour laquelle il n'apparaît pas dans les généalogies de la maison noble de Cottrel, bien qu'il fut légitimé par Charles Quint.
    On peut lire dans les Mémoires et publications de la Société des sciences, des arts et des lettres du Hainaut
    1, que cette Marguerite et la Prieure de Lessines qui ordonna en 1517 la réédification de l'Hôpital, seraient la seule et même personne. Théorie selon laquelle, elle aurait pris le voile après le décès de son mari et à laquelle nous sommes enclin d'adhérer, n'ayant d'une part aucune homonymie à lui opposer et les archives de l'hôpital n'ayant d'autre part aucun témoignage d'une vie conventuelle antérieure aux quittances pour les travaux qu'elle fit entreprendre. Si les anciennes généalogies relatent des noviciats de nos jeunes filles (de/der) Baudrenghien à Tournai, à Ghislenghien ou ailleurs, nous nous étonnons encore qu'elles ne font pas mention d'une Marguerite religieuse à Lessines et à fortiori d'une Mère Supérieure. Cependant, les marques scellées dans les fondements des bâtiments Lessinois dissipent les moindres doutes sur ses origines.

      1 Mémoires et publications de la Société des sciences, des arts et des lettres du Hainaut
    Ed. Léon LASSEAU., 1891, page 290.
      Réfectoire ND à la Rose (Lessines):

    Bronze portant trois fasces ou hamaides alésées, chargées respectivement de 4, 3 & 2 besants, blason le plus souvent rencontré pour les Baudrenghien de cette région.

    Théodore Lesneucq* , déclare que cette noble Dame aurait participé en fonds propres aux travaux de certaines parties du corps de logis et des bâtiments du côté de la ferme et aurait renouvelé une partie non négligeable du mobilier de la maison. C'est pour sa générosité et son désintéressement que son blason fut scellé sur la cheminée du réfectoire; lieu symbolique de rassemblement et de méditation, où durant des siècles les religieuses prirent silencieusement leurs repas, en écoutant l'une des leurs lire un à un les noms des défunts du martyrologe et où, bien entendu, Marguerite figurera à sont tour.
    Les écrits de Mr Lesneucq concernant le revalorisation de la ferme par la Prieure de Baudrenghien furent confirmés au cours des derniers travaux entrepris en 2010-2011, quand une signature identique taillée dans le chêne d'un sabot de poutre fut démasquée sous un faux plafond.

      * Nommé tardivement Archiviste communal, il publie en 1906 une seconde édition enrichie, de sa monographie "Histoire de la ville de Lessines". d'où ces propos sont relevés à la  page 182. Jouret était le nom toujours associé de sa défunte épouse.

    Puis encore à l'extérieur de l'enceinte, au dessus de la porte principale, des plaques de marbre honorent les mécènes de l'institution*. autour de la fondatrice, Alix (Aleyde) de Rosoit (1242) et de son fils Jean d'Audenarde (1247), on cite Maître Arnould, prêtre (1267), les prieures Marguerite de Baudrenghien (1526) et  Jeanne Duquesne (1661), et de grands Sires du Moyen-âge, comme Godefroid de Louvain (1245), Gérard de la Hamaide (1275), Charles de Rebaix (1275), ou la célèbre famille montoise du Breucq (de 1349 à 1369). Au XVI°s, Martin d'Alost d'Ogy et plus proches de nous, François et Célestine Dumortier (1890-1905) et encore Léon Borreman en 1900.

      * Au dessus du porche d'entrée de l'hôpital, sont scellées en façade dix-sept plaques de marbre gravées aux noms des bienfaiteurs de l'institution.
    Certaines d'entre-elles sont encore vierges.

    Jacqueline, dame de Bois de Lessines

     

    Terminons ce second paragraphe par la visite de l’église de Bois-de-Lessines et plus particulièrement de sa chapelle seigneuriale.

    Raymond Duhaut, membre distingué du Comité du Cercle d'Histoire de l'entité Lessinoise, nous apprend
    1
    que la très ancienne paroisse de Bois-de-Lessines, déjà mentionnée dans le Veil Rentier, trouve ses origines à la fin du XII°s quand les missionnaires du Chapitre Métropolitain de Notre-Dame de Cambrai y érigèrent une chapelle vouée à la sainte. Des vestiges retrouvés à la rue Basse, la situent entre les bien nommées, rues Notre Dame et de la Croix. Détruite au milieu du XV°s, elle fut remplacée par un bâtiment plus grand érigé à l'emplacement de l'actuelle place communale, sur un terrain appartenant au châtelain. Le nouvel édifice était flanqué de deux chapelles latérales, la première vouée à St Nicolas, la seconde, abritant la statue de la Vierge et l'autel initial. L'ensemble fut dédié, on ne sait trop pourquoi, aux deux martyrs : St Gervais et St Protais*.

     

    1  Cercle d'Histoire
    de l'entité Lessinoise
    :
    "Église et maison presbytérale
    à Bois-de-Lessines"

    n°100 - déc. 1998

    *A l'époque de Néron, les frères jumeaux Gervais et Protais, après s'être convertis au catholicisme et à la pauvreté furent martyrisés à Milan par un général romain, auquel ils avaient tenu tête.

    En 1784, l'état de délabrement des murs amena à la décision de construire un nouvel édifice qui sera achevé six années plus tard.
    L'église en brique surmontée d'un petit clocher abrite l'antique cloche datée de 1363. La nef fait cinq travées, avec des collatéraux et un chœur. La chapelle tribune qui nous intéresse, n'aurait été construite que plus tardivement, en 1853, à la demande et aux frais du marquis Théodore d'Yve de Bavay, châtelain et bourgmestre de la commune. Les murs de cette chapelle aujourd'hui laissée à l'abandon, sont peints d'un leurre de marbre jauni et veiné. le plafond constitué d'une voûte ogivale supporte un lustre en bronze.
    Une douzaine de chaises défoncées font face à un petit autel et dans le sol pavé de carreaux noirs, on devine encore plusieurs dalles funéraires aux inscriptions à moitié effacées.
    Mais dans le fond de la pièce, paraît le somptueux tombeau de Nicolas de Cottrel mort le 23 octobre 1564 et de son épouse Louise de Rubempré, décédée le 17 décembre 1587. La raison pour laquelle nous nous intéressons plus particulièrement à ce personnage est qu'il était le fils de Pierre de Cottrel et de Jacqueline de Baudrenghien dont nous avons parlé précédemment.

     

     

     

      Gisants - Seconde moitié du XVI°s. - Chapelle seigneuriale en l'église de Bois-de-Lessines (Hainaut belge).

    *Participe présent du verbe "gésir"; lat."jacere"; être étendu; par ext. "ci-gît"

    De magnifiques sarcophages princiers sont connus, en pierre ou en marbre comme ceux de Trazegnies, mais ce type rehaussé de gisants métalliques en relief est extrêmement rare en Wallonie.

     

    Un inventaire détaillé du patrimoine de l'église des Saints Gervais & Protais publié en 1926, décrivait en page 46 un "cénotaphe", c'est-à-dire un tombeau vide. Le socle de pierre blanche est long de 2 m 22 et haut de 1 m 10. Sur la table de pierre bleue repose un couple gisant en bronze aux pieds desquels sont respectivement couchés un lion, symbole de vaillance et un lévrier portant un collier, signe de fidélité.
    Les défunts ont les mains jointes, en position de prière. La dame est représentée en coiffe et vêtue d'une longue robe. Son époux est en tenue de combat, son heaume placé en tête, son épée et ses gantelets posés à sa droite. Il porte une cotte armoriée de 14 couronnes posées 4, 3, 4 ,3, propre à la famille de Cottrel qui sont plus exactement des pointes de lances émoussées car, d'après Le Carpentier; "Cotterel en vieil gaulois estait une sorte d'arme ancienne faite en forme de lance".
    On remarque des traces de réfections au niveau des mains et de l'épée du chevalier.
    Le pan du côté des pieds porte une plaque de laiton avec l'inscription
    "Nicolas de Cottrel
    V le XXIII° jour d'octobre XV°LXIIII et Louise de Rubempré, son épouse, V le XII° de décembre XV°LXXXVII.
    Le côté droit du monument, présenté frontalement au visiteur, arbore les armes des Cotrel, des Baudrenghien, des Rubembré et de la maison de Bourgogne, parents respectifs des défunts, du moins, pour les trois premiers. Car, sauf erreur, Louise était la fille de Charles de Rubempré (
    V 22/4/1549), Grand Chambellan de l'empereur, chevalier  seigneur et vicomte de Montenaeken, seigneur de Biévène, Resves, Warfusée, Haveluy, Aubigny, Estrées, Haibes, Bourghelle, Jenlin, etc. et de Jeanne de Bousies* (V 6/7/1549),  héritière(2) de Vertaing en Cambraisis, de Féluy, Gosselies, Tubize, etc, tous deux inhumés en l'église de Rêves près de Fleurus.

     

     

    * Pour la Famille de Bousies, voyez Christophe Butkens, "Trophées de Brabant". Supplément, t.1, p. 224. Bibl. Nat., à Paris (BnF), "Rapsodies des Recoeuilz de M. Jean Scohier, Beaumontois, aumônier de la maison de Crouy" 2e vol. copié en Flandre en 1620 sur le manuscrit original audit J. Scohier par feu Pierre d'Hozier. Additions de la main de d'Hozier, le fils. Vol. II, p. 177 (d'après ANB.1912 - p.281)

     

    2 Les Bousies étaient seigneurs de Gosselies et châtelains de Feluy dès 1380 et jusqu'en 1548, avant de passer aux Rubempré par ce mariage.

    Pour la petite histoire, leur seconde fille, Marie de Rubempré, veuve de Jehan de Sainte-Aldegonde, et remariée en 1543 au comte de Gunterstorff, lui même issu d'un premier mariage avec Jossine de Jauche, devint un temps, l’intime du puissant empereur que servait son époux. Par dépit, le mari humilié rejoignit les rangs Français.

     

    A.N.B. 1911, p.125

     

    Quartiers
    (Bois-de-Lessines);
    Cottrel - Baudrenghien -
    Rubempré - Bourgogne.

    L'une des photographies qui illustraient l'inventaire de 1926 montrait le sarcophage avec les blasons "Rubempré" et "Bourgogne" aux places actuelles. Ceux des Cottrel et Baudrenghien avaient disparus, ne laissant visible que des points de scellement dans un plâtre froid. Celui des Bousies (d'azur à la croix d'argent), avait donc déjà été sacrifié à la noble cause d'Isabeau de Bourgogne-Waecken1, (armes pleines) belle-fille des gisants, épouse de leur fils, Charles...

     

    1 Bourgogne-Waecken : branche bâtarde.
    Bulletins de la Société. Hist & Litt. de Tournai - Tome 5 [1858] p.339.

    Nous l'avons compris, cette ordonnance de blasons, bien que n'étant pas mensongère, ne correspond pas aux usages protocolaires de l'héraldique et trouble sa compréhension intuitive. D'autre part, la dépose du sarcophage contre un mur nous prive de la moitié des quartiers de noblesse du couple qu'il faudra chercher ailleurs.

     

     

    C'est à la Bibliothèque royale (KBR), dans le Fonds Goethals1, que nous trouverons certaines réponses à nos questions et une description plus complète du monument qui nous intéresse dans l'église d'avant celle-ci: "Du côté de la nef, devant l'autel d'une chapelle sur une haute tombe de marbre était un homme armé, vêtu de son costume armé, avec sa femme. Les quartiers sont en bas de la tombe; les armes en ouvrage de cuivre.
    Du côté de l'homme : Cottrel-Despretz-Baudrenghien-Luxembourg;
    du côté de la femme : Rubempré-Montenac-Bousies-Humières"

     

    1 Bibliothèque Albertine, Fond Goethals, Manuscrits n° 1515 & 1509.

    Annuaire de la Noblesse de Belgique, (Baron Isidore de Stein d'Altenstein 1866, part.II), page 134..

       

    Les Glymes de Brabant

     

     

    Famille ancienne et illustre du Brabant élevée aux dignités les plus éminentes et aux honneurs les plus insignes. Dans des temps très reculés, sous l'empire du moyen âge, elle jouissait déjà du titre et du rang de comte; elle a compté depuis parmi les siens des marquis, des princes, des archevêques et des chevaliers de la Toison d'or. Tous les ordres nobles, même les plus grands et par conséquent les plus scrupuleux, ont accueilli ses filles.1

     

    1 F-V GOETHALS
    Dictionnaire généalogique et héraldique des familles nobles du Royaume de Belgique.
    Tome II  (1849), p.435.

    Cour-sur-Heure

     

     

    On trouve déjà une première mention de cette dépendance agricole de l'abbaye de Lobbes, au IX°s dans un polyptyque des propriétés monastiques, dressé par (saint) Jean, 17ème évêque de Cambrai (866-879), à la demande de Lothaire II (roi de Lotharingie, arrière-petit-fils de Charlemagne). Le document situe le village dans le "pagus lommensis" (pays de Lomme) à la suite de Naslineas (Nalinnes), Berezeis (Berzée) et Tier (Thy-le-Château).

     

    * Terres soumises à une imposition fixe annuelle la dispensant de tout contrôle provincial, fréquent pour les enclaves Brabançonnes en principauté de Liège.
    La Châtellenie d'Ath et le Tournaisis bénéficiaient des mêmes privilèges.

    Les Glimes (ou Glymes) de l'Entre-Sambre-et-Meuse.

     

     

    Parmi les familles nobles qui au XVI°s peuplaient l'Entre-Sambre-et-Meuse, celles de Glimes et de Glimes-Brabant, marquaient au premier rang. Les généalogistes après de longues hésitations largement justifiées par l'inextricable complication des données soumises à leur examen se sont unanimement décidés à ne faire de ces deux familles que des branches d'un même tronc. Antoine de Glimes, seigneur de Cour-sur-Heure, était le fils de Baudouin de Glimes, seigneur de Tourinnes et d'Anne de La Haye, dame de Limelette. Il reçut par acte du 14 juin 1511, du chevalier Antoine de Botillart la seigneurie de Court, dont il fit relief par-devant la cour féodale du château de Namur le 30 juillet 1512.2

     

    2 ibid., page 479.

    Pour cette famille, lire aussi "LE PARCHEMIN"
    n°353 de sept / oct 2004,
    pages 329 à 354

    En 1635 le seigneur de Ghomanpont, encore un autre Jacques de Baudrenghien quitta le Pays des Collines après avoir épousé à Ath, Jeanne de Glymes dont les parents étaient les libres seigneurs de la terre franche* de Cour-sur-Heure, "fief de reprise" classé dans les registres de la Cour féodale de Brabant 3. Leur mariage s'enrichira de l'héritage du château-ferme de Falnuée à Mazy (Gembloux) distante de 45 kms.

     

    3 Abbé SOUDAN (1930):
    La terre et seigneurie franche de Cour/Heure.

    Stanislas Bormans a publié en 1875 le nom des possesseurs du lieu. Il signale que le 31 mars 1344 le fief de Fanuez fut relevé par Henris de Fanuees qu'il avait acquis à Mlle Alit de Bovech. C'est là une des plus anciennes mentions du lieu. Puis le 14 juillet 1437 on apprend qu'Ysabeau de Pottes transporta sa terre de Fanuwez à Ghis de Barbenchon, sire de Donstienne et de Vileumont. Le 4 novembre 1504 Jaspar de Ville, sire d'Avain près d’Ath reprit Falnuée. Il dut y avoir des conflits car en décembre 1505, Jehan de Namur sire de Trivière releva Falnuée du chef de sa femme, Marguerite de Barbenchon, dite d'Ostenne. Les Namur détenaient ce lieu encore à la fin du XVIe siècle. Mais il passa à une date inconnue aux Hannoy puis par héritage aux Bourlers des vicomtes d'Ahérée, en mars 1603. Les Namur réapparurent en 1632 suivis par héritage à Jeanne de Glimes (+1650) & Jacques de Baudrenghien (+1683). Le jeu des cousinages continua avec un retour des Bourlers en 1645, cinq années avant le décès de Jeanne de Glimes (parente du côté maternel). En 1652 arriva par vente Agnès de Davre, comtesse de Willerval et de Sainte Aldegonde. Les vendeurs étaient François de Bourlers et J. Chauveau. Le 27 mai 1679, au nom de sa femme née Sainte Aldegonde, le marquis de Brissy releva Falnuée. En octobre 1713, Bormans signale que Philippe de Francquen grand bibliothécaire du roi d'Espagne releva Falnuée par cession de sa mère, Agnès Badot, qui faisait ainsi opérer une saisie sur le comte de Sainte-Aldegonde-Noircarme. Mais dès 1716, Francquen vendit ses droits au baron de Roose de Leeuw. Le bien passa encore aux mains des Pellissonier puis des Meldeman en 1736, pour revenir aux comtes de Coloma en 1752, alliés aux Roose. Par le jeu des mariages encore, Falnuée aboutit aux comtes de Beauffort au XIXe siècle, et au siècle passé, ce sont les comtes d'Irrumberry de Salaberry qui eurent la main. En mai 1987, les membres de cette ultime famille dont la mère était une Beauffort vendirent le territoire et les bâtiments aux Jottrand.

     

     

    Philippe FARCY
    Falnuée défense namuroise,
    LaLibre.be, Vie de Château 458,1er août 2008

    Ryckwaert

     

     

    Famille noble et ancienne de la ville de Bruxelles, en Brabant, dont suit un court extrait tiré de l'Arbre de lignage de la Maison de Van-Coudenbergh, l'une des sept nobles familles de la même ville.
    Philippe Ryckwaert, 1er du nom, chevalier, seigneur de Tiberchamps écartela ses armes, à savoir : au 1 & 4 de sa maison qui sont d'azur à trois anneaux, remplis chacun d'une merlette de même; et au 2 & 3, de gueules à un chevron d'hermine, accompagné en chef d'un franc-canton de Flandres à dextre et d'un écusson de Luxembourg à senestre.
    Il épousa demoiselle Catherine Mastelyn, qui lui donnera en seconde couche Anne-Marie Ryckwaert femme (x1664) d'Alexandre de Baudrenghien, écuyer, seigneur de Cour-sur-Heure dont la postérité s'éteignit à leur fils qui épousa sa cousine Anne-Marie de Glimes
    5
    , et la baronnie de Samart quand au début du XVIII°s cet arrière-arrière fief du Prince évêque de Liège accéda au titre nobiliaire.

     

    4 CHENAYE-DESBOIS
    Dictionnaire de la Noblesse"
    Tome XII (1778) p. 405.

    5 Jean-Baptiste de GREZ
    Fonds héraldique du Ministère des Affaires étrangères, sous réf. 3m46.

    Samart possède un remarquable château-ferme érigé en 1552, aux allures d'un manoir médiéval. Son porche est aux armes des Glymes de Brabant et une tourelle d'imposte porte le blason des Baudrenghien millésimé "1735". Il est haut d'une vingtaine de centimètres, arbore 3 hamaides alésées*, chargées de 9 besants et une guirlande de laurier pointe en son cimier vers une  couronne de baronnie  hispanique.

     

    * Ou une pièce de 3 hamaides qui suivent le contour de l'écu sans le toucher.

    Château ferme de Samart (Philippeville)

    L'église Saint-Jean Baptiste de Cour-sur-Heure

     

     

    Blasonnements que l'on retrouve gravé dans la pierre sépulcrale de ses grands-parents en l'église de Cour-sur-Heure; Jacques de Baudrenghien, seigneur de Gomenpont et son épouse Jeanne de Glimes, décédés respectivement en 1683 et 1650, "découvert" par nos scouts tournaisiens en 1962.
    En 1880, pour palier à la vétusté de la chapelle du 16ème siècle, on avait déjà rebâti l’église en y maintenant le riche mobilier Louis XV ; les plans étaient dus à l’architecte carolorégien Auguste Cador.
    Elevée vers 1906 en style néo-roman, cette église se compose d’une nef unique, d’un transept et d’un chevet plat. La tour disposée au nord s’élève contre l’intersection du chœur et du croisillon septentrional du transept. Exécuté d’après les projets de l’architecte Henri Leborgne, l’actuel bâtiment fut restauré en 1926, date à laquelle on dérocha le moellonnage intérieur.  vers laquelle se portent rapidement les regards qui pénètrent le lieu.

     

    Site de l'Unité Pastorale Refondée "Sambre & Heure" (Anciennement le Doyenné de Thuin)

     

    L'Ordre de Saint-Jacques au Siècle d'or espagnol

     

     

    En entrant dans l'église de Cour-sur-Heure dans le mur de gauche est scellée une dalle de marbre portant quatre quartiers, on peut lire en abrégé :
    "En mémoire de Messire Jean-Baptiste de Baudrenghien, Chevalier de l'Ordre de Saint-Jacques, mort à Madrid l'an 1666. Priez Dieu pour son âme.
    La croix de l'Ordre en arrière-plan est surmontée du blason de Jacques qui porte les armes inchangées de Lessines, soit 3 hamaides chargées de besants; 4,3,2. L'ensemble est surmonté d'une couronne de baronnie espagnole.

     

     

    Lecture des Quartiers:
    1~2 Les parents; (Jacques de) Baudrenghien ~ (Jeanne de) Glimes
    1~3 Grands-parents paternels, (Jacques de) Baudrenghien ~ (Jeanne de) Brune
    2~4 Grands-parents maternels, (Antoine de) Glimes ~ (Jeanne de) Bourlez

       

    Les archives de l'Ordre de Santiago sont conservées à l'"Archivo Histórico Nacional" de Madrid.

     

     

    L'Ordre catholique armé de Santiago (saint Jacques), fondé durant la "Reconquista" du XII°s., fut mué à l'époque moderne en Ordre nobiliaire honorifique, pour gratifier les aristocrates fidèles au souverain d'Espagne pouvant attester de quatre quartiers de noblesse. L'exception étant le peintre Diego Vélasquez (mort à Madrid en 1660, contemporain de Jean-Baptiste), qui obtiendra une dispense pontificale ratifiée par le roi Philippe IV (1621-1665) lui permettant de revêtir l'habit de chevalier le 12 juin 1658.

      Reconquête par les royaumes chrétiens des territoires Ibériques occupés par les musulmans.

    Les archives de l'Ordre de Santiago sont conservées à l'"Archivo Histórico Nacional" de Madrid.

     

    A Samart, comme à Cour-sur-Heure, on s'étonnera peut-être de la forme ovoïde des écus supportant indifféremment les armoiries des conjoints. Il faut savoir qu'à partir de la moitié du XIVème siècle, avec la disparition progressive des boucliers d'armes, la représentation graphique  des  écus prit  quelques libertés artistiques, avec des restrictions de modes, us et coutumes de lieux et de

      Le marbre rouge de Rance, (à 26 kms) employé pour les pierres tombales au XVI°s puis comme pierre à bâtir, servira à profusion pour la décoration d’édifices de prestige. L'exploitation du marbre rouge dans la région de Philippeville sera plus tardive.

    moments. Les contours, moins sujets à discordes, manifestent des ambitions esthétiques et se déclinent progressivement sous diverses formes. Désormais, l'ovale n'est plus exclusivement réservé à la gent féminine comme il le fut jadis.1 Mais peut-être, devrions-nous considérer ici un  hommage aux dames de Glimes ?

      1 Claude WENZLER
    Guide de l'Héraldique, p.30

    Branche éteinte au xviij siècle

     

     

    Trépassé sans descendance d'avec son épouse Anne-Marie de Glymes, la lignée des Baudrenghien portant les hamaides chargées de besants s'éteignit à Samart avec le baron Philippe, peut-être en 1735 comme l'indiquerait son blason, car très étonnamment nous ignorons tout de son décès, et ce qu'il advint de sa dépouille.
    On peut avancer d'une part l'existence d'un testament et d'autre part qu'il n'y avait plus de Baudrenghien  au Pays des Collines car avant que la baronnie ne revinsse par défaut à la famille de Glymes, le curé de Laneffe, un village voisin, fut chargé au titre d'exécuteur testamentaire d'entreprendre des recherches de parenté, même à l'étranger et notamment en France et en Espagne où l'oncle paternel du défunt, Jean-Baptiste, était mort en 1666. En effet, les membres de l'Ordre de Saint-Jacques soumis à la règle de saint Augustin, n’étaient pas tenus au vœu de chasteté et pouvaient contracter mariage. Mais la quête n'en resta pas moins veine.

     

    Merci à Mr le Doyen
    Francis CAMBIER

     

     

    | Sommaire |

     

    4.3. Les (de/der) Baudrenghien en France

     

     

     

     

     

    "Un fragment généalogique qui se trouve à l'abbaye Saint-Pierre à Gand, dit, que Jean de Beaudringhien (sic) vint aux Pays-Bas à la suite de Philippe le Hardi" au quatorzième siècle (1363-1404).

    On retrouve cette affirmation erronée dans Vegiano d'Hovel, Nobiliaire des Pays-Bas 3 ou encore dans le Dictionnaire généalogique de Félix Goethals,4 ce dernier avançant que les armes portées étaient d'or à la croix de gueules avant de citer comme une gageure quelques seigneurs de Gommespont (sic). C'est oublier ou ignorer, que des porteurs du nom étaient déjà connus en Hainaut avant cette époque, comme signalé par le comte du Chastel de la Howardries dans l' Annuaire de la Noblesse de 1912. 2
    Par ailleurs, ces trois rédactions sont trop proches pour douter d'un recopiage malheureux, car selon notre ami Pierre Looze cette théorie improbable est due à une erreur d'interprétation des textes anciens, où il fallait lire "revint" de Bourgogne avec Philippe II le Hardi...

    Ce Jean qui est cité nous est connu. Il était le fils de Gilliard de Baudrenghien mort à Gand en 1380 au service du comte de Flandre Louis de Male parti rendre raison aux villes du Nord ralliées au Anglais. Il eût deux fils; Jean, puis Guillaume, qui fut le père de Louis, lequel s'établit à Gand sous le nom de Baveghem et dont les descendants tombèrent en décadence. 1  Empressons-nous d'ajouter, qu'un autre Jean de Baudrenghien est déjà cité en 1248 à Saint-Omer en Artois et qu'il faut considérer d'autre part le hameau de Baudringhem recensé depuis des temps anciens sur la commune de Campagne-lès-Wardrecques dans le Pas-de-Calais, mais avec lesquels -encore une fois- nous n'avons a priori aucun lien.

     

    1 DUMONT
    "Fragmens" généalogiques
    Tome I, page 103
    éd. Duquesnes, Gand 1862
    Abbaye Saint-Pierre-au-Mont-Blandin

    2 Paul-Armand du CHASTEL
    Annuaire de la Noblesse
    Ed.1912 - tome I, page 281.

    3 VEGIANO-HERCKENRODE
    Nobiliaire des Pays Bas et du Comté de Bourgogne
    Vol.I, - p.119 :
    "de Beaudringhien", lignée
    des sr. de "Gommespont" (sic).

    4 Félix GOETHALS
    Dictionnaire Généalogique des familles nobles de Belgique
    Tome I, 1849, à propos des
    "du Bus de Gisignies"

    Jean Pitpan de Montauban
    Bibl. Mun. de Cambrai,
    Manuscrit 1024, f°133.

       

    Valenciennes en Comté de Hainaut.

     

     

    En 1036, Regnier IV, comte de Hainaut, épouse la fille unique d'Hermand, comte de Valenciennes; et par là, Richilde, seul fruit de ce mariage réunit dans sa main la propriété de ces deux grands fiefs. Mais cette réunion ne se fait que sous la condition expresse qu'elle ne préjudiciera point aux droits, franchises, lois et coutumes de l'un ou l'autre comté qui demeureront toujours séparés de droit, quoi qu'unis de fait. Cette condition sera solennellement arrêtée dans une assemblée générale des seigneurs de Valenciennes et de Hainaut.

    Cette particularité sera respectée par Philippe le Bon, quand Valenciennes passera à la maison de Bourgogne en 1431. Il confirme dans une charte de 1447 que les contrats passés dans le Hainaut par les hommes de fiefs, ne vaudront à Valenciennes que comme simples cédules (litt. publications).

    A la mort de Philippe le Beau en 1506, les biens bourguignons furent annexés aux possessions autrichiennes.

    Sous Charles-Quint, Valenciennes ne ressortissait pas à la cour souveraine de Mons, mais par un décret de 1534, au grand conseil de Malines. Le 23 mars 1540; "Charles..., empereur des Romains..., salut. Comme puis naguère, à la requête de notre  procureur général, les prévôts, mayeur et échevins de notre ville de Valenciennes eussent été ajournés de comparoir pardevant nos amés et féaux les présidents et gens de notre grand conseil à Malines, afin de voir déclarer aboli, annihilé et cassé certains cahiers et livres des coutumes de ladite ville, banlieue et chef de sens de Valenciennes qu'ils avaient fait imprimer et publier comme contenant aucunes coutumes exorbitantes, déraisonnables, contraires et dérogeantes à notre supériorité et hauteur, et après que, en ladite cour, eût été procédé à plusieurs actes, nous, désirant mettre fin audit différend sans le laisser traîner par une longue involution de procès, eussions, à notre dernière venue en nos pays de par deçà, fait évoquer ladite matière en l'état qu'elle était pendante  en notre grand conseil, et lesdites parties, pardevant nous et nos amés et féaux les chef-président et gens tenant notre conseil-privé, poue être sommièrement et de plein traité, d'autant qu'il y était question de mettre ordre, tant au fait de la justice que à la police de notre dite ville et banlieue; où les parties ont été bien et au long ouïes en  tout ce qu'elles on voulu dire, proposer er alléguer; et finalement par notre sentence définitive, et pour le droit a été dit, justifié et sententié que ledit cahier des coutumes serait rapporté ès mains desdits de notre conseil privé pour être cassé et aboli".

     

     

    M. MERLIN
    Répertoire universel et raisonné de jurisprudence
    5°ed. t.36 (Bxl 1828) p.1 à 5

    Bien que la ville de Valenciennes n'ait jamais été intégrée dans le département des états de Hainaut, ses députés assistaient cependant aux assemblées générales tenues à Mons, mais comme l'observe d'Outreman1, ce n'était que pour s'assurer qu'aucune résolution n'était prise à leur encontre.

     

    1 Henri et Pierre D'OUTREMAN
    "Histoire de la Ville et Comté de Valentiennes" (Douai 1639).

    Au XVII°s, les villages unis à la banlieue de Valenciennes ne reconnaissent en matière personnelle que les chartes générales du Hainaut, tandis que la ville et son ancienne banlieue sont régis à cet égard par la coutume particulière de Valenciennes:
    l'art.221 de la coutume de Valenciennes établit formellement, que la ville de Valenciennes a autorité et prééminence de chef de sens en plusieurs bonnes villes et villages situés... en Flandre, Cambrésis, Tournaisis et ailleurs. Il est sensible que les chartes générales, uniquement faites pour le Hainaut, n'ont aucune autorité soit sur les fiefs situés, soit sur les contrats passés, soit enfin sur les personnes domiciliées dans ces différents lieux. Ainsi, lorsqu'il est est question d'un de ces trois objets, il faut consulter la coutume de la situation; car celle de Valenciennes n'assujettit les villes et lieux qui se trouvent sous la le dit chef de sens, qu'en fait d'héritage tenus en censive, biens meubles et successions. Ce sont les termes de l'art. 222 de cette coutume.

    Le Comté de Hainaut s'étendra aux portes du Cambrésis jusqu'en 1678, quand le Traité de Nimègue, en mettant fin à la guerre de Hollande, lissera les frontières de la France en y annexant notamment la place forte de Valenciennes. Mais la "coutume" de la ville ne sera abolie dans toutes ses dispositions qu'après la révolution française.

     

    M. MERLIN
    Répertoire universel et raisonné de jurisprudence
    5°ed. t.36 (Bxl 1828) p.1 à 5

       

    Les Pairs de Valenciennes.

     

     

    Alors qu'il y avait un Comte de Valenciennes, un Châtelain de Valenciennes, il y avait également des Pairs de Valenciennes. Ils étaient au nombre de six; ils avaient leurs pairies dans la circonscription du Comté, et leurs maisons, ou leurs hôtels dans l'enceinte même du vieux château; ils étaient connus sous le nom de Pairs du château de Valenciennes. - Ils tenaient, dans leurs demeures, leurs plaids en ce qui concernait les procès de leurs vassaux respectifs et formaient la Cour du Comte et celle du Châtelain, pour les procès ressortissants au tribunal de ces derniers.1

    Les Pairs de Valenciennes se distinguaient des autres pairs bourgeois par une condition plus élevée dans l'ordre des citoyens. De même qu'il y avait des jurats dont les familles se confondaient avec la noblesse, il y avait aussi des Pairs de ville qui étaient nobles, ou considérés comme tels. De ce nombre étaient les Pairs de Valenciennes et de Hainaut. On les voit figurer dans l'histoire de le chevalerie, avec les attributs de la noblesse et même de la noblesse militaire qui est incontestablement la plus ancienne.2

    Après la réunion du Comté de Valenciennes au Comté de Mons, ou Hainaut ancien, qui formèrent le Hainaut nouveau, l'un et l'autre Comtés ayant conservé ses lois, coutumes et privilèges, les choses demeurèrent dans le même état: - le Comte de Hainaut eut, à Mons, sa Cour des Pairs du Hainaut proprement dit, et à Valenciennes, sa Cour des Pairs de Valenciennes.1

     

    1 Société d'agriculture, sciences et arts de Valenciennes:
    "Mémoires historiques sur l'arrondissement de Valenciennes"
    Famille des sr. de Tritch p.57

    2 Michel-Constant LEBER
    Histoire critique du pouvoir municipal
    (1828), Ch. IV, p.226

    Naissance du village de Préseau consécutivement à la fondation de son église.

    On trouve une première mention de "Presel" en 1117, quand le hameau et l'autel de la paroisse furent donnés à l'Abbaye de Saint-Jean de Valenciennes par l'évêque de Cambrai.1 Car à son origine, Presel n'était que le lieu-dit d'un village portant le nom de "Helpignies" ("altare de Helpeneis cum appendicio suo Peresello"), progressivement absorbé par la prospérité et l'expansion de Préseau en son sein.

     

    1 FOPPENS
    Op. dipl. Miroei. II. p.677 (page 44 dans Estreux-Préseau de Gennevoise, référence 1)

    En 1142, le hameau de Préseau devint le siège d'une chapelle, que le Souverain Pontife confirma à Saint-Jean avec l'autel d'Helpignies: "altare de Helpeneis cum capella de Prasello". Puis la chapelle concurrença l'autel voisin, comme en témoignent en 1146 et encore le 4 décembre 1173, des bulles du Pape Alexandre II, qui font mention de deux autels distincts: "altaria de Helpenies et de Peresello". Des religieux de Saint-Jean y exercent le saint ministère.44-3

     

    44-3
    Bibl. mun. Valenciennes
    M.S. 626 folios 10 r. & 11. (page 44 dans Estreux-Préseau de J.Gennevoise, référence 3)

    Le terrage et la dîme se percevaient inégalement sur le territoire. Certaines terres étaient franches de terrages et assujetties seulement à la dîme-Dieu que se partageaient dans des calculs savants l'abbaye et le curé du village. En 1448 un septième des terres cultivées, soit 81 hectares, bénéficiaient de ce privilège. 1

     

    1Joseph GENNEVOISE
    "Estreux-Préseau-Saultain, près Valenciennes."
    (Lille 1935) - page 47.

    Le village était situé à 6 kilomètres au Sud-est de Valenciennes, sur la vieille route du Quesnoy. Il prendra au cours de son histoire diverses formes orthographiques rappelant invariablement les prés de son environnement: Peresellum, (chronique de l'abbaye de St. Jean, par A. D'Outreman); "Presel", (titre de St. Jean, 1173); "Prezel" en 1186, (J. de Guise);  "Prese" en 1248, "Presiel", (pouillé du xiv°s)1, mais la seigneurie releva toujours des mêmes souverains que la ville et la marche de Valenciennes, et devait répondre à leurs appels aux armes, en matière "d'ost et de chevaucée".54-1

      54-1
    Louis DEVILLERS, Cartulaire des censes et rentes... II p.45.
    (page 54 dans Estreux-Préseau de J.Gennevoise, référence 1)

    Pairs de Préseau-lez-Valenciennes.

     

     

    Liés aux Préseau qui prirent vraisemblablement le nom du lieu-dit (Présel; pré, prairie), vinrent à leur suite les Gardin; Boidts et Lannoy, avant la passation aux Baudrenghien souhaitée par la dernière descendante d'entre eux et suivie de nouvelles transitions maritales aux maisons de Croix, Beaufremez, Beauffort et Mérode.

     

     

    En 147554-2 par exemple, trois "fieffés" dans Préseau avaient à procurer au souverain un homme d'armes à pied, notamment Jean Boidts, seigneur du village. En outre, les Pairs de Valenciennes, quel que soit leur lieu de résidence dans le comté étaient tenus avec leur famille de faire leurs Pâques en l'église abbatiale et d'y faire célébrer leurs obsèques. Mais peu de ces seigneurs de Préseau habitèrent la localité et l'église paroissiale du village, qui disposait d'une tribune seigneuriale retint par sa proximité, les occupants du castel.

     

    54-2
    Intermédiaire 102, p.345
    Parchemin 183 / 142


    Archives de l'Etat à Mons
    Mémoires de Jean Cocquiau, II, folio 320.

    Maison de Lannoy

     

     

    Illustre famille de la noblesse belge qui tient son nom de la ville homonyme de la Flandre française, entre Lille et Roubaix, dont ils furent seigneurs.
    Cette famille d'ancienne chevalerie du Comté de Flandre, dont la filiation prouvée remonte au XIIIè siècle, donna de grands guerriers, des hommes d'État et des chevaliers de la Toison d'or :
    Jean II de Lannoy fut tué à la journée d'Azincourt (1415). A la Bataille de Pavie en 1525, le Roi de France, François Ier, ne voulut remettre son épée qu'au seul Charles de Lannoy, vice-roi de Naples (1522); Baudouin Ier fut ambassadeur d'Angleterre, etc.
    Possesseurs de duchés, de principautés, tous les membres portent le prédicat de comte du Saint-Empire avec manteau d'hermine ou manteau ducal; l'écu d'argent à trois lionceaux de sinople, couronnés d'or, armés et lampassés de gueules.1
    Les descendants actuels de cette noble famille établie au XVI°s. à Steenokkerzeel sont châtelains d'Anvaing dans le Hainaut belge.

     

    Wikipédia
    Licence Creative Commons

    1 Fr-J. BOZIERE
    Armorial de Tournai (1859) page 142.

    Authentification des armes des Baudrenghien de Préseau.

     

     

    Référence: Épigraphie du département de Pas-de-Calais, Volume 8 (1934):
    "L'église de Bourecq (entre l'Artois et la Plaine de la Lys renfermait autrefois le tableau funèbre de Dame Marie Anne Josèphe de Cramet, épouse de Messire Maximilien Thomas de Croix, morte le 28 octobre 1726. Relevé en fut fait à la demande de Messire Louis Eugène Marie, comte de Beauffort et de Moulle, par MM. Auguste Jh. Berode et Ch. Fr. Cruille, notaires à Lillers. Les signatures furent légalisées par le maire et les eschevins de ladite ville, le 27 juin 1759; signé "Penin" et timbré sur cire des armes de Lillers en Artois"
    Description: Ce tableau se trouvait en l'église paroissiale de de Bouret (sic), attaché au mur du côté de l'Evangile du choeur de lad. église: Obiit 28 8bris - Anno 1726. Au milieu, sous couronne de marquis, deux écus accolés :
    - 1°Croix: d'argent à la croix d'azur
    - 2°Cramet: d'argent au chevron d'azur acc. de 3 dauphins du même couronnés d'or;
    - la pointe du chevron chargé d'un écusson d'or à la croix de gueules cant. de 4 étoiles à 5 rais de sable qui est Baudringhien.
    Note: Marie Anne Jh. de Cramet était née demoiselle dite de Baudrenghien.
    Explication: Le 28 août 1579, Jacques de Baudrenghien, écuyer, capitaine de cavalerie; troisième fils de feu Arnould, défunt seigneur de Préseau & de Marguerite de Lamine, épousa Madeleine Cramet, dame de Loges; fille de Philippe seigneur de Loges & d'Isabeau d'Ocoche, à condition que leurs enfants prennent le nom et les armes de Cramet, en conservant toutefois le surnom de Baudrenghien.

    Note:

    Le docteur Jean-Pierre Derbaudrenghien, cardiologue à Charleroi signale que par les comtes de Beauffort nous trouverions par certains détours et un grand bonheur un lien de parenté avec le romancier et Académicien français, Jean d'Ormesson. À l'origine, ses ancêtres s'appelaient Le Fèvre. C'est son ancêtre Jean Le Fèvre qui au début du XVI°siècle amorce l'ascension sociale en devenant commis au greffe du Parlement de Paris. Son fils, Olivier Le Fèvre (1525-1600), devient président de la Chambre des comptes de Paris et acquiert la seigneurie d'Ormesson et est anobli en 1553. La famille s'établit en 1758 à Amboile, dans la vallée de la Marne, terre dont elle obtient l'érection en marquisat.

     

     

    Dans son manuscrit (discutable) "Généalogie des Provinces du Nord" Casimir de Sars de Solmont décrit page 617: "de Baudrenghien de Valenciennes portant d'or à la croix de gueules cantonnée de quatre étoiles à six rais de sable ou 4 molettes" (des molettes percées sont dessinées) Cimier: une tête et col d'aigle d'or".

     

    *Bibl. mun. Valenciennes : Manuscrit de Casimir de SARS de SOLMONT : Généalogie des Provinces du Nord, p.617.

    En 1815, Nicolas de Saint-Allais, connu pour un ouvrage antérieur sur les "Généalogies historiques des Maisons souveraines de l'Europe", décrit dans un "Nobiliaire Universel de France1"  les armes des Baudrenghien, en Cambrésis : "D'or à la croix de gueules, cantonnée de quatre étoiles de sable" sans préciser le nombre de rais.

     

    1 de SAINT-ALLAIS:
    "Nobiliaire Universel de France ou Recueil Général des Généalogies historiques des Maisons nobles de ce royaume"
    (1815) tome 5 - page 178.

    En 1873, Jean Germain Demay, Archiviste aux Archives nationales de Paris publia en deux volumes l'inventaire qu'il fit des sceaux de la Flandre mis à sa disposition dans les dépôts, musées et collections particulières du Département du Nord; évêché et chapitre de Cambrai. Dans le 1er volume, page 85 n°623 il décrit celui de Hubert de Baudrenghien, seigneur de Préseau, écuyer : Sceau rond de 30 mm, pendu à un bail à cens de terres situées à Quarouble. Ecu à la croix cantonnée de quatre roses, penché, timbré d'un heaume cimé, supporté par 2 griffons.

     

    5 Germain DEMAY.
    Inventaire des Sceaux
    de la Flandre (1873)
    tome I, p.85, n° 623.
    Paris, Imp. nat.

    La dévolution de Préseau.

     

     

    Au XV°s l'ampleur des possessions relevant du comte de Hainaut imposa le partage du titre seigneurial, mais le château restera indivisiblement lié au fief-pairie. Suivant les diverses généalogies traitant de la dévolution de Préseau, on constate parfois des décalages dans les générations se succédant, c'est pourquoi nous utiliserons comme ouvrage de référence la monographie de Joseph Gennevoise1, en y apportant les corrections qui nous semblent utiles. Les propres références de l'auteur seront précédées du numéro de page auxquelles elles se rapportent.

     

    1Joseph GENNEVOISE
    "Estreux-Préseau-Saultain, près Valenciennes"
    (Lille 1935).

    a. Les fiefs tenus du comte de Hainaut

     

     

    Vers 141054-4, Jean du Gardin, fils de Nicolas (Colart), bourgeois de Valenciennes*, tenait du comte de Hainaut "à Préseau-delés-Valenciennes" 1 fief-lige, ès parties2.

    En second lieu, Jean de Préseau, écuyer, tenait du comte de Hainaut 4 fiefs-liges dans préseau2.

    Jean de Quarouble, bourgeois de Valenciennes tenait encore de sa femme Jeanne Polle" en la justiche Jehan dou Gardin, fils Colart" mais au comte de Hainaut 1 fief ample 2.

    Enfin Pierre dit le Borgne de le Porte, bourgeois de Mons, tenait du même souverain, à Préseau, 1 fief ample "gisant en IX homaiges, les aulcuns liéges et les aulcuns amples...2"

     

    54-4
    Archives de l'Etat à Mons, cartulaire du Hainaut de 1474.

    * Famille "patrice" de la ville de Valenciennes, l'une des plus notables aux 14e et 15e siècles.

     

    Au point de vue financier, six deniers de cens étaient seuls inscrits à l'actif des comtes de Hainaut en 1265 dans Préseau mais il s'y ajoutait des reliefs 2 (droit de mutation de fief).

     

    2Joseph GENNEVOISE
    "Estreux-Préseau"
    Chap.III, p.56 &57.

    Jean du Gardin acheta, en 1412, dans un "recours" ou adjudication publique, les 9 hommages de Pierre le Borgne, puis en 1422, la taille de  15 livres et 30 assises de Jean Quarouble, et en 1432, 18 £ de rente, dépendant d'un des fiefs de Jean Préseau.

     

    Arch. dep. Lille B.11951, folios 62, 64. 74 & 86 dans la monographie de Joseph GENNEVOISE, p.56.

    Alard du Gardin bénéficia ensuite de ce regroupement et posséda plus de 57 muids ou 105 hectares de terres labourables dans Préseau, partageant les terrages avec les abbayes de St. Jean et de Fontenelle, à l'exclusion de Jean Préseau, à qui appartenaient encore 36 muids environ ou 67 hectares.

     

     

    Les divers éléments des fiefs qui précèdent, se ramènent en réalité à ce qu'on appelait le gros d'un fief, et à des concessions de terre.
    Plusieurs de ces fiefs restèrent identiques jusqu'à la fin du XVIII°s. D'autres subirent des alternatives, mais la maison manable avec dépendances de ferme et bosquet, dont le cartulaire de 1410 attribue la propriété à Jean du Gardin demeurera le "criterium", la distinction du fief-pairie de Préseau".
    2

     

    2Joseph GENNEVOISE
    "Estreux-Préseau"
    Chap.III, p.56 &57.

       

    b. Le fief-pairie de Préseau.

     

     

    A la suite de Allart du Gardin, seigneur du Vivier :

    L'aîné de ses deux fils, prénommé comme lui, racheta la seigneurie de Préseau en 1433, et la possédait encore en 1448 avec 105 hectares environ77-3. Il fut Prévôt de Valenciennes en 1437 et mourut après 1448 (non en 1440 comme le dit  le M.S. de Sars). Il épousa en premières noces Jeanne du Gardin, fille de Nicolas et de Margerite Grebert et en secondes noces Pieronne de Wanquetin. Il eût deux filles, qui suivent en 1474, une de chaque mariage.

    Le cadet, Aymery du Gardin épousa Marie Fuyant avec qui il eût Jehenne du Gardin (16080), qui adulte, épousera* Raisse (Raisset) de Baudrenghien, dit du Marquais et de la Plancq, bourgeois et résident de Tournai avec qui elle aura 3 enfants : Guillaume (Sr. de le Plancq), Hubert (héritier de Préseau) et Alix (Dame du Marquais).

      77-3
    Bibl. mun. Valenciennes
    M.S. 777; - Arch. dep. Lille. B.11951, t°87? ET H. St Jean (enquête de 1437).

    *Jehenne du Gardin est citée célibataire en 1475 dans le testament de Jehan Fuyant. Ne pas la confondre avec sa cousine homonyme.

    Bibl. Univ. de Gand, ms G. 16191, f° 953

    En 1474, Jean Boids ou Boidts (16076), dit de Stavelle, Trésorier Général du Hainaut (V1483), recueillit du chef de sa femme Jeanne de Gardin (V1502), les fiefs hérités par elle de sa sœur aînée, Claire, morte sans enfants cette même année 1474.
    La pairie passa ensuite aux de Lannoy par le mariage vers 1480 de leur fille Simone Boidts (20 ans) à Louis de Lannoy
    de quarante ans son aîné . Ils eurent une fille, Jeanne de Lannoy, qui suit.

     

    Archives Dép. Lille
    B.11.972, f° 18,19 & 22.

    Bibl. mun. de Cambrai,
    ms n°879, f°126

    Tablettes du Hainaut
    tome VII, page 263.

    La malheureuse Jeanne(tte) de Lannoy, hoir féodal du fief-pairie par sa mère, avait été enlevée en mai 1515 et séquestrée en Tournaisis, à Flines-lez-Mortagne, alors possession du roi d'Angleterre, puis épousée de force à Valenciennes4 par son ravisseur, un certain François d'Ailly, dit de Sains, seigneur d'Haulchin, déjà veuf d'un premier mariage avec Catherine du Bois de Hoves, soeur cadette de Jacqueline, épouse d'Antoine de Lannoy. Suite à ce rapt, François d'Ailly fut condamné et dépossédé de sa seigneurie par le Grand bailli du Hainaut. Mais en novembre de la même année, il obtint des lettres de rémission4 du jeune empereur Charles Quint et recouvrit son bien

    Jeannette mourut en novembre de l'année suivante âgée d'à peine 36 ans. Ce décès sans postérité, ne pouvait que confirmer Pierre de Lannoy dans l'héritage de sa nièce, mais les dernières volontés de la défunte, énoncées le 27 novembre 1516, désignaient un autre héritier pour les biens échus de sa mère, en la personne de son cousin Hubert de Baudrenghien, fils de Rasse et de Jeanne du Gardin et époux de Jeanne d'Haultighem (Authighem). 4

     

    Bibl. mun. Valenciennes
    Casimir de Sars de Solmont,
    Recueil de généalogies, notes et épitaphes des provinces du Nord.
    M.S. 0815.
    Tome VII, pp.92 & 113.

    4 A. LOUANT
    Mémoires d'Antoinede Lusy
    pp 72-73

    Comte du CHASTEL:
    Généalogies Tournaisiennes,
    II,p.409.

    Arch. départementales Lille,
    B. n°1727, folio I.

    Archives de l'Etat à Mons,
    greffes scabinaux,
    Préseaux, 6-5-1515.

    4 Tablettes du Hainaut,
       tome VI, page 263.

    D'après le Baron Etienne de Bethune-Sully5 ,Hubert demeurait à Préseau où il possédait déjà un fief : "...en 1502, deux fiefs terrages s'accusent, dont l'un dit de Saint-Saulve appartient à Hubert de Baudrenghien, demeurant à Préseau, l'autre est tenu par Jean Boids, demeurant à Bouchain. Un acte du 8 novembre 1517 nous apprend que ces deux fiefs amples appartiennent à Hubert de Beaudrenghien par suite du trespas de sa cousine Jenne de Lannoy et que le premier est dénommé "Hutin". Ils lui appartiennent encore en 1521.

    Ce testament fut énergiquement contesté aussi par Jehan du Gardin, seigneur de Romegnies, qui s'estimant outrageusement lésé, entama une procédure en justice qui durera 10 ans. Les droits sur les fiefs succédés et échus à Hubert, ne furent finalement concédés par lui qu'en 1526, dans un accord amiable.

     

    5 Baron Etienne de
    BETHUNE-SULLY :

    "Aulnoy-lez-Valencienne"

    Hubert de Baudrenghien mourut le 15 avril 1548, âgé d'environ 83 ans. Arnould, son fils aîné, décèdera en 1559, il avait épousé Marguerite de Lamine le 9 février 1526, elle lui donnera sept (peut-être huit) enfants, dont 3 fils; le puîné de la fratrie était Jacques de Baudrenghien, héros à la bataille d'Hautrage en 1579, nous en reparlerons au moment opportun. L'aîné des trois, prénommé comme son grand-père paternel, tint les dix hommages (ou arrière-fiefs) de Préseau en un fief ample "de Sa Majesté, à cause du comté de Hainaut". Ils furent encore relevés par lui en 1567, à savoir :

     

    1 SAINT-ALLAIS : Nobiliaire universel de France
    T. 19 p. 389 & suivantes, mstm, Dumont - Quartiers généalogiques

     

     

     

        1. Un fief se comprendant en huit muys de terre, y compris

    sa cense audit Préseau, valant par an cinq muids de blé.

        2. Un autre fief se comprendant en XVIII huitelées de terre,

    valant par an II muids de blé.

    3. Un autre fief, se comprendaot en XXXVI huitelées de terre: XXIX sous blancs et XII chapons de rente, valant par an quatre muys et demi de bled.

    4. Un fief dit de le Motte à le Pierre, se comprendant en paturaiges et arbroyes avec trois mencaudées de terre y tenant, valant X livres tournois par an.

        5. Un fief se comprendant en un terrage de cinq gerbes par an

    au cent, à Préseau, valant quatre muids de blé par année.

        6. Un fief se comprendant en XXIIII huitelées de terre et une

    maison valant XXII mencauds de blé par an.

        7. Un fief se comprendant en II muids de terre, valant douze

    mencauds de blé.

        8. Un fief se comprendant en XIII huitelées de blé, valant par

    an un muid de blé.

        9. Un fief se comprendant en un terrage de cinq gerbes du

    cent, valant trois muids de blé par an.

        10. Un fief se comprendant en un terrage esclissé du précédent,

    valant onze mencauds de blé par an.

     

    91-2 Arch. dép. Lille, B. 11.950, f° 118.

     

    En 1576, Hubert de Baudringhien, écuyer, deuxième du nom à Préseau cultivait lui-même ses 52 muids de terre, avec quatre mencaudées de pâture, soit au total 96 ha1. Il décèdera vers 1578 sans avoir eu de descendance de son épouse Michèle de Hertaing.

      1 Société d'études de la province de Cambrai.
    Vol.43, page 71.

    L'une des sœurs de Hubert était mariée au seigneur de Canfain, une autre sœur, Françoise était l'épouse de Louis de Belvalet71 et d'après Jean Baptiste de Grez; une troisième, Jehenne (12092) aurait épousé Antoine Maria Visconti2, seigneur en partie de Préseau. Mais c'est leur second frère*, Jehan, capitaine d'une des huit compagnies bourgeoises de Valenciennes, qui se distinguera sous les murs de Cambrai en 1595 qui hérita la seigneurie après Hubert. D'ailleurs, en 1604, Nicolas Gosselin "mayeur d'Antoine Maria" se dit en même temps "lieutenant-mayeur de Jean de Baudringhien" et les échevins se déclarent "servans pour les deux seigneuries" a finalement le titre de "seigneur en partie" de Préseau fut consacré par l'usage pour les uns et les autres b.

       

    2 Fonds héraldique du Ministère des Affaires étrangères, sous réf. 3m46

    a Recueil Par la Société d'études de la province de Cambrai, Lille (1935) p.67

    b Société d'études de la province de Cambrai Vol.43, page 66

    Comme l'attestent les généalogies de Croix et de Beauffort,1 c'est par l'unique enfant de ce dernier, unie à son cousin germain Pierre de Croix, écuyer, seigneur de Trietre, etc., que la pairie passa à cette maison. La maison de Croix l'une des plus considérables et des plus anciennes des provinces de Flandre et d'Artois, tenait son nom d'un fief, dont le chef-lieu, comprenant seul près de 800 vassaux, situé dans la Flandre wallonne, en la châtellenie de Lille, à une lieue et demie au nord-est de cette ville. Elle figure depuis le douzième siècle parmi l'ancienne chevalerie, et a soutenu l'éclat de son origine par de nombreux services militaires et de belles alliances.3

      1 A. de GHELLINCK:
    Les Sires de Pottes sur l'Escaut (1899).
    pages 69 à 72

    3 Chevalier de COUCELLES
    Histoire généalogique et héraldique des Pairs de France.
    Tome IV (Paris 1824)

    Le 27 avril 1613, au quinzième anniversaire de la signature de leur (très détaillé*) contrat de mariage, Pierre de Croix, adoubé la même année, réunit la seigneurie de Préseau, du chef de sa femme, Anne de Baudringhien, à celle cédée dix jours plus tôt par leur oncle, le vicomte Antoine Maria. Le dénombrement des fiefs de Préseau, qu'il présenta fait mention d'"un fief ample se consistant en 10 arrière-fiefs".4

      * Contrat de 7 pages A4 totalisant dans les 300 lignes.
    4 Archives dép. de Lille, B. 12.067.

    Eglise et château de Préseau

    L'hôtel, dénommé ainsi sous Hubert en 1570, tenait en une maison "manable" (maison à usage d'habitation) avec grange, jardin, pâturage et bosquet sur deux muids ou 3 hectares 65 ares. En 1661, il fut remanié en château par Pierre de Croix et son épouse; cheminées sculptées et armoriées 57; de Croix - de Baudrenghien.

     

     



    Les descendant de Pierre de Croix et d'Anne de Baudrenghien jouirent de Préseau durant quatre générations.

    En 1724, le village acquiert son nom actuel, on y recense alors 250 résidents.

    C'est en 1779, sous Louis-Eugène de Beauffort, héritier de Préseau en 1774, descendant lui-même des de Croix par sa mère57 et des Baudrenghien (de Cramet 2) par la mère de celle-ci, que la bâtisse sera officiellement qualifiée de château dans un dénombrement. Il est alors entouré d'un ancien vivier et des dépendances à usage de colombier, de basse-cour, et de verger clos de haves, il couvrait alors 36 mencaudées, soit 8 hectares 28 ares; "tenant à l'église et au cimetière et à la rue tenant à l'église".
    Le comte de Beauffort, ancien député des Etats d'Artois à la Cour, mourra en exil à Bruxelles en 1793
    2 . Cette branche des comtes de Moulle et de Croix, barons de Pottes et vicomtes de Préseau, s'éteignit le 13 novembre 1825, avec Louise Fernande Henriette de Beauffort, chanoinesse de Nivelles, veuve du comte de Merode 1 . La maison de Beauffort est une ancienne et illustre famille originaire d'Artois, de noblesse guerrière qui portait d'azur à trois jumelles d'or, comme en témoigne l'ancienne salle des croisades du Palais de Versailles. Elle compta nombre de représentants dans les chapitres nobles de France et des Pays-Bas. La branche cousine encore existante s'établit en Belgique en 1830.

      1 Charles POPLIMONT
    La Belgique Héraldique
    tome.1, p.346.

    2 Eugène BACHA Histoire généalogique
    de la noble maison de Beauffort en Arois,
    (Bxl 1925), p.323.

    Voir aussi ces blasonnements dans la Salle du Conseil de l'Administration communale de Ham-sur-Heure dans l'ancien château des Merode.

    En 1832, l'Annuaire du département du Nord1 relève 553 ha de labours (sur une superficie de 621 ha), ce qui est comparable aux 308 muids, une huitelée et trois quartiers de terre repris dans un Cartulaire de 1448.

     

    1 DEMEUNYNCK & DEVAUX
    Ann. statistique du dép.du Nord, p.71.

    En 1856, L. Cellier écrivait*; " le castel, dans un parfait état de conservation servait alors de ferme."

     

    *Mémoires de la Société d'Agriculture de Valenciennes, t.VIII, p.91.

    Actuellement (2010), les ruines du château sont cerclées de barrières métalliques et le parc attend une possible reconversion touristique.

     

     




    | Sommaire |

     

    5. Espérance de vie

    la moyenne de longévité concernant notre généalogie, calculée par ordinateur*  sur 23 générations, entre les XIII° et XXI°siècles, pour 1387 hommes et 1233 femmes est paradoxalement de 63 ans et 7 mois pour les hommes et de 56 ans et 5 mois pour les femmes.

     

    *Calculé par le Logiciel
    "Arbre Généalogique"
    v.1.6a (Personal Soft)
    sous Windows 98.

    5.1 Pourquoi les femmes vivent-elles plus longtemps ?

    Notons d'abord que l'espérance de vie des hommes et des femmes était à peu près équivalente au 18e siècle.

    Dans les années d'après-guerre, nombre de femmes s'occupaient de leur foyer, réduisant d'autant une exposition au stress du travail et jusque dans les années 60 une épouse devait avoir l'autorisation de son mari pour occuper un emploi. Elles étaient moins exposées aux risques cardiovasculaires que les hommes par des consommations limitées de tabac, d'alcool ou d'une alimentation grasse. Les deux guerres mondiales ont influées aussi sur les statistiques.

    Aujourd'hui les filles fument autant que les garçons, sont soumises à autant de stress et exercent globalement les mêmes métiers mais ont malgré tout la faculté de décharger une partie de ce stress par des larmes, elles bénéficient d'une meilleure résistance à la douleur physique, d'une meilleure protection hormonale et bénéficient de 2 chromosomes X pouvant suppléer une défaillance congénitale.

    D'après les statistiques nationales, les enfants nés en 1993 peuvent espérer atteindre l’âge de 77,2 ans pour les garçons et 82,8 ans pour les filles. L'allongement de l'espérance de vie en Belgique devrait encore croître et l'écart entre hommes et femmes s'amoindrir.

    L’espérance de vie à la naissance en Wallonie reste en deçà de la moyenne belge. En 2015 l'âge espéré pour une femme était de 81,7 ans contre 76,7 ans pour les hommes. La différence entre les espérances de vie à la naissance des hommes et des femmes tend à se réduire ces dernières années : 6,8 ans en 1997 à 5,0 ans en 2015.

    Si l'on en croît les projections de 2017, une petite fille née ici en 2030 entrerait dans une moyenne de vie de 87 ans contre 82 ans pour un garçon.

     

     

    5.2 Médecine, demain ou après-demain... ?

    il est dès à présent possible de reconnecter le cerveau à des membres accidentés, la science fait des pas de géant sur le séquençage de l'ADN, les prothèses bioniques, les impressions 3D de tissus humains

     

     

     

     

     

     

    | Sommaire |

     
    6. Périodes historiques
  • 6.1 - Ere féodale (XI°-XIII°s)

  • 6.2 - Les ducs de Bourgogne
  •  
    6.2.1 - Philippe le Hardi (1363-1404)
    6.2.2 - Jean sans Peur (1404-1419)
    6.2.3 - Philippe le Bon (1419-1467)
    6.2.4 - Charles le Téméraire (1467-1477)
  • 6.3 - Les Habsbourg (1477-1515)
  •  
    6.3.1 - Marie de Bourgogne (1477-1482)
    6.3.2 - Philippe le Beau (1482-1506)
    6.3.3 - La Régence de Guillaume de Croÿ (1506-1515)
  • 6.4 - Le Régime Espagnol (1515-1713)
  •  
    6.4.1 - Charles-Quint (1515-1555)
    6.4.2 - Philippe II (1555-1598)
    6.4.3 - Les Archiducs Albert et Isabelle (1598-1633)
    6.4.4 - Philippe IV d Espagne (1633-1665)
    6.4.5 - Charles II d Espagne (1665-1700)
    6.4.6 - Guerre de Succession d Espagne (1701-1713)
  • 6.5 - Les Pays-Bas Autrichiens (1713-1791)
  •  
    6.5.1 - Charles VI (1711-1742)
    6.5.2 - Marie-Thérèse d'Autriche & Charles VII (1742-1745)
    6.5.3 - François Ier de Habsbourg-Lorraine (1745-1765)
    6.5.4 - Joseph II (1765-1790)
    6.5.4.1 La Révolution Brabançonne (1789)
    6.5.5 - Léopold II de Habsbourg (1790-1792)
    6.5.6 - François II (1792-1806)
  • 6.6 - La Belgique française (1792-1815)
  •  
    6.6.1 - Sous la République (1792-1804)
    6.6.2 - Sous l Empire (1804-1815)
  • 6.7 - Le Royaume des Pays-Bas (1815-1830)
  •  
    6.7.1 - Guillaume Ier d Orange-Nassau (1815-1831)
  • 6.8 - La Belgique indépendante (1831 >)
  •  
    6.8.1 - Léopold Ier de Saxe-Cobourg-Saalfel (1831-1865)
    6.8.2 - Léopold II de Saxe-Cobourg-Gotha (1865-1909)
    6.8.3 - Albert Ier de Belgique (1909-1934)
    6.8.4.a Léopold III (1934-1951)
    6.8.4.b La Régence du prince Charles (1944-1950)
    6.8.5 - Baudouin Ier (1951-1993)
    6.8.6 - Albert II (1993-2013)
    6.8.7 - Philippe Ier (2013 >)

     

     

     

     

     

    Moyen Age

     

    On a donné le nom de Moyen-âge à une longue période de l'histoire comprise entre l'année 476 de l'ère chrétienne, date de la chute de l'empire d'Occident, et l'année 1453, date de la chute de l'empire d'Orient.

     

     

     

     

    6.1. Ère féodale (11ème - 12ème)

    Drapeau Lotharingien aux bandes horizontales conformes aux règles héraldiques

     

     

    La féodalité trouve ses fondements dans le système Carolingien qui le précède. Au cœur du Moyen-âge, la vassalité perdure mais devient pratiquement contractuelle. A l'engagement public succède la signature d'un acte certifié par des témoins. Le fief donné en gage devient un bien héréditaire aliénable transmis en primogéniture masculine sous réserve d'un droit de relief correspondant à une année de revenu et d'un nouvel hommage.

     

     

    1051

    Le Comte de Hainaut Herman Régnier décède. Sa veuve, Richilde épouse Baudouin de Flandres, dit de Lille, et fondent ensemble une nouvelle dynastie. Dès la première dynastie comtale, le «pagus hainoencis» ou «comté de Hainaut» et «Mons», son centre administratif, s'affirment dans les textes. Les comtes de Hainaut sont depuis l'an 870 des fonctionnaires impériaux nommés par les descendants de Charlemagne. Les comtes tireront d'ailleurs profit des dissensions entre ces derniers pour élargir malicieusement leurs pouvoirs.

     

     

    1054

    Tournai, défendue par des militaires fidèles au comte de Flandre fut prise d'assaut, pillée, mise à sac et incendiée par les troupes impériales germaniques de Henri III.
     

     

    Saint Eleuthère, mythes et réalité.

     

     

    1063
    1064

    Nicolas Poutrain, dans son "Histoire de la Ville et Cité de Tournai1" consacre un long chapitre contradictoire à la vie et aux légendes accordées à Saint Eleuthère évêque de Tournai, sous Clovis: La plus commune opinion est qu'Eleuthère (ou Lehire selon l'ancienne appellation) naquit à Tournai sous Mérovée, deuxième Roi de France, qui commença à régner l'an 448, & qui mourut l'an 458, de parents riches & qui tenaient grand rang dans cette ville. Le père d'Eleuthère s'appelait Serenus & sa mère Blanda. Serenus était issu d'une famille noble & ancienne qui tirait son origine d'Irénius, ce premier tournaisien qui fut éclairé par Saint-Piat2 des lumières de la foi. Saint Médard (qui unira les diocèses de Noyon et Tournai en 545), jeune picard de son âge que ses parents faisaient élever à Tournai fut condisciple de Saint Eleuthère dans son jeune âge et lui prédit qu'un jour il serait évêque de cette ville. Comme les Francs n'affectaient pas une grande sévérité à réprimer le Christianisme, nombre de manants adhérèrent en conformité d'inclinaisons à cette famille qui répandait mille biens autour d'elle. Loin de réprimer son fils, Serenus tenait lieu en quelque sorte de capitaine de cette milice chrétienne rassemblée par lui. Mais bientôt, ces entreprises devinrent trop hardies aux yeux du prince païen, qui tenait la Cour à Tournai. Vers 482 ou 483, ils furent cités, interrogés & bannis de la ville avec leurs adhérents. Cette petite troupe exilée se retira à Blandain, où Sérénus possédait quelques terres. Au mépris de la persécution, ils donnèrent un nouveau relief à leur communauté & élurent un évêque en titre, Théodore, qui ne tint le siège que peu de temps, avant d'être tué par la foudre. Eleuthère, alors âgé de 30 ans, successeur du premier, se rendit à Rome officialiser sa promotion canonique par la main du Pape, Félix III. A la fin du V°s, Eleuthère, qui s'était distingué dans des phénomènes inexpliqués, fut accusé par les Païens de la peste qui sévissait à Tournai, et allèrent le quérir à Blandain. Ils l'amenèrent enchaîné, le fouettèrent et l'emprisonnèrent. Mais la nuit, un ange lui ouvrit la prison et le reconduisit à Blandain. La mortalité redoubla et ce fut alors l'occupant qui fut accusé par la population de tous ses malheurs. Pressé par la foule, le tribun se rendit à Blandain et prosterné aux pieds de l'évêque, le supplia de détourner le fléau exterminateur et de l'instruire, lui et les siens, à la foi de Jésus-Christ. Ravi de ce revirement, Saint-Eleuthère leur ordonna de jeûner sept jours et de revenir le voir au huitième pour les baptiser. L'ordre fut exécuté et la mortalité cessa. Les Tournaisiens ne pouvant plus se voir privés de la préférence du Prélat le ramenèrent dans leur ville sous mille acclamations. Ils établirent pour mémoire de leur baptême & du retour de leur évêque une fête solennelle tous les ans au 27 septembre. Cette translation arriva l'an 492 après que St Eleuthère eut tenu huit ans l'Evêché à Blandain, qui peut se glorifier d'avoir été le berceau de l'église de Tournai. Saint Eleuthère mourut à 73 ans, le 22 février 523, de son obstination à vouloir réprimer l'hérésie d'un homme de pouvoir, qui le fit rouer de coups par ses hommes de mains au point qu'il en trouve le trépas1 .

    Trois cents cinquante ans plus tard, la bienheureuse Thècle de Roubaix
    *, évangélisatrice de la ville, eut dans son sommeil une révélation, lui faisant connaître le lieu de sépulture d'Eleuthère, et se vit investie par le Saint, d'avertir l'Evêque de Tournai-Noyon, que sa volonté, était qu'on aille en l'église de Blandain, quérir ses reliques enfuies près de l'autel, pour les porter à Tournai. Mais à l'époque, l'église cathédrale avait déjà le privilège d'abriter les reliques de Saint Nicaise, un des premiers Archevêques de Reims, historiquement liée à Tournai par le baptême de Clovis et le couronnement de ses successeurs. Cela suffisait à la satisfaction des paroissiens et à l'évidence, Baudouin Ier ne fut pas enclin à un tel retour.

    Deux siècles passèrent encore, quand au début de la seconde moitié du XI°s, un ecclésiastique indélicat aurait profité de la confusion d'un incendie dans la cathédrale, pour dérober les ossements de St Nicaise afin de les rapporter à Reims.

    Le 25 août 1064
    3
    , les Tournaisiens privés de reliquaire, montèrent une expédition sur Blandain pour s'approprier celui de leurs voisins. Ils furent accueillis par une compagnie d'archers, mais par un prodige extraordinaire, les flèches lancées par les Blandinois, se retournèrent en plein ciel contre eux. C'est en procession que les Tournaisiens rentrèrent dans leur cité, déposer le précieux butin dans la crypte de la cathédrale.

    En 1247, à la date commémorative du 25 août, les restes de Saint Eleuthère furent cérémonieusement placés dans la châsse que nous connaissons sous Benoît XVI, par le légat du Pape Odon de Tusculum et l’évêque de Marvis*. En 1556, le Chapitre papiste de Tournai préserva les reliques des profanations hérétiques en les envoyant à Douai. De retour à Tournai aux prémices de la révolution française, elles furent abritées en plusieurs endroits de la ville chez des particuliers avant d'être translatées en 1802 à la Cathédrale par l'évêque Hirn.

     

    1 Nicolas POUTRAIN
    "Histoire de la Ville et Cité de Tournai, etc."
    Tome II (1750)- p.741 et suivantes, d'après Cousin..

    2 Evangélisateur de Tournai à la fin du 3°siècle.

     

     

    * Roubaix fut longtemps sous la juridiction de l'Evêché de Tournai.
    La noble Dame Thècle évangélisa la ville française après sa guérison miraculeuse de la cécité.

    3 Guibertus Tornacensis (Guibert de Tournai)
    Vita sancti Eleutherii
    (1261-1266)

    *Ouvrage d'orfèvre de cuivre et d'argent (1m15 x 50cm x 87cm), erronément attribué à Saint-Eloi, l'argentier de Dagobert.

     

    1065

    Une cruelle famine qui durera sept ans, affligea le pays de Hainaut. "La mortalité était si forte qu'on ne trouvait, pour ainsi dire plus de monde pour enterrer les morts".

     

    MONSTRELET, Chroniques

    1071

    Après Arnould, qui ne fut  comte de Hainaut que quelques mois, vint Baudouin II dit "de Jérusalem", pour la vaillance dont il fit preuve à la première Croisade.

     

     

    1091 (?)

    Le supérieur de l’abbaye d’Eename et plusieurs autres prélats, réunis dans la chapelle du manoir de La Hamaide à la requête de Messire Gérard, sr. du lieu, reçoivent le serment des jeunes nobles chevaliers de la région qui se disposent à prendre part à la 1ère croisade de terre sainte. Nous y voyons les châtelains d’Ath, de Flobecq, de Rebaix, de Renaix, de Bracle…

     

    d'après l'abbé Meunier.
    POURCELET
    Histoire de Flobecq,
    Notons que l'appel du Pape n'aura lieu que 4 ans plus tard...

    La Grande Procession de Tournai.

     

     

    1092

    Un étrange mal frappe Tournai depuis trois ans. A la fin de l'été 1092, l'évêque Radbod II, ordonne jeûne et pénitence à ses fidèles et organise une Grande Procession dans les murs de la cité, invoquant l'indulgence de Saint Eleuthère.
    Les historiens actuels estiment que les exégètes du passé se sont fourvoyés en transcrivant les archives épiscopales ; traduisant la locution latine "pestis" (fléau) par "peste", cette épidémie terrible qui ne frappera la ville que 200 ans plus tard. Ils émettent l'avis que la population aurait pu être frappée d'ergotisme
    *, une intoxication grave provoquée par un champignon contaminant l'ergot de seigle et conséquemment, le pain dont les effets dans sa forme gangréneuse étaient assez répugnants. L'éradication du mal chez les dévots, pourrait s'expliquer par le stricte respect d'un jeûne prolongé, consacrée en miracle par l'église, la Grande Procession devint alors annuelle.

     

    Album du IXème Centenaire de La Grande Procession.
    (Fabrique d'Eglise 1992)



    *Site officiel de la Grande Procession.

    Réédification de l'abbaye de Saint-Martin à Tournai.

     

     

     

    Vers 881*, une expédition normande sans précédent remonta l'Escaut depuis la mer du Nord pour piller les villes de son rivage, balayant au passage les armées carolingiennes parfois très puissantes qui les défendaient. Leurs embarcations légères faites d'osier et couvertes de peaux1  étant incapables de briser les glaces, ils passeront l'hiver à Gand, mais au printemps suivant, ils attaqueront Tournai, mettant la ville à sac, pillant et incendiant l'abbaye primitive de Saint-Martin.

      1 Charles PIOT
    Histoire de Louvain de son origine jusqu'aujourd'hui
    (Louvain 1839) p 13.

    *MYER Annales Fland. :Anno 876, 880 ou 882 suivant les chroniques.

    1092

    Durant plus de deux siècles, elle fut laissée à l'abandon avant de renaître de ses cendres par l'abnégation d'un homme de foi.

    Originaire d'Orléans, Odon est né vers 1050, on ne sait où il fit ses études, mais son excellente réputation de professeur acquise à Toul lui vaudra d'être sollicité par le Chapitre de la cathédrale de Tournai pour un poste d'écolâtre (maître d'école monastique). Intellectuel brillant, il enseigne philosophie et rhétorique et étend l'intérêt de ses étudiants aux sciences et à l'astronomie.

    Il est à Tournai depuis cinq ans lorsque des cours à donner le conduisent à lire le traité de Saint Augustin sur le libre arbitre. C’est pour lui une révélation qui va bouleverser sa vie qu'il estime désormais futile. La conversion est profonde et le changement radical: il limite le temps donné à son enseignement pour se consacrer à la prière et adopte un style de vie austère, donnant ses biens aux pauvres.

    Soucieux de garder dans le Chapitre cet homme de valeur qui semble lui échapper, l'Evêque Radbod lui accorde l'autorisation de réédifier l'abbaye de Saint Martin, sur les lieux où le saint de Tours vint prêcher la bonne parole au IV°s. Odon s'y installe en 1092 avec quatre élèves devenus ses disciples et vit avec eux une vie canoniale suivant la règle de Saint Augustin. Ils sont rapidement une petite vingtaine.

    Trois ans plus tard, sous l’influence d’Alvise, abbé de l’abbaye d'Anchin, (un ami et conseiller spirituel) Odon et sa communauté adoptent la règle de saint Benoît. L’abbaye prend rapidement un grand essor, en particulier grâce à son atelier de scribes et de copistes. A son apogée, elle s'étendra sur l'emplacement de l'actuel hôtel de ville, du parc adjacent et de l'enclos qui en a gardé le nom.

    Odon est abbé de Tournai depuis treize ans lorsque, en 1105, il est élu évêque de Cambrai. Le diocèse passe par une crise profonde. L’évêque Gaucher qui avait accepté l’investiture de l’empereur Henri IV était accusé de simonie, avait été déposé par le Concile de Clermont (1095) et excommunié par le pape. Il n’en reste pas moins à Cambrai, soutenu par le pouvoir impérial du Saint-Empire, empêchant Odon de prendre possession de son siège épiscopal. Odon réside alors à l’abbaye d'Anchin où il composera plusieurs œuvres théologiques importantes, avant d'y mourir le 19 juin 1113.

      Guibert Michiels
    Article 'Odon' dans le Dictionnaire de Spiritualité, vol.XI, col.614-616, (1982).

    Wikipédia
    Licence Creative Commons

    La Première Croisade - Appel à la guerre sainte.

     

     

    1095

    Le 27 novembre, de concile à Clermont-Ferrand (capitale historique de l'Auvergne), le pape Franc Urbain II s'insurge contre l’invasion en Terre Sainte des Turcs Seldjoukides et appelle à la croisade, accordant par avance l’indulgence plénière à ceux qui entreprendront le voyage à Jérusalem pour libérer le Saint-Sépulcre.

     

     

    1096

    « On a prétendu qu’avant de partir, Anselme de Ribemont, de Bouchain, seigneur d’Ostrevant et troisième châtelain héréditaire de Valenciennes invita les gentilshommes du pays à un tournoi à Anchin sur les bords de la Scarpe, et que là ils prirent tous la croix. On allègue même une charte où sont cités nominalement, au nombre d’environ deux cent trente, ces illustres hôtes dont le comte de Hainaut Baudouin II, dit-on, se déclara le chef… ».

     

    BIBLIOTHEQUE NATIONALE
    Histoire du Hainaut
    pp.184-185

     

    Il est avancé également que pour entrer en lice les chevaliers devaient prouver huit quartiers de noblesse du côté de leur père et autant du côté de leur mère. Jean Le Carpentier dans son "Histoire de Cambray et du Cambrésis" (1664) fait allusion à cette charte et rapporte à la page 183, qu'elle fait mention d'un Chevalier nommé Siger de Bellodenguiens, "qui peut estre Baudrenguien". (sic)
    Mais, aucun chroniqueur ou historien antérieur à Carpentier ne parle ni du fait du tournoi, ni de la charte qu'il fut le premier à publier, avec en marge la note "ex abbatia aquicinctensi" indiquant que ce serait aux archives de l'abbaye d'Anchin qu'il l'aurait empruntée [...]. Par conséquent, l'authenticité du fait historique et du titre qui le mentionne ne repose que sur la seule autorité et l'unique garantie de Jean-Baptise Carpentier (son vrai nom ?). Mais nous le demandons, si cette solennité a eu lieu, en effet, s'il a existé un acte authentique aussi important, étendu, circonstancié et appuyé de l'autorité de près de 300 noms les plus considérables du pays, est-il vraisemblable que dans aucun écrit ancien ou monument quelconque, il ne se rencontre rien qui témoigne du fait et puisse cautionner la charte en question ?
    1

     

    1 E.A. ESCALLIER
    L'abbaye d'Anchin,
    1079-1792

    Chapitre III, p.37

    1096

    Quoi qu'il en soit, après s'être acquittés des moissons d'été et armés en fonds propres, les croisés "belges" liés par des serments de vassalités se mirent en route. les uns vers Rouen pour retrouver le comte de Flandre Robert II, lui-même vassal du roi de France. Les autres, rejoignant Metz à la suite de Baudouin II, comte de Hainaut rallié à Godefroid de Bouillon, duc de Basse Lotharingie et marquis d’Anvers. Les premiers chemineront par Lyon et descendront l'Italie avant une traversée en bateau vers Constantinople où les seconds seront arrivés par l'Allemagne, la Hongrie et la Bulgarie. La bravoure de Godefroid de Bouillon, reconnue unanimement et sa connaissance des langues romane et germanique (bilinguisme qui n'est attesté que par l'émulation romantico-patriotique belge dans les manuels scolaires à partir du XIX°s) le désigneront à la tête des nobles et des seigneurs chrétiens.

     

     

    1098

    Le comte de Hainaut, mourut en Anatolie, son fils homonyme, Baudouin, troisième du nom lui succèdera au cours du voyage (jusqu'à sa mort en 1120, ép. Yolande de Gueldre). L'armée chrétienne était estimée au départ à quelque 200.000 hommes, aux portes de Jérusalem, ils n'étaient plus que 50.000.
    Nombreux sont ceux qui trouvèrent la mort au cours du périple de trois ans: "Alors ils sciaient les cadavres parce qu'on découvrait des besants cachés dans leur ventre, d'autres découpaient leurs chairs en morceaux et les faisaient cuire pour les manger."
    1

     

    Histoire anonyme de la première croisade
    éditée et traduite par Louis Bréhier
    (1924) page 179

    1099

    Le 15 juillet, après un mois et demi de siège sous un soleil de plomb, la coalition -assurée du salut éternel- prend Jérusalem et massacre la population sans distinction d'âge, de sexe, de race ou de culte. Le pape Urbain II mourut sans avoir eu connaissance de la reprise de la ville sainte. Le royaume latin de Jérusalem fut proposé à Godefroid de Bouillon qui refusera de porter une couronne d’or, là où le Christ n’avait porté qu‘une couronne d’épines et préfèrera prendre le titre d'Avoué du Saint-Sépulcre. Il mourut brusquement à Jérusalem une année plus tard presque jour pour jour, peut-être empoisonné.

     

    Deux tournaisiens entrèrent les premiers dans la ville.

    Dommages collatéraux de la Première Croisade.

     

     

     

    L'absence prolongée des seigneurs de guerre eut des impacts considérables. Toutes les seigneuries ne sortirent pas indemnes de cette aventure et certains domaines furent ruinés. On assista aussi à l'émergence d'une nouvelle caste sociale; La Bourgeoisie, constituée des marchands restés sur place pour assurer l'activité économique.
    De nombreux Croisés ne revinrent jamais de cette expédition. Certains tombèrent sur les champs de batailles ou succombèrent aux maladies et d'autres prirent souche là-bas. Enfin, certains vétérans, après une absence de plusieurs années retrouvèrent leur épouse remariée ou avec de nouvelles bouches à nourrir.

     

     

     

    1105

    Au début du XII° siècle, le commerce est florissant à Tournai. On construit la seconde enceinte des remparts et le style gothique s'impose peu à peu dans les rues. L’abbaye de Saint Martin, qui comptait une vingtaine de disciples à sa fondation, douze ans plus tôt, abrite à présent quatre-vingts moines soumis à la règle stricte de Saint Benoît, patron des Bénédictins.

     

     

    1105

    Baudry, évêque de Tournai et de Noyon, confirme la donation de l'autel d'Evregnies à l’abbaye Saint-Martin de Tournai faite par son prédécesseur Radbod en 1092.

      Philippe Michiels,
    Histoire de l’église d'Evregnies
    (Internet, 2007)

    1109

    Un tremblement de terre  fait de nombreuses victimes à Tournai.

     

     

    1119

    L’Ordre religieux et militaire du Temple est créé à Jérusalem pour sécuriser la route des pèlerins. Il est composé de moines soldats laïques autorisés à tuer. Apparition progressives des premières armoiries.

     

     

    1120

    Baudouin IV (1108 † 1171), surnommé le Bâtisseur devient comte de Hainaut. Une dizaine d'années plus tard, il épousera Alix de Namur (1115 † 1169), dernière fille de Godefroy, comte de Namur et d'Ermensende de Luxembourg.

     

     

    1140

    "l'Abbé Hériman qui écrivoit vers l'an 1140 l'histoire du rétabliffement de son Monastère de St. Martin, dit que le Roi étant délivré de ce fiège, donna à l'Evêque Crafmer "Monetam Civitatis", la Monnoïe de la Ville, ou fi l'on veut, le droit d'y battre monnoïe" (sic).

     

    1 Nicolas POUTRAIN
    "Histoire de la Ville et Cité de Tournai, etc."
    Tome II (1750)- p.568.

    La cathédrale de Tournai.

     

     

    1141

    On commence à monter les murs de la cathédrale actuelle sur les vestiges de deux édifices primitifs datant du V° et du VI° siècle. Trente années et 2.000 "oeuvriers" seront nécessaires à son édification : architectes, tailleurs de pierre, menuisiers, verriers, charpentiers, couvreurs, qui dépendront de Carriers, bûcherons, bateliers (via l'Escaut) et charretiers pour l'approvisionnement du chantier. Les charpentiers à eux seuls eurent huit années de travail. Mais les datations effectuées durant les travaux de réfection (2013-2014) indiquent que la période de construction des bras du transept se situe aux alentours de 1138-1146 et pour la flèche de la tour-lanterne à la croisée du transept, vers 1148-1156, ce qui implique que la montée des murs fut bien antérieure à 1141 et distinguent les charpentes de la cathédrale tournaisienne d'être probablement  les plus anciennes d'Europe.1

     

    1 SPW
    Institut du Patrimoine

    1146

    Le pape Eugène III décrète la séparation du diocèse de Noyon-Tournai, il nomme l'abbé Anselme comme évêque de Tournai avec juridiction sur la Flandre et le Hainaut.

     

     

    1147

    Deuxième croisade destinée à reprendre les territoires récupérés par les Turcs, elle se terminera deux ans plus tard sur un échec cuisant.

     

     

    Des léproseries dans le Tournaisis

     

     

    1148

    L'expansion des maladreries à une époque dans le Tournaisis fut telle que nous ne pouvions en toucher mot, même si à notre connaissance aucun "de" ou "der" Baudrenghien ne fut jamais atteint par cette terrible maladie déjà décrite par Ambroise Paré en d'autres lieux : "...une peau ridée et inégale, comme celle de l'éléphant, front plissé comme un lion, voix rauque et langue noire enflée..."
    L'opinion commune soutenue par Voltaire attribua aux Croisades l'introduction de cette pandémie en Occident, mais nous ne pouvons ignorer l'existence de maladreries (léproseries, ladreries ou autres maladières) proches de la Belgique dès le VII° siècle
    *, et trouverait son origine en fait à la Conquête des Gaules par la mouvance des soldats romains au cours de leurs soumissions.
    Le vaste recueil des Bollandistes
    * renferme un grand nombre de rémissions de la lèpre, dont celle d'un certain Péritius, qui deviendra le premier abbé de Tournai après sa conversion au catholicisme à la suite de sa guérison miraculeuse par Saint-Eleuthère, l'illustre évêque de Tournay mort en 523. Il est probable qu'à cette époque d'ignorance et d'obscurantisme clérical des maladies de peau aient été confondues avec certains passages de la Bible où il y était fait allusion. Mais quoi qu'il en soit, on parlait déjà de la lèpre à Tournai cinq siècles avant la prise de Jérusalem.
    Les textes les plus anciens en témoignent, la lèpre a toujours représenté une menace, et les lépreux mis au ban de la société, rejetés par leur communauté et leur famille et munis d'une cloche pour se faire éviter. En 1148, on trouve une première mention de la maladrerie du Val (ou Deleval) d'Orcq. Une léproserie communale située en dehors de la ville, non loin de la porte de Lille, gérée par l'évêché de Tournai, mais le règlement donné en l'an 1237 à cette léproserie par l'évêque Walter de Marvis, nous apprend que tous les lépreux n'étaient pas renfermés dans les maladreries, et qu'il y en avaient aussi qui habitaient les champs, ces "campestres malades" pouvant quelquefois être hébergés dans la léproserie Deleval.
    En 1179, le pape Alexandre III rappelait: "Certains ecclésiastiques, cherchant leurs intérêts propres et non ceux de Jésus Christ ne concèdent pas aux lépreux qui ne peuvent habiter avec les gens sains, ni de venir à l'église avec les autres, ni d'avoir leur église et leur cimetière. Nous statuons donc que partout où ces hommes seraient réunis pour mener la vie commune ils doivent disposer d'une église, d'un cimetière et d'un prêtre attaché à eux. Nous statuons également qu'ils soient exempts de dîme sur le produit de leur jardin et la nourriture des animaux"
    L'hôpital d'Orcq, fondé vers le milieu du XII°s, n'était pas le seul de ce genre dans le Tournaisis, il y en avait un autre à Warchin, qui lui était antérieur, un autre aux Froides-Parois, hors de la porte du château (le Crampon); un autre encore à Froidmont, nous connaissons également l'existence d'une maladrerie à Maulde sur l'Escaut et une autre possible à Ramegnies-Chin. Il n'est guère de village où nous ne retrouvions aujourd'hui  soit une ferme, soit un champ portant le nom éponyme de "Ladrie" où se dressaient des chapelles vouées à Saint-Lazare.
    Le recul de la lèpre en Europe débuta dès le XVI° siècle sans que l'on en connaisse les raisons.

     

    *Maastricht, Metz et Verdun

    *ACTA SANCTORUM
    Février, t.III (Actes des Saints)
    (XVII°s  ->). Voir aussi Cousin, Histoire de Tournay.

     
     
    (1) F.F.J.LECOUVET
    "Léproseries de Tournay et du tournaisis"

     

    1153

    Fondation de l'abbaye de Cambron à 4 lieues de Mons à laquelle se rattachèrent les maisons des Bernardines de ND-du-Verger près de Douai, de Fontenelles-lez-Valenciennes, de la Vierge du Bon-Secours et enfin d'Epinlieu. Mais ces créations pacifiques n'empêchaient pas la guerre de continuer entre le Hainaut et la Flandre. Tantôt Thierry, tantôt Baudouin était l'agresseur. Gislebert remarque à la louange de ce dernier, que malgré la puissance de son rival, le comte de Hainaut préserva ses Etats avant de les unir à la Flandre par mariage.

     

     

    1159

    "Mr. Cousin, historien de Tournay, paroit avoir exagéré la stérilité et le nombre des terres à Lamain en jachères en 1159 données par Béatrix de Rumes au Chapitre de Tournay.(...) Le bureau de bienfaisance du canton de Tournay possède à Lamain 3 bonniers de terre à labeur, occupés par Hyppolite de Baudrenghien, dont 2 bonniers tenant du levant à Paul Carnouy, Louis Dubus".[1]

     

    [1] Essai Chronologique pour servir à l'histoire de Tournai, tome LX, p.92 (1812)

    1168

    Le comte de Flandre Thierry d'Alsace meurt à Gand. Son gendre, fils de son ennemi le comte de Hainaut Baudouin IV, hérite le titre et la fonction. A la mort de Baudouin IV*, en 1171 , son fils cumulera en son chef, les titres de comte de Flandre sous le nom de Baudouin VIII et de comte de Hainaut sous celui de Baudouin V.

     

    Inhumé à Mons en la collégiale  Ste-Waudru

    1171

    9 mai La cathédrale romane de Tournai est sacralisée par l'évêque Gauthier Ier et dédiée à Notre-Dame.

     

     

     

     

    Tournai, cité urbaine autonome.

     

     

    "Il étoit une Ville appelée Tournai qui se montroit sous un air de Majesté, et dont le Commerce et les Arts qui y amenoient l'abondance de toutes choses faisoient de tous ses Citoyens un Peuple heureux et puissant" .

     

    LE BRETON
    Poème des epéditions de Philippe Auguste.

    Sous les Carolingiens, au milieu du IX°s, l'enceinte de Tournai est constituée de deux entités urbaines et diocésaines séparées par l'Escaut. La Cité, sur la rive gauche, autour de la Cathédrale, est administrée par le diocèse de Tournai. Le Bourg, en rive droite (côté de la gare actuelle) relève du diocèse de Cambrai. Un échevinage distinct de celui de la Cité s'y implante et assure l'administration et la justice du Bourg.

     

     

    En 1187, l'évêque Evrard confie la destinée de Tournai à Philippe Auguste, qui érige la ville en commune royale et en rétrocède une partie à la guilde des bourgeois, revendicatrice de prérogatives et d'un statut particulier. Cette cession marque une évolution symptomatique au plan politique. Le pouvoir n'est plus à l'évêque mais au roi de France, qui accorde à la ville le statut unique pour nos régions à cette époque, de cité urbaine autonome. L'activité économique prend un nouvel essor et les premières banques apparaissent autour de l'activité des "Cambgeurs". L'année suivante, Philippe Auguste signe l'acte fondateur du beffroi symbole de cette nouvelle société civile.

     

     

    Le beffroi de Tournai.

     

     

    Le beffroi sécurisera la ville contre les intrusions éventuelles et les incendies, particulièrement redoutés à cette époque. Il était en effet fréquent qu'une maison faite de bois et de torchis boute le feu à tout un quartier, et il arriva même que le sinistre se propagea sur l'autre rive de l'Escaut par les étals des camelots parqués sur le pont à Pont. De par leur accès professionnel à l'eau, les "goudaliers" (brasseurs de bière) étaient désignés par les autorités pour éteindre les incendies. A la fin du XIII°s, la sécurité était tellement aboutie à Tournai que, au dire de Li Muisis, "les gens à pied et à cheval pouvaient en sortir en tout temps, la nuit comme le jour, les portes n'avaient pas même de serrures et elles étaient ouvertes à tout venant.1"

     

    Jos. HOYOIS :
    Tournai au XIII°siècle
    page 7

    Les jours de fête, on lançait des friandises aux enfants du haut de la tour et comme à Ypres, on y sacrifiait de temps à autres quelques chats dans le vide, histoire de contrarier le mauvais sort et la réincarnation des sorcières.

     

     

    Philippe Auguste accorda encore aux Tournaisiens le privilège "d'avoir une cloche civile dans la cité, en un lieu convenable pour convoquer les bourgeois quand les affaires de la ville le requerront". 2

     

    2 A.G. CHOTIN :
    Histoire de Tournai
    & du Tornesis. (1840)

    A partir du 18 mai 1395 on sonnera la cloche du beffroi à heures fixes. Elle rythmera les journées de travail, préviendra de l'ouverture et de la fermeture du marché, et le soir venu, elle avertira du déversement des ordures ménagères dans la rue et du lâcher des cochons chargés de s'en sustenter. La proximité de ces animaux en ville, la malpropreté des rues, les maisons basses et humides, telles sont les principales causes des épidémies qui ont affligé nos contrées au XIV et XV°s. Si les cochons déambulaient en ville, les chiens errants par contre étaient abattus par un préposé municipal appelé "Tuequien"[1] qui aboyait dans les rues pour faire venir à lui les canidés.

     

    H.VANDENBROECK
    Extrait analytique des anciens registres des Consaux de Tournay.
    tome I, (1861) pages 23 & 49.

    Les Consaux forment l'ensemble des conseils constituant le gouvernement municipal autonome
    de la ville.

    La Charte donnée par le roi de France aux tournaisiens, en 1180, ne leur parviendra matériellement que 31 ans plus tard, en l'an 1211 3. Des 36 articles qu'elle contient, 26 sont consacrés à rendre la justice et constituent un véritable code civil et pénal. A cette époque, le tribunal de Tournai était constitué de deux magistrats, appelés prévôts, et de jurés qui siégeaient ensemble quotidiennement en matinée. Un prévenu appréhendé était auditionné avec les témoins éventuels et jugé dans les 24 heures. La sentence souvent rendue à l'emporte-pièce pouvait aller de la simple amende, à la dégradation physique, et était affichée publiquement.

     

    3  M. HOVERLANT DE BEAUWELAERE.
    "Essai Chronologique pour servir à l'Histoire de Tournay" - tome C
    (1832) - p312.

    Au Moyen Age, la privation de liberté n'était pas envisagée comme un châtiment en tant que tel. La mise en détention d'un malfaisant dans une des cellules du beffroi, n'était que temporaire et se faisait aux frais du détenu. A cet égard, les noms des cachots aménagés aux différents étages de la tour étaient assez évocateurs sur leur confort: Il y avait de haut en bas; les Quatre-Vents, le Solequin (de soledad ? - solitude en espagnol ?), la Bourcette, la Cambrette puis la fosse pour les indigents.

     

     

    Les manants qui s'étaient rendus coupables de banqueroute, de faux, de bigamie, d'escroquerie, de proxénétisme, de friponneries au jeu, de grivèlerie aux champs, etc.. étaient condamnés au pilori. Celui-ci se trouvait au pied du beffroi 4. Le malfaisant y était attaché et exposé à la vindicte populaire, on lui lançait à la figure insultes et ordures, autant de jours de marchés consécutifs que lui valait sa faute.

     

    4 BOZIERE :
    Tournai ancien et moderne (1864)

    Le bannissement temporaire frappait les fauteurs de désordres, adultères, incitation à la débauche, prostitution, abandon d'enfants, blasphème, révoltes sociales. Certains, bannis d'autres villes étaient à nouveau refoulés. Le bannissement perpétuel était prononcé à l'égard des ravisseurs de femmes.

     

     

    Les tournaisiens diront que la torture et la mutilation avaient moins cours dans leur ville, qu'ailleurs, mais pour moult raisons on pouvait néanmoins y perdre une oreille, un orteil ou une main. De plus, les peines pouvaient être cumulées... amputation et exil, etc.

     

     

    Il suffit de compter le nombre de clochers à Tournai pour comprendre l'importance qui était accordée à la religion. Un blasphémateur avait intérêt à tourner sept fois la langue dans sa bouche pour ne pas la perdre, ou encore avoir les lèvres fendues au fer rouge 5. Le 26 mai 1397, on publie dans tous les carrefours les lettres du roi : La première fois, ils seront attachés où ils demeureront de l'heure de prime à celle de none, et où on pourra leur jeter œufs, boue et autres ordures, excepté des pierres ou choses qui puissent les blesser. - La seconde fois, ils seront mis au pilori un jour de marché et on leur fendra la lèvre supérieure avec un fer chaud. - La troisième fois, la lèvre inférieure. - La quatrième fois, on leur coupera les balèvres, de manière à mettre les dents à découvert. - Enfin, la cinquième fois, on leur coupera la langue. Celui qui ne dénoncera point les blasphémateurs sera mis à l'amende de 60 £, ou en prison s'il ne peut payer.

     

    5 Léo VERRIEST
    "Comment on punissait les blasphémateurs au Moyen Age" (1905)

    H. VANDENBROECK
    Extrait analytique des anciens registres des Consaux de Tournay.
    tome I, (1861) p.40

    Hormis les meurtres crapuleux, les délits majeurs furent inégalement jugés suivant le climat politique et religieux du moment.  Les faubourgs de Tournai comptaient quatre gibets "ordinaires" et permanents. Il y en avait un passé la porte de Marvis, un second et un troisième aux faubourgs de Saint-Martin et de Maire et un dernier à Havinnes. Les exécutions plus exceptionnelles ou de propagandes étaient rendues sur la Grand-place, sous le tintement continu de la cloche du beffroi et immédiatement suivies de l'enterrement sur place du ou des suppliciés 6.

     

    6 DE NEDONCHEL Georges Alexandre:
    Les anciennes lois criminelles en usage dans la ville de Tournai.
    Mémoires Soc. Hist. Litt de Tournai - t.IX (1867)

     

    1188

    Conrad de Montferrat, chargé de la défense de Tyr, informe le Pape du "Djihad" (Guerre Sainte) mené par le sultan Saladin d'Egypte et de la situation critique que vivent les Etats latins d'Orient instaurés en 1099 par les Croisés. La reprise de Jérusalem provoque une Troisième Croisade. A leur départ, Philippe Auguste, Henry II d’Angleterre et le comte de Flandre, convinrent de distinguer leurs hommes par couleurs. La croix de gueules (rouge) fut attribuée aux français, l’argent (blanc) aux anglais et le sinople (vert) aux flamands afin de les distinguer sur les champs de bataille et un impôt, "La Saladine" dont seraient exonérés les hommes d'église fut imaginé et lamentablement exploité.

     

     

    1192

    La Troisième Croisade débutée il y a quatre ans se clôture par la défaite alliée, mais restera célèbre en Occident par la capture du roi d'Angleterre, Richard Cœur de Lion. Et en Orient pour l'éclatante victoire de Saladin, qui assurera la suprématie musulmane à Jérusalem jusqu'à l'exode du Peuple Juif après la Seconde Guerre mondiale. Le 2 septembre la paix est proclamée entre Saladin et le roi Richard qui quitte la Palestine après avoir reconstitué le royaume latin.

     

     

    1194

    Charte-loi de Chièvres en Hainaut. Premier acte administratif connu rédigé en français et non en latin.

     

     


    Baudouin de Constantinople

     

     

    1195

    Après vingt-quatre années de règne, Baudouin V s'éteint à Mons le 17 décembre 1195. Son fils aîné Baudouin, déjà comte de Flandre par le décès de sa mère trois mois plus tôt, lui succède sous le nom de Baudouin VI de Hainaut.  Marie, fille du comte palatin de Champagne, lui donnera deux filles; Jeanne et Marguerite. En 1204, au cours de la 4ème croisade, il sera proclamé Empereur sous le nom de Baudouin Ier de Constantinople.

     

    Camille WINS
    Eloge historique de Baudouin de Hainaut
    et de Flandre, Empereur de Constantinople, (1856 - p.19).

    1196

    Année calamiteuse, s'il en fut jamais, ouragans continuels, pluies torrentielles, inondations désastreuses et pour comble de malheur, les grains sur pied gelés se vendirent 60 sous la mesure, ramenant durablement la famine dans nos Comtés. Pour soulager les misères enfantées par ces fléaux dévastateurs, Le comte Baudouin eut recours à la sage mesure des greniers d'abondance approvisionnant les pauvres à un prix raisonnable, ce qui le fit aimer et respecter de ses sujets. Fidèle à tous ses devoirs, le jeune Souverain s'empressa d'aller à Compiègne rendre l'hommage à la France. Il y montra tant de courtoisie, que le roi satisfait lui donna gracieusement la principauté de Mortagne.

     

    Th. LESNEUCQ : Histoire de la ville de Lessines  - 2ème éd., p.226.

    1197

    A l'instigation des industrieux flamands qui veulent des rapports continuels avec les marchands anglais, Baudouin renouvelle avec son cousin Richard Coeur-de-Lion, un traité offensif et défensif ce qui provoque un nouveau conflit entre le roi de France et son vassal. C'est dans ce contexte que Baudouin VI assiège infructueusement la ville de Tournai contre rançonnement.

     

    Camille WINS
    Eloge historique de Baudouin de Hainaut
    et de Flandre,Empereur de Constantinople, (1856 - p.20).

    1200

    A l'initiative du comte Baudouin IV, le Hainaut fut doté de deux chartes fondatrices des législations ultérieures. Ces dispositions ne seront complétées qu'en 1323 par "les coutumes et ordonnances du Hainaut".

    • La première était une charte féodale entérinant la coutume (loi locale) de transmission des fiefs.
    • La seconde jetait les bases rudimentaire d'un 
      code pénal.

    Elles furent rédigées en concertation avec les grands vassaux du comté.

      Baudouin IV de Hainaut,
    Baudouin VI de Flandre,
    futur empereur de Constantinople.

    Note:

    Ce fut vers l'an 1200 que s'établit dans ce pays, l'usage d'inhumer dans les églises les fondateurs et les principaux bienfaiteurs, plus tard cette faveur fut vendue à prix d'argent, et tout membre d'une famille riche y eut sa sépulture.

     

    Isidoor HYE
    Notice sur les lames tumulaires de cuivre
    (Bruge-1850)

    1202

    Au mois d'août 1198, le Pape Innocent III appelle à une nouvelle Croisade, la quatrième de l'histoire de la Chrétienté. Mais cette fois tournée vers l'Egypte, nouveau centre névralgique de la puissance musulmane. L'enthousiasme religieux qui animait jadis les belligérants s'est édulcoré et la cupidité prévaut désormais. C'est donc pour des raisons de lucre que les Croisés détourneront leur mission vers Constantinople avec la complicité des riches marchands Vénitiens au grand dam du Pape qui n'en décolère pas et condamne cet outrage.

     

     

    1204

    Mi-avril, mise à Sac la ville byzantine et fondation de l’Empire latin de Constantinople par les Croisés (1204-1261). Le comte de Hainaut est proclamé Empereur le 9 mai sous le nom de Baudouin Ier de Constantinople. A Mons, chef-lieu du Hainaut, on peut voir une statue équestre le représentant en bronze du sculpteur bruxellois Joseph Jacquet (1868) face à l'hôpital Saint-Joseph.

     

     

    1205

    Au trépas de son père en Terre Sainte, Jeanne de Constantinople, fille aînée de Baudouin devint comtesse de Flandre et de Hainaut jusqu'en 1244, année de sa mort. Elle avait épousé en premières noces Ferrand de Portugal avant Thomas de Savoie. Henri de Hainaut prend la place de son frère sur le trône de Constantinople.

     

     

     

    1207

    Geoffroy de Ville-hardouin, Maréchal de Champagne, rédigea en termes élogieux* pour les Croisés, une chronique en franchois (et non en latin) sur la conquête de Constantinople par les empereurs Baudouin et Henri de Hainaut et les événements qui les y conduisirent entre 1198 et 1207.

     

    Geoffroy de Ville-hardouin
    "De la Conqueste de Constantinoble" (sic)
    Ed. Jules Renouard
    Paris 1838

    1214

    Dimanche 27 juillet, victoire française à Bouvines contre la coalition alliée à Jean Sans Terre. Philippe Auguste reprend la ville de Tournai, conquise le 1er octobre 1213 par Ferdinand de Portugal pour son épouse, Jeanne, comtesse de Flandre et de Hainaut.

     

     

    1215

    Avec le quatrième concile œcuménique du Latran (Rome) tenu sous le Pape Innocent III, du 11 au 30 novembre apparaît un nouvel acteur de l'église : le curé paroissial, plus proche des fidèles, prié de communier et de se confesser au moins une fois par an, à Pâques et dorénavant en privé. Deux innovations majeures concernent les mariages ; la première est la notion de consentement mutuel, la seconde est la publication des bans, empêchant les unions consanguines sans dispense (payante) de l'Eglise.

     

     

    1215

    Saint-Jacques évangélisa l'Espagne avant d'être décapité et livré aux chiens à son retour en Palestine. Sa dépouille fut ramenée en Galice par ses compagnons où son "aura" sera telle, que l'invocation de son nom aidera les Ibères à se libérer des Maurs. Les Croisades livrées contre le même ennemi feront de Compostelle un pèlerinage incontournable pour la sauvegarde des valeurs chrétiennes. Le Diocèse de Tournai confronté de bonne grâce à cette transhumance entre la Flandre et Paris de ceux qui rejoignaient la "Via Turonensis" ou en revenaient, entama dès 1167 hors des murs de la ville l'édification d'une église dédiée au Saint, permettant aussi d'héberger une nuit ce "tout-venant pénitent" de passage, dans un narthex (vestibule fermé) de 120 m². Cinquante années seront nécessaires pour parachever complètement cet édifice qui était alors limité aux deux niveaux inférieurs de la tour actuelle. C'est au cours du siècle suivant, que le bâtiment sera absorbé intra muros par l'expansion de la ville.

     

     

    1218

    Le seigneur d'Audenarde approuve la vente des parts de dîmes à Flobecq, faite par Theodoricus de Baudrengien et sa femme Aliidis (Alix) à l'abbaye de Saint-Martin (Tournai). Devant Arnould de Audenarde, ils vendent pour 28 £ de Flandre à l'abbaye, leur part de dîme de la paroisse de Flobecq. Témoins : Baudouin d'Ogy, Arnould Majore, Simone de Molenbaix : « Ego Arnulphus, dominus de Aldenarda, notum volo fieri omnibus litterarum istarum inspectoribus, quod Theodoricus de Baudrengien et Aliidis, uxor sua, in recompensatione date sibi pecunie XXVIII librarum Flandrensis monete, dederunt in elemosinam ecclesie Beati Martini de Tornaco totam decimam quam in parrochia de Florebech ipse Theodoricus, ex parle uxoris sue, de me tenebat in feodo, et coram paribus suis : Balduino de Ogi, Arnulpho Majore, Symone de Molendino»

     

    Alain d'HERBOMEZ
    Chartes de l'abbaye
    de Saint-Martin,

    tome I, (1898),
    pp.260 & 261

    1221

    Evrard Raddo, châtelain de Tournai et seigneur de Mortagne investit les moines de St.-Martin de la dime des novales d'Esplechin : «...Tandem facti sui penitens, et injuriam suam recognoscens, in presentia mea constitutus, coram hominibus meis, paribus suis, Jacobo scilicet de Tuns, Bernardo de Pesc, Theodorico fratre suo, militibus Gerardo d' Erembaudenghien, Evrardo de Vinea, Johanne de Velvang...». L'original de cette charte, scellé sur lacs de soie rouge en cire brune se trouvait aux Archives de l'Etat à Mons. Les Archives générales du Royaume à Bxl en détiennent une copie : Cartulaire 121, p.164

     

    Mémoires de la Société historique et littéraire de Tournai, tome 24, page 61.

    1231

    A. de la Grange nous dit dans ses testaments tournaisiens qu'en l'an 1231, Gerars de Erenbaldeghen est cité à Tournai.

     

    t.2 des Annales de la Soc. Hist. et Litt. de Tournai (1897) p.254

    1231

    Les échevins de Saint Brice à Tournai déclarent que Maroie de Tuns a vendu à l'abbaye de St. Martin tout ce qu'elle possédait à Rumillies : «..Plége en sunt Watiers de Holain, lui chevalier, et Gérars de Erenbaldeghen, de cette quittance, faire de tout..»

     

    Alain d'HERBOMEZ
    Chartes de l'abbaye
    de Saint-Martin,

    tome I, (1898), p.376

    1232

    « Jeanne (ou Helwige d'après "La Gloire Belgique", poème national) de Baudrenghien persuada son mary Jean Le Maire (ou Le Majeur, idem), bailly du grand Chapitre de Cambray de bastir une Chapelle pour le service des sœurs de l'hospital Saint Jean, auquel Arnould, Jean et Simon de Baudrenghien firent aussi du bien »

     

    Jean LE CARPENTIER
    Histoire de Cambray, et du Cambresis -
    De l'Estat de la Noblesse
    part. III, (1664) p.182

    1237

    Ouverture d'une léproserie hors des murs de Tournai côté Ouest, qui engendrera le Faubourg de Lille. L'église St. Lazare -patron des lépreux- est en retrait sur la chaussée de Lille.

     

     

    1237

    L'Artois est détaché de la Flandre.

     

     

     

    Au XIII°s le drapeau de Lotharingie est simplifié.

     

    1238

    Les armoiries de la maison de Mortagne ont éprouvé beaucoup de variations.  Le plus ancien scel de cette famille que l'on connaisse est celui de Baudouin I qui se trouve aux archives départementales à Lille, appendu à un acte de 1191. Il offre un type équestre; le bouclier du chevalier est chargé d'un dextrochère. Ce bras armé se retrouve encore dans le scel d'Arnoul de Mortagne, châtelain de Tournai, apposé à un acte de 12341. En 1238 (ou 1245 d'après du Chastel1) , la charge de l'écu est changée; la croix apparaît pour la première fois et devient désormais le signe héraldique de toutes les branches de la maison de Mortagne qui conservent ce nom2 avec diverses brisures connues. D'or à la croix de gueules; Cimier: deux pieds de bouc au naturel, renversés, adossés, le sabot en haut. Cri : Tournai !.

     

     

    1 P.-A. du CHASTEL
    Notices Généalogiques Tournaisiennes - tome I (1881)
    page 9.

    2  G. DEMAY
    "Inventaire des sceaux
    de la Flandre"
    Paris (1873) n° 5583.

    Institutions religieuses.

     

     

     

    Au XIII° siècle, on ne compte plus les communautés religieuses qui font leur apparition en Europe. Rien qu'à Tournai on dénombre : l'abbaye des Prés Porcins au faubourg de Maire en 1231, l'abbaye du Saulchoir par Jean Altaque en 1238, les Frères Mineurs au quai taille-Pierre en 1240, un béguinage, les Sœurs Grises et Sœurs Noires à proximité des Frères Mineurs toujours en 1240, le béguinage aux abords de l'église Sainte-Marie-Madeleine en 1241, les Dames hospitalières de Saint-Nicolas du Bruille en 1247, Les "Saquistes" ou Frères de la Pénitence en 1264, les Croisiers aux Chauffours en 1284, le couvent des religieux de l'ordre de la Sainte-Croix (aussi appelés Croisiers) au Mont-Paillard (Saint-Jean) en 1286, les Augustins dans le quartier Saint-Jacques en 1293. C'est aussi l'ouverture, en 1228, de l'Hôtel des Anciens Prêtres ou Prêtres émérites aux abords de la cathédrale et de celle de l'établissement des pourvus, nommés Anciens Bourgeois, à la rue Saint-Piat en 1272.
    A la fin du XIIIe siècle, la ville compte douze églises autour de sa cathédrale.

     

     

    Fondation de l'hôpital Notre-Dame de Lessines

     

     

    1242

    En ce temps là, le Royaume de France était corégenté par la reine mère Blanche de Castille et son fils Louis IX, mieux connu sous le surnom de Saint-Louis. Après son émancipation en 1234 les seigneurs flamands avaient prêté allégeance au nouveau souverain mais quelques barons belliqueux s'étaient ralliés au roi Henri III d'Angleterre, désireux de récupérer de force les possessions françaises de son père, Jean sans Terre.

    Le 21 juillet 1242, à la bataille de Taillebourg près de Poitiers, les soldats de Saint-Louis contraignirent les Anglais à la retraite, mais au cours de cette victoire Arnould IV d'Audenarde, Sire de Pamele et grand bailli de Flandre, fut mortellement blessé. Soucieux du salut de son âme, le seigneur de Lessines légua par testament une partie de sa fortune aux pauvres de sa ville, à charge de son épouse, Alix de Rosoit, dame d'honneur de la reine mère de France d'en faire le meilleur usage.

     

     

     

    Alix acquit bientôt quatre masures, situées entre l'église de Lessines (fondée en 1075) et la Dendre, y établit une communauté religieuse et posa les fondements d'un hôpital de charité qui restera en activité jusqu'au début des années 1980. L’hôtel-Dieu lessinois est contemporain de tout le mouvement hospitalier qui s’est développé en Europe aux 12e et 13e siècles.

     

     

    1243

     A sa création, l'institution ne bénéficiait d'aucun statut officiel, pas plus civil que religieux et l'héritage épuisé,  les problèmes de trésorerie jaillirent comme une évidence. Alix se tourna alors vers son fils, Jean d'Audenarde, qui sauva l'institution de la banqueroute en lui allouant une rente couvrant une partie de ses frais de fonctionnement.

     

     

     

    Les chanoinesses entrant dans l'Ordre de St Augustin étaient issues de la petite noblesse et souvent, filles de chevaliers, mais les filles des riches bourgeois étaient également les bienvenues, tant qu'elles honoraient le vœux de pauvreté les obligeant à céder en dot à la communauté leur part du patrimoine familial. Les soeurs dépendaient de l'autorité masculine d'un responsable spirituel.

     

     

     

    En 1247, Gui Ier de Laon, Evêque de Cambrai de 1238 à 1248, énonce avec précision les premiers statuts de l'hôtel-Dieu à Lessines : "La Noble Dame Alix veuve d'Arnould, seigneur d'Audenarde, a construit et institué dans la ville de Lessines, pour le salut de son âme et de ses ancêtres, un hôpital pour y recevoir les pauvres, débiles et malades et y exercer toute autre œuvre de charité". Cette notoriété rallie de nouveaux donateurs et trois années plus tard, une lettre patente du Pape certifiée par une bulle de plomb, accorde 40 jours d'indulgence aux bienfaiteurs de l'institution.1

     

    note: "Laon", se prononce "lent", département de l'Aisne. Au début du VI°s, st. Remi y fonde un évêché démembré de Reims.

    1 Archives de l'Hôpital Notre-Dame à la Rose (Lessines)

     

    Progressivement, une nouvelle aile (au sud) et une vaste chapelle seront construites, suivies d'une ferme. Quatre cent cinquante hectares de terres en fermages, apporteront une nouvelle source de revenus et permettront à l'hôpital, de vivre en complète autarcie.

     

     

     

    1244

    Marguerite de Constantinople, avait épousé dans la controverse Bouchard d'Avesnes, bailli du Hainaut et sous-diacre de la cathédrale de Laon (XII°s). Veuve ensuite de Guillaume de Dampierre, comte de Flandre et seigneur de Courtrai,  elle succéda à sa soeur Jeanne et associa sous sa tutelle les Comtés de Flandre et de Hainaut.

     

     

    1248

    Concernant les sires de Ghistelles; d'après une charte de Robert, comte d'Artois, en date du 29 mai 1248, le mot "Ghistelda" signifie terre abandonnée. Par cette charte le comte donne au majeur, aux échevins et à la communauté de la ville de Saint-Omer [Pas de Calais 62] les mêmes privilèges et franchises sur les nouvelles "Ghistelda" situées entre les maisons de feu Pierre, fils de Jean de Sainte Aldegonde, et les échoppes de Jean de Baudrenghien, que ceux dont ils jouissaient sur les anciennes.

     

    T.  de LIMBURG STIRUM
    La Cour des Comtes de Flandre, Leurs Officiers héréditaires.
    (Gand 1868) - tome I:
    Le Chambellan de Flandre et les sires de Ghistelles.
    Page 82, (référence)

    1250

    Le lundi 28 mars à Helchin : « ...In quibus ipse tenebatur Gerardo de Erenbaudenghem annuatim, et pro quibus idem G(erardus) factus est homo noster feodalis... »

     

     

    1251

    Le 6 juin, tournoi chevaleresque de Trazegnies.

     

     

    1252

    Avril. Charte rédigée en latin de Marguerite de Constantinople et avalisée par son fils, Guy de Dampiere, pour l'adoucissement du servage en Flandre.

     

     

    1252

    15 mai. La bulle "Ad extirpenda" éditée par le pape Innocent IV, rend légitime l'usage de la torture envers les hérétiques. Elle est désignée sous le nom de  "quaestio" (question).

     

     

    1256

    En décembre, l'Evêque de Tournai approuve la vente de la dîme d'Aeltre, faite par la dame de la Woestine à l'abbaye de St. Martin, Waltero de Badelinghem, signe en qualité de témoin.
    La Woestine La Wastine, Les Wastines, à Lomme, tenue de la seigneurie de Lomme à 10 livres de relief contenait un donjon et onze bonniers un quarteron d'héritages.

     

    A. d'HERBOMEZ
    Chartes de l'abbaye de St-Martin, (1898)
    tome 2 - pp.127 à 129
    & 132, 133

    1257

    En février 1257, la Commanderie de Saint-Léger accrût de 5 bonniers ses possessions à Leers. Domaine qu'elle arrentera immédiatement pour 8 livres. Le Bonnier de Tournai valait en général 1,1724 ha; il se subdivisait en 1600 verges, le cent (ou seizième de bonnier )

     

     

    1257
    Juin

    Ernous, sire de Mortagne et châtelain de Tournai, approuve l'hommage fait par son frère Roger, seigneur d'Espierre, à l'évêque de Tournai, pour une rente assise sur le péage d'Espierre. Ghérart de Erenbaldenghem signe l'acte comme témoin en qualité d'homme de fief de l'évêque.

     

    Bibli. Univ. de Gand,
    ms G.16191, f°1050

    1259

    Certains seigneurs de La Hamaide furent inhumés à l’abbaye de Cambron (entre Mons et Ath). On retrouve dans le Cartulaire du monastère, la donation de Thierry, seigneur de La Hamaide, d’une partie du bois située sur le territoire d’Oeudeghien, à condition d’avoir en ses murs le lieu de sa sépulture. Ce lieu de piété eut, en effet, au cours des XIII° et XIV° siècles un tel renom de sainteté que bien des princes et des gentilshommes sollicitèrent la faveur de pouvoir y faire déposer leurs dépouilles mortelles.

     

     

    1265

    Croisade de Pouilles avec le châtelain et l'Avoué (avocat attaché aux intérêts d'une institution religieuse) de Tournai.

     

     

    1270

    Otton V du Roeulx, pair de Silly, époux de Marguerite de Ghistelle, reprend le nom et les armes de sa mère, Agnès de Trazegnies et fonde la seconde maison de ce nom.

     

    @ Cercle Heraldus - (Mons)

    Petit Âge glaciaire

     

     

    A partir de la seconde moitié du XIII°s, l'Europe continentale notamment va subir une brusque baisse des températures provoquant des précipitations remarquables en été et des hivers très rigoureux. Ce phénomène météorologique pourrait avoir comme origine la conjonction de plusieurs éruptions volcaniques majeures, dont témoigne l'évêque de Tournai pour l'une d'elle :

     

     

    1275

    "Année terrible où cheurent du ciel de Tournay des gresles et pierres contenant en tous 6 poulces, qui tuèrent hommes et bêtes". Article du CNRS  ---  Article du Figaro

     

    Chronique rimée de Ph. Mouskés, publ. par le baron de Reiffenberg, Bxl, Hayez, vol.1, page ccxi

    Le registre foncier dit Viel Rentier d'Audenarde

     

     

    1275

    Entre 1275 et 1291, des recenseurs vont battre la campagne pour le compte de Jehan de Pamele, Sire d'Audenarde qui leur a commandé un registre foncier des biens qu'il possède au sud de la Flandre orientale et au nord du Hainaut. Les Pamele-Audenarde était l'une des quatre grandes familles du pays flamand dont les origines prouvables remontent au premier tiers du XI°s et se distingue au début du siècle suivant par le chef de cette maison occupant la fonction de Chambrier* du comte de Flandre; cent ans plus tard, les sires d'Audenarde recevaient l'hommage de plus de 130 vassaux et tenaient un rôle de premier plan dans les évènements qui agitaient alors la Flandre.1
    Ils étaient maîtres de domaines très étendus, alleux, fiefs, droits d'avouerie en terres flamandes et hennuyères, dont les localités de Ellezelles, Wodecq, Flobecq, Ogy, Ghoy, Lessines, Isières, Bois-de-Lessines, Papignies, Lanquesaint, etc. Les recenseurs se rendirent dans chaque village, interrogèrent les citoyens, relevèrent la superficie des terres, détaillant les hameaux, les lieux-dits, les chemins, les sentiers, les ruisseaux, les marécages, les étangs, les moulins, les abbayes, etc. Dans ce véritable cadastre transcrit à plusieurs mains en ancien français sur 187 feuillets de parchemin (374 pages) et illustré de scènes quotidiennes ou de lieux, figurent le nom des personnes, leurs biens, leur profession et l'outillage utilisé, leurs animaux... On y apprend qu'à "Florbiert" (Flobecq) : "Messires Gilles de Baudrenghien, li Capelains, doit 8 rasières d'avaine, de 3 boniers et demi de bruière, en Augomont" comme rente à l'abbaye.

     

    *Officier chargé de la direction des services de la Chambre royale ou seigneuriale et de la garde des archives, et de la trésorerie (Léon Roy, Dictionnaire de la Généalogie, p.134)

    1 DUBY Georges
    La structure d'une grande seigneurie flamande à la fin du XIIIe siècle.
    Bibliothèque de l'école des chartes. 1956, tome 114. pp. 181-186

     

     

     

     
    "Viel Rentier" f.41r°,
    avec vue de Flobecq



    Le château de Flobecq servit de "pavillon de chasse" à Arnould IV d'Audenarde dans les années 1230.
    (Sa veuve, Alix de Rosoit, fondera l'hôpital de Lessines après la mort de son époux vers 1242).

    Le Vieil Rentier d'Audenarde provient de la bibliothèque des ducs de Bourgogne. Il est désormais précieusement conservé à la Bibliothèque royale de Belgique [KBR], Cabinet des Manuscrits, ms. 1175.

     

     

    1278

    A dater du 1er novembre; "L'abbaye de St-Martin donne bail pour 9 ans à Jean des Farvakes et à sa femme (Jeanne), la ferme d'Evregnies, avec une partie des terres et des prés qui en dépendent...". (A charge pour eux de les maintenir et de les entretenir) "...de telle manière qu'ils doivent les rendre à l'issue de leur cense sur les dires du sergent de l'abbaye"[1]. Albert d'haenens confirme qu'à la fin du XIII°s, les moines n'interviennent plus en fermiers mais en rentiers et livrent la surveillance de l'état de leurs biens aux soins du sergent de leur bailli.[2]

     

    [1] Patrick GILLARD
    "Histoire d'Evregnies"
    pages 49 et 50 (1980).

    [2] "L'abbaye de Saint-Martin de 1290 à 1350, Origines, évolution et dénouement d'une crise"
    Louvain 1961, p. 90.

    1278

    Messire Simon de Baudrenghien (v.1232), chevalier, épouse dame Agnès de Pronville comme attesté par lettre datée.
    (Par 1976, 144-160)

     

    de GREZ, J.B.
    Ministère des Affaires Etrangères, Fonds héraldique ref : 3 m 46

    1279

    La rue des Augustins à Tournai, s'appelait jadis la rue Daudenarde en raison probablement de l'existence de la Halle d'Audenarde mentionnée dans un acte de vente de 1254 ou de la présence d'une famille homonyme témoignée dans les Archives de l'échevinage de St-Brice renseignant l'existence d'un dénommé Jean Daudenarde en 1279.

     

     

    1280

    Le 10 février, décès de la comtesse de Hainaut et de Flandre, Marguerite de Constantinople. Jean Ier d'Avesnes, fils de son premier mari (Bouchard d'Avesnes) devient comte de Hainaut et comte des Etats de son épouse Alix de Hollande-Zélande, dame de Frise.

     

     

    1280

    Gillion d'Ierbaudenghem est Avoué (avocat attaché aux intérêts d'une institution religieuse) à Moen,1 village limitrophe des localités de: Zwevegem, Heestert, Espierres, Bossuit et Sint-Denijs.

     

    1 Ch. MUSSELY : Cartulaire ND. de Courtrai, p.169

    1280

    Une de ces contagions si fréquentes au moyen âge et qu'on désignait toutes sous le vocable de peste*, désola Tournai en 1280. Pour en prévenir les effets, on fonda en l'honneur de Notre-Dame, la Confrérie des Damoiseaux  à laquelle le chapitre accorda une châsse portée en procession. Certains le faisaient pour la gloire du monde, d'autres pour ne pas trépasser dans l'année. Jean Li Muisi, parent de l'abbé Gilles, décéda précisément au cours de l'année où il s'était porté volontaire. D'après Cousin, la confiance publique en fut fort ébranlée, et on eut grand'peine à réhabiliter cette dévotion dans l'esprit du peuple.

     

    * Etym. 1475;
    lat. pestis, fléau

    Chronique rimée de Ph. Mouskés, publ. par le baron de Reiffenberg, Bxl, Hayez, vol.1, page ccxxiii

    Lundi des Parjurés à Tournai

     

     

    1281

    L'abbé Li Muisi, de Saint-Martin à Tournai fait référence au "Lundi des Parjurés" qui suit l'Epiphanie et en parle déjà à cette époque comme d'une ancienne coutume. Elle trouve ses origines dans les assises publiques de "franches vérités" ou "plaids généraux" qui devaient élucider les méfaits demeurés non élucidés durant l'année, fermant les yeux par tradition ce jour là, sur la rédemption des manants qui par peur, mensonge ou omission avaient soustrait des coupables à la justice seigneuriale. Pour ce faire, la foule était rassemblée en place publique ou autour de la tombe de la victime lorsqu'il s'agissait d'un meurtre. Bien plus tard, ce jour sera rebaptisé "lundi perdu", parce qu'il était chômé.

     

     

    1281

    En cette année s'éleva entre les comtes de Flandre et de Hainaut l'interminable débat au sujet des terres de Lessines et Flobecq.

     

    Th. LESNEUCQ-JOURET : Histoire de la ville de Lessines 2° éd., p.227

    Tournai au XIIIème siècle

     

     

     

    "Au XIII°s, Tournai présentait un aspect tout autre. Jusque vers l'an 1300, son territoire actuel était occupé par quatre véritables villes, bien distinctes délimitées par l'Escaut. Sur la rive gauche, s'étendait la Cité, protégée par des murs datant des Romains et entourée de faubourgs populeux. De l'autre côté de l'eau se trouvait le Bourg, et la Terre de Saint-Jean des Caufours à droite. Le Bourg était enfermé dans une enceinte et se terminait par une agglomération de maisons du côté des portes Morel et Marvis.
    Le Bruille (Paroisse St-Nicolas) était domaine des châtelains de Tournai. La forteresse féodale de ceux-ci s'élevait "en l'isle de l'Escaut nommée St-Pancrace" au confluent de la rivière de Jennenes ou Jennes.
    Le Bourg et le Bruille étaient séparés par un terrain vague, le "Biekeriel", où se voyait le "Pierre fameleuse" (de famelicus, affamé). Le Biekeriel se composait d'un certain nombre d'habitations misérables. Il servait habituellement de refuge à des gens sans aveu, qui, bénéficiant de ce qu'il relevait des Seigneurs de Bruille, y pouvaient braver impunément l'autorité du magistrat de Tournai. Quant à la Terre de Saint-Jean des Caufours, elle dépendait des seigneurs de Leuze, de la maison d'Avesnes.
    Le désir d'unifier la juridiction et de se débarrasser des indésirables, qui molestaient volontiers les habitants de la Cité, engagèrent le magistrat à acquérir ces terres.
    Allain, Warchin, le bois de Breuze, les Chauffours et toute la seigneurie, avec la justice haute, moyenne et basse, furent achetésen 1289, au prix de 4500 £ tournois. Les droits de cens et de dîme qu'avait l'abbaye de St-Amand sur cette seigneurie, lui furent conservés. D'autre part, Hue de Châtillon, tout en le vendant, se réserva le droit de gîte.
    En 1295, le Bruille devenait définitivement propriété de la ville, on le paya 8600 £ à la châtelaine, Marie de Mortagne
    1

     

      Jos. HOYOIS :
    Tournai au XIII°siècle
    pages 1 à 7.

     

    Entre 1277 et 1302, une poussée démographique provoque l’accroissement du territoire urbain de Tournai et l’extension du périmètre des fortifications de part et d’autre de la rive droite et de la rive gauche de l’Escaut. Par décision communale, un pont, voulu d'architecture militaire enjambant l'Escaut constituera la 19ème porte de l'enceinte protectrice de Tournai. Deux tours percées de meurtrières, une courtine percée de baies et d'archères et des arches chargées de lourdes grilles défendront l'accès à la ville par le fleuve.

     

     

    Dessin de Aimé-François BOZIERE
    Tournai ancien
    et moderne

    Planche IV, page 41 (Ed. Delmée - 1864),

     

    Son édification débutera en 1281 par la tour "Bourdiel", du côté du centre urbain. La tour de la "Thieulerie", sur la rive droite du fleuve sera élevée vers 1303, mais 25 ans furent encore nécessaires pour les relier par les arches.

     

     

    On peut s'étonner de voir sur d'anciennes photos des vues de tours carrées et d'autres arrondies. En fait, il s'agit bien des mêmes tours. Une face panoramique offre une vision à 180° sur les abords extérieurs du fleuve, l'autre côté, tourné vers la ville, étant "plat".

     

     

    En 1294, la tour de guet que constitue le beffroi ne permettait plus de couvrir l'étendue de la ville. Entre-temps l'édification de chœur gothique de la cathédrale est également venu masquer une partie de la visibilité du vigile. Les magistrats de la ville accordent un budget pour rehausser l'édifice et renforcer sa base par quatre tourelles polygonales.

     

     

     

    1285

    "Colars li Escohiers de Maubruec, por se masure à Maubruee, id. Li abbie d'Alh, por ix iorneus de tière k'èle aquist à Danel, ob. Gossuins li Cuens, por tière k 'il aquist à monsegneur Jehan de Maffles : se tient à le Perelleuse" (Peut-être Jehan de Baudrenghien ? - voir 29 août 1304).

      Léopold DEVILLERS
    Cartulaire des rentes et cens dus au Comte de Hainaut (1265-1286) Mons.1873

    1286

    Pierre de Erbaudenghien vend à l'Evêque de Tournai un moulin situé à Helchin.

     

    Bulletin Soc. Hist. & littéraire de Tournai, t.16 (1874), page 110.

    1288

    Jean de Mortagne, sire d'Espierres, scelle de son écu (d'or à la croix de gueules) un acte concernant le douaire de Pentecôte de Luxembourg qui devait épouser son cousin, Guillaume de Mortagne, sire de Rumes et de Dossemer.

     

    P.-A. du CHASTEL
    Notices Généalogiques Tournaisiennes
    Tome I (1881) page 9

    1290

    Premières lunettes de lecture, rares et coûteuses, composées de deux lentilles en cristal de roche montées sur un pince-nez.

     

     

    1291

    Le dernier bastion Croisé tombe à Saint-Jean d'Acre.

     

     

    1291

    "Déclaration des droits qui appartenoient à Willaume de Baudreghem, fils de feu Monseigneur Wautier de Baudreghem, bouteiller (échanson) dans l'Ost de Flandre, à raison de sa bouteillerie dans l'hôtel du Comte de Flandre, ainsi qu'on a trouvé par une enquête faite par ordre du comte Gui ; sçavoir : draps de sergane, avoine et gages pour deux chevaux, quatre coupons de chandelles, et un pot de vin par nuit; Ce que le comte a fait mettre dans ses registres. 1291, à Wijnendaele, le mardi en pentecôte (12 juin).

     

    Saint-Genois
    Monuments anciens, part. I d'après parchemin original
    Présence récurrente au château de Wynendaele (Torhout) du comte de Flandre Guy de Dampierre qui y signa beaucoup de chartes.

    1292

    Au décès de Nicolas IV, le 4 avril 1292, l'impuissance des cardinaux à se mettre d'accord pour l'élection d'un nouveau pape entraîna pour le Saint-Siège une vacance de deux ans. Le 5 juillet 1294, les onze cardinaux réunis en conclave à Pérouse élurent à l'unanimité Pierre de Morrone, qui prit le nom de Célestin V. Ermite d'une grande pureté de vie, il avait excellé à communiquer son zèle pour la vie austère aux disciples qu'il avait réunis, organisés en ordre religieux et qui devaient prendre plus trard le nom de "Celestins".
    Il s'entendait moins au gouvernement de l'église, en un temps surtout où les "spirituels" révoltés entretenaient dans les esprits une effervescence périlleuse, que des politiciens s'efforçaient d'exploiter au service de leurs intérêts divers.
    Les cardinaux s'aperçurent bientôt de l'erreur qu'ils avaient commise et la question commença à se poser dans le Sacré-Collège, de la possibilité pour Célestin V de renoncer au trône pontifical l'année même de son élection. On chercha des précédents dans la tradition canonique et l'on s'en accommoda.

     

     

    1296

    25 février. Conflit d'intérêts entre Philippe le Bel et le pape Boniface VIII, au sujet de la publication d'une bulle, intitulée "Clericis laicos", interdisant au souverain de soumettre le clergé à l'impôt.

     

     

    1298

    Le rentier d'Artois relève 11 verges de terre seans a Baudringhem (Wardrecques) qui eskeïrent a monsigneur le Conte de Tassin le Bastart, li quele estoit tenue de Tassart de Ruuescure et le tient Willame li Bouvres par lettres de baillie,

     

     

    La Bataille des Eperons d'or.

     

     

    Gui de Dampierre, fils de Guillaume II  et de Marguerite de Constantinople fut proclamé comte de Flandre par sa mère en 1253 et obtint le comté de Namur par son second mariage avec Isabelle de Luxembourg. Six enfants naîtrons du premier lit avec Mahaut de Béthune, la progéniture suivante étant promise au comté de Namur.

    À la fin du XIIIe siècle nos Artisans étaient organisés en "Métiers" équivalents à des Syndicats. Chaque "Guilde" avait un statut propre et dérogeait à la justice ordinaire.

    Le Comté de Flandre, prospère notamment par sa production textile commerçait avec l'Angleterre pour la qualité de sa laine mais aussi parce qu'il jugeait abusives les taxes prélevées par le roi de France dont il relevait.

     

     

    En 1302, les Artisans flamands firent sédition. Philippe le Bel pour laver cet outrage fit arrêter et emprisonner à Paris son vassal, Gui de Dampierre et sa primogéniture potentiellement héritière du comté.

    le vendredi 18 mai, lors des "Matines brugeoises" un millier de partisans français furent trucidés dans leur sommeil et les milices communales de Flandre se rassemblèrent autour de Gui de Namur, bientôt rejoint par son frère, Jean et leur neveu, Guillaume de Juliers.

    Ils entamèrent ensemble une offensive insurrectionnelle, engageant 25.000 hommes où l'on retrouve de nombreux Brabançons, des Namurois, des Liégeois, des Zélandais et bien entendu des Anglais. Les troupes sont confiées au commandement du Flamand Pierre de Coninck, de Guy de Namur et de l'archidiacre de Liège, Guillaume de Juliens.

    Philippe le Bel dépêchE sur place une armée deux fois plus nombreuse, avec à sa tête le comte d'Artois. Le 11 juillet, s'engagea une lutte sanglante dans laquelle périt la fleur de la noblesse de France et d’Artois dans une débâcle comparable à la journée d'Azincourt.

    Les Flamands ramassèrent dans la boue et sur les cadavres de la plaine de Groeninghe les éperons en or des chevaliers français et les suspendirent en l'église Notre-Dame de Courtrai en signe de gratitude. Les survivants prirent la fuite dans toutes les directions, poursuivis avec un certain acharnement comme en témoigne L'abbé Li Muisis (de Saint-Martin), qui rapporte dans ses chroniques (1298-1322) qu'au lendemain de la bataille, les soldats Français fuyant en divers lieux hors de Courtrai, et jusqu'au village de Dottignies, où ils furent tués et dépouillés...

      Dans la religion catholique, "Sonner les matines"
    était l'appel au premier office du bréviaire, qui se chantait avant le lever du jour.
    La date du 11 juillet a été choisie par la Flandre pour sa fête communautaire.

    1304

    La région de Tournai restée fidèle au roi de France, connut par la suite de nombreuses incursions des troupes Anglos-flamandes. Ils boutèrent notamment la feu à ville de Lessines.
    Le 8 octobre 1303, ils vinrent une nouvelle fois piller et ravager les faubourgs de Tournai. Li Muisis relate encore que les Flamands qui étaient restés, cette nuit-là, et parce qu'ils n'avaient plus de provisions et que la faim les prenait, se replièrent vers Courtrai et brûlèrent la ferme de Valemprez à Dottignies.

     

     

    1304

    Au mois d'août 1304, Philippe le Bel obtint une écrasante et impressionnante revanche à la bataille de Mons-en-Pévèle, récupère les éperons et impose, l'année suivante, la signature d'un humiliant traité de paix punissant les insurgés.

     

     

     

    1304

    Jean II, époux de Philippine de Luxembourg, est comte de Hainaut avant Guillaume Ier, qui le restera jusqu'en 1337 (ép.Jeanne de Valois)

     

     

    1304

    On cite à Moen «Demisele Derboudenghem» à Erembodeghem.

     

    K. de FLOU : Toponymie West-Vlaanderen, tome III.

    1304

    29 août. Données l'an de grasce mil trois cens et quatre, le jour S. Jehan décollassé. Lettres par lesquelles Jean d'Avesnes, comte de Hainaut, etc. donne à Ysabiel, fille de feu Jehan de Baudrenghien, et à sa mère, la dame (Odilie ?) de Maffles, dix livres blancs de rente annuelle et viagère, assignée sur son winage d'Ath et dont le paiement aura lieu à la Saint-Remi, et ce, en compensation d'un petit fief enclavé dans une terre qu'il avait achetée à ladite dame de Maffles. Cette rente s'éteindra seulement à la mort de la dernière survivante des deux personnes. (Folio 30 de la Dame de Maffles et de ses filles).

      Léopold DEVILLERS
    Description analytique de cartulaires et de chartriers .Tome VI (Mons 1870) page.54

    1306

    Jehan de Tongres est seigneur de Gommenpont (Monuments pour servir à l'histoire des provinces, p.722).

     

     

    1307

    Au matin du vendredi 13 octobre, tous les Templiers de France furent arrêtés et leurs biens confisqués sur ordre du roi Philippe IV le Bel. C'est de ce jour que serait née la superstition du vendredi noir pour les "paraskevidékatriaphobes".

     

     

    1309

    A Pottes, le 3 juin  : « Acent tout cil ki cest escrit veront et oront ke Grars de Potes fius a noble homme mon signeur Gherart de Potes, cheualier, Jehans Dierembaudenghien, Hues dou Mares Thumas des Annes... doiuent comme leur propre dette es cescuns pour le tout as enfans ke katherine de Courcieles a et ara de Jakemon le Fourbisseur...»

     

    Archives de Tournai - Chirographe original sur parchemin

    1310

    Usilie de Baudrenghien, fille de Simon et de Agnès de Pronville, épouse Guillaume de Nimaye.

     

     

    1311

    le jeudi 9 septembre, Marie, dame de Mortagne et châtelaine de Tournai, donne en fief à Marie de Dossemer, sa cousine germaine, une rente annuelle de 100 £ parisis, à prendre au péage de Maulde : « ...Lequel don des cents livres de terre, je lui ai donné et donne à tenir de moi en fief et hommage, par devant mes hommes de fief, dont tels sont les noms : Messire Rogier, sire d'Espierre, chevalier ; Mahius de Haudion ; Gille le Clers ; Estievenes de la Place ; Jehans Argens ; Jehan de le Haie ; Gherars Aletake Jehan des Plankes ; Pierre Boussars ; Colars dou Treric ; Jehans Cappestau et Jakemes d'Ierembaudenghien, comme bailli que j'investis pour cette besogne. Lequel bailli convoque les hommes afin qu'ils eussent le don ci-dessus en mémoire et recourt à la force, si besoin en était... »

     

    Mémoires de la Société historique et littéraire de Tournai, tome 24, page 276.

    M.S.H.L.T. tome 25, pages 276 à 279

    1312

    Le 3 avril, sous la pression de Philippe le Bel, le pape ClémentV, marque définitivement la fin de l'Ordre du Temple en émettant sa dissolution "Ad providam".

     

     

    1312

    Jakemes d'Erbaudenghien est cité à Warcoing

     

    Midd. 1963, 287

    1313

    Philippe le Bel envahit le Tournaisis, qui passe sous l'autorité de la couronne de France.

     

     

    1315

    Inondations dans le Tournaisis.

     

     

    1319

    Jean Wettin, prévôt de Tournai fait édifier l’hôpital Saint-Jacques pour l’accueil des pèlerins et des pauvres. Détruit vers 1670, il abritait une chapelle et une confrérie dédiées au saint.

     

     

    1319

    Une ordonnance du roi Philippe V interdit le crossage en rue. Ce jeu ancestral, non dénué de danger peut également se pratiquer en plaine, il est d'ailleurs considéré comme l'ancêtre du golf. Ancré dans la tradition des villages du Hainaut Occidental et du Nord de la France, il se pratique encore au lendemain du mardi-gras dans certaines communes comme à Vaudignies, Chièvres, Harchies, Quevaucamps, Péruwelz, Wiers, Pipaix, Basècles ou encore Blaton...

     

     

    1321

    l'évêque de Tournai abandonne l'hommage et le fief de la châtellenie et de l'avouerie au roi de France* et deux ans plus tard, l'avoué vend son office et ses droits à Charles le Bel, frère héritier du premier.

     

    *Philippe V, second fils de Philippe le Bel

    1331

    Une copie ancienne d'une chronique armoriée d'époque relate le Tournoi des "31 rois de Tournai" qui eut lieu sur la Grand-Place les 3 et 4 juin 1331, mettant aux prises la fine fleur de la bourgeoisie tournaisienne avec 116 cavaliers issus de 14 villes flamandes et françaises.

     

    Bibl. royale de Bruxelles - Manuscrit 7383.

    1334

    « Jakemes d'Erbaudrenghien (v. 1312) est hom de cinq quartiers et demi de tiere enviers les Fourkes d'Espiere, de la le parroche de Warcoing, que Jehan de Giéronde tiunt,... » (sic) Il doit servir une certaine rente à l'abbaye de Saint-Martin de Tournai.

     

    d' HAENENS :
    Comptes de St Martin
    à Tournai (1312-1355)

    1336

    L'adoption des armes de Landas par les Mortagne, associés à cette famille est prouvée par le scel de Jean, sire  de Landas et de Bouvignies appendu à un acte du 28 mars où se retrouve un écu portant un émanché de cinq pointes mouvant du flanc senestre.

     

    P.-A. du CHASTEL
    Notices Généalogiques Tournaisiennes
    Tome I (1881) page 9

    1337

    Guillaume II est le Comte de Hainaut jusqu'en 1345, il est l'époux de Jeanne de Brabant.

     

     

    La guerre de Cent ans.

     

     

     

    La Guerre de Cent ans, qui durera en fait 116 ans, débuta l'an 1337. Les Gantois révoltés s’allient, aux Anglais et infligent aux Français la défaite navale de l’Ecluse.
    En 1340, le 31 juillet, les troupes anglo-flamandes assiègent une nouvelle fois Tournai, mais resteront bredouilles devant cette tête de pont de la monarchie française.
    Papirus Masson, (livre 4 de ses annales), écrit qu'au siège de la ville par le Roi Edoüard d'Angleterre, quinze mille habitants prirent les armes.

     

    Nicolas POUTRAIN
    "Histoire de la Ville et Cité de Tournai, etc."
    Tome II (1750)- p.565.

    1341

    La guerre coûte cher et ce sont les paysans qui doivent la financer. La levée d'un nouvel impôt appelé "la Taille", doit permettre dans l'imagerie populaire à "tailler" les lances des chevaliers partis guerroyer... Il y a des émeutes à Tournai !

     

     

    1346

    Marguerite II d'Avesnes, comtesse de Hainaut, de Hollande, de Zélande et Dame de Frise, assignait à Isabelle de Hainaut, sa sœur, les revenus de Ath, Lessines, Ogy; «Les parties que chi-après s'ensuiwent : premiers sour toutes les revenues emblet de Chièvre, d'At, de Floberch et de Lessines deus cens muis de blet cascun an montent a vint et chinc sols tournois le mui..., pour coy elle tenra ens se mains separeement les deux molins de Floberch et d'Ogy, descompté les retenues et un mui de blet que ly dist molins d'Ogy doit cascun an hiretaulement a Ernoul de Baudrenghien et a ses hoirs, pour sissante-trois muis et le sourplus qui montecent trente-siept muis de blet prendrera et rechevera no dite suer par le main de no recheveur u de son liutenant sour toutes les revenues deseures dittes. Item pour toutes les euwes de Lessines, d'Ogy et de Florbierc prisiet cent livres.. Item, les rivières de la terre de Lessines qui prisies sont par an diis livres... » Cette assignation fut confirmée par une lettre de Marguerite et Louis le Romain, datée du 6 août 1351.

      Léopold Devillers
    Cartulaire des Comtes de Hainaut de 1337 à 1436 (publ.1881)
    Trésorerie des Chartes des Comtes de Hainaut aux Archives de l'Etat à Mons.

     

    Marguerite d'Avesnes abandonne au chevalier Jean de LESTRIVERIE (de l'ESTRUVE ?) : "Nous avons dounet et dounons audit chevalier... toutes les revenus et droitures entierement que nous aviens et avoir poiens en ladi te pourosse (paroisse) dou Bos de Lessines".
    Au XIII°s, le château n'est qu'un donjon sur une motte en poste avancé de Lessines.

     

    Raymond DUHAUT
    Cercle d'Histoire de
    l'Entité Lessinoise,
    n°100, Déc.1998

     

     

    Au début du mois de novembre 1347, des navires marchands génois venus d'Asie, arrivèrent à Marseille et déchargèrent de leurs cales infestées de rats leurs cargaisons de victuailles. Vingt-quatre mois, suffiront au fléau pour se propager dans toute l'Europe, principalement dans les zones urbaines, sales et surpeuplées, représentant autant de foyers propices à sa propagation, en commençant par les indigents sous-alimentés.

     

     

    La Peste noire de 1349

     

     

     

    "L'origine de ce mal n'eft pas moins occulte et cachée aux hommes, que fa nature: c'eft la raison pourquoi les Medecins qui s'étudient de rechercher les caufes, & les principes des maux qui affligent le corps humain, ont été de tout tems obligez de s'élever à Dieu, comme à la caufe primitive de toutes chofes: & de confeffer qu'il eft la caufe principale des Peftes qui arrivent aux hommes. Auffi eft-ce pour cela, qu'on appelle ces maladies, un fléau de Dieu: c'est-à-dire un des plus févéres châtimens que fa justice vengereffe emploie pour la punition de nos crimes".

     

    MANGET
    Docteur en Médecine.
    "Traité de la Peste"
    Tome I, Chap.2 (1772)

     

     

     

    Illustration de la Peste bubonique tirée de la Bible de Toggenburg (1411)

     

    Gilles li Muisit (1272-1352), abbé de Saint-Martin de Tournai illustre dans ses chroniques par un grand nombre de cercueils l'enterrement massif des victimes de la peste bubonique à Tournai. « L’épidémie fit tant de victimes que l’on eut beaucoup de peine à les enterrer dans les cimetières encombrés des fossoyeurs »  2

     

    2 Gilles Li Muisit
    Manuscrit des Chroniques
    Bibl. royale de Belgique,
    MS 13076-77, f. 24v.

     

    Jean Froissart estime qu'un tiers de la population de nos contrées succomba. On évalue aujourd'hui qu'il y eut 25 millions de morts en Europe. C'est une des maladies ré émergentes dans les parties pauvres du Monde.

     

     

    "A cette époque va se produire un phénomène humain d'importance. L'épidémie va provoquer un choc dans la population. On voit mourir ses proches ou ses voisins dans de très grandes souffrances et d'une manière injuste, puisqu'elle touche indifféremment les jeunes comme les vieux. D'autre part, il y a la Guerre de Cent Ans et son cortège de misères; on pille, on viole et on étripe les gens !. Les quidams prennent conscience des souffrances qui accompagnent la mort et sa perception va s'en trouver bouleversée. La mort va susciter la peur et devenir un objet d'effroi. C'est l'époque où l'on va commencer à représenter dans les églises, non pas le paradis, qui attend tout bon chrétien, mais la mort crue à l'état cadavérique. Consécutivement, il y a une prise de conscience de la valeur de la vie en tant que telle, au détriment de la conception ancienne, qui la limitait à n'être qu'un passage vers la vie éternelle".

     

    Conférence (1986)
    Marguerite GONON,
    Docteur ès lettres,
    Historienne,
    ingénieur au CNRS

     

    1349

    Siège de Tournai par les Anglais et leurs alliés Flamands, sous les directives du roi Edouard III.

     

     

    1349

    On cite Arnould de Baudringhien. C'est probablement lui qui tenait avec sa femme : « onze bonniers de tiere à Flobiert (Flobecq), au prix de 15 livres blancs et 10 sols » Ils avaient acheté ces terres à vie à l'abbaye de St-Martin (Tournai) en 1322. Il était également propriétaire du moulin d'Ogy (v. 1346)

     

     

    1350

    Naissance de Jean, bâtard de Lannoy, né d'une liaison entre Guillebert de Lannoy et Catherine du Bus. Il possèdera un fief à Roubaix et épousera Jeanne de la Motte.

     

     

    1351

    "Louis de Mâle, comte de Flandre, envoya Messire Guillaume Reighersvliet au grand bailly d'Alost, mettre en sa main les terres de Flobecq et Lessines..."

     

    Annales du Hainaut, Tome III, p.241

    1351

    le 26 décembre, Ernoul de Baudreghien, est cité dans un record relatif à l'acquisition faite par le chapitre de Sainte-Waudru, de la mairie de Nimy Maisières : « Liquelz, consilliés de ses pers, dist, par loy et par jugement, que oyl, as us et as coustumes de Haynnau, sauf à Ernoul de Baudrighien, le fil, les pourfis doudit fief, toute le vie demiselle Ysabiel, se suer, femme audit Wiart, qui sont en se main, pou goïr après le trespas doudit Wiart, ou cas qu'elle le sourviveroit ». (v.1384)

     

     

    1354

    Lettres de procuration par lesquelles la comtesse Marguerite de Hainaut délègue la défense de ses droits et de son honneur dans les terres de Lessines et de Flobecq:
    "Nous,comtesse dessus dilte, pour aemplir parfaitement, à no pooir, tout le dit traitié et cascune cose d'iceli, avons fait et establit, faisons et establisons, par ces présentes lettres, nos procureurs, faiseurs de nos besoingnes et nos messages tant généraulz comme espéciaulz, nos amés et fiaules sire Jehan Bailliu, no loyal clerc, Jehan Quaret, recheveur de Haynnau, Hue dou Mont, Ernoul de Baudreghien, maistre Pière de Brai- bant, Jehan le Douch, Jehan Buirot, Jaquemart dou Mortier, Jehan le Louchier et Godefroit de Hargni, et cascun par lui et pour le tout, en tel manière que milleur ne soit li conditions de l'occupant, mais chou que li j. ara comenchiet, li autre poursuyr le puist et parfiner. Asquelz et à cescun d'iaus pour le tout, avons donné et donnons plain pooir, mandement espécial et plainne et libbre administration de comparoir par-devant les dis commissaires pris et eslius par no dit cousin et par nous, et les substitus ou à substituer en lieu d'eals, de proposer et alégier, pour nous et ou non de nous, tant par escript comme de bouke, tous nos drois, nos raisons et nos causes, tant de droit comme de fait, de nous deffendre et respondre à toutes oppositions et alégations proposées et à proposer contre nous, de congnoistre, de noyer, de jurer en l'âme de nous, se mestiers est, tant de calonnie comme de vérité, et de faire tous autres sèremens que drois, raisons y coustume de pays requièrent, etc."

     

    Léopold DEVILLERS
    Cartulaire des Comtes de Hainaut de 1337 à 1436 - Trésorerie des Chartes des Comtes de Hainaut aux Archives de l'Etat à Mons. (1881)

    1355

    Jakemes d'Erbaudenghien est à nouveau cité à Warcoing

     

    Midd. 1963, 287

    1356

    Guillaume III de Bavière, "l'Insensé" ou le "furieux" sera comte de Hainaut jusqu'en 1389, quand, ayant perdu la raison, son frère Albert devra assurer la régence.

     

     

    1357

    et 1358, le Hainaut est à nouveau frappé par la peste.

     

     

    1358

    On cite « Ernouls de Baudreghien li jovenes » (Arnould le jeune). Conformément aux us et coutumes de temps et de lieux, les nouveaux propriétaires de biens immobiliers devaient produire les rapports et dénombrements de leurs biens à leur prince. En 1956, le professeur Arnould* dénonce les premiers dénombrements hainuyers au XIV°s, entachés d'erreurs volontaires ou accidentelles.

     

    * Dénombrement des foyers dans le Comté du Hainaut

    1360

    Helwige de Baudrenghien bienfaitrice des pauvres de Cambrai

     

    Histoire des fêtes (...) du Nord (1834)

     

     

     

    6.2. Les ducs de Bourgogne (1363 - 1477)

    Bannière à la Croix de St André de la maison de Bourgogne

     

    6.2.1. - Philippe le Hardi  (1363 - 1404)

     

     

    1363

    Pour sa vaillance à la bataille de Poitiers (1356), Philippe "le Hardi", fils puîné du roi de France Jean II et de Bonne de Luxembourg, obtient son surnom et l'apanage de la Bourgogne(1363). Il fonde la Seconde Maison Capétienne du duché, c'est le premier des Valois de Bourgogne. Sous sa dynastie le Duché connaît son apogée et devient un bastion du christianisme, avec le développement d’importantes abbayes.

     

     

    1365

    Nichaises Gossiaus De le Hamaide, fu justichiés de trainer et de pendre pour violences sur Sandrine Dogi et douquel fait li dit Nichaises sen raporta au serement de la dite Sandrine liquele en le presence doudit Nichaise, fut sermentée et prist par sen serement que li dit Nichaise lavoit fait violence et maugret li (malgré elle). Et avocch cogneu que il avocch pluisieurs aultres siens parents fu à ochire 1 home dales (d'auprès de) Cambray. Et III semaines a ou environ il avoech Caisins li bastars de Baudreghien (sic) Hanins, vallés Mons. Destade, Mikius de la Horde, Noules Croissars, li vallés Gille de Baudreghien de Floribiere ravirent une feme à Escornay et leut li dis Hanins en se compaignie. Fait le lundi XIIII°jour de jullet

     

    *Mémoires de la société historique et littéraire de Tournai, vol. 9 (1867), p160-161

    1367

    Le fief de Ghomanpont à Ostiches est maintenu par les Baudrenghien portant d'or aux hamaides de gueules chargées de besants.

     

     

    1367

    Suite au soulèvement des Artisans Tournaisiens, le roi Charles V de Valois (aîné de Philippe-le-Hardi) suspend leurs privilèges.

     

     

    1369

    En épousant Marguerite de Mâle, héritière de Louis de Mâle, la maison de Bourgogne tente une nouvelle fois* de prendre pied en Flandre et en Artois. Elle entreprendra plus tard (1384) de rallier sous la même bannière tous les Pays-Bas.

     

    *Veuve du dernier duc de Bourgogne de la première Maison Capétienne (V1361).

    1369

    Arnould de Baudrenghien, (fils de Arnould et frère de Gilles, voir 1380 et de Catherine, voir 1400), mort le jour de l'Assomption Notre Dame en aoust.

     

    *Bibl. Municipale. de Cambrai, Manuscrit 1024 - Jean Pitpan de Montauban - f°133.

     

    A table mes seigneurs...

     

     

    1370

    Mettre le couvert ?... Oui, mais pas tout de suite et pas comme nous l'entendons aujourd'hui!...

    Voilà une des expressions déviées de son sens premier, qui consistait à couvrir un plat d'une cloche pour le garder chaud et n'a aucun rapport avec le mariage aristocratique de la fourchette (petite fourche à deux dents) et du couteau, qu' imposera l'incommodité du port de la fraise dès le XVI°siècle.

    Rien de tout cela non plus à l'époque bourguignonne. Une fois attablés, un échanson proposait à chaque convive de se passer les mains sous l'eau. Une épaisse tranche de pain était posée à même la table de bois et couverte d'un bouilli de viande aux légumes. On y allait de bon cœur, à la main et au couteau en balançant, çà et là une rognure, que se disputaient serfs et chiens.

     La formule consacrée: "qui dort dîne" imposait la prise du repas du soir aux clients qui couchaient à l'auberge.
    Dans ces temps reculés, le seigneur d'un château, se devait d'héberger le voyageur qui le quémandait, et partageait aussi bien sa couche que sa table. Le large lit d'accueil était toutefois entouré d'hommes de confiance armés et des chiens de la seigneurie.

    Avec les nappes vint un certain raffinement: On dresse les tables de gobelets en étain ou même parfois, luxe suprême, d'un verre à pied que l'on partage avec ses voisins. Une planchette de bois servant de tranchoir est placée devant chaque hôte qui pique la viande au couteau dans le plat, le mange avec les doigts et s'essuie dans les pans de la nappe.

    Hormis les indulgences monnayées par l'Eglise, l'alternance des jours gras et des abstinences était vécue comme une évidence et largement respectée par les manants.

    Le quotidien des repas était assez simple:
    Le déjeuner est le premier repas de la journée. Il interrompt le jeûne de la nuit, on mange du pain et on boit un verre de vin léger car c'est la seule boisson saine à ingurgiter. Le dîner est le repas de midi, l'après dîner étant l'après-midi; du pain, du jambon, du poulet, du lapin, de la laitue, des potées d'épinards ou de choux. Le souper évoque la soupe qui était servie en fin de journée. Contrairement à nos amis français, les Belges ont conservé cette ordonnance d'expressions. La pomme de terre n'est pas encore connue chez nous, et les légumes de pleine terre comme les carottes, les raves ou les racines de panais sont laissés aux paysans. Il était peu de ménage qui ne possédaient pas un cochon pour se faire une provision de viande salée. On le tuait en novembre pour na pas avoir à le nourrir en hiver; il subvenait aux besoins alimentaires de 6 personnes pendant les 3 mois d'hiver. L'hippophagie par contre est proscrite par l'Eglise, qualifiée de "pratique abominable" et mise à l'index par le pape Grégoire III en 732.
    Au retour de la belle saison, on accommodait l'Ortie en soupe ou en salade avec des Pissenlits; le Mouron, qu'on trouvait à profusion et qui est considéré aujourd'hui comme une "mauvaise herbe" le Pourpier et la Renouée, qui sont maintenant des légumes oubliés.

    Dès le XIII° siècle, les pêcheurs hollandais ont l'idée de saler les harengs surabondants en mer du Nord et de les exporter en fûts de bois dans toute l'Europe. Mais le poisson a moyennement la cote et se sert principalement en période de "vache maigre", une autre expression qui nous est restée, car hier comme aujourd'hui, on lui préfère souvent la viande de boucherie qui était vendue très fraîche, le jour de l'abattage, contrairement au gibier que l'on faisandait pour l'attendrir. Il est chasse gardée et réservé aux banquets festifs des seigneurs.  Les gibiers à plumes ont d'avantage de prestige parce que ces animaux du ciel sont proches du Bon Dieu, mais on ne dédaigne pas de se délecter d'un sanglier ou d'un cerf bien poivré.

    Le Poivre et sel sont connus depuis l'Antiquité : dans une métaphore, les Evangiles comparent les Chrétiens au sel de la terre. Les hommes envisagent plutôt le "sal-aire" et la "gabelle", la taxe qui s'y rapporte. Les routes du sel furent de grandes voies de communication et d'échanges. Il fut longtemps le principal conservateur des aliments devenant à trop fortes doses un toxique délectable provoquant des accidents vasculaires cérébraux ou favorisant des cancers de l'estomac. L'ignorance du passé n'est plus de mise aujourd'hui, mais cet exhausteur de goût n'est pas limité pour autant.

    A la maison de Bourgogne, on appréciait tellement un produit local confectionné à base de verjus (suc acide extrait du raisin cueilli vert) et de Sénevé (graines de la Sanve), qu'on le servait même en soupe !. En 1336, au cours d'un seul banquet, donné par le duc Eudes VI en l'honneur de Philippe VI de Valois, trois cents litres furent écoulés de ce condiment, qui trouvera son nom plus tardivement dans la devise du duc Philippe le Hardi; "Moult me tarde !", ce dernier accordant à la ville Dijon en 1382 le privilège de porter ses armes et d'user de son cri.

    Nous devons aux Croisés d'avoir sensibilisé les papilles de nos ancêtres aux raffinements très épicés de la cuisine arabe. On usera de cannelle et de gingembre. Ils ramèneront également dans nos contrées la fameuse recette du pain d'épices dont on retrouve des mentions dès le XIII°s en Allemagne, avant de se répandre dans les monastères du Saint Empire romain germanique. Il fut tant apprécié, qu'en 1394, les tourteliers de Tournai seront exemptés de payer l'accise de 15s au tonneau de miel pour la confection de ce gâteau. Les Espagnols, influencés par les Maures nous feront découvrir des mets du Maghreb et que nous revendiquons aujourd'hui comme typiquement belges comme le massepain, le lapin aux pruneaux (qui n'est autre qu'une tajine) ou encore les "Escavèches" (poisson de rivière vinaigré) dont l'appellation vient du verbe espagnol "escabechar" (mariner). A l'instar des rois de France, les tables fortunées du XVI°s apprécient également les asperges préparées en sauce influencées de recettes Maghrébines du  XII°s.

    Philippe le Hardi emportera dans son escarcelle "notre" recette des "Carbonades flamandes" : bœuf braisé, épicé, mijoté à la bière, avec des carottes, des oignons, de la moutarde et le fameux pain d'épices. Mais la Bourgogne n'est pas le pays de la bière et adaptée au nectar du cru, elle deviendra pour les autochtones le non moins fameux "Bœuf bourguignon"

     

     

    Ceci dit depuis l'occupation romaine, des vignes étaient exploitées en terre de Belgique, les surfaces viticoles recrurent encore sous les Mérovingiens puis à l'émergence des abbayes et des monastères et le défrichement de leurs terrains. Il fallait du vin pour dire la messe et les hôpitaux de charité en réconfortaient leurs malades. Lors de ripailles, on partage aussi l'hypocras, un vin adouci au miel et aromatisé, qui est un peu l'ancêtre du vermouth. Au relevé de nombreuses factures, les chanoinesses de Lessines se fournissaient localement, beaucoup en Flandre où la production de vin est attestés dès l'an 815, mais aussi en Bourgogne pour des produits plus fins. Puis, elles brassèrent elles-mêmes de la bière à partir du XVI°s comme en témoignent les anciens livres de comptes: Les soeurs possédaient leurs propres houblonnières et s'étaient investies dans une brasserie détruite par un incendie à la fin du XIX°s.

     

    Merci à Madame. Camille Holvoet, historienne à  N-D à la Rose

     

    Il est connu aussi qu'au 17°s, Louis XIV possédait des vignes aux portes de Tournai. D'après certains historiens contestés, ce serait Napoléon Bonaparte qui aurait donné le coup de grâce à nos vignes en les faisant arracher par ses armées, dans le but de favoriser les productions françaises. Les abbayes auraient alors abandonné cette culture pour celle de l'orge et amélioré ensuite l'aromatisation de la bière et sa conservation par l'adjonction de houblon. La Belgique demeure sans nul doute le pays au monde de la bière trappiste et de la bière en général, élevée au rang de patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’Unesco en novembre 2016.

     

     

     

    Mais revenons à nos épices, dont la consommation viendra à accommoder tous les plats festifs malgré leur prix prohibitif. En 1529, Charles Quint cède au Portugal l'archipel des Moluques. A la fin du Moyen Age, une recette sur trois contient du safran, souvent importé d'Espagne comme le gingembre, le girofle, la muscade, la cannelle et le poivre. Les épices servent à payer les taxes et font partie des présents que l'on offre.

     

     

    En 1534, Erasme estime utile de publier un guide du savoir-vivre à table afin d'y éviter tout comportement bestial. Il déconseille de s'essuyer sur ses vêtements, de lécher son assiette, de roter et informe qu'il est de meilleure façon de défaire sa ceinture avant un bon repas que pendant...

     

     

     

    Enfin, l'avidité de l'homme étant ce qu'elle est, il fut nécessaire très tôt d'imposer des règles et des contrôles sur les produits de bouche (sciure dans le pain, lait invendu revendu, œufs périmés, vin frelaté, viande avariée, etc,)

     

     

     

    1370

    On cite Piérart de Baudrenghien, écuyer du Comte de Hainaut, seigneur de Ghomanpont à Ostiches.

     

    pierart.skynetblogs.be/

    1370

    On cite à Tournai cette fois, un Piérart de Baudrenghien*, qui serait le premier connu à porter la croix de gueules cantonnée de quatre étoiles de sable à cinq rais.

     

    *Annuaire de la noblesse de Belgique, Edition 1912, p.281

    1370

    Tournai recouvre ses droits après la dissolution de la Commune par le roi Charles V en 1367. La Commune est rétablie le 6 février 1370, avec une nouvelle Constitution donnant tous les pouvoirs à l'aristocratie urbaine.

     

     

     

    La Bataille de Baesweiler

     

     

     

    La petite localité de Baesweiler se situe au nord d’Aix-la-Chapelle, à une petite vingtaine de kilomètres et compte aujourd'hui 13.000 habitants. Le bourg de jadis était inclus dans le baillage de Aldenhoven au sein de l’ancien duché de Juliers. La bataille du 22 août 1371 ne laissera qu'un champ de ruines autour d'un château-ferme restauré au début des années 2000.

     

     

     

    Le Comté de Luxembourg fut élevé en Duché en 1354 par l'empereur Charles IV et cédé à son frère cadet, le duc de Brabant, Wenceslas. L'hégémonie politique des Luxembourg fut contestée dès le départ par une coalition de princes territoriaux de la Gueldre et de Juliers qui s'estimaient lésés.

     

     

     

    Les Linfards, qui formoient de grandes compagnies de brigands, étoient revenus sur les bords du Rhin, la licence, l'espérance du butin & l'impunité attiroient à leur armée tout ce qu'ils avoient de scélérats, qui portèrent partout la désolation et le carnage (1). -Ces hordes de brigands étaient à la solde du duc Renier de Juliers-. L'empereur sensible à ces maux publia un Edit par lequel, il ordonnoit aux Seigneurs des Provinces du Rhin, des Païs Bas, de la Meuse & de la Moselle, de lever à leurs dépens des troupes qui seroient commandées par Wenceslas 1er Duc de Luxembourg, à qui il donna la qualité de Vicaire de l'Empire & protecteur des deux Lorraines(1) .

     

    (1)  Père Joseph BARRE
    Histoire générale d'Allemagne (1748)
    tome VI pp 793-794.

     

    A la mi-août 1371, Wenceslas, prince courtois, grand mécène, poète à ses heures et accessoirement protecteur de Jean Froissart, se retrouva à la tête d'une armée de 8.000 hommes venus du Brabant, du Limbourg, du Luxembourg et du Hainaut.

     

    La localité de 13.000 habitants abrite un reste de château-ferme qui était là le 22 août 1371 lors de la célèbre bataille.

     

    Au cours de la bataille, qui fut un désastre, Gauthier de Glymes aurait tué son grand-père, Walter Ravet, échevin et alloyer de Jodoigne (2)

    Outre les pertes financières occasionnées par la défaite, les Luxembourg subirent deux cuisants revers; Guy, Comte de Ligny (Namur) et époux de Mahaut de Chastillon, comtesse de Saint-Pol, perdit la vie le 22 août, âgé seulement de 31 ans, et Wenceslas, duc de Brabant et premier duc de Luxembourg fut fait prisonnier pendant un an et rançonné
    (3) .

     

    (2) de RAADT "La Bataille de Basweiler" - Liste des combattants du duc Wenceslas.

     (3)  "L'art de vérifier les dates des faits historiques" Oeuvre collective :(dont Saint-Allais) - 1819 tome XIV, page 102

     

    Parmi les nombreux prisonniers de Baesweiler on cite le Prévôt de Binche Gérard d'Obies; Jean de Molembais de Linsemaux; Baudouin, bâtard de Lannoy dit "Baudechon" rançonné à 184 moutons d'or et Ernous (Arent ou Arnould) de Baudrenghien (van Baddelghem ou encore Baudre[ghey]n*) portant 3 hamaides chargées de trois, deux respectivement un besants(4).

     

    * Alphonse VERKOOREN
    AGR - Inv. des chartes originales et vidimées des Duchés de Brabant 1153-1383, page 482.

    (4) BLO V

     

    Le duc de Brabant libéré le 4 juillet 1372 regagna Bruxelles.  Il s'adjugera bientôt une somme de 900.000 moutons, monnaie de Vilvorde pour éteindre les dettes occasionnées par la dernière guerre. Cet impôt causa des disputes dans quelques villes sur la manière de le percevoir (5).

      (5) "L'art de vérifier les dates des faits historiques" Oeuvre collective :(dont Saint-Allais)
    1819 - tome XIV, p. 102

     

    636 moutons d'or (environ 3 kg), furent versés à Ernould de Baudrenghien en 1374, indemnité à lui due pour pertes et dommages subis au cours de la guerre entreprise contre les brigands (linfards) qui infestaient les bords du Rhin. Les quittances relatives aux dédommagements perçus par les alliés du duc de Brabant sont conservées aux Archives Générales du Royaume(6). Elles furent retrouvés à Bruxelles dans la demeure familiale des Froyère, dont Catherine, qui avait épousé Philippe Vilain, seigneur de Moerbeek.

     

    (6) F° 46 à 195 v° : "Quittances touchans les paiemens faiz à plusieurs seigneurs prisonniers et adommaigiez en la bataille qui fut Baitwilre pays de Juliers, où feu monseigneur Wencelin duc de Luxembourg et de Brabant fut prins".

    Avers Revers

     

     

    Mouton d'or - Monnaie de Flandre sous Louis de Mâle - XIV° siècle
    4,65g.

     

     

    1371

    Sire Jacques Mouton, fils de Gillon, surnommé Baucant, clerc, échevin de Saint-Brice en 1335, 36, 38, 39. Il prit part au Tournoi des XXXI rois à Tournai en 1331 et y figure le quatrième dans la liste sous le nom de « li roi Banich Benevich » selon certain manuscrit alors que dans un autre, son nom d'emprunt est "li roi Bauch Baubenick". Ses armoiries de tournoi sont blasonnées : «de gueules à iij moutons d'argent à cinq labiaux de sable, et ont les moutons cornés d'or» 1 . Il aurait donc brisé ses armoiries de cinq lambels de sable, ou plutôt d'un lambel à cinq pendants de sable. Il mourut avant le 31 août 1342, selon un acte dudit jour où se trouve nommé « Mesires Alars de Mortaigne, chevaliers, sires d'Espierres »2 . Il avait testé dans la paroisse de Saint-Brice, le 1er mars 1339 (1340 n.st.), en faveur de ses quatre enfants. Jaquemes, dit Baucant, dut être prévôt de Tournai puisqu'on le trouve qualifié "sire" dans les actes publics. Il épousa avant 1324, Aelis Naicure, fille de feu Colart Naicure et de Katerine de Biétune, et il fut père de quatre enfants dont :

    Aelis Mouton majeure en 1349, étant alors mariée à Jehan II d’Auterive, écuyer ; fils de Jean I Van Outerive 3, chevalier, seigneur de Outrijve, Ingooigem, Ooigem, Avelgem et Anzegem ca. 1290-1343 & N.N. de Pottes, Dame de Pottes 4 ca. 1290-1340. Aelis Mouton laissa six enfants, savoir :

    a. Riquewars ou Richard d'Auterive, écuyer, bailli de Douai en 1381 5 ;

    b. Jehan d'Auterive, écuyer;

    c. Rogier d'Auterive, écuyer, puis chevalier, filleul de Rogier d'Auterive, chevalier, bailli du comte de Flandre, tué à Gand en 1378. Il mourut avant 1402, après avoir épousé avant 1388, Marie de Floraing , veuve avec une fille, de Jacques de Wanehaing, écuyer, et fille de feu Martin de Floraing et de Maigne llocquet encore vivante en 1388 6;

    d. Marguerite d'Auterive, femme d'Alard de le Borgueric (à Luingne, Flandre occidentale), avant juin 1371 ;

    e. Béatris d'Auterive;

    f. Olivier, dit Fiérin et Viérin d'Auterive, écuyer.

    D'après du Chastel 7, Jean II est mort veuf, chevalier et seigneur d'Autryve sur l'Escaut, avant le 4 juin 1371. Un nommé Pierre d'Erbaudrenghien fut désigné tuteur de ses deux derniers enfants mineurs. C'est peut-être le même Pierre (ou Piérart) qui est cité en 1370, premier à porter les armes à la croix de gueules ?.

    Une autre source 8 indique que Aelis Mouton eût sept enfants et que les tuteurs furent Bridoul de Calonne du côté de la mère et Pierre d'Erbaudrenghien, seigneur de Erembogem du côté du père mais sous le nom d’emprunt "Ter Broyghem" (?).

      Annales de la Société
    hist. et archéologique
    de Tournai,
    Nouvelle série Tome 7, 1902, page 14.

     

    1 Archives tournaisiennes historiques et littéraires, tome I. p. 116.

    2 A.E.Tournai,. Chirographes 1342

     

    3 van Autryve ou d'Auterive : d'azur au lion d'argent.

     

    4 Source Généanet

    5 O. DEMAY,
    Les sceaux de la Flandre, tome 2.

     

     

     

    6 A.E.Tournai,. Chirographes 1371.

    7 Paul-Armand du Chastel de la Howardries
    Notices Généalogiques Tournaisiennes,
    Tome IV, p.255

    8 André van Houtryve
    Familie Van (H)outryve.
    Proeve tot historische en genealogische studie,
    Handzame, 1985.

    1372

    Le 10 juillet 1372, l’abbaye de saint-Martin de Tournai acquiert le manoir des du Chastel de la Howardries et ses dépendances au prix de 611 florins d'or, aux enfants de Jean Vignart et d’Isabelle du Chastelet. (Terre des francs-alleux qui s’étendait sur Evregnies et Estaimpuis). Un Dierlaudenghien (sic) signe l'acte de vente en qualité de témoin.

     

     

    Patrick GILLARD
    Des histoires d'Evregnies - 1981.

    1373

    Le sceau de Pierre Derbaudenghien est apposé au bas d'une charte conservée aux Archives de la ville d'Ath.

     

    Fonds Ruzette, Famille 2,17 : de Baudrenghien

    1373

    Tristan de Halluwin, chevalier, bailli d'Alost, rétablit, au nom du comte de Flandre, Simon de Lalaing, chevalier, seigneur de Hourdain, d'Ecaussines, sénéchal d'Ostrevant et bailli de Hainaut, dans les droits du comte de Hainaut, à l'occasion de ce que lui, bailli d'Alost, avait fait enlever et exécuter sur le champ près de la ville de Grammont, le bâtard de Jean le Mestre, de Renaix, qui était prisonnier du comte de Hainaut, à Flobecq. Furent présents à cet acte : Guillaume de Ville, chevalier, le seigneur d'Audregnies, châtelain d'Ath, Jean du Moulin, chevalier, Jean de Theribruech, bailli de la terre d'Audenarde, Jean le Ma... de Mainwaut, Jean Craspournient, Colard de Baudreghien, Jean le Loucier dit Mouton des Ablens et Robert d'Arbre.
    Note de Léopold Devillers : Original, sur parchemin, avec monogrammes des notaires Jacques Fielvés, du diocèse de Cambrai, el François dit dou Kar, du diocèse de la Morinie. Cette pièce a été en partie détruite par les rongeurs. — Trésorerie des chartes des comtes de Hainaut, aux Archives de l'État, à Mons. (Invent, de Godefroy, V. 30.)

     

    Cartulaire des Comtes de Hainaut publié par Léopold Devillers (1883)

    1375

    Gérard Barnage est cité parmi ceux qui prêtèrent de l'argent à la ville de Gand pour couvrir les frais de la gilde des Archers. Il pourrait avoir été prêtre, chanoine de Renaix. En 1375, il eut un différend avec Gilles de Baudrenghien au cours duquel intervinrent Willem van Reighersvliet et son frère le prévôt de Renaix. Tous ces personnages étaient liés de près ou de loin avec le Chapitre Saint-Hermès de Renaix.

      Dominique de KERCKHOVE.
    Généalogie de la Famille de BARONAIGE.
    Le Parchemin n° 378 (Novembre-Déc 2008).
    pages 424 à 465.

    1378

    Avant cette date correspondant à la mort de Gilles de Quievrain, les terres et biens de Bois-de-Lessines, autrefois franc-alleu du château d'Alost, passèrent à cette famille dite Des Pretz par le mariage de ce dernier avec Marie, fille de Gérard, seigneur de l'Estriverie dont les armes étaient d'argent à trois coquilles de gueules. Elle devint ensuite connue sous le patronyme des Prets dits de Quievrain ou Kievrain : 1

    Guillaume des Prets dit de Quiévrain, seigneur de Bois de Lessines, de l'Estriverie et en Quiévrechain mourut le 16 mars 1491. Il épousa en 1460 Béatrix de Voorde, fille de Jacques, veuve de Philippe Blaesvelt, seigneur de Limale et de Bierges, morte en 1506, avec laquelle il git au choeur de l'église de Bois-de-Lessines avec épitaphe. Leurs enfants furent : 1. Jeanne des Prets dite de Kievrain, dame de Bois-de-Lessines, laquelle épousa Jacques (Carpentier dit Ivoy) de Cotterelles, fils de Pierre et de Marie Bernard, par ce mariage, la seigneurie passe aux Cottrel; dont Pierre de Cotterelles, seigneur de Bois-de-Lessines mort le 1 octobre 1524, époux de Jacqueline de Baudrenghien, fille de Jacques et d'Antoinette de Luxembourg bât., par laquelle il fut père de Nicolas de Cotterelles, chevalier, seigneur de Bois-de-Lessines et de Tronchiennes, mort le 23 octobre 1562 (1564), allié à Louise de Rubempré, dame de Saint-Martin, morte le 10 (17) décembre 1587 dont Charles de Cotterelles, seigneur de Bois-de-Lessines, Drongene et Tronchienne, qui épousa Isabeau de Bourgoigne, fille d'Antoine, seigneur de Wacken, etc. et d'Anne de Lummene dite de Marcke, etc,.2

     

     

    1 de VEGIANO
    Nobiliaire des Pays-Bas et du Comté de Bourgogne
    tome III, p.1145.

    2  DUMONT
    Fragments généalogiques
    tome III (Gand 1862)
    pp.160 & 161..

    Bourgogne-Wacken. — Seigneurie en Flandre, érigée en baronnie, par lettres des archiducs Albert et Isabelle du 8 février 1614, puis en comté par lettres du 15 août 1626, en faveur de Charles de Bourgogne, seigneur de Wacken, issu de la famille de Bourgogne-Beveren, bâtards de Philippe le Bon.

    Note:

    Wodecq s'est trouvé pendant six siècles dans les «terres de débat» exposées aux ravages des troupes et aux contestations des parties. Dès le XIVème siècle, la localité est considérée comme appartenant au Hainaut. Le châtelain ou bailli de
    Lessines y exerce la haute justice. Mais la mairie est un fief héréditaire relevant de la baronnie de Renaix et on y applique la coutume d'Alost. À cette fonction fut attachée jusqu'en 1577 la seigneurie d'Hérimelz, probablement l'ancienne réserve seigneuriale, que détinrent successivement les familles de Gavre (1297), de Ligne (1460), de Henin-Liétard (1537), de Hamal (1539),de Rubempré (1546), de Trazegnies (1557), d'Argenteau (1564), du Jardin (1576).

     

    Matrice cadastrale consultée sur le site Web "Patrimoine majeur de Wallonie"
    du ministère wallon de l'équipement et des transports.
    Dépouillement réalisé par Mr. Danny DELCAMBRE

    1380

    Messire Chevalier Jean dou Molin, fils de Gilles et de Isabel de Baudrenghien, trespassa par ung dimenche xvij° mars. Il avait espousé Isabelle de Bulenghien de Grammont qui lui donna xiij enffans.

     

    Bibl. Mun. de Cambrai, Manuscrit 1024 - Jean Pitpan de Montauban - f°133 (résumé).

    1380

    Depuis plusieurs années d’importants désaccords opposent les petits artisans à la dictature socio-économique des tisserands. En 1380, le mouvement prit une telle ampleur que le recours aux armes devint inéluctable : Le jour de la St Pierre & Pol, Gilliart de Baudrenghien (Gillis van Bauderghem) écuyer, Seigneur de Ghomanpont fut tué au service du comte de Flandre, Louis de Male, défendant les intérêts des bourgeois et artisans ralliés à la noblesse contre les gantois en révolte.

     

    Bibl. Mun. de Cambrai, Manuscrit 1024 - Jean Pitpan de Montauban - f°133.

    1380

    "Sr Coel Bauderenghien (sic) tresp. l'an mil ccc iiijxx par un joedy au matin le xxv d'octobre (jeudi 25 octobre 1380) à Ghan (Gand) avec les gens du comte de Flandre alencontre du commun de Gand, et fut tué commandant en chef à l'armée dudit comte de Flandres comme on trouve es cronicques de Flandres".

     

    Bibl. Mun. de Cambrai, Manuscrit 1024 - Jean Pitpan de Montauban - f°134 verso.

    1380

    Nicolas ou Colard de Baudrenghien (qui précède), écuyer, sr.. de Gomanpont, épousa N. dame d Ansermont et de Bernes. Il fut à la tête de l'armée du comte de Flandre contre les Gantois révoltés et fut, comme son père (Gillis van Bauderghem), tué en 1380. Il gît à Flobecq, où il fonda la chapelle de Saint-Jean en l'église.

     

     

    1382

    Philippe le Hardi demande le soutien militaire du roi de France. Les tisserands seront définitivement écrasés le 27 novembre à Westroosebeek.

     

     

    1382

    Jehan Froissard relate dans ses chroniques que le "Roi d’armes" du duc de Gueldres ayant défié le roi de France Charles VI clandestinement dans la ville de Tournay, et sans lui en donner connaissance, «Fut arrêsté, mis en prison, et cuida être mort, pour ce que tel défi était contre les formes et contre l’usage accoutumé, et de plus dans un lieu mal convenable, Tournay n’étant qu’une petite ville de Flandre.»
    Il décrit plus loin une chaumière de son époque : « Une povre maisonnette enfumée, ossi noire que atremens de fumier de tourbes, et n’y avoit en celle maison fors le bouge devant et une povre ceute de vièle toille enfumée pour esconcer le feu, et pardessus un povre solier auquel on montait par une eschelle de VII eschellons. En ce solier avoit un povre litteron où li povre enfant de la femmelette gisoit .»

     

     

    1384

    Le 9 Janvier décède à St-Omer, le comte de Flandre (1346) Louis de Male, né Dampierre (1330). Son beau-fils, Philippe le Hardi, époux de Marguerite de Male depuis 1369, hérite le comté de Flandre mais n'en demeure pas moins l'un des grands feudataires du royaume de France.
    L'ancien fief de la couronne de France est rattaché aux Pays-Bas bourguignons, mais le duc de Bourgogne sait que pour être accepté par les Flamands, il doit leur rendre leur prospérité économique. Celle-ci dépend en premier lieu des échanges avec l'Angleterre qui est à l'époque le principal fournisseur de laine de l'industrie textile du nord du royaume, et celle-ci exige d'être payé en "nobles d'or". Philippe fait donc battre des "nobles flamands" contenant très légèrement moins d'or que la monnaie anglaise. L'effet est rapide: l'économie est relancée et le duc y puise de substantielles plus-values. Il mettra ensuite un terme définitif à la révolte des Gantois par la paix de Tournai, et amnistiera les insurgés

     

    Inhumé à Courtrai, Eglise Notre-Dame en la chapelle des Comtes, (Onze-Lieve-Vrouwekerk, Gravenkapel)

    1384

    le 21 août « As plais du lundi, jour St. Christoffe, de la présentation madame contre le demiselle de Baudreghien et se fille sour le poursuilte qu' elles avoient fait contre li à Ath Aportet le testament en court...»

     

     

    1384

    le 31 août, est prononcée à Nimy-Maisières, une sentence par défaut, des maïeurs et échevins, faisant droit à la plainte de l'abbaye de Bethléem de n'être plus payée par Isabeau de Baudreghien, veuve de Wiart de Maisières de 20 sous de cens annuel affectés à un obit par Wions, sire de Maisières, grand-père de Wiart, sur des biens de Maisières.

     

     

    1386

    Décembre. Octroi de Charles VI pour l'établissement à Tournai d'une franche foire annuelle aux chevaux et toutes autres denrées. Elle devait se tenir au Bruisle, et durer six jours.

     

    Coll. de documents inédits concernat l'histoire de la Belgique, t.I - p. 14.

    1387

    Hector de Boudrenghien est nommé maïeur d'Ellezelles par le baron de Renaix et restera à ce poste jusqu'en 1396. Il possédait à Flobecq 5 bonniers de terre, 6 rasières d'avoine un jardin et yestre contenant environ 1 bonnier.

     

    Emmanuel de Gand
    Essai historique sur Ellezelles -
    p.44

    1388

    La veuve de Ernous de Baudrenghien* (prisonnier à Baesweiler en 1374) doit, pour son tordoir à eau, à Flobecq, chaque année au terme de Noël vingt livres d'huile qui lui sont revendues dix deniers chacune et montent à seize sous huit deniers tournois valant 15 sous 7 deniers.

     

    *Autre ortographes rencontrées :
    Arent ou Arnould
    van Baddelghem

    1388

    N. de Baudrenghien, fille de Colard (1330-1380) et de N. dame d'Ansermont et de Bernes, épouse du prince de Steenhuus, qui mourut après 1388. En cette année, elle partagea ses propres biens entre ses deux enfants, Félix,l'aîné, qui deviendra prince de Steenhuus, et Lamerte de Steenhuus. Cette alliance est confirmée par le comte du Chastel.1

     

    1 N.G.T.:
    tome 1, page 524
    tome 3, page 772

    1389

    Albert Ier de Bavière est comte de Hainaut pour 15 ans.

     

     

    1389

    Jean de Raulenghien (?) est échevin d'Evregnies.

     

    G.TI. 68

    1390

    "Sachés, que sus l'an de grâce MCCCLXXXX (1390), j'avais labouré XXXVII (37) ans à celle histoire, et à ce jour je avois LVII (57) ans..." C'est en ces termes que Jean Froissart nous renseigne sur l'année de sa naissance (1333) à Valenciennes et le labeur, comme il le dit lui-même, que lui occasionna la rédaction travaillée et retravaillée tout au long de sa vie, pour l'aboutissement en quatre volumes des chroniques qu'on publia sur ses mémoires et surtout de ce qu'on lui rapporta de la guerre de Cent Ans. Il mit à profit en cela le temps libre que pouvait lui accorder la gestion de la cure de "Lestines-au-Mont", (Estinnes) petit village situé entre Binche et Mons.
    Poursuivant son œuvre, Froissart fait mention de certaines bandes de laboureurs chassés du Brabant et de Flandre, qui, rassemblés dans la région boisée entre Renaix et Frasnes, allaient pour se venger des insultes des Bourguignons, attaquer et détruire les châteaux de la région. Il ajoute à ce sujet « qu’en l’an 1390 avoït une manier de gens routiers ens ès bos de le hamayde et avoïent en li diet bos fortifié une maison, tellement que on ne les pouvoit prendre ni avoir. Li chastelain de le hamayde qui estait pour li tems Jehan, chevalier-bourgeois de Tournay, fist par moult fois des aguets sur eulz, mais ne le pouvoit avoir ni attraper car savoïent trop de refuges; et les ressoignoiton tant que nul osoit aller en li dict bos ni ens ou païs. »

     

    * Jean FROISSART
      - Chroniques -
      Tome XVI.

    Veil Rentier
    "Le labourage à la charue", f.156 v°

    1391

    Un incendie, vraisemblablement provoqué par un prisonnier détenu dans la tour, détruit partiellement le beffroi de Tournai.

     

     

    1392

    8 août, Octroi duquel l'on voit que le beffroi de Tournai et toutes les cloches qui s'y trouvaient avaient été récemment détruits par le feu.

     

    Coll. de documents inédits concernat l'histoire de la Belgique, t.I - p. 14.

    1392

    « Pier ly bastars venant de Ernoul de Baudrenghien pour les II pars de demi-bonnier de terre derriere le maison qui fu Henri Cripet tenant au gardin de le Bare »

     

    A.G.R.
    CC n°15072

    1393

    "de Ernoul de tilloes p. lui ep. Mazeline bastarde de Baudreghien je une lettre donne q alle ordi toukans a li et a Pier de Flamencourt en III cour"

     

     

    1393

    Collart de Baudrenghien, sr. de Ghomanpont fut parrin de Jean et Marie dou Molin, esp. une fille d'Ansermont dame dudit lieu et de Bernes, fondateur de la chapelle St Jean à Flobecke et illec ensepvelis soub beau marbre. Il y at aussy verrière des plaines armes comme apert par une quittance dudit Colart en datte de l'an 1393, le 10 novembre.

     

    Jean Pitpan de Montauban
    Bibl. Mun. de Cambrai,
    Manuscrit 1024 - f°133.

    1395

    En 1215, les évêques conciliaires de Latran révolutionnèrent le mariage en imposant la publication des bans et en instaurant le consentement mutuel. La consanguinité jusqu'au quatrième degré est définie comme un empêchement majeur que seul le pape pourra lever. Seulement trois dispenses individuelles d'"impedimentum consanguinitatis"* furent accordées par le pape d'Avignon Benoît XIII entre sa nomination en 1394 et sa destitution en 1409. L'une d'elle datée du 1er avril 1395 concerne Hector de Baudrenghien & Isabelle d'Ablens à Flobecq qui devaient être cousins germains, car les dispenses "coutumières" étaient traitées par les diocèses locaux à des tarifs qui restaient toutefois prohibitifs.

     

    * Privilège papal depuis le 4ème concile de Latran 1215.

    VATICAN ARCHIVIO segreto vaticano - Registra Avenionensia - Lettres de Benoît XIII (1394-1395)
    fol.79v-80r

    18 mai
    1395

    Sur plainte des marchands, laboureurs et autres, on sonnera dorénavant la cloche du beffroi de Tournai à des heures fixées.

     

    Coll. de doc. inédits concernant l'histoire de la Belgique, t.I - p. 14.

    26 mai
    1395

    A Tournai. Défense, pour prévenir le péril de l'incendie de couvrir dorénavant les maisons et édifices autrement qu'en tuiles.

     

    H. VANDENBROECK, Extraits analytiques, t1, p.18

    1396

    Colart (ou Nicolas) de Baudrenghien (=Collin van Bauderghem,), fils probable de Gilliart de Baudrenghien (=Gillis van Bauderghem) homme de fief du comté de Hainaut, cité en mai 1373, 1396, le 23 avril 1400 et le 1 mars 1402 à Flobecq, mort en 1407.

     

     

    1396

    On cite dans une liste des contribuables de Vloesberg (Flobecq), écrite en flamand : Arent van Bauderghem, Collin van Bauderghem, Ector van Bauderghem, Jan van Bauderghem feu Gillis van Bauderghem, Vloesberg : « zoon Arent de bastaert up Gillis Spelixs erve » (fils d'Arent le bâtard, sur l'héritage Gilles Spelixs).

     

    Revue:
    "Het land van Aalst"

    1396

    Marie Sbastaerts van Bauderghem, Zullik

     

    de B. 60, 62

    1396

    5 décembre - Depuis un certain temps, le couvent des Augustins de Tournai avait, sur l'autorisation du magistrat, acquis un grand nombre d'héritages sujets et justiciables de la loi de la ville, sous la condition entre autres, que les religieux feraient enclore de murs leur couvent afin qu'il ne pu y avoir qu'une entrée comme auparavant. Bien que ces conditions aient été acceptées par les Augustins, aucune d'entre-elle ne fut honorée et au contraire, firent percer un accès sur la rue d'Audenarde* pour se faire livrer par cette porte les vins et breuvages nécessaires à leur consommation sans en payer les droit d'accises, mais en plus, ils en revendaient frauduleusement. En outre des malfaiteurs ou ennemis de la ville s'introduisaient de jour ou de nuit dans le cloître pour se placer sous la protection de l'église et se dérober à la justice. Situation inacceptable pour la ville qui poursuivit d'une mise en demeure.

     

    H. VANDENBROECK, Extraits analytiques, t1, p.55.

    *Aujourd'hui rue des Augustins.

    1396

    16 janvier (1398, n.st.) - Les Consaux, c'est-à-dire, -l'ensemble des conseils constituant le gouvernement municipal autonome de la ville- sont assemblés à l'effet de nommer un receveur des deniers des orphenes. Un nommé Pierre Coterel sollicite la place et offre en 1° de donner  à la ville une somme de 700 francs 2° de prêter la somme de 633 £ 8 deniers tournois, formant la part de la ville dans l'aide demandée par le Roi pour subvenir aux dépenses que doit occasionner la levée d'une armée sur les mescréans. 3° de porter cette somme à Paris et d'en remettre quittance au nom de la ville. D'un autre côté, il demande que la ville lui accorde une rente annuelle, à vie et à rachat du dixième de la somme prêtée - Le lendemain, un certain Jacquemart Daubermont offrit 100 francs de plus et emporta la préférence des Consaux.

     

    H. VANDENBROECK, Extraits analytiques, t1, p.41 & 42.

     

    1397

    « De Ector de Baudrenghien liquel enmena un sien cheval qui saisis estoit en flandre et y celluy cambgea a un aultre accordet de che en lx... »

     

    A.G.R.
    CC n°15072

    1397

    L'abbaye du Verger a une charte qui fait mention d'Arnould de Waudringhem, (= de Waudrenghien), Chevalier l'an 1397 qui est peut estre le mesme que Monstrelet dit ésté tué à la bataille d'Azincourt. L'Abbaye du Verger se situe à Oisy-le-Verger, dans le Pas- de-Calais, entre Douai et Cambrai.

     

    Le Carpentier
    Histoire de Cambray et du Cambrésis.
    1664 - p.749

    1398

    7 janvier (1399, n.st.), Les chefs des consaux sont chargés d'aviser "comment les chroniques de la ville seront mises et escriptes en autre fourme que elles ne sont, par frère Mahieu du Val, parmy en faisant à li satisfaction raisonnable".

     

    H.VANDENBROECK
    Extrait analytique des anciens registres des Consaux de Tournay.
    tome I, (1861) p.46.

    1398

    Compte Pierre Le Gay, receveur des reliefs des fiefs, tenus en hommage du très-redoubté seigneur le duc de Bourgogne, comte de Flandres en sa ville et castelnie d'Ypres, de ce qu'il a receu desdis reliefs, depuis les renenghes l'an mil CCCIIIIxx (1380) et XVIII, jusqu'au IX° jour de décembre l'an dessusdit, que Jehan de Provin fu commis et institué audit office; fait et rendu à Lille, à la renenghe mil CCC IIIIxx et XIX:
    - De Hector de Baudrenghien, qui tient un fief de monseigneur XIII mesures de terres, ou environ, gisans en la paroce de Rosebeque, lui escheu de la mort de son père.

     

    Annales de la Société d'émulation pour l'étude de l'histoire de la Flandre.
    tome II, (1867) p.352.

    1399

    La peste qui sévit dans toute l'Europe, commença à Tournai par la rue Del Val située hors de la porte de Lille et envahit bientôt le marché aux Vaches et les rues adjacentes. A la mi-juillet 1400, pendant la plus grande mortalité, le magistrat défendit de sonner les cloches des églises pour les enterrements et de se vêtir de deuil et par prévention, interdit de porter des torches lors des convois funéraires. Il ordonna aussi de déposer les morts dans de vastes fosses que l'on creusa au jardin du couvent des Croisiers, situé à Saint-Jean et au Val d'Orcq. Le 23 juillet une procession est organisée à St. Martin pour sauver les biens de la terre et préserver le peuple de l'épidémie et de la mort soudaine. Le nombre considérable de testaments reçus dans les deux échevinages de la cité pendant l'année 1400 pourra donner une idée de la consternation et de l'effroi qui régnait à Tournai : ce nombre a été de plus de 350, puisqu'il en existe encore 339 (en 1860) aux archives de la ville, tandis que, pour les années ordinaires, il était rarement supérieur à 80. Par lettre du 5 janvier 1400 (1401, n.st.). La maladie alla en augmentant jusqu'à la saison d'hiver où elle s'éteignit enfin, mais cet hiver là fut très rigoureux et la misère fut grande : Par lettre du 4 janvier 1401, le roi Charles VI fit lever une taxe sur le vin et la cervoise pour les dépenses supportées pour la réparation de la forteresse de la ville et les pertes subies par lui sur ses recettes, revenus et émoluments, dues à la mortalité.

     

    H.VANDENBROECK
    Extrait analytique des anciens registres des Consaux de Tournay.
    tome I, (1861) p.47.

    1400

    Le tournaisien Aimé-François Bozière (XV°s), qui fit entre autres des recherches sur l'Armorial de Tournai, fait mention d'un sceau de la famille de Baudringhien en l'an 1400, qui porte trois hamaides chargées de neuf besants.

     

    Bulletin de la Commission royale d'histoire (1878) p.22

    1400

    Maître Arnould de Baudrenghien, né à Ellezelles, fut chapelain de Saint-Jean à Flobecq.

     

     

    1400

    Catherine de Baudrenghien, espouse de Messire Jacob de Steenmart, sr. van den Haghen, Palschen van Belle, ensepvelis ambedeux à Flobecq devant l'autel de la chapelle Notre Dame l'an 1400, où y at belle tombe de pierre avec chacun leur iiij quartiers et aussy au verrières.

     

    Bibl Municipale de Cambrai,
    Manuscrit 1024,
    Jean Pitpan de Montauban, f°133.

    1400

    le 23 avril, Jehan de Baudrenghien, écuyer, seigneur d'Ansermont et de Gomanpont, scelle comme homme de fief du comte de Hainaut. Il a environ 40 ans, marié à Jeanne de Hombroeucq, dame d'Ansermont.

     

    Il sera encore cité
    en 1410 et 1439.

    1402

    8 mai : "De messire Jehan dit de Namur qui a vendu au seigneur de la Hamaide, les villes de Renaix (Ronse), Hoorbeke et Elleziel avec les rentes cens, justice, hommages, seignories, emolumens et revenus appartenans à ycelle villes et terre pour la somme de 6000 écus d'or..."

     

    Archives de Lille
    Ch. des comptes
    Manuscrit de la bible
    de La Haye,
    p.29

    1402

    Henri de Baud(e)renghien, écuyer, épouse Marie du Mortier, fille de Gossuin et d'Agnès de Wettin ou de Weitine, veuve en premières noces Jehan de Guignies, écuyer ; et en secondes noces de Colart Croquevillain (1401), cambgeur (banquier) et échevin de Tournai. Elle est citée dans un acte de fondation de 1429. Jusqu'en 1408, Henri de Baud(e)renghien va recevoir de la ville de Tournai, une rente, inscrite sur la vie de son épouse.
    Il mourut vers 1414.
    1

    Colart Croquevilain fit partie de la magistrature tournaisienne en qualité d'éwardeur dans la paroisse de Saint-Quentin en 1390-91, 94, 95, 96, 98 et 1400, et comme échevin de Tournai en 1399. Il mourut le 1er août 1400 et fut remplacé dans sa charge d'éwardeur par Vinchent le Flameng. Il avait testé la veille de son décès et son testament fut approuvé le 3 août
    2. Dans cet acte, il donne, entre autres legs à Jehenne Croquevilain, sa nièce, femme de Gérard de Cordes, écuyer, un gobelet d'argent annoyê de ses armes. Parmi ses légataires, on trouve encore, Catherine Croquevilain, sœur de ladite Jehenne; Catherine le Flamenghe, fille de Laurent le Flameng; Marguerite, fille de Gossuin du Mortier, etc.

    Colart Croquevilain avait été marié deux fois. En premières noces, avant 1380, avec Marguerite Platoulle, fille de Théri Platoul, l'un des délégués au taint, cest-à-dire au contrôle de la teinture en 1377-78, et de Maigne Bielledame, morte veuve le 11 septembre 1411; et en secondes noces, à Marie du Mortier 3, fille de feu sire Gossuin du Mortier, jadis prévôt de Tournai à son tour, et d'Agniès Wettin. Devenue veuve, Marie du Mortier convola vers 1402, avec Noble homme Henri de Baudringhien, écuyer 4

     

    1 du CHASTEL
    ANB 1912, p.282.



    2 Archives de la ville de Tournai. Testaments, premier paquet de l'année 1400, Testament N° 22 du 31 juillet.
    3  du Mortier : èchiqueté d'or et d'azur, de neuf traits de huit points. — Marie du Mortier est dite âgée de 29 ans en 1409-10. Cartulaire des rentes dites par Tournai en 1404-1414, folio 55, recto.

    4 Archives de Tournai. Chirographes de Saint-Brice, acte du 22 août 1403.

    1403

    Les Archives Générales du Royaume à Bruxelles possèdent une empreinte du sceau de Henri de Baudrenghien (voir 1402 et 1406) 1 (Archives de Tournai, détruites le 17 mai 1940 par les bombardement allemands) ; Sceau armorié trois hamaides chargées de 4, 3, 2 besants. L'écu est suspendu à un arbre (Tournai, Quittances) ou 10 besants, 5 en chef, 3 au centre et 2 en pointe 2

     

    1 A.G.R.
    Inventaire de la collection de moulages des sceaux
    I 347 - n° 7454

    2 du CHASTEL
    ANB 1912, p.282.

    1403

    "...aux champs étaient sévèrement prohibée. Rien d'étonnant donc qu'aux vérités fussent dénoncés des délits de ce genre. Ainsi Ector de Baudrenghien, de Flobecq avait en 1403 "saisi un kemin allant de le court (sa ferme) de Baudrenghien au moulin dou Savellon" tandis que sa voisine, la "Demoiselle" de Clermés, avait " une fraite saisie quand elle debvoit estre aouverte"...

     

    Alexande de SAINT-LEGER
    Faculté des Lettres et Sciences humaines de Lille - 1910 , p.418

    1404

    29 août. Lettres de Charles VI dans lesquelles il est dit que Tournai est nommée "Chambre du Roi", qu'elle garde son corps quand il est logé à ost sur les champs, "qui est une charge que n'ont pas les autres villes du royaume".

     

    Coll. de documents inédits concernat l'histoire de la Belgique, t.I - p. 14.

    6.2.2. - Jean sans Peur  (1404 - 1419)

     

     

    1404

    Jean, comte d'Ostrevant, est le fils aîné de Philippe le Hardi et de Marguerite de Flandre. A 33 ans, il hérite les titres de duc de Bourgogne, de comte d'Artois, de comte de Flandre et autres terres. Il se distinguera de son père en apparaissant comme le meneur de la faction bourguignonne, favorable aux anglais et profitera de la démence du roi Charles VI, pour s'allier à eux.

    Guillaume IV de Wittelsbach est comte de Hainaut, jusqu'en 1417,  Son épouse était Marguerite de Bourgogne, la sœur de Jean sans Peur.

     

     

    1405

    On cite Isabeau de Baudrenghien, (fille de Gilles, mort le 27 juin 1380 au service du comte de Flandre) épouse de Piérard de Roisin, Seigneur de Nimy. Il mourut très jeune en 1358 et elle en 1405. Ils furent tous deux inhumés à Nimy. Les armes de Isabeau étaient d'or à 3 hamaides de gueules chargées chacune de 3 besants.
    D'après Le Carpentier, Isabeau avait deux frères :
    - Colard, (1330-1380), qui épousa N., dame d'Ansermont et de Bernes (
    V 1393)
    - Anselme de Waudringhem
    * dit de Baudrenghien, qui épousa Marie de Corbet, dame d'Amourt ou d'Aumont, fille unique de Pierre de Corbet et de Catherine de Marquais.

     

     

    *Bibliothèque de la ville de Mons; Epithaphier de l'Aisné

    Jean LE CARPENTIER
    "Histoire de Cambray et du Cambrésis"
    (1664), Tome III, p.421

    *Waudringhem, graphie rencontrée en 1397 et 1415.

    1406

    Henri de Baudringhien est mentionné dans le testament du 11 novembre 1406, d'Agnès Wettin, veuve de Gossuin du Mortier, qui fait une donation à Marie du Mortier, sa fille, femme dudit Henri, lequel Henri , nommé pour l'un des exécuteurs, déclare avoir été présent au codicille, du 30 août 1408, de ladite testatrice, & accepte l'exécution par acte du 20 nov. de la même année. (Ecrit. du tems, chez m. de Rosne, aux titres des Aubermont, farde 4, &c. n°2).

     

    Ph CAFFIAUX
    Trésor Généalogique
    Tome 1, (1777) p. 635.

    1406

    13 novembre. Octroi faisant mention d'un grand nombre d'arbalétriers (50), vingt-cinq paviseurs (hommes en armes et écu), canons, traits, tentes, envoyés par les Tournaisiens au duc de Bourgogne pour servir au siège de Calais.

     

    Coll. de documents inédits concernat l'histoire de la Belgique, t.I - p. 15.

    1407

    Décès de Nicolas de Baudrenghien, homme de fief du Hainaut cité en 1401. Il gît à Hombeek (sud de Mechelen) en la chapelle de Notre-Dame.  Il tenait le moulin du comte de Hainaut, Albert Ier de Bavière, à Ogy. Il possédait à Ghoy une masure, et à Lessines une grange et une surette. Il avait 2 fils : Ernoul de Baudrenghien, cité en 1411 et Ector, cité en 1387.

     

     

    1408

    le 4 août à Lessines, Jehan de lausnoit, scelle en qualité d'homme de fief, un acte passé devant Jean du Moulin, bailli des châtellenies de Flobecq et Lessines, par lequel Ernoul de Baudrenghien fils de Nicolas (=Colart) vend, pour le prix de 50 £ tournois, à Thomas de l'Yssue, lieutenant du receveur de Hainaut à Ath, enquérant pour le Comte de Hainaut, une rente inféodée d'un muid de blé à prendre pour la Noël, sur le moulin dudit Comte à Ogy. Cette rente était due à Ernoul de Baudrenghien, à cause du fief de Gammerage, qu'il tenait de la châtellenie de Flobecq.

     

    A.G.R.
    Inventaire analytique du chartier de la Trésorerie des comtes de Hainaut
    page 269.

    1408

    Dans la liste des Chevaliers & Ecuyers qui accompagnèrent Jean-sans-peur, allant, après la bataille de Liège d'Arras à Paris, où ils arrivèrent le 28 novembre, on cite le Chevalier bachelier Guillaume, Seigneur de Baudringhem (probablement à Wardrecques). Cette liste est extraite du compte de Jean de Pressy, Receveur général des finances du Duc de Bourgogne, rendu pour l'année 1408.

     

    Histoire générale.et particulière de Bourgogne, Tome III, page 581 (Dijon 1768).

    1409

    Vente du moulin d'Ogy appartenant au Comté de Hainaut et tenu précédemment par Collart (Nicolas) de Baudrenghien (Collin van Bauderghem), puis repris par son fils Ernoul. Il est racheté un muid de blé de rente héritable que les hoirs de Collart de Baudrenghien, mort en 1407 avaient sur le moulin du comte d'Ogy.1

     

    1 Ph CAFFIAUX
    Trésor Généalogique
    Tome 1, (1777) p. 635.

    1410

    Arnoul de Baudreghien & Guillaume de Baudreghien possedoient des fiefs à Flobecq, tenus du comte de Hainaut.[1] Leur soeur, dame Bétris (Béatrix) veuve sans enfants de Guillaume de Clermès, demeurant à Tournai, fille de Arnould et de Marguerite de La Hamaide, déclare tenir des mêmes mains le fief de Baudrenghien à Flobecq (Cartulaire des fiefs de Hainaut, au greffe féodal de Mons, pages 245 & 247). 1

     

    1 Idem

    1413

    2 février. Lettre du Dauphin de France aux prévôts, bourgeois, manants et habitants de Tournai, leur défendant de donner assistance au Duc de Bourgogne, son beau-frère, sous peine d'être réputés rebelles.

     

    Coll. de documents inédits concernant l'histoire de la Belgique, Tome.I - p. 15.

    1414

    15 février. Des mesures sont prises pour la garde de Tournai: il y aura à chaque porte quatre hommes le jour et deux la nuit; chaque connétablie fournira deux hommes munis d'une lanterne, lesquels veilleront pendant la nuit dans l'intérieur de la ville. Au mois de mars, elles seront encore renforcées.

     

    H.VANDENBROECK, page 106 et 108.

    1414

    15 mai. Jacques Le Louchier (v.1457), mayeur des 6 élus (consaux de Tournai).

     

    H.VANDENBROECK, page 114.

    1414

    Entre le pont de Mévergnies (Brugelette) et le rieu de Baudreghien. 9 oct. 1414 C.B. 1414-15 Mévergnies. id. Cart. 1410-11 id. id. Mévergnies. 1474 Cart. 1474 Tte justice

     

    A.G.R
    Les fiefs directs des Comtes de Hainaut de 1349 a 1504
    vol.5, p.316,

    Azincourt

     

     

    1415

    2 septembre. Lettre du roi demandant aux Tournaisiens, dans les termes les plus pressants, un secours pour servir contre le roi d'Angleterre.

     

    Coll. de documents inédits concernant l'histoire de la Belgique, Tome.I - p. 15.

    1415

    Le vendredi 25 octobre, à l'aube de la Saint-crépin, les troupes anglaises du roi Henry V, fortes d’environ 6.000 Archers légers, sont interceptées dans le Nord Pas-de-Calais, non loin du village d'Azincourt par le connétable de France Charles d’Albret. Henri V, craignant de voir son armée anéantie par un contingent quatre fois plus nombreux propose une trêve aux Français, qui en rejettent les termes.

     

    Coll. de documents inédits concernant l'histoire de la Belgique, Tome.I - p. 15.

     

    Les belligérants prennent position dans une vallée étroite entre les bois surélevés de Tramécourt et d'Azincourt, sur un terrain détrempé par les pluies incessantes de la nuit. Oubliant les leçons de Crécy et de Poitiers, les Français donnent l'assaut vers 10h du matin. Les chevaliers et les fantassins cuirassés ne tardent pas à glisser et à s'enliser sur le sol boueux, s'offrant en cibles trop faciles aux archers ennemis, auxquels il ne faudra que 4 heures de combat pour anéantir la fine fleur de la noblesse française.

     

     

     

     

    Henri V rentre victorieux en Angleterre, les mains entachées du sang de ses prisonniers. Azincourt lui ouvre la voie sur la majeure partie de la France déchirée par la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons. Il conquiert bientôt la Normandie et obtient par le traité de Troyes (voir 1420), la promesse d’héritage de la couronne de France à la mort de son beau-père Charles VI, au détriment du dauphin en disgrâce.

     

     

    Ernoul de Baudrenghien, mort à Azincourt

     

     

     

    "Enguerrand de Monstrelet, en ses chroniques, faisant le dénombrement des gentilshommes morts à la dite bataille d'Azincourt dénomme Arnould de Baudringhien entre plusieurs hennuyers, peu après le seigneur de Pottes".
    "Il n'y a point de tiltre exprès que j'aye veu, qui prouve qu'icelluy de Vandregen (sic), qui épousa la fille héritière de Jean seigneur de Pons avoit nom Arnould mais par la conférence des dattes de temps, l'apparence est grande que ce auroit esté cet Arnould mort à Azincourt".

      Jean de LAUNAY,
    Recueils généalogiques
    BNF, Manuscrits français FR31861, p.416

    J.A. BUCHON
    Chroniques d'Enguerrand
    de Monstrelet

    Nouvelle édition (1826),
    tome III, p.352

     

    l'Annuaire de la Noblesse Belge édition 1912 signale un homonyme et avance que ce serait ce deuxième Ernoul qui aurait été tué à la journée d'Azincourt, le 25 octobre 1415 : "...nous voyons figurer dans un acte tournaisien de 1413 Dlle. Catine de Le Hamaide, sœur cadette de Dlle. Margherite de Le Hamaide, femme d'Ernoul de Baudrenghien".
    Références données par l'auteur;
    1
    -Arch. de Tournai. Greffe de la Cité, layette de 1413.
    -Monstrelet, Chronique. Edition Buchon, dans cet ouvrage le nom de Baudrenghien est devenu Vandregen (sic).

      1 A.N.B.
    Publié sous la direction du
    Baron de Troostembergh,
    1912, p.282 - ref. #2.

    J.-A. BUCHON
    Collection des Chroniques
    nationales françaises du
    XIII° au XV° siècles.

    (Paris 1826) Tome III, p.352.

     

    Après avoir croisé les chroniques les plus estimées, René de Belleval dans son livre éponyme releva : "Waudringhen"*; "Vaudregen" (Monstrelet, n°2683); "Baudrigien" (id. 32 fonds La Vallière); rien aux n°2680 & 5016, ni dans Saint-Rémy.

     

    * Waudringhem, graphie déjà rencontrée en 1397 et 1405.

    René de BELLEVAL :
    "Azincourt" (1865), p 267

     

    Isabeau de Ghistelles (voir 1420), fille de Gérard, seigneur de Broeck & de Wasquehal & d'Isabeau, dame de Moere, perdit ce jour là son fils et son mari; Hughes, Sr. de Neufvilles & d'Allennes. Elle se remariera et aura à nouveau un fils : Jean de Bonnieres.

     

    HERCKENRODE
    "Suite du supplément au Nobiliaire des Pays-Bas [1661-1686]"
    tome IV (1779) p.119

     

    Jehan IV seigneur de la Hamaide fut une autre victime de la journée d'Azincourt, ainsi que son fils naturel, Thierry, père de 3 garçons. Jean IV n'ayant pas eu de descendance légitime de son épouse Anne de Jauche, dame de Gommegnies, c'est Arnould, le frère de Jean, qui devint son hoir féodal.

     

     

     

     

     

    Michel de Chasteler (Du Chastellier dans les manuscrits de Monstrelet) chevalier, seigneur de Moulbais, était fils aîné d'Arnoul, chevalier, seigneur de Moulbais, Oisy et Hellesmes et de Jeanne de Pottes. Il avait épousé en secondes noces, après Marguerite d'Oisy, Gertrude de Gavre, dame d'Ansermont.

     

    René de BELLEVAL
    "Azincourt"
    (1865) page 169

     

    Le samedi xxvj° furent les Consaux assemblés avecq plusieurs seigneurs de l'église, le prévost de Saint-Donas, les bourgeois et autres bonnes gens de la ville, pour les nouvelles qu'on avoit oy de la desconfiture de plusieurs princes et autres seigneurs et gens du Roy nostre sr, faite par les Englés le jour précédent. Notons que les arbalétriers de Tournai ne prirent aucune part à ce combat pour la bonne raison qu'ils étaient attachés à la protection rapprochée du roi quand il était présent, et que c'est à Rouen que le souverain apprit la défaite de son armée.

     

    H. VANDENBROECK
    "Extraits analytiques des anciens registres des Consaux de Tournay"
    (1861) p.126

     

    1415

    Le Pape Grégoire XII prononce solennellement son voeu de démission et meurt deux ans plus tard en Italie.

     

     

    1417

    Le comte de Hainaut Guillaume IV est inhumé en l'église des Mineurs à Valenciennes. Sa fille Jacqueline de Bavière, âgée de 16 ans devient comtesse de Hainaut.

     

     

    1417

    Sur la fausse rumeur que le dauphin serait mort, les Consaux de Tournai ordonnent le 7 avril le rétablissement du guet dans la ville et la fermeture des portes de Valenciennes, de Moriauporte, du Wiquet (petite porte) et du Bourdiel (sur l'Escaut). Elles seront rouvertes 13 jours plus tard, mais sous bonne garde de jour comme de nuit. Le 27 du même mois, des canons seront placés aux portes de la ville.

     

    H. VANDENBROECK
    "Extraits analytiques des anciens registres des Consaux de Tournay"
    (1861) p.134

    1417

    19 juin "Résolu d'acheter du blé qui sera distribué au commun peuple qui n'en a point".

     

    idem - p.134

    1417

    23 septembre - Lettres du roi ordonnant aux bourgeois et manants de Tournai de le rejoindre pourvus de leurs armes à Paris, afin de marcher contre le roi d'Angleterre, le duc félon de Bourgogne et leurs adhérents. Toutes les paroisses autorisent les Consaux à répondre favorablement.

     

    idem - p.136

    1417

    Au mois d'octobre le duc de Bourgogne envoie des émissaires à Tournai. Ils sont reçus avec méfiance mais obtiennent bientôt l'appui de l'évêque et du chapitre qui demandent au Consaux de ne pas entraver les négociations.

     

    idem - p.140

    1417

    14 décembre - Gossuin de Lannoy, écuyer revendique à l'évêque de Tournai les lettres patentes de la reine et du duc de Bourgogne qui le nomment à l'office de Bailli de Tournai et Tournaisis. La veille de Noël il consent à renoncer à ses prétentions contre dédommagement.

     

    idem - p.147

    6.2.3. - Philippe le Bon  (1419 - 1467)

     

     

    1419

    Le 10 septembre, Jean sans Peur (48 ans), tombe dans un guet-apens sur le pont de Montereau (Seine et Marne) lors d'une entrevue dite de rapprochement avec le Dauphin de France (16 ans). Philippe le Bon âgé de 23 ans, prince de France de la troisième branche bourguignonne de la dynastie capétienne succède à son père au titre de duc de Bourgogne. Pour venger l'ignoble assassinat de son père, il s'allie comme lui aux Anglais afin de déstabiliser le trône de France (Traité de Troyes 1420), jusqu'à la défavorable paix d'Arras en 1435, par laquelle il récupèrera néanmoins la vassalité de la Flandre.

     

     

    1419

    le 30 avril, Jehan de Baudrenghien, écuyer, fait le relief de ses seigneuries d'Ansermont et de Gomanpont (voir 1400).

     

     

    1419

    Compte rendu par le Sire d'Audregnies, du 1er septembre 1419 au 31 août 1420 - Rendage d'argent fait pour pension à vie à Antoine Boudan, bailli des bois d'Ath, Samson, bâtard de Raveschot Coppin de Coberg et Jean le Cupre, une rente annuelle de 50 livres tournois que le feu duc Guillaume leur avait accordé, pour avoir tué à Gand, Hector de Baudrenghien qui lui avait fait déplaisir.

     

    L.P. GACHARD
    Rapport à Mr. le Ministre de l'intérieur sur différentes séries de documents concernant l'Histoire de la Belgique, conservés aux Archives de Lille (1841), page 427.

    1420

    le 4 février est approuvé à Tournai le testament de noble dame Béatrix de Baudrenghien, veuve de Guillaume de Clermes décédé en 1411. Elle ne devait pas avoir d'enfant, ni de frère ou sœur légitimes en vie, car elle ne cite parmi ses héritiers que ses deux sœurs bâtardes Catherine et Marguerite de Baudrenghien et ses cousines Laurence et Isabeau de Ghistelles, ainsi que les dames de Steenhuus et de Gruuthuse. Elle désigne comme son principal héritier, Monseigneur Félix de Steenhuis, chevalier.
    On sait que Jean de Ghistelles, chevalier, seigneur d'Esclebeque, Levrenghem et Brabantbroucq, épousa Jenne de Bruges, fille de Messire Loys, seigneur de Gruuthuuse, prince de Steenhuis.
    Il était fils aîné de Gauthier de Ghistelles, seigneur d'Esclebecque, Levrenghem, La Motte et Provene, décédé en 1457, et de Marie de Haveskerke (fille de Messire Loys et de Marguerite de Heule, dame de Broucd), décédée en 1473.
    Pour information, plus tard, Jacques de Luxembourg, sr.. de Fiennes, fils de Jacques Ier et de Marie de Berlaimont, dame de La Hamaide épousera dame Marguerite de Bruges, dite de la Gruthuse.

     

    Le Parchemin
    N°182 (1976),
    pp.106 et 107.

    Voir note année 1388

    Le Traité de la honte.

     

     

    1420

    Entre un mari dément et un fils désavoué*, la Régente Isabeau de Bavière offrit le trône de France au vainqueur d'Azincourt par le Traité de Troyes, unanimement qualifié de "honteux" par les légistes français.
    Avec ruse, Isabeau profitera de la sénilité de Charles VI, son royal époux pour lui faire signer le 21 mai, la dévolution du royaume à son pire ennemi et de la sceller par l'union de leur fille Catherine de Valois à Henry V d'Angleterre.
    Dans le même temps, Jacqueline de Bavière, comtesse de Hainaut-Hollande-Zélande (1417) se séparera de Jean IV duc de Brabant et neveu de Philippe le Bon et se remariera avec un prince anglais. Ce dernier ayant des aspirations sur le comté, lancera ses troupes en 1425  dans la conquête, mais il sera prié de raccompagner en Angleterre son armée mise en déroute.

     

    * Le roi Charles VI perdit la raison en 1392.
    * Le Dauphin, quant à lui était compromis dans l'assassinat de son oncle, le duc de Bourgogne Jean sans Peur en 1419.

    1420

    Sise entre les Comtés de Hainaut et de Flandre, relevant comme elle du chancellent roi de France, Tournai est depuis 235 ans par la volonté de Philippe Auguste, une ville autonome gérée par des Consaux. Le 1er juin 1420 ils s'assemblèrent en halle, avec le bailli et les officiers du Roi, le doyen, plusieurs chanoines et les plus notables bourgeois de la ville, pour délibérer sur ce qu'il convenait de faire au sujet du mandement du Roi adressé au bailli et apporté la veille par un chevaucheur, par lequel il était ordonné que la paix faite entre les rois de France et d'Angleterre soit entretenue et publiée et que ceux qui y mettraient empêchement seraient punis. Il fut collégialement décidé de temporiser la nouvelle.1.

     

    H. VANDENBROECK
     "Extraits analytiques des anciens registres des consaux de Tournay"
     (1861) p.200.

    1420

    Les protagonistes du Traité de Troyes s'étaient promis d'abréger la guerre (de Cent Ans). Le 1er décembre Henri V fit une entrée triomphale dans Paris en compagnie de Charles VI et de Philippe le Bon.

     

     

    1421

    Lettres du duc de Bourgogne Philippe le Bon, par lesquelles, il reçoit les Tournaisiens en sa bonne grâce, en considération des secours et plaisirs qu'ils lui ont faits, et leur accorde la permission de trafiquer dans ses états pendant un an.

     

    Coll. de documents inédits concernat l'histoire de la Belgique, t.I - p. 16.

    1422

    Par une malice de la nature, Henry V d'Angleterre, légataire du trône de France, s'éteignit le 31 août 1422, deux mois avant le roi Charles VI abandonné des siens. Se posa alors le problème de  la succession française entre le jeune roi anglais (Henry VI) et le contestataire dauphin Charles VII, qui refusait les termes du Traité de Troyes, en évoquant à juste titre l’incapacité mentale de son père et s'accordant sans autre procès le titre de Roi de France...

     

     

    1422

    29 juin. Convention au sujet de la trésorerie que la ville de Lessines veut ajouter à son église. Sceau rond de 22 mill. - Arch. du Nord; évêché et chapitre de Cambrai. Ecu à la hamaide chargée de...., dans un trilobe : "S.Willame.de.baudreghien", homme de la cour de Mons.

     

    Germain DEMAY
    Inventaire des Sceaux
    de la Flandre.

    Tome I, page 358,
    ref. 3237
    (Paris, Imp. nat. 1873)

    La Révolte tournaisienne de 1423.

     

     

    1423

    Au début du XVème siècle, Tournai, enclavée en territoire Bourguignon, était la quatrième ville de France, après Paris, Rouen et Orléans. Les Tournaisiens étaient divisés sur les dissensions entre Armagnacs et Bourguignons sur la dévolution française, au point d'en alimenter en toile de fond la révolte des Corporations en 1423 1 parce que d'une part, le commerce était florissant avec l'Angleterre mais d'autre part il y avait un attachement culturel et historique à la France. Le 7 juin, les Artisans de Tournai se rassemblèrent en armes sur la Place du Marché, remontés contre les Patriciens (bourgeois), par le Seigneur Gui de Moÿ et de Chin 2 , qui accusait ces derniers de traîtrise envers le roi et d'accointances avec les Bourguignons, alliés aux Anglais.
    Le soulèvement populaire fut réprimé dans le sang
    3 mais de son côté, Philippe le Bon défendit à ses sujets de molester les Tournaisiens 1. Cette fois, les Métiers tinrent bon, et exigèrent de recouvrer leurs droits et les "bannières" de leurs Corporations avant leur abrogation par Charles V en 1367.

    Aux trois consistoires (Prévôts & Jurés - Mayeurs & Echevins - Maires & Eswardeurs) qui avaient l'administration de la ville, fut imposé par une charte de Charles VII datée du 16 mars 1424, un quatrième, composé des Doyens & Sous-doyens des Métiers avec tout pouvoir de statuer dans leurs compétences
    1. Ainsi fut créée la Chambre des Métiers, qui occupa une place primordiale dans la vie citoyenne, jusqu'à son abolition en 1795.

     

    1 Coll. de documents inédits concernant l'histoire de la Belgique, t.I - pp. 15 & 16.

    2 Maurice HOUTART,
    Les Tournaisiens et le Roi de Bourges (1908)

    3 A. de la GRANGE,
    Troubles à Tournai 1422-1430.
    Mémoires de la SHLT, t. XVII, (1882).

    1425

    Une bulle du pape Martin V avalise la fondation d'une Université à Louvain voulue par le duc (de Bourgogne) Jean IV de Brabant, et les édiles louvanistes appuyés de notables, dont Jean de Glymes, seigneur de Berg-op-Zoom. La formule consacrée "Universitas magistrorum et scolarium" suivant la coutume médiévale désignait une Corporation alliant Maîtres enseignants et étudiants, comme d'autres de ces "syndicats" existaient pour les boulangers ou les charcutiers et non pas -bien qu'indispensables- des bâtiments matériels... Les premiers cours seront dispensés en septembre de l'année suivante en français et en latin par 14 professeurs : 5 juristes, 1 médecin et 8 maîtres ès arts. la Faculté de théologie ne sera créée qu'en 1432 à la supplique de Philippe le Bon adressée à la Cour de Rome.

     

    @-KUL-UCL

    1426

    On cite à Ath, «...messire Jehan de Baudreghien...»

     

     

    1426

    Catherine de Baudrenghien, fille d'Ernoul, testa le 11 mai à Tournai : "Je eslis me sépulture en l'église de St. Quentin devant l'image de le Trinité. Item, je donne à me demoiselle de le Grutuse ung S. Jorge de laitton et ung pine d'ivore. Item, je donne et laisse à sire Jehan Plouvier, men capelain, ung coffre de cuir bouillit et quattre louées d'argent de une once le pièce. Item, je vœil et ordonne que du mien soit faitte une verrière, à l'honneur de Dieu et de monseigneur St. Christoffe à une cappelle qui est située en l'église et parosche de Rumegies, à tout deux images l'un de St. Cristoffle, l'autre de Ste. Katerine, armoyé des armes de Baudrenghien."

      Annales de la Société historique et archéologique de Tournai - Volume II (1897) - Page 199

    1426

    Marie Dierbaudrenghien, épouse de Collard Hacquart fait son testament à Tournai. Elle souhaite être enterrée à Saint-Léger, où elle possédait une terre, sous la lame de ses pères et mères.

     

    Bibliothèque Universitaire de Gand, ms G.18214, f°48 V° (van den Bemden,19°s)

    Jeanne d'Arc et les Tournaisiens.

     

     

    1429

    L'inextricable Traité de Troyes a rendu la parole aux armes !. Le 8 mai, Jeanne d'Arc libère Orléans des mains anglaises. La victoire de Patay le mois suivant offre le trône de France à Charles VII. Les tournaisiens, en tant que « gentilz loiaux François » seront conviés par la Pucelle à venir assister à son sacre le 17 juillet 1429 en la Cathédrale Notre-Dame de Reims.
    Le 23 mai 1430, Jeanne à la tête de 500 hommes dont son frère, Pierre d'Arc attaque le camp bourguignon. Mais c'est un échec et les Français se replient sur Compiègne. Repérée à cause de son tabard rouge, Jeanne est désarçonnée par un archer picard et livrée au bourguignon Jean de Luxembourg-Ligny, comte de Saint Pol (Branche cadette de la troisième maison de Luxembourg) qui la vendra aux Anglais pour 10.000 livres.
    Pendant son procès, Tournai lui enverra une escarcelle emplie d'or pour adoucir quelque peu ses conditions de détention. Elle sera déclarée relapse par un tribunal ecclésiastique présidé par Pierre Cauchon, évêque de Beauvais rallié au roi d'Angleterre, et brûlée vive en place de Rouen le 29 mai 1430. Le roi Charles VII, qui lui devait beaucoup, ne tentera rien pour la sauver.
    Elle fut réhabilitée en 1456, béatifiée en 1909 et canonisée en 1920.

       

    F. Hennebert
    Une lettre de Jeanne d'Arc aux Tournaisiens, dans
    Arch. hist. et littéraires du Nord de la France, 1837.

     

    1430

    On cite à Flobecq Jacquemart le bastard de Baudrenghien.

     

     

    L'Ordre de la Toison d'or.

     

     

    1430

    Philippe III dit le Bon (1396-1467), affirme sa puissance européenne à Bruges par l'acte fondateur de "l'Ordre de la Toison d'or" à l'occasion de son mariage, le 10 janvier avec Isabelle de Portugal, sa troisième épouse. C'est l'Ordre espagnol le plus élevé et le plus prestigieux, rivalisant avec l'Ordre de la Jarretière anglais. Par cet hommage, Philippe le Bon veut fidéliser la noblesse bourguignonne à une prestigieuse confrérie de chevalerie. Son premier chapitre se tient à Lille, l'année suivante et le port du collier devint obligatoire en décembre de la même année. Les insignes de l'ordre consistent en un collier, ou en une chaîne, auquel est appendu un bélier d'or. Cet animal fait référence à l'épisode de la mythologie grecque de Jason et des Argonautes, suggérant une symbolique selon laquelle la dynastie des Bourgogne remonterait à la lignée des Troyens.
     

     

     

     

     

         
    Baudouin de Lannoy  - Jean de Luxembourg  - Jean de Rubempré
    *

     

      * La maison de Rubempré tire son origine d'Alexandre de Hongrie, fils du roi Bela de Hongrie, il a acquis le nom de Rubempré après la croisade de 1248.

    Louis MORERI,
    le grand dictionnaire historique ou le mélange curieux de l'histoire sacrée et profane...,
    Ed. J-B Coignard (1725).

    1431

    A la même époque, Philippe le Bon songe à sédentariser la Cour.
    La ville de Bruxelles entreprend sur ses revenus locaux, la construction ambitieuse de la "Aula Magna" (litt. "grande salle"). Terminé en 1459, le bâtiment jouxtant le Palais ducal initial (partiellement enseveli sous la Place Royale actuelle), abritera les Etats-généraux et deviendra la résidence principale du duc, élevant  la ville en capitale des Pays-Bas Bourguignons.

     

     

    1433

    "Adon de Farvacques, Chevalier étoit marié avec Dame Jeanne de Bellefage, fille de Messire Jean, Chevalier & Dame Catherine de Boufflers, & du depuis fes fucceffeurs ont continué dans le luftre de leur lignée, s'allians avec les Familles nobles de le Candele, de Maulde, du Frefnoy, de Lannoy, de Baudrenghien, de Bernard, de Carnin, de Thouars & autres; qu'ils auroient ensuite été enterrés noblement, comme feroit foy l'ancienne Sépulture de Jacques de Farvacques enterré dés l'an 1433 au cimetiere de St. Jacques à Tournay, où feroient exposées les Armes de ladite Famille  La Tombe relevée de de trois pieds fur terre reprefentant la figure d'un homme armé revêtu de sa cotte d'armes pour marque de Nobleffe Militaire".

     

    * J. Le Roux
    Recueil de la Noblesse de Bourgogne, Flandres, Artois Haynau & autres Provinces
    p.323 (1787)

    1435

    A cette époque, une place de Flobecq porte le nom de "Beaudrenghien". (sic)

     

     

    1435

    ...Ce fu fait et passé par lad. testateresse, en la présence de Pierre de le Pierre, Jehan d'Erbaudrenghien, dit de le Dalle (v.1448), Jehan de le Porte bibeloteur et Pierre le Seuescal, clerc, le XXVe jour d'aoust, l'an mil IIIIe XXXV.

     

     

    1437

    Un incendie ravageur boute le feu à 125 maisons de Tournai.

     

     

    1438

    Les Tournaisiens sont soumis à une famine persistante.

     

     

    1438

    Décès à Tournai de Jehane de Baudrenghien veuve de Jehan Marquet dit Cambrelent, laissant deux enfants : Véniador et Jacquelette.

     

     

    1439

    Au XV°s, une frange d'artisans tournaisiens s'étaient spécialisés dans la réalisation de niches funéraires en s'inspirant des peintures polychromes exposés dans les églises à la gloire de la sainte Trinité*. Ces retables, souvent taillés dans la pierre calcaire, étaient réservés à de riches commanditaires ou donateurs et devaient répondre à des normes de ressemblance et d'identité pour être scellés en ex-voto aux murs des églises ou des cloîtres de la ville; les visages étaient donc façonnés et fixés en finition, accompagnés des blasons éventuels, suivant les desideratas des commanditaires.

     

    * Certains experts les qualifieraient peut-être de style "flémallien" (Robert Campin 1375-1444) ?.

     

    Quand Ernoul Vandenbroucq, caucheteur (chausseur) natif de Malines fait son testament à Tournai, il est veuf en premières noces de N. Mouton, et remarié avec Agnès Derbaudringhien. Il déclare vouloir être enterré avec sa seconde épouse au cloître de l'église des frères de Saint Augustin* au devant d'un tabliel qu'il a l'intention de faire mettre 1.

     Au mois d'octobre 2009, nous avons été contactés par Mr. Bernard Demaire, membre de l'AGHB de Tournai, nous annonçant l'incroyable nouvelle que ce "tabliel" de pierre blanche était retrouvé et formellement identifié malgré sa dégradation, grâce à la conservation partielle de son inscription. Il occupe depuis plus d'un siècle, la cheminée d'une tour anachronique, voulue  de  style médiéval bien qu'érigée vers 1875 par la famille du bourgmestre Crombez, sur les dépendances de leur propriété de "La Marlière" à Orcq, ceci bien avant que le domaine ne soit vendu vers 1920 à Gaston Horlait (Grande brasserie du Lion) et racheté en 1998 par un couple français qui en est toujours propriétaire.
    A ce propos, nous remercions Monsieur & Madame MAT, les locataires de la tour qui nous ont très aimablement accueillis chez eux ce samedi 12 décembre 2009.

     

    Note : Agnès Derbaudrenghien avait une sœur, Jéhenne, veuve de Jaquemart Ghales.

    * qui se dressait à l'angle de la rue des Augustins (anciennement d'Audenaerde) et de la rue Frinoise (Froyennoise)

    1 Bibl. Univ. Gand, ms G.16191, f°1050

     

    En août 1566, l'église des Augustins ne fut pas épargnée par les iconoclastes et la sculpture tumulaire en porte malheureusement les stigmates, elle reste néanmoins l'un des derniers vestiges de cette institution.

    A Saint-Brice, sur la Grand Place de Tournai, se trouvait avant sa destruction en mai 40, une lame de cuivre, présentant une ordonnance similaire; à commencer par la Trinité réunissant le saint esprit à Dieu qui porte son fils en croix.

     

     

     

    merci à Mr.
    Bernard DEMAIRE.

     

    Saint Jean-Baptiste, auréolé, est debout à la droite de Dieu.

     

    Posture similaire pour Ernould Vandenbroucq représenté en armes.

     

     

     

    Du côté opposé, Sainte Catherine, (qui fut décapitée), porte une épée et la palme des martyrs.

     

    Agnès Derbaudringhien défigurée par l'action iconoclaste porte la même palme.

     

     

     

    L'agneau rédempteur est dans les bras de Saint-Jean.

     

    Un agneau est aux pieds d'Agnès Derbaudringhien.

     

     

     

    Deux donateurs sont agenouillés en prière de part et d'autre, présentés par leurs saints patrons.

     

    Un bras protecteur est posé par l'un et l'autre des défunts sur deux enfants agenouillés.

     

     

     

     

    1441

    Jehan de Baudrenghien, sergent de Flobecq en 1441-1443. Armes : Trois fasces ou hamaides chargées de quatre, trois, respectivement deux besants. Cimier : trois plumes d'autruche.

     

     

    1442

    "Efchevins du premier bancq, dit de la Keure creez & establis l'an 1442 : (...) Le douziefme Eschevin eftoit Seger De Diepenbeke & subfititué Lodewyck Steemaere, fils de Lodewyck, fe trouvant de ce nom aucuns Chevaliers pour leurs vertus & fervices rendus aux Comtes de Flandres, comme Meffire Jacob Steemaere Chevalier, lequel avoit efpoufé Dame Catherine de Baudringhien, & fut en fon temps Seigneur de Pafchendaele, vander Schage, & van Helfele &c. à fçavoir en l'an mille quatre quarante & un. Item on trouve un Christphe vander Foreeefe lequel auroît efpousé Damoifelle Catherine van Steemare en l'an mille quatre cent quarante.

     

    Philippe d'ESPINOY
    "Recherches des Antiquités et Noblesse de Flandre" ed.1631 avec Privilèges du Roy.

    1446

    6 août : Philippe le Bon crée le "Grand Conseil". Gouvernement central qui l’assistera dans la gestion de l’Etat.

     

     

    1447

    Jacques Ascarieux, serrurier, demeurant en la paroisse Saint-Nicolas-du-Bruile, reconnait devoir 4 lb. 15 s. de gros a Grart Baudrenghien, le 23 fevrier 1447. (Journ. des pr. et j.).

     

    Etude sur l'art à Tournai et sur les anciens artistes de cette ville (1887) p.396

    1448

    le 5 mars, Jehan Derbaudrenghien dit de le Dalle, teste à Tournai: « Je voeil que mon corps soit posé en ung luisiel, et puis enterréz et sépulturéz en l'église des Augustins, devant l'autel Saint-Etiéne, desoubz le lame que j'y ay fait mettre et poser. Item, je donne à l'église de St. Légier, dont je suy natif, pour convertir à la réparation de l'image de monseigneur St. Antonne en icelle église, vingt solz tournois. Item, je donne à l'église de le Magdelaine en Tournay, pour convertir en la rédification de la maison des malades dudit lieu, puis naguaire démolie, quatre livres tournois. » (sic). Son compte d'exécution testamentaire fut rendu le 23 avril 1449. Il était marié à Jehenne des Mortier, décédée en octobre 1452.

     

    Bibl. Univ. de Gand
    ms G.16191, f°1050

    Testaments tournaisiens

     

    1449

    Arnould de Beaudringhien (sic), fils de Jean et de N..., seigneur de Ghomanpont épousa Flandrine de La Hamaide, fille bâtarde de Jean, seigneur de La Hamaide et sœur naturelle de Jacques et d'Arnould, seigneurs de La Hamaide, morts sans postérité et de Marie de la Hamaide, leur soeur, dame dudit lieu, femme de Gérard de Berlaimont, seigneur de Ville (Pommeroeul).

     

    Jean-Ch. de Vegiano
    "Nobiliaire des Pays Bas
    et du Comté de Bourgogne"

    Vol. I, page119.

    1450

    Jean le Carpentier nous apprend que Jacquemart de Baudrenghien  fut Lieutenant Gavenier de Cambresis.

     

     

     

    Entre 1450 et 1465 décède à Flobecq Jehan, le Bastart de Baudrenghien

     

     

    Anecdotes sur la Collégiale Sainte-Waudru à Mons

     

     

    1452

    Une bulle du cardinal légat, Guillaume d'Estourville du 22 novembre atteste qu'à cette date l'édifice était commencé et en voie d'exécution.1 L'on commença au xiij.° jour du mois de mars à mettre la première pierre des fondements de la nouvelle église de Ste Waltrude en la ville de Mons: c'est celle que l'on void de présent en estre pieçà magnifique depuis l'an 1451, auquel on avoit tenu en l'ancienne église le chapitre du Toison d'Or. L'on commença à penser à ce nouvel ouvraige, c'est pourquoi le pape Nicolas V, pour inciter le peuple fidel à subvenir aux fraix, donna grandes indulgences en l'an 1453, de mesme fit le pape Pie II en l'an 1459.2

    La première pierre de ladite église fut posée au nom du duc Philippe (le Bon), abbé séculier d'icelle, par quelque personnaige signalé, ad ce député : ledict duc estoit lors en Bruxelles, détenu d'une longue maladie; pour à quoy remédier, on luy rasa, selon l'advis des médecins, la chevelure longue de la teste; mais comme il apperçeu qu'on se moquoit de luy, il feit un édict commandant à tous nobles de mettre bas leur chevelure, à quoy obéirent au mesme jour en la ville de Bruxelles plus de cinq cents et autres de la noblesse ès autres villes; si bien que, ce qu'il sembloit lors ridicule, fut partout mis en usance.2

     

    1 La Tour de Ste Waudru
    Notice historique
    Bruxelles 1844, p. 6.

    2 Documents officiels inédits publiés d'après les originaux des Archives publiques sur l'histoire des églises de Ste-Waudru & de St Germain à Mons
    (1843), pages 47-48.

    1452

    A Pottes "Vivait Rasse Derbaudrenghien, dit de Pont, seigneur de Pons et semble que sa femme s'appelait du Marquet"1 ledit fief de Pons contenant tant en prés, terres, masures comme en Lannoie quinze bonniers en héritage il a un hoste et deux tenants qui lui doivent sur un manoir contenant un demi bonnier et sur encore un demi bonnier de terre cinq sols monnaie de Tournay et douze deniers monnaie de Flandres, lequel fief de Pons a bailly, lieutenant et a justice vicomtière. Rasse eut pour hoir féodal vers 1469-1470 son fils aîné, Théry Derbaudrenghien né vers 1435-1440, qualifié d'"honorable et sage", marié à N... le Marissal,  de Pottes d'après le testament de son frère Gabriel Derbaudrenghien.

     

    1 Pitpan de Montauban.


    A.D.N.
    B.3775 - f°280 v°.

    1452

    On cite Baudouin de Baudrenghien, fils de Jehan et Jehanne de Hombruecq, Seigneur de Bernes, homme de fief du Hainaut au baillage de Flobecq-Lessines. Il est encore cité en 1455, 1462 et 1486. Il épousa Jeanne de Beugnies ou de Buignies, fille de Jacquemart et de Jeanne de Vaulx. Ils demeurèrent à Ogy et eurent un fils Christophe de Baudrenghien ou van Baudreghem, déjà prêtre en cette année 1452 et demeurant à Wannebecq.

     

     

    1452

    Fondation du château de Jean de Lannoy dans le Comté de Flandre en territoire français, entre Lille et Tournai, à l'origine de la ville fortifiée en 1456 qui porte son nom.

     

     

    1452

    On cite Michel de Baudrenghien à St-Sauveur, fils de Olivier.

     

     

    1453 +/-

    Philippe de Bassecourt, seigneur Dumetz, épousa Marie ou Marguerite de Belvalet, laquelle porte d'argent au lion, la queue fourchue de gueules, armé et lampassé d'azur, fille de Louis de Belvalet, seigneur de Rotoy, et de Françoise de Baudringhien, fille de Hubert, seigneur de Préseau.

     

    Généalogies des Provinces du Nord n°13, page 20 - Casimir de Sars de Solmont

    1453

    Le 24 juillet, à la bataille de Gand, le seigneur de Condey (pour Condet ou Condé-sur-Escaut)(La Hamaide); le seigneur (Berlaimont) de Ville (Pommeroeul) et le seigneur d'Estaimbourg (Ollehain) furent créés chevaliers bannerets.

     

    Math. D'ESCOUCHY, Chronique -Ed de la soc. de l'Histoire de France donnée par G. du Fresnes de Beaucourt,
    t.III, pp 424-425.

     

     

     

    Les Temps modernes

    1453

    Les historiens occidentaux situent symboliquement la transition du Moyen Age aux Temps modernes au terme de la Guerre de Cent Ans, quand la France emporta la victoire définitive sur l'Angleterre à la Bataille de Castillon* ; Charles VII dit "le Victorieux", conservant l’intégrité de son territoire et une couronne indépendante. Ainsi qu'à la période correspondant à la Chute de l'Empire d'Orient par la prise de Constantinople par les Turcs Ottomans et la mort sur les remparts de la ville du dernier empereur de l’Empire romain d’Orient.

     

    * Chef-lieu de canton du département de la Gironde, dans le Bassin aquitain

    La Révolution de l'imprimerie en Europe

     

     

    1454

    L'innovation de Gutenberg fut l’introduction de la presse à imprimer (inconnue des Orientaux) et la mise au point d'un nouvel alliage de plomb et d'antimoine pour la fabrication des caractères mobiles, puis la composition d'une encre plus épaisse, mieux adaptée que l'encre de Chine. Cette évolution majeure sera usitée pendant cinq siècles.
    On retiendra des prémices de l'ère Gutenberg deux types d'ouvrages: les Incunables réalisés avant 1500 sur parchemin, c'est à dire une peau animale de mouton ou de chèvre qui entièrement traitée permettait l'impression de 4 pages, ou sur Vélin, qui offrait la meilleure qualité, en étant plus fin que le parchemin et en ne présentant que très peu de vascularisation, puisqu'il s'agissait de la peau d'un veau mort-né. Ensuite, les livres dits modernes, issus de la typographie sur papier où l'on trouve les premiers travaux de recueils de poèmes ou des lettres d'indulgence pour l'église et surtout l'impression en 180 exemplaires de la fameuse Bible qui porte le nom de son éditeur.
    NB:La publication d'un livre ressortait jadis d'un privilège royal ou ecclésiastique après un examen de censure, l'autorisation accordée à un éditeur était temporaire et exclusive. (à suivre)

     

    Wikipédia
    Licence Creative Commons

     

     

    1455

    Bauduin de Baudrenghien, homme de fief du Hainaut au baillage de Flobecq-Lessines, porte Trois fasces ou hamaides chargées de quatre, trois, respectivement deux besants, et une étoile à cinq rais entre les deux premières hamaides (1455)

     

    Voir : 1452

    1456

    Monsieur Grard de Mortaigne dit d'Espierre, chevalier, seigneur de Caverine (Cavrinnes)  tient un fief gisant audit lieu de Pottes contenant 2 bonniers et 2 quartiers de héritage en ce compris 1 demi bonnier de prés, ce fief appelé le fief d'Auberbus où il y a 2 hostes qui lui doivent chaque année sur 22 cens de terre  5 rasières, un hôtel de toile mesure de Pottes, un chapon et 2 sols parisis auquel fief il y a bailly, lieutenant et justice telle que à vicomte appartient, et a 10 livres de relief à la mort de l'héritier.

     

    de Ghellinck d'Elseghem :
    "Les Sires de Pottes sur l'Escaut"